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Bolsonaro, le chantre de la dictature en passe de présider le Brésil

| AFP | 316 | Aucun vote sur cette news
Le candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle au Brésil, Jair Bolsonaro, à Rio de Janeiro le 25 octobre 2018
Le candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle au Brésil, Jair Bolsonaro, à Rio de Janeiro le 25 octobre 2018 ( CARL DE SOUZA / AFP )

Elu président du Brésil du dimanche, Jair Bolsonaro a séduit des millions d'électeurs avec un discours sécuritaire qui a fait mouche, malgré ses dérapages racistes, misogynes et homophobes.

L'ex-capitaine de l'armée à la rhétorique sulfureuse affiche sans complexe sa nostalgie des "années de plomb" de la dictature militaire (1964-1985).

Mais le candidat d'extrême droite s'est défendu d'être une menace pour la démocratie, promettant d'être "esclave de la Constitution" et de gouverner "avec autorité, mais sans autoritarisme".

Regard bleu perçant, ce député de 63 ans épargné par les scandales de corruption qui rongent le Brésil a pour projet-phare de libéraliser le port d'armes pour permettre aux "gens bien" de se faire justice eux-mêmes.

Des partisans du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, le 29 septembre 2018 à Rio de Janeiro
Des partisans du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, le 29 septembre 2018 à Rio de Janeiro ( DANIEL RAMALHO / AFP/Archives )

Jair Bolsonaro a été lui-même victime de violence : le 6 septembre, il a frôlé la mort après avoir été poignardé à l'abdomen par un déséquilibré lors d'un bain de foule.

De quoi entretenir encore plus son image de "mythe" - le surnom que lui donnent ses plus ardents supporters - à présent assortie de celle d'un martyr.

Hospitalisé trois semaines, il n'a pas pu reprendre sa campagne dans les rues ni participer aux débats télévisés, mais est resté très actif sur les réseaux sociaux, où il fait un tabac avec près de 8 millions d'abonnés sur Facebook.

- "Trump tropical" -

Des partisans du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, le 30 septembre 2018 à Sao Paulo
Des partisans du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, le 30 septembre 2018 à Sao Paulo ( Miguel SCHINCARIOL / AFP/Archives )

Le format concis et direct du numérique lui va comme un gant. Loin d'être un grand tribun - il s'exprime avec une syntaxe approximative et a un cheveu sur la langue - il sait s'adresser directement à l'électeur internaute avec de petites phrases qui font mouche.

Sa ligne politique est floue, en témoignent ses nombreux changements d'étiquette au fil des années.

Même s'il avoue ne rien comprendre à l'économie, il est parvenu à gagner la confiance des marchés grâce à son gourou Paulo Guedes, un "Chicago Boy" ultra-libéral, dont il veut faire un "super ministre".

Souvent surnommé le "Trump tropical", il cite fréquemment le président américain, qu'il admire.

Mais contrairement à Donald Trump, Jair Bolsonaro a déjà une longue carrière politique derrière lui : il siège à la Chambre des députés depuis 1991.

"Il parle des 'politiciens' comme s'il ne faisait pas partie de ce monde. Il a réussi à faire passer l'image d'un homme fort, adepte de la ligne dure, qui va combattre la corruption", explique Michael Mohallem, professeur de droit à la Fondation Getulio Vargas.

C'est ainsi qu'il s'est assuré le soutien de puissants lobbys au Parlement, notamment ceux de l'agro-business et des évangéliques.

Le candidat d'extrême droite à la présidentielle Jair Bolsonaro salue ses partisans après avoir voté lors du 1er tour, le 7 octobre 2018 à Rio de Janeiro, au Brésil
Le candidat d'extrême droite à la présidentielle Jair Bolsonaro salue ses partisans après avoir voté lors du 1er tour, le 7 octobre 2018 à Rio de Janeiro, au Brésil ( Fernando Souza / AFP )

De confession catholique, il est pourtant épinglé par certains sur le fait que ses cinq enfants (dont trois sont des hommes politiques) sont le fruit de trois unions.

En 2017, Jair Bolsonaro a fait étalage de sa misogynie en affirmant qu'après avoir eu quatre fils, il a "faibli" en engendrant une fille.

Un discours qu'il a tenté d'adoucir pendant l'entre-deux tours, avec notamment une vidéo de lui, les larmes aux yeux, évoquant la façon dont cette même fille, Laura, a "changé sa vie", alors qu'il pensait ne plus avoir d'enfants.

- Dérapages en série -

Bolsonaro est né en 1955 à Campinas, près de Sao Paulo, dans une famille d'origine italienne, et sa carrière militaire a été émaillée d'épisodes d'insubordination: il a même été accusé dans les années 1980 d'une tentative d'attentat à la bombe pour obtenir une augmentation de solde.

À l'armée, il était également connu pour sa force physique, au point d'être surnommé "Cavalao", le grand cheval.

Brésil : élection présidentielle
Brésil : élection présidentielle ( / AFP )

Jair Bolsonaro a fait l'essentiel de sa carrière politique à Rio, où il a été élu conseiller municipal en 1988 et a obtenu son premier mandat de député fédéral trois ans plus tard.

En tant que parlementaire, il s'est davantage illustré par ses dérapages dans l'hémicycle que pour les projets de loi qu'il a fait approuver, seulement deux en 27 ans.

En 2014, il avait fait scandale en prenant violemment à partie la parlementaire de gauche Maria do Rosario, lui lançant qu'elle "ne méritait pas" qu'il la viole car elle était "trop moche". Deux ans plus tard, il a fait l'éloge d'un tortionnaire de la dictature militaire (1964-1985).

Jair Bolsonaro a également multiplié les déclarations homophobes: dans un entretien au magazine Playboy en 2011, il a affirmé qu'il préférerait avoir un fils "tué dans un accident" plutôt qu'homosexuel.

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