En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 580.38 PTS
+0.31 %
5 528.00
+0.48 %
SBF 120 PTS
4 415.60
+0.30 %
DAX PTS
12 222.39
+0.57 %
Dowjones PTS
26 533.88
-0.10 %
7 698.39
+0.11 %
1.126
+0.14 %

Comment le clivage droite-gauche s'efface dans une France fragmentée

| AFP | 328 | Aucun vote sur cette news
Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop, à Paris, le 28 mars 2019
Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop, à Paris, le 28 mars 2019 ( Martin BUREAU / AFP )

Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop, dresse dans "L'archipel français" (Seuil), lauréat samedi du Prix du Livre Politique 2019, le constat d'une France tendue, en mal de repères et plus divisée que jamais en strates qui s'ignorent.

Le livre, qui emprunte autant à la sociologie qu'à la politologie, décrit l'explosion des réflexes à la fois communautaires, de classe et individualistes au détriment d'un socle minimal de références partagées par tous.

L'analyse de ce sondeur - effectuée avant la crise des "gilets jaunes" qui paraît la confirmer -, montre au passage comment l'affrontement entre droite et gauche cède de plus en plus vite la place à l'opposition entre villes-centre et zones périurbaines et entre gagnants et perdants de la mondialisation.

QUESTION: Après l'effondrement de la droite et de la gauche parlementaires, absentes du second tour de la présidentielle de 2017, le clivage droite-gauche existe-t-il encore en France?

REPONSE: "Il existe encore, ne serait-ce que parce que toute une partie de la population française l'utilise encore pour se positionner ou se définir. Du côté de l'offre politique, on a encore des partis -même s'ils ne sont pas forcément au mieux de leur forme-, qui se revendiquent de ce clivage-là. Il a encore une certaine réalité, une certaine efficience aussi pour appréhender un certain nombre de débats. Pour autant, le clivage droite-gauche n'est plus premier, plus central. De manière très opérationnelle, on peut faire l'hypothèse que les partis qui se revendiquent le plus de la droite ou de la gauche vont être relégués en 2e division."

Q: Le clivage entre "progressistes" et "nationalistes", ou "mondialistes" et "nationaux" qu'affirment et revendiquent la LREM et le RN peut-il complètement remplacer l'ancienne opposition droite-gauche?

R: "En tout cas, ces deux formations qui aujourd'hui font la course en tête, pas avec des scores spectaculaires je le concède, sont des formations qui ne se reconnaissent plus dans ce clivage-là. La liste LREM aux européennes, c'est la droite de la gauche et la gauche de la droite en train de s'agglomérer face à un pôle nationaliste. Ce n'est pas une situation uniquement franco-française d'ailleurs."

Q: Que s'est-il passé pour arriver à une telle dislocation d'un clivage qui a structuré la politique pendant si longtemps ?

R: "J'ai parlé de la fin de la +moyennisation+ des années 1960, lorsqu'on a intégré des pans entiers de la population dans la classe moyenne par la société de consommation, et par un secteur industriel qui était très puissant. C'est en train de s'effondrer, de craquer sur les maillons faibles. Parmi les publics qui étaient surreprésentés dans le mouvement des gilets jaunes, on a parlé des caristes, c'est-à-dire le salariat de la logistique. Pas de syndicats, très atomisé... La France de l'étalement urbain aussi, rattrapée parce qu'elle a un budget carburant qui est important. Et puis les familles monoparentales. Comme la consommation est devenue l'alpha et l'omega de l'épanouissement, vous pouvez avoir objectivement un niveau de vie meilleur que celui de vos parents et ressentir l'inverse. C'est une machine à frustration énorme."

Q: Vous parlez d'une nouvelle question sociale. C'est de droite ou de gauche ?

R: "Cela peut être un champ à labourer pour la gauche, une gauche réinventée."

Q: Vous avez dit dans une interview que la première demande serait de baisser les impôts. Ce n'est pas un réflexe associé à la gauche.

R: "Il y a une très forte sensibilité à la pression fiscale qui est objectivement élevée. Dans un contexte où le rapport de force dans les entreprises est très défavorable aux salariés, et où l'on se dit que la modération salariale, on y est pour des années et des années, les principales marges de manoeuvre perçues sont fiscales. Et c'est sur une histoire de taxes et d'impôts que les gilets jaunes ont dégoupillé, même s'il y a un rapport très ambivalent à l'État et aux pouvoirs publics, avec une demande de plus d'Etat."

PROPOS recueillis par Christophe SCHMIDT

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/04/2019

Pour l'exercice 2018, Wedia affiche un chiffre d'affaires consolidé de 10,8 ME, en hausse de 16% par rapport à l'exercice 2017, soit 9,3 ME...

Publié le 18/04/2019

Les revenus locatifs de Carmila pour les 3 premiers mois de l'année 2019 s'élèvent à 89,2 millions d'euros, contre 82,1 millions d'euros en 2018 sur...

Publié le 18/04/2019

Implanet affiche pour l'exercice 2018 une perte nette de 5,55 ME, contre 6,61 ME un an auparavant...

Publié le 18/04/2019

L'assemblée générale des actionnaires de CNP Assurances qui s'est réunie le 18 avril 2019 à Paris a approuvé les comptes sociaux et consolidés de...

Publié le 18/04/2019

Accor a fait le point sur son activité du premier trimestre 2019. Ainsi, le groupe hôtelier a réalisé un chiffre d'affaires de 987 millions d’euros sur la période, en progression de 34,2% en…