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A Marseille, l'état des écoles au coeur de la campagne municipale

| AFP | 339 | Aucun vote sur cette news
"Ecoles en danger" est-il écrit au tableau de cette classe d'une école primaire marseillaise, le 8 février 2016 ( BORIS HORVAT / AFP/Archives )

Des enfants dans des préfabriqués depuis des années, des toilettes ouvertes aux quatre vents, un état sanitaire déplorable: l'école primaire Ruffi est devenue le symbole du délabrement de certains établissements scolaires à Marseille, dénoncé à l'unisson par tous les candidats aux municipales.

"On met nos enfants dans des containers depuis 17 ans !", peste Sandrine Desmaris, une mère d'élèves, énumérant "les cours par 40°C en été, 15°C en hiver", "les toilettes à l'extérieur où on attrape froid", "les punaises de lit dans les dortoirs"...

En 2015, un plafond de cette école construite pour absorber temporairement le "trop-plein" d'élèves du quartier, s'effondre. Dans la foulée, la décrépitude des écoles marseillaises commence à faire régulièrement la une de la presse.

La municipalité promet alors la construction d'une école Ruffi, au coeur du nouveau quartier Euroméditerranée. Mais à la rentrée 2019, c'est la claque: la carte scolaire exclut du nouvel établissement la majorité des enfants scolarisés dans les préfabriqués.

Le dossier des écoles - 470 à Marseille - a poursuivi Jean-Claude Gaudin, maire LR depuis 25 ans, jusqu'à la toute fin de son mandat: pour son dernier conseil municipal, il a été accueilli par un concert de casseroles d'une cinquantaine de militants du Collectif des écoles marseillaises.

Et à quelques semaines des élections, à des degrés variables, tous les candidats à sa succession blâment son bilan dans ce domaine. Lui y voit du "Marseille +bashing+": "L'état de nos écoles a fait l'objet des qualificatifs les plus extrêmes mais aussi les plus injustes à mes yeux".

Même parmi ceux qui ont été élus dans sa majorité pendant des années, les mots sont durs.

Son idée - enterrée par la justice - d'avoir recours à un partenariat public privé pour construire ou rénover une quarantaine d'écoles ? "Une aberration", fustige Bruno Gilles, ex-dauphin pressenti du maire sortant, devenu candidat dissident de Martine Vassal, investie par LR.

"On a perdu des années !"

Des élèves ont inscrit
Des élèves ont inscrit "Pouah sa pue", au tableau de leur classe dans une école primaire de Marseille, le 8 février 2016 ( BORIS HORVAT / AFP/Archives )

Cette dernière reconnaît elle-même dans son programme que "tout reste à faire" pour les écoles marseillaises. La présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole veut planter des arbres, rénover les toilettes, "redonner le goût des aliments" aux enfants en abandonnant la cuisine centrale au profit de plusieurs cuisines plus proches des écoles ou "garantir le pavoisement" du drapeau français dans les classes.

Mais Mme Vassal milite aussi pour le lancement d'un nouvel audit "sans concession", alors que la municipalité vient de recevoir les résultats d'une étude similaire dont il n'a pas publié les résultats complets mais une synthèse.

Les autres candidats à la succession de Jean-Claude Gaudin ne sont pas en reste, leurs critiques sont dures et les propositions affluent.

Ex-PS, Samia Ghali décrit "les rats, les trous des balles de Kalachnikov dans les murs et les seaux pour récupérer la pluie" et promet, entre autres, un "audit indépendant".

Le sénateur RN Stéphane Ravier, lui, estime à 600 millions d'euros la somme nécessaire "rien que pour raser la trentaine d'écoles de type +Pailleron+" de la ville, appelant à faire appel au soutien de la métropole, de l'Etat et du département, et à "transférer l'entretien des écoles aux mairies de secteur".

"Il faut faire de notre retard une force", positive de son côté Cathy Racon-Bouzon, députée LREM et candidate sur les listes d'Yvon Berland, et "construire l'école de demain avec des innovations thermiques, des classes modulables".

Du côté du Printemps marseillais, qui rassemble la plupart des partis de gauche et qui est mené par Michèle Rubirola, le programme promet entre autres un plan de rénovation des écoles d'un milliard d'euros et la végétalisation des cours.

Chez les écologistes, on s'inquiète de la pollution des sols, mais aussi d'un "problème majeur d'encadrement" dû au "manque de personnel", pointe Annie Levy-Mozziconacci, deuxième sur la liste de Sébastien Barles (EELV).

Mais côté parents d'élèves, on déplore surtout "l'absence de dialogue entre enseignants, mairie et parents d'élèves": aucun candidat ne propose "des pratiques collaboratives comme à Lyon ou Nantes", regrette Séverine Gil, présidente du Mouvement des parents d'élèves (MPE) dans les Bouches-du-Rhône

Et, surtout, Mme Gil appelle à l'action, plutôt qu'à la rédaction de nouveaux rapports: "On a perdu des années et des millions déjà dans des audits!".

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