En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 853.70 PTS
-0.88 %
4 822.0
-1.37 %
SBF 120 PTS
3 857.72
-0.89 %
DAX PTS
10 865.77
-0.54 %
Dowjones PTS
24 100.51
-2.02 %
6 594.96
-2.56 %
1.130
+0.00 %

A l'unanimité, l'Assemblée supprime le mot race de la Constitution

| AFP | 271 | Aucun vote sur cette news
Article premier de la Constitution de 1958
Article premier de la Constitution de 1958 ( JOEL SAGET / AFP/Archives )

Comme premier changement au projet de révision de la Constitution, les députés ont symboliquement supprimé jeudi, à l'uanimité, le mot "race" de l'article 1er, une mise à jour depuis longtemps réclamée outremer mais sans faire consensus jusqu'à présent.

Les 119 députés présents ont également, dans le même vote, assuré l'égalité devant la loi "sans distinction de sexe".

Dans l'article 1 réécrit, qui définit les valeurs fondamentales de la République, la France "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d'origine ou de religion", au lieu de "sans distinction d'origine, de race ou de religion". Une formulation qui deviendra définitive si la révision constitutionnelle aboutit.

L'amendement adopté, au terme de nombreuses prises de parole sur tous les bancs pour s'en réjouir, a été celui du président du groupe UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde, mais presque tous les groupes politiques avaient présenté des amendements en ce sens. M. Lagarde a cependant noté "qu'aucun représentant de l'extrême droite n'était présent pour ce vote qui honore notre Nation". Les députés FN, qui siègent parmi les non-inscris "étaient absents par volonté", a-t-il affirmé.

Lorsque le mot race a été introduit dans le préambule de la Constitution de 1946 puis repris en 1958, les constituants voulaient, après le nazisme, affirmer leur rejet des thèses racistes, héritage de l'histoire coloniale et des théories du XIXe siècle.

Mais, paradoxalement, en interdisant la "distinction selon la race", la Constitution pouvait en creux légitimer l'opinion selon laquelle il existe des races alors que la science ne reconnaît qu'une seule espèce humaine.

Les députés ultramarins se sont montrés particulièrement émus de ce vote au regard du passé colonial français.

"Merci à vous tous", a lancé la Réunionnaise communiste Huguette Bello. "C'est un grand moment d'élévation de la conscience collective", a renchéri le Martiniquais Serge Letchimy, Nouvelle gauche. Le député UAI-Agir de Nouvelle-Calédonie Philippe Gomès a rappelé que "111 Canaques avaient été exposés à côté des crocodiles" à l'exposition coloniale de 1931 à Paris, où la brochure invitait à venir voir "la race canaque avant qu'elle ne disparaisse".

- Quelques bémols -

Cette suppression du mot "race" est un "combat ancien", notamment des communistes qui avaient déposé des amendements dans ce sens dès 2002, a reconnu le rapporteur général (LREM) Richard Ferrand.

Les communistes ont rappelé qu'ils avaient porté une proposition de loi en 2013 pour supprimer le mot "race" non seulement de la Constitution mais de toute la législation. Ce texte avait été adopté en première lecture, dans l'attente d'une révision constitutionnelle qui n'a jamais eu lieu dans le quinquennat faute de majorité.

François Hollande s'était en effet engagé, lors de la campagne présidentielle en 2012, à une telle suppression, plaidant "il n'y a pas de place dans la République pour la race".

A l'époque, la droite avait critiqué cette idée, estimant comme Alain Juppé, que "faute d'agir" contre le racisme, "on change les mots".

Si la droite a voté jeudi cet article, Philippe Gosselin a repris cette interrogation, soulignant que ce changement sémantique ne devait pas "conduire à baisser la garde pour lutter contre la racisme". Même bémol des députés LFI Eric Coquerel et Danièle Obono, qui auraient préféré maintenir une expression comme "prétendue race".

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a répondu que "cela ne fragiliserait pas juridiquement la lutte contre le racisme" car "il y a des nombreux filets de sécurité qui demeurent".

"Le mot race subsistera dans le préambule de 1946, qui figure dans notre bloc de constitutionnalité", a-t-elle rappelé ainsi que dans plusieurs normes internationales qui interdisent les distinctions fondées sur l’existence de prétendues races.

Dans une intervention un peu décalée, le mathématicien LREM Cédric Villani a cependant prévenu que cette suppression du mot race ne devait pas être décidée au nom de la science, "qui peut toujours évoluer", mais au nom de "l'empathie et du sens du destin commun par lesquels nous reconnaissons toute l'humanité comme nos frères et sœurs".

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 14/12/2018

Carbios annonce la nomination de Ian Hudson au poste de Président du Conseil d’administration. Il succède à Jean Falgoux et prendra ses nouvelles fonctions le 1er Janvier 2019, après avoir été…

Publié le 14/12/2018

Deuxième séance consécutive de correction pour l'indice parisien...

Publié le 14/12/2018

Le Conseil d'Administration de SoLocal Group, tenu ce jour, a pris acte de la démission d'Arnaud Marion, qui suite à la prise de ses nouvelles fonctions exécutives au sein de Smovengo, a souhaité…

Publié le 14/12/2018

Dans la continuité de la politique de distribution de dividendes des derniers exercices, le Conseil d’administration de Kering a décidé, lors de sa réunion du 14 décembre 2018, le versement…

Publié le 14/12/2018

Compte tenu des bons résultats de 2CRSi en 2018, une prime a été décidée pour tous les salariés du groupe en France...