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Commission d'enquête Benalla: auditions jusqu'au sommet de l'Etat

| AFP | 284 | 4.50 par 2 internautes
Alexandre Benalla à son arrivée au tribunal de Paris le 19 février 2019
Alexandre Benalla à son arrivée au tribunal de Paris le 19 février 2019 ( Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP )

Une vingtaine de personnes, dont l'ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et l'actuel Christophe Castaner, et celui des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ont été entendues par la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla. Voici les acteurs clefs, hors gouvernement, qui se sont retrouvés en pleine lumière.

Patrick Strzoda

Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, ancien préfet, a un rôle plus administratif que politique. Il a autorisé Alexandre Benalla à assister à la manifestation du 1er mai, a ensuite prévenu le président, alors en Australie, de la faute de son collaborateur et a prononcé une mise à pied de 15 jours.

L'homme de 67 ans a ensuite révélé qu'Alexandre Benalla avait utilisé "presque une vingtaine de fois" ses passeports diplomatiques après son licenciement et l'a accusé d'avoir falsifié un document à en-tête officiel pour obtenir un passeport.

Il a sous ses ordres le chef de cabinet François-Xavier Lauch, récemment promu préfet, qui était le supérieur direct d'Alexandre Benalla.

Eric Bio-Farina

Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron et ancien préfet, devant la Commission du Sénat, le 16 janvier 2019 à Paris
Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron et ancien préfet, devant la Commission du Sénat, le 16 janvier 2019 à Paris ( Bertrand GUAY / AFP/Archives )

Commandant militaire de la Présidence de la République, le général Bio-Farina a affirmé aux sénateurs que Vincent Crase, employé de LREM mis en cause tout comme Alexandre Benalla pour son rôle le 1er mai, n'avait "absolument pas" été autorisé à accompagner la police en tant qu'observateur, ce qui contredisait une première version de l'Elysée.

Le général s'était aussi contredit sur les ports d'arme de Benalla, indiquant d'abord l'avoir vu porter une arme dans le cadre de certaines de ses missions, puis déclarant, dans une autre audition, qu'il ne l'avait jamais vu porter son arme dans le cadre de ses missions à l’extérieur.

Alexis Kohler

Bras droit du président de la République, le secrétaire général de l'Elysée, n'a apporté aucun élément nouveau malgré les questions insistantes de Philippe Bas, son prédécesseur à ce poste. Il a expliqué ne pas avoir été mêlé à l'attribution à l'ex-chargé de mission d'un appartement à l'Alma, ni d'un permis de port d'arme.

Il a aussi dit que sur le moment la sanction de 15 jours de suspensions "paraissait proportionnée", "compte tenu des éléments en notre possession à ce moment-là". Il a estimé qu'il n'avait pas alors d'éléments justifiant une saisine au titre de l'article 40 et démenti l'existence d'une quelconque "police parallèle" à l'Elysée.

Richard Lizurey

Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, le 4 janvier 2019 à l'Elysée à Paris
Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, le 4 janvier 2019 à l'Elysée à Paris ( LUDOVIC MARIN / AFP/Archives )

Le général de 60 ans, directeur général de la gendarmerie nationale, a été auditionné sur la décision de porter Alexandre Benalla au grade de Lieutenant-colonel réserviste au titre d'expert spécialiste. Une décision que le DGGN assume parfaitement: "À aucun moment, en aucune circonstance, personne ne m’a contacté et je n’ai contacté personne à l’Elysée. C’est une décision personnelle que j’assume".

Pour le patron de la gendarmerie, Benalla pouvait "apporter des choses" compte tenu de son "expérience en matière de protection".

Michel Delpuech

Agé de 66 ans, le préfet de police de Paris, placé en première ligne par le ministre de l'Intérieur de l'époque Gérard Collomb, est dans le viseur de l’exécutif depuis qu'il s'est défendu de toute faute personnelle en dénonçant des "dérives inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains" entre Alexandre Benalla et les trois fonctionnaires de la préfecture soupçonnées de lui avoir remis les images de vidéosurveillance de l'incident et en renvoyant l'exécutif à sa responsabilité politique.

"Il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait. Au demeurant, c'est bien ce qu'il s'est passé puisque M. Benalla a été convoqué par le cabinet de l’Elysée, et a fait l’objet de sanctions", a-t-il notamment déclaré.

Maxence Creusat

Vincent Crase, un proche d'Alexandre Benalla, arrive au tribunal de Paris, le 19 février 2019
Vincent Crase, un proche d'Alexandre Benalla, arrive au tribunal de Paris, le 19 février 2019 ( Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP )

Le commissaire de police de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de 31 ans est l'un des trois policiers mis en examen pour "détournement d'images issues d'une vidéo protection" et "violation du secret professionnel".

Il est soupçonné d'avoir gravé les images de vidéosurveillance sur un CD-Rom remis à Alexandre Benalla le 18 juillet. Il affirme n'avoir que "des relations professionnelles" avec M. Benalla et ne pas avoir de "relation de copinage" avec lui.

Vincent Crase

Ce proche d'Alexandre Benalla, qui le connaît depuis 2009, est mis en examen pour les violences du 1er mai à Paris. Ex-réserviste de la gendarmerie, il était entré au service de LREM puis à l’Élysée par l'entremise de son ami. Selon des enregistrements publiés fin janvier par Mediapart, il a revu Alexandre Benalla après ses mises en examen en dépit du contrôle judiciaire qui le leur interdisait.

Licencié fin juillet de l'Elysée, il est passé deux fois devant le Sénat pour s'expliquer sur ces événements qui ont mis le pouvoir exécutif dans l'embarras. Le nom de cet homme qui possédait aussi une société de sécurité privée apparaît en outre dans la signature d'un contrat avec un oligarque russe pour assurer la protection de ce dernier, visé par une enquête du parquet national financier.

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