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Cambadélis règle ses comptes dans un livre-testament

| AFP | 360 | 4 par 1 internautes
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, le 17 juillet 2017 à Paris
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, le 17 juillet 2017 à Paris ( ALAIN JOCARD / AFP/Archives )

Jean-Christophe Cambadélis, dont le mandat à la tête du PS s'achèvera samedi, quitte le Parti socialiste en publiant mercredi un essai au vitriol où il pointe les "erreurs" de François Hollande et la "défaite morale" de la gauche.

L'ouvrage d'un peu plus de 200 pages, intitulé "Chronique d'une débâcle, 2012-2017", est l'occasion pour l'ancien député de Paris, balayé par la vague En marche!, de revenir sur cinq années qui auront vu le PS passer brutalement "du firmament au néant".

Il y dresse un portrait acide de l'ex-président, un homme qui n'était "pas prêt mentalement" à affronter la fonction présidentielle, un "président bon camarade" prêt à "répondr(e) à toutes les injonctions".

"On pourra tout lui demander, même le plus grotesque, il y répondra. Il ne sera pas l'homme qui dit non. Il fera au mieux", écrit M. Cambadélis, qui se moque un peu plus loin d'un François Hollande qui "sombre" dans le sommeil lors d'un entretien avec lui, au lendemain de la parution de la fameuse Une au scooter de "Closer".

Dans ce quinquennat où les échecs ont "été plus nombreux" que les réussites, M. Cambadélis voit deux erreurs fondamentales: la première, l'absence de "récit" sur l'action menée, au profit d'une focalisation sur les "résultats" -qui tarderont à venir.

"L'autre erreur est bien évidemment d'avoir laissé faire, puis partir Emmanuel Macron", et ce, malgré les mises en garde de Stéphane Le Foll et les siennes, dès septembre 2015. M. Cambadélis soupçonne d'ailleurs l'ex-président d'avoir envisagé sa renonciation bien avant le 1er décembre 2016. "François Hollande maintient les deux fers au feu: un Macron +complémentaire+ et un +Macron supplémentaire+ si lui-même ne devait pas y aller".

A propos de ce dernier, M. Cambadélis raconte cette anecdote livrée par le député de la Sarthe: la veille de la nomination du premier gouvernement de Manuel Valls, "Emmanuel Macron sort du bureau de Manuel Valls, embrasse Le Foll et lui glisse, amer: +Je m'en vais, mais je reviendrai. J'attaquerai tout cela au pic à glace+. Il était fâché de n'avoir pu être nommé ministre".

- +Bataille de la clarification+ -

L'ex-député n'épargne pas les autres acteurs de la descente aux enfers socialiste: le Premier ministre Manuel Valls, qui "commet l'irréparable" en ne respectant pas son engagement de la primaire, puis s'engage dans une "stratégie digne du +génie des carpettes+ (...) dans le seul but de ne pas avoir de candidat En Marche face à lui à Evry"; Arnaud Montebourg, qui s'est allié à François Hollande au second tour de la primaire de 2011, contre la "logique" et la "clarté"; Benoît Hamon, "un candidat socialiste qui semble ne pas vouloir être socialiste", et qui finit "par être le candidat de personne et de nulle part".

De manière générale, M. Cambadélis déplore la "défaite morale" qui a submergé la gauche.

"Quelle misère de voir qu'en si peu de temps tant d'hommes et de femmes auront pu dire tout et son contraire, jurer fidélité pour se parjurer ensuite, défendre une ligne politique pour la quitter finalement sans un mot".

S'agissant de son propre bilan à la tête du PS, M. Cambadélis assume sa "part de responsabilité". "Arrivé bien tard, surestimant ma capacité à tenir tous les bouts, à donner du sens, à infléchir, à motiver. J'ai fini par être le spectateur d'un monde qui se défaisait malgré moi", dit-il.

Parfois attaqué pour ne pas avoir su maintenir un semblant de discipline partisane, face aux frondeurs puis aux soutiens de M. Macron, M. Cambadélis se dépeint volontiers en martyr de "l'unité". "L'unité, personne ne m'en donne quitus, mais il m'a coûté de la défendre mordicus, d'être unitaire pour cent et raisonnable pour mille (...) J'assume d'avoir évité l'éclatement de mon parti en ne déclenchant pas une guerre civile socialiste pendant le quinquennat".

Il se défend aussi d'avoir empêché la candidature du président en organisant la primaire, comme le prétendrait "la thèse hollandaise".

"Non, la primaire n'a pas empêché le président de présenter sa candidature. N'inversons pas la cause et les effets. C'est précisément parce que sa candidature n'avait plus rien de naturel que cette primaire a été conçue".

Se tournant vers le présent, M. Cambadélis appelle ses camarades à mener la "bataille de la clarification avec le populisme dit de gauche (incarné par Jean-Luc Mélenchon, NDLR) comme avec le centralisme technocratique" de M. Macron.

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