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Corse: Simeoni et Talamoni sur le point de prendre les rênes de la super-région

| AFP | 467 | Aucun vote sur cette news
L'autonomiste Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni à Bastia le 3 décembre 2017
L'autonomiste Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni à Bastia le 3 décembre 2017 ( PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP/Archives )

L'indépendantiste Jean-Guy Talamoni et l'autonomiste Gilles Simeoni s'apprêtaient mardi à prendre les rênes de la nouvelle collectivité territoriale unique corse, à forte dominante nationaliste (41 sièges sur 63), officiellement installée ce jour à Ajaccio.

Avant son élection assurée à la tête du conseil exécutif (11 membres), sorte de "mini-gouvernement" corse, Gilles Simeoni a demandé mardi matin sur France Inter au président de la République de "parler rapidement sur sa vision de la Corse et sa vision du dialogue" qui devra "s'engager entre la Corse et la République". Le dirigeant nationaliste a insisté sur le fait que M. Macron était "le mieux placé (...) pour donner le signal de l'ouverture de ce dialogue".

A la mi-journée, le ministère de l'Intérieur a annoncé la visite en Corse vendredi 5 janvier de la ministre Jacqueline Gourault, nommée le 12 décembre dans la foulée des élections territoriales à la fonction informelle de "Mme Corse". Mme Gourault avait déjà évoqué à la mi-décembre son déplacement tout en précisant que le Premier ministre Edouard Philippe devait auparavant recevoir les deux dirigeants corses.

Depuis le triomphe des nationalistes aux territoriales (56,5% des suffrages), le président de la République ne s'est pas exprimé publiquement à propos de la Corse. Un regret pour Gilles Simeoni, qui déplore aussi d'avoir appris "par la presse" la nomination de Jacqueline Gourault.

La Collectivité territoriale unique corse
La Collectivité territoriale unique corse ( Vincent LEFAI / AFP )

La nouvelle collectivité territoriale unique, une super-région qui fusionne l'ancienne collectivité (région) et les deux départements, une instance inédite en France, doit tenir sa séance d'installation mardi après-midi à Ajaccio. Gilles Simeoni a rappelé sur France Inter que la majorité nationaliste, qui la dirigera, était "dans une logique d'apaisement, dans une logique de construction" avec l'Etat français.

Le 12 décembre, le Premier ministre avait semblé fermer la porte aux revendications des dirigeants corses -co-officialité de la langue corse et du français, amnistie des "prisonniers politiques" et statut de résident corse permettant de protéger les insulaires de la spéculation immobilière- en estimant que toutes les réformes à venir devraient être "conformes au cadre constitutionnel".

"Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c'est à la Constitution de changer et pas au peuple de disparaître", a rétorqué sur France Inter Gilles Simeoni. Le leader autonomiste est notamment revenu sur la demande d'amnistie des prisonniers politiques, arguant qu'elle était portée par 200 des 350 communes corses.

M. Simeoni qui était aussi l'avocat d'Yvan Colonna, a estimé que dans le cas des trois hommes condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en février 1998, "on peut tout simplement appliquer le droit positif et les rapprocher et leur permettre de purger leur peine en Corse, pour ne pas ajouter à la rigueur de la détention celle de l'éloignement de leur famille".

- "sensibilité toute parisienne"-

Interviewé dans le Parisien/Aujourd'hui en France mardi, Jean-Guy Talamoni, qui doit être réélu à la tête de l'Assemblée de Corse, s'est montré plus sévère envers Paris, estimant qu'"à l'heure actuelle, ni le président de la République ni aucun membre de son gouvernement ne sont vraiment au courant de la question corse".

Au sujet de la nouvelle mandature, le dirigeant indépendantiste a estimé que "l'enjeu politique, ce n'est pas tellement de prendre de nouvelles délibérations, mais de conduire Paris à prendre en compte celles déjà votées", notamment la "coofficialité de la langue corse".

Elections territoriales en Corse
Elections territoriales en Corse ( Vincent LEFAI / AFP )

Mardi après-midi, lors de son discours d'investiture, Jean-Guy Talamoni ne dérogera pas à son habitude: il parlera en corse, comme il l'avait fait en 2015. "Le corse est la langue de la Corse, on ne peut donc pas me reprocher de le parler ! Il y a par rapport à cela une sensibilité toute parisienne", a-t-il dit.

Toujours plus modéré, Gilles Simeoni s'exprimera lui, "probablement à la fois en français et en corse". Il assure n'avoir ni "volonté de provocation ni d'ostentation, mais nous souhaitons que la langue corse, qui est la langue du peuple corse, puisse être utilisée de façon naturelle dans tous les espaces de la vie publique et privée".

Mardi matin, de nombreux journalistes se pressaient déjà dans les locaux de la collectivité territoriale à Ajaccio, où était installé un écran géant en extérieur.

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