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Corse: Gilles Simeoni, déçu par l'attitude de l'Etat, appelle à "une grande manifestation"

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Le président nationaliste du conseil exécutif corse, Gilles Simeoni (), le président de l'Assemblée corse Jean-Guy Talamoni (g), lors d'une rencontre avec le Premier ministre Edouard Philippe (c), le 22 janvier 2018 à l'Hôtel Matignon à Paris
Le président nationaliste du conseil exécutif corse, Gilles Simeoni (), le président de l'Assemblée corse Jean-Guy Talamoni (g), lors d'une rencontre avec le Premier ministre Edouard Philippe (c), le 22 janvier 2018 à l'Hôtel Matignon à Paris ( JACQUES DEMARTHON / POOL/AFP )

Le président nationaliste du conseil exécutif corse, Gilles Simeoni, a fait état mardi soir de sa déception face à l'attitude de l'Etat, appelant à la tenue "dans les prochains jours d'une grande manifestation populaire", sur son compte Twitter.

"Après nos entretiens d’hier et d’aujourd’hui, notre conviction est faite : l’Etat refuse de reconnaître et de prendre en compte la dimension politique de la question corse. Dans ces conditions, nous appelons dans les prochains jours à la tenue d’une grande manifestation populaire", a tweeté le leader autonomiste après avoir été reçu lundi soir par le Premier ministre Edouard Philippe et mardi après-midi par le président du Sénat Gérard Larcher.

"Aujourd'hui on est dans une situation d'impasse", a également déclaré M. Simeoni mardi soir sur Canal Plus, affirmant que "le seul qui peut débloquer cette situation c'est le président de la République". Il a cependant réitéré son attachement au dialogue: "Nous resterons sur ce chemin", a-t-il dit.

- Matignon : poursuivre le dialogue -

Sollicité par l'AFP pour une réaction aux propos de M. Simeoni, Matignon a "pris acte" de l'appel à manifester, mais estimé que le "dialogue initié" entre le gouvernement et l'exécutif local corse devrait se "poursuivre".

"Il y a eu lundi avec le Premier ministre un dialogue constructif: à l’issue de cet échange chacun a d’ailleurs convenu que nous entrions dans une nouvelle phase politique", a-t-on fait valoir dans l'entourage de M. Philippe.

"Le Premier ministre a pour sa part proposé de travailler à une méthode de travail dans les prochaines semaines et a écouté les attentes des présidents du conseil exécutif et de l'assemblée de Corse. Nous prenons acte de l’appel à manifester, pour autant le dialogue initié doit se poursuivre", a-t-on poursuivi.

Le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, qui a participé à ces rencontres à Paris avec Gilles Simeoni, a tweeté le même message que M. Simeoni avec une photo des deux élus corses, le visage fermé.

"Nous voyons bien en rapprochant ce qui a été dit hier soir et ce qui nous a été dit aujourd'hui par le président du Sénat, que les autorités publiques parisiennes se sont mises d'accord pour opposer à nos revendications une fin de non-recevoir. Sur toutes les questions essentielles, on nous dit soit que ce n'est pas possible soit on nous entraine sur des processus juridiques qui sont très insuffisants", a regretté sur TV5 le leader indépendantiste.

"Paris, de manière générale, ne prend absolument pas en compte le fait démocratique, ce qui a été exprimé par les Corses en décembre dernier par leur vote", a-t-il ajouté.

Mardi, le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a réaffirmé son opposition au statut de résident et à la co-officialité de la langue corse et assuré que le Sénat serait "à la fois garant de l’unité nationale et initiateur de libertés nouvelles accordées à nos territoires".

Lundi soir, après l'entretien avec Edouard Philippe, M. Simeoni avait affiché "une forme de déception" car "le gouvernement n'est pas allé plus loin dans la prise en compte de nos demandes et revendications", même si "le dialogue qui a été initié ce soir doit se poursuivre dans les prochains jours". Il avait exprimé son souhait que le président Macron "donne le +la+ sur ce que sera la position non seulement du gouvernement mais de l'Etat concernant le rapport à la Corse".

Le président de la République doit se rendre le 6 février en Corse pour les commémorations de l'assassinat, il y a 20 ans, du préfet Claude Erignac.

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