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Banlieues: "déçue", Pécresse promet un "plan alternatif", fustige l'expression "mâles blancs"

| AFP | 213 | Aucun vote sur cette news
Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, parle avec le président de la République Emmanuel Macron lors d'une visite aux Mureaux (Yvelines) le 20 février 2018
Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, parle avec le président de la République Emmanuel Macron lors d'une visite aux Mureaux (Yvelines) le 20 février 2018 ( ludovic MARIN / POOL/AFP/Archives )

Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, s'est déclarée dimanche "extraordinairement déçue" des annonces pour les banlieues d'Emmanuel Macron et "choquée" de sa phrase sur les "mâles blancs", promettant un "plan alternatif" d'élus locaux avant l'été.

"J'avais énormément d'espoir dans le travail de Jean-Louis Borloo sur le plan banlieue et j'ai été extraordinairement déçue et frustrée", a-t-elle affirmé lors du "Grand rendez-vous" Europe1/Les Echos/CNEWS.

Préconisant de combiner "autorité, moyens supplémentaires et mixité" et d'obtenir "un ascenseur social qui fonctionne", la présidente de région a appelé à "détruire les grands ensembles, reconstruire des quartiers entiers, avec un plafond antighetto". "Il ne peut pas y avoir de mixité sociale quand il y a plus de 30% de logement social dans un quartier", selon Mme Pécresse.

"Si l'Etat n'est pas au rendez-vous nous ferons sans l'Etat. Avec les moyens qui sont les nôtres, nous mettrons le paquet pour transformer nos villes et déghettoïser. Nous présenterons notre plan alternatif dans quelques semaines. On va le chiffrer, avant l'été, avec un fort volet économique" et entrepreneurial, a ajouté cette ancienne ministre du Budget.

Elle a aussi critiqué les propos du président de la République, qui a ironisé mardi sur les "deux mâles blancs", - sous-entendu Jean-Louis Borloo et lui-même -, s'échangeant un "plan" sur les banlieues, une méthode qui "ne marche plus".

"J'ai été profondément choquée par ses propos sur les mâles blancs qui ne peuvent pas parler des banlieues. Je suis une femelle blanche et je revendique d'avoir quelque chose à dire sur ces quartiers populaires. Il ne faut pas ouvrir la porte au communautarisme (...). Racialiser le propos politique est plus qu'une erreur, c'est dangereux pour l'avenir", a lancé la présidente LR de l'Ile-de-France.

"Mettre en cause des personnes, des maires, des présidents de région en raison de leur race, de leur sexe ce n'est pas ma vision et c'est une régression", a-t-elle insisté.

Et de glisser que Jean-Louis Borloo, auquel elle a dit avoir parlé samedi, "n'a pas accepté d’être délégitimé".

Interrogé sur les critiques de la présidente de région LR sur la formule "mâles blancs", le chef de file des députés LREM Richard Ferrand a répliqué dans "Dimanche en politique" sur France 3: "Que d'emphase! Il ne s'agit pas de cela".

Il s'agissait "de dire que ceux qui ont pensé un rapport ou pensent en général la politique de la Ville n'habitent pas dans ces quartiers, n'ont pas de contacts et qu'il faut partir du terrain, apporter des réponses concrètes, précises sur la sécurité, l'éducation, la formation", rompre avec les "grands plans" faits "depuis 30 ans" sans succès, selon ce proche du chef de l'Etat.

En revanche, "face à une dérive de délinquance, de communautarisme et radicalisation" selon elle dans les banlieues, Mme Pécresse a salué la proposition d'Emmanuel Macron que les maires puissent être informés des personnes fichées pour radicalisation islamiste dans leur commune.

Pour les fichés S, elle a de nouveau appelé à expulser les étrangers - environ 10% selon elle - et réclamé pour "les Français et binationaux" une "nouvelle incrimination pénale qui permette de traduire en justice" pour "intelligence avec l'ennemi" ceux "qui consultent de manière quotidienne les sites jihadistes, qui vont dans des mosquées ou entendent des prêches de haine".

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