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Alexandre Benalla, d'une affaire à l'autre

| AFP | 1113 | 5 par 10 internautes
Alexandre Benalla, le 16 juillet 2018 à l'aéroport de Roissy
Alexandre Benalla, le 16 juillet 2018 à l'aéroport de Roissy ( Thomas SAMSON / AFP/Archives )

L'affaire Alexandre Benalla a éclaté au cœur de l'été 2018 avec des images de violences à Paris le 1er mai, et rebondi depuis Noël notamment avec des révélations sur ses passeports diplomatiques.

- Violences -

Le 18 juillet 2018, Le Monde révèle qu'un homme portant un casque de CRS, filmé en train de frapper un jeune homme et de malmener une jeune femme à Paris, en marge des manifestations du 1er mai, est "un proche conseiller du président de la République".

Selon le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, il s'agit d'Alexandre Benalla, "chargé de mission" pour la sécurité à l'Élysée, et officiellement parmi les policiers ce jour-là en simple "observateur". Il dit l'avoir suspendu 15 jours après avoir vu les images en mai.

La justice ouvre une enquête, l'opposition dénonce un "scandale d'État". Deux motions de censure sont rejetées fin juillet.

Alexandre Benalla est licencié par l’Élysée et mis en examen le 22 juillet, notamment pour "violences en réunion".

Le gouvernement suspend l'examen au Parlement de la réforme constitutionnelle.

Deux commissions d'enquête se mettent en place, une à l'Assemblée (elle explosera le 26 juillet avec le retrait des députés d'opposition), l'autre au Sénat.

Le parquet de Paris ouvre une nouvelle enquête pour d'autres violences le 1er mai à Paris. Elle aboutira à une deuxième mise en examen le 29 novembre, pour "violences volontaires en réunion".

- Passeports diplomatiques -

L'affaire rebondit en décembre lorsque La lettre du Continent, puis Le Monde, révèlent un voyage d'affaires de M. Benalla au début du mois au Tchad. Il y a notamment rencontré le président Idriss Déby, trois semaines avant une visite d'Emmanuel Macron à N'Djamena. L’Élysée dit avoir été informé de ce voyage a posteriori.

Selon Mediapart et Le Monde, M. Benalla a utilisé l'un de ses deux passeports diplomatiques pour entrer dans plusieurs pays africains. Auditionné au Sénat en septembre, M. Benalla avait pourtant affirmé avoir laissé ces passeports dans son bureau de l’Élysée.

Le Quai d'Orsay dit avoir réclamé leur restitution à deux reprises depuis juillet. M. Benalla assure au Journal du Dimanche qu'ils lui ont été rendus par un "membre de la présidence" (un "personnel salarié de l’Élysée", précisera-t-il au Sénat le 21 janvier) avec ses effets personnels, début octobre.

Le 29 décembre, le parquet de Paris ouvre une enquête concernant l'utilisation des passeports, notamment pour "abus de confiance".

Dans un entretien à Mediapart le 31 décembre, Alexandre Benalla affirme avoir continué à échanger régulièrement avec Emmanuel Macron depuis son licenciement, via la messagerie Telegram. Selon l'Elysée le chef de l’État ne lui a répondu que "deux fois, de manière laconique".

Devant la commission d'enquête du Sénat, Patrick Strzoda révèle le 16 janvier que M. Benalla a utilisé "presque une vingtaine de fois" ses passeports diplomatiques après son licenciement. Il le soupçonne par ailleurs d'avoir obtenu un passeport de service en juin grâce à un faux.

L'enquête est étendue aux infractions de faux et usage de faux.

Le 18 janvier, Alexandre Benalla est mis en examen pour l'usage abusif de ses passeports diplomatiques.

Conversation privée

Le 31 janvier, Mediapart diffuse des extraits d'un enregistrement audio dans lequel M. Benalla se targuait du soutien du "patron" (Emmanuel Macron, ndlr), dans une conversation en juillet avec Vincent Crase, ex-employé de LREM également mis en examen pour les violences du 1er mai.

Le 4 février, le parquet de Paris ouvre une enquête pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et sur les conditions d'enregistrement de cette conversation. Mediapart indique avoir refusé le matin-même une perquisition dans ses locaux.

Le 6, Matignon confirme avoir transmis des informations à la justice au sujet de cet enregistrement.

Le 7, la cheffe de la sécurité du Premier ministre, Marie-Élodie Poitout, présente sa démission pour "ne pas exposer" Édouard Philippe après l'hypothèse soulevée par des journalistes que cette conversation ait eu lieu chez elle. Elle affirme n'avoir "aucun lien avec les enregistrements".

Contrat russe

Le même jour, le parquet national financier indique avoir ouvert une enquête sur un contrat de sécurité signé entre la société de Vincent Crase et un oligarque russe. Selon Mediapart, ce contrat a été "négocié" par Alexandre Benalla, du temps où il était encore à l'Elysée.

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