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Borloo demande une "enquête parlementaire" sur l'arrêt "total" de la rénovation urbaine

| AFP | 613 | 3.50 par 4 internautes
L'ex-ministre Jean-Louis Borloo, le 30 septembre 2019
L'ex-ministre Jean-Louis Borloo, le 30 septembre 2019 ( Martin BUREAU / AFP/Archives )

L'ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo a réclamé mercredi au Sénat l'ouverture d'une enquête parlementaire pour comprendre pourquoi la politique de rénovation urbaine s'est "totalement arrêtée", un an après que son plan pour les quartiers populaires a été enterré par Emmanuel Macron.

Retiré de la vie politique depuis 2014, l'ex-président de l'UDI, considéré comme le père de la rénovation urbaine, était invité par la commission économique du Sénat à évoquer ce plan d'action qui a engagé plusieurs dizaines de milliards d'euros en plus de quinze ans pour remodeler les quartiers populaires.

Aujourd'hui, selon Jean-Louis Borloo, qui avait été chargé par Emmanuel Macron de lui remettre un vaste plan pour les banlieues, finalement balayé publiquement en mai 2018, la rénovation urbaine "s'est totalement arrêtée". "Pas réduite de 30%, pas divisée par deux... Arrêtée."

"Comment un dispositif, voté à l'unanimité des sénateurs, voté à l'unanimité des députés, salué par les mamans des quartiers, les jeunes, les femmes, les maires, les présidents d'agglomération, par 100% des organismes d'HLM, comment cette décision de la nation française a-t-elle pu s'arrêter sans que personne ne l'ait jamais décidé ?", a interrogé l'ancien ministre de la Ville, puis du Travail, sous Jacques Chirac.

"Vous ne vous sentez pas bafoués ?", a-t-il lancé aux sénateurs. "Ça mérite une analyse. Une enquête parlementaire" car "en fait, on ne fait rien, voilà, c'est ça la réalité", a-t-il ajouté.

Ce constat reflète plutôt "la situation au moment où il a remis son rapport" et non celle d'aujourd'hui, car "on ne peut plus dire que la rénovation urbaine soit à l'arrêt", a réagi auprès de l'AFP Olivier Klein, président de l'Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru).

Selon l'agence, 9,5 milliards d'euros de "concours financiers" ont été accordés par l'Anru depuis 2018, qui ont permis de valider "les projets de transformation de 371 quartiers".

"Il y a peut-être eu un sentiment que la rénovation était à l'arrêt car on ne voyait plus de grues", concède Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), qui reconnaît que "les dispositifs prennent du temps" à se mettre en place.

La dynamique, depuis plus d'un an, a toutefois "permis de premières réalisations concrètes pour les habitants concernés avec déjà plus de 150 opérations livrées sur l'ensemble du territoire" et "ne va faire que s'amplifier ces prochains mois", a abondé l'actuel ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, cité dans un communiqué de l'Anru.

Mercredi matin, les sénateurs ont par ailleurs sondé Jean-Louis Borloo sur le rapport remis à M. Macron, qu'ils ont salué en regrettant qu'il "n'ait pas été pris en compte".

"C'était peut-être un peu trop prêt, organisé, enthousiaste", a-t-il avancé, revenant sur l'épisode de mai 2018 depuis lequel il a disparu de la scène politico-médiatique. "Pourquoi je me suis tu? Parce que je suis quelqu'un de responsable, qu'il faut toujours laisser sa chance au produit. On a juste perdu un peu de temps."

Certaines propositions du rapport Borloo ont été reprises et mises en place par le gouvernement, en particulier la mesure-phare prônant l'instauration de "cités éducatives" dans les quartiers, lancées en septembre.

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