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Des millions et une plus-value boursière bien encombrants pour la ministre du Travail

| AFP | 329 | Aucun vote sur cette news
La ministre du Travail Muriel Pénicaud, le 10 juillet 2017 à l'Assemblée nationale
La ministre du Travail Muriel Pénicaud, le 10 juillet 2017 à l'Assemblée nationale ( bertrand GUAY / AFP/Archives )

Déjà mise en cause dans l'affaire Business France, la ministre du Travail Muriel Pénicaud fait face à un nouveau front, après les révélations sur une plus-value boursière de plus de un million d'euros qu'elle a réalisée lors de son passage chez Danone.

Une pratique certes légale mais qui entache son image, en plein débat sur la moralisation de la vie politique et sur fond de polémique sur les coupes budgétaires annoncées par l'exécutif.

Après sa mise en cause dans l'affaire des conditions d'attribution d'un contrat pour l'organisation d'un déplacement d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, à Las Vegas en 2016, date à laquelle elle dirigeait Business France, la polémique sur ses gains parasite aussi sa mission: la mise en oeuvre rapide de la réforme du code du travail, mesure phare du quinquennat Macron.

La publication jeudi de la déclaration d'intérêts de Mme Pénicaud par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), révélant qu'elle a touché une somme de 4,74 millions d'euros net entre 2012 et 2014, alors qu'elle était directrice des ressources humaines chez Danone, a attisé la polémique lancée par des élus de gauche.

"Qu'est-ce qui va le plus entacher la confiance dans la vie publique, est-ce que c'est les histoires d'indemnités, nos notes de restaurant ou machin..., ou le +Pénicaudgate+ qui se dessine?", s'est exclamé l'Insoumis François Ruffin devant l'Assemblée Nationale vendredi.

"Ça devient ministre du Travail et ça vient dire qu'il faut plafonner les indemnités prud'homales plutôt que de plafonner les stocks-options. S'il y a quelque chose qui doit scandaliser aujourd'hui, (...) qui entache la confiance dans l'action publique, c'est bien cela", a ajouté M. Ruffin, lors de l'examen d'un amendement visant à encadrer les écarts de rémunération dans les entreprises, dans le cadre des débats sur les textes pour la "confiance dans la vie politique".

Vice-président LR d'Ile-de-France, Geoffroy Didier a appelé à questionner la "légalité" plutôt que la "morale" des faits reprochés à Muriel Pénicaud, tandis que Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a demandé "la démission" de la ministre.

- "Dépasse l'entendement" -

Sur RMC et BFM-TV, le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a qualifié vendredi de "choquantes" les "sommes" avancées, mais pour lui "le problème de fond derrière tout ça, c’est le mode de rémunération des dirigeants des grandes entreprises” qui doit être "revu".

Même avis pour son homologue à la CFDT, Laurent Berger, qui déplore un "niveau de rémunération des dirigeants de certaines entreprises qui dépasse l’entendement.”

Jeudi, les sénateurs communistes avaient accueilli la ministre dans l'hémicycle en brandissant un exemplaire du quotidien l'Humanité, qui a révélé le jour même comment Mme Pénicaud a réalisé une plus-value de 1,13 million d'euros en 2013 alors qu'un plan social frappait 900 salariés du groupe agroalimentaire.

"Chacun a le droit d'avoir et d'exprimer son avis sur le niveau de rémunération", s'est défendue Mme Pénicaud dans Le Figaro. "En revanche soyons clairs, l'attribution du plan de stock-options évoqué dans la presse est bien antérieure à l'annonce du plan de départs volontaires, et n'a aucun lien avec ce dernier. Je ne peux donc que regretter ces amalgames", a-t-elle ajouté, reprenant les termes de sa défense la veille au Sénat.

La présidente du groupe communiste, Eliane Assensi, l'avait accusé d'avoir réalisé une plus-value "grâce à une flambée boursière en faveur de Danone suite à l'annonce de la suppression de 900 emplois".

"Nous sommes ici pour fabriquer la loi, non pour répandre des approximations démagogiques à propos de personnes singulières", lui avait rétorqué la ministre, indirectement prise à partie aussi par plusieurs autres élus communistes, insoumis ou socialistes.

Vendredi, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a cherché à dégonfler la polémique en estimant que le cours des actions de Danone ayant monté depuis, la ministre n'avait "finalement pas fait une bonne affaire".

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