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Aides au logement: le gouvernement annonce une "réforme globale" qui inquiète

| AFP | 289 | Aucun vote sur cette news
Le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, le 12 juillet 2017 à Paris
Le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, le 12 juillet 2017 à Paris ( Thomas Samson / AFP/Archives )

En pleine polémique sur la baisse des aides au logement, le gouvernement a enfoncé le clou mardi en dénonçant un système "pervers" et en annonçant pour l'automne une "réforme globale", qui suscite déjà de fortes inquiétudes.

Pointant sur RTL, un "budget d'APL de 19 milliards d'euros" et "un budget global d'aides au logement de 30 milliards d'euros", un "record en Europe", le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard a fustigé un "système pervers" où "1 euro de plus sur l'APL" équivaut à "78 centimes de hausse des loyers".

Une "réforme globale" dans le cadre de la Loi logement cet automne est "tout à fait indispensable", a-t-il jugé, "parce que c'est comme un camion fou, un bateau ivre, nous sommes avec des montants qu'il faut arriver à maîtriser".

Pour Frédéric Paul, directeur général de l'USH (Union sociale de l'habitat, 640 bailleurs sociaux) c'est là "un discours extrêmement dramatisant et stigmatisant pour les personnes les plus modestes".

"On mélange des choux et des carottes", s'insurge-t-il auprès de l'AFP. "Dans le monde HLM où les loyers sont réglementés, ces aides profitent intégralement à leurs 3 millions de bénéficiaires".

Mais "55% des 19 milliards d'euros d'aides au logement sont versées par l'Etat aux locataires du parc privé, des sommes captées par les propriétaires bailleurs". "C'est dans le privé que la politique du logement alimente la hausse des prix, via des aides fiscales telles que le (dispositif) Pinel, captées par les promoteurs qui en profitent pour augmenter leurs prix de vente", juge-t-il.

Avec un coût pour l'Etat, étalé sur 6 à 12 ans, d'un milliard d'euros pour les seules 40.000 aides concédées en 2017 aux investisseurs locatifs, rappelle M. Paul.

Même analyse au sein de l'association de défense des consommateurs CLCV, où l'on est "révolté et très inquiet".

"L'Allemagne, les Pays-Bas et le canton de Genève ont encadré les loyers, considérant que le logement n'est pas un bien comme un autre, mais un droit essentiel des citoyens", souligne son président Jean-Yves Mano, alors qu'en France, "les avantages fiscaux donnés aux personnes pour se constituer un patrimoine ont fait grimper les prix du foncier et donc les loyers".

- 'Problème pris à l'envers' -

Ainsi "la dérive des APL" est due à la "dérive des loyers" contre laquelle "rien n'a été fait au cours des 10-15 dernières années", renchérit Michel Fréchet, président de la CGL (Confédération générale du logement).

"Agir sur le niveau des APL pour faire baisser les loyers revient à prendre le problème à l'envers", car c'est en encadrant les loyers comme à Paris depuis août 2015, "qu'on pourra les réduire".

Très critique, sur BFM Business, François Pupponi, député-maire (NG) de Sarcelles et ex-président de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), estime que "l'équation c'est de dire aux bailleurs et aux constructeurs: combien vous faut-il d'aides à la pierre pour avoir un prix de sortie du loyer acceptable pour les Français ? Or personne n'accepte de faire le calcul".

Pour Jean-Claude Driant, professeur à l'école d'urbanisme de Paris et spécialiste des politiques du logement, l'effet inflationniste des aides au logement dans le parc privé est indéniable, mais ancien.

"Il a particulièrement touché les petits logements lorsqu'en 1991 on a généralisé ces aides, auparavant réservées aux chômeurs, handicapés, jeunes actifs".

Pour lui, "baisser ces aides, c'est taper sur les pauvres et les jeunes". "Aujourd'hui les 20% de Français les plus pauvres, soit 5,6 millions de ménages ont déjà, lorsqu'ils sont locataires du parc privé, un taux d'effort extrêmement élevé, de 41% avec l'aide au logement. Après avoir payé leur loyer, il leur reste 500 euros, soit la moitié du revenu qui définit le seuil de pauvreté."

Les économies à faire se trouveraient plutôt du côté des étudiants de familles aisées, aujourd'hui aidés quel que soit le revenu de leurs parents. "Mais cela fait très peur au gouvernement, car les syndicats étudiants sont très puissants", dit M. Driant.

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