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Les "Kamikaze Riders", des motards de Bruxelles liés à la mouvance jihadiste

| AFP | 167 | Aucun vote sur cette news
Des gens passent devant la petite maison où l'un des hommes interpellé par la police française à Wattignies, près de Lille (nord), mercredi 5 juillet au petit matin
Des gens passent devant la petite maison où l'un des hommes interpellé par la police française à Wattignies, près de Lille (nord), mercredi 5 juillet au petit matin ( FRANCOIS LO PRESTI / AFP )

Les "Kamikaze Riders" est un gang de motards de Bruxelles revenu sur le devant de la scène après l'inculpation mercredi pour préparation d'attentats de deux frères du fondateur de cette bande, Saïd Saouti, déjà condamné pour son appartenance à la mouvance jihadiste.

La justice belge a inculpé mercredi pour "participation aux activités d'un groupe terroriste" deux frères de la famille Saouti. Akim, âgé de 40 ans, et Khalid, âgé de 37 ans, sont soupçonnés d'avoir voulu préparer un attentat, en lien avec un homme interpellé près de Lille (nord de la France).

Un arsenal important, comportant kalachnikovs, fusil à pompe et armes de poing, munitions, détonateurs mais aussi des uniformes de police, a été retrouvé lors de perquisitions à Anderlecht.

C'est dans cette commune populaire de l'agglomération bruxelloise que le groupe des "Kamikaze Riders" a été créée par Saïd Saouti, âgé d'une trentaine d'années, selon les médias belges. Cette bande de motards était surtout connue de la police, à l'origine, pour ses équipées au mépris du code de la route sur le périphérique de la capitale belge.

Mais l'arrestation fin 2015 de deux de ses membres, dont son leader Saïd Saouti, avait mis la Belgique en émoi et provoqué l'annulation du feu d'artifice du Nouvel an dans le centre de Bruxelles par craintes d'attentats.

Selon le quotidien La Dernière Heure, Saïd Saouti, aujourd'hui en prison, arborait avec fierté plusieurs surnoms dignes de sa réputation dans le milieu criminel bruxellois, dont "Saïd Kamikaze". Il ne cachait pas non plus ses sympathies pour al-Qaïda puis pour le groupe Etat islamique (EI), comme l'attestent ses prêches sur les réseaux sociaux.

Saïd Saouti et l'autre membre de la bande arrêté, Mohamed Karay, lui aussi âgé d'une trentaine d'années, ont été condamnés en octobre 2016 par le tribunal correctionnel de Bruxelles : Saïd Saouti, à 6 ans de réclusion, pour "appartenance à un groupe terroriste" et Mohamed Karay à 3 ans (avec sursis partiel) de prison pour "tentative d'appartenance à un groupe terroriste".

Ils avaient été, lors de leur arrestation, soupçonnés d'avoir planifié une attaque similaire aux attentats jihadistes ayant frappé Paris le 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés.

Mais au terme de l'enquête, au cours de laquelle ni armes ni explosifs n'ont été retrouvés, le parquet avait demandé un non-lieu pour les accusations portant sur la planification d'un attentat.

Saïd Saouti a également été déclaré coupable d'avoir recruté des personnes en vue de commettre des "infractions terroristes". Le tribunal s'est fondé sur les nombreuses vidéos faisant l'apologie du jihadisme qu'il avait postées sur internet.

En fin de procès, Saïd Saouti avait exprimé ses regrets d'avoir tenu des propos radicaux sur les réseaux sociaux. Mais la procureure, lors de son réquisitoire, a déclaré qu'elle ne croyait "absolument pas à la prise de conscience" du prévenu. "Les récents rapports de la prison témoignent du fait qu'il tient encore des discours radicaux haineux. Il est très dangereux", avait-elle déclaré, citée par l'agence Belga.

Les deux hommes ont en revanche été lavés de l'accusation d'avoir donné des instructions ou des formations pour la fabrication d'explosifs et le maniement d'armes. Ces accusations découlaient de leur participation à des parties d'"airsoft", un jeu où l'on utilise des armes factices et que le procureur considérait comme un entraînement militaire.

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