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La Birmanie, mauvaise élève de la liberté de la presse

| AFP | 315 | Aucun vote sur cette news
Le journaliste de Reuters, Wa Lone (c), escorté par la police à l'issue d'une audience au tribunal de Rangoun, le 10 janvier 2017 en Birmanie
Le journaliste de Reuters, Wa Lone (c), escorté par la police à l'issue d'une audience au tribunal de Rangoun, le 10 janvier 2017 en Birmanie ( YE AUNG THU / AFP )

La mise en examen mercredi de deux reporters de Reuters en Birmanie souligne les risques du journalisme dans ce pays qui reste l'un des plus mauvais élèves au monde en termes de liberté de la presse.

La Birmanie se situe à la 131e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporters sans frontières.

- Enquêter -

En décembre 2016 avait été retrouvé le corps abandonné de Soe Moe Tun, reporter pour Eleven Media, connu pour ses enquêtes sur l'exploitation forestière illégale et la multiplication des maisons closes dissimulées derrière des enseignes de karaoké.

Depuis 1999, quatre journalistes ont été tués dans le pays, selon le Comité pour la protection des journalistes basé à New York.

Le journaliste de Reuters Kyaw Soe oo (c), escorté par la police, à l'issue d'une audience au tribunal de Rangoun, le 10 janvier 2018 en Birmanie
Le journaliste de Reuters Kyaw Soe oo (c), escorté par la police, à l'issue d'une audience au tribunal de Rangoun, le 10 janvier 2018 en Birmanie ( YE AUNG THU / AFP )

En juillet 2014, ce sont cinq journalistes birmans du journal Unity Weekly News qui ont été condamnés à dix ans de prison avec travaux forcés pour un article accusant un complexe militaire de produire des armes chimiques.

- Diffamation -

En juillet 2017, le journaliste Swe Win, de Myanmar Now news, a été interpellé à l'aéroport de Rangoun et mis en examen pour diffamation.

Lui est reproché d'avoir critiqué un moine nationaliste qui s'était réjoui du meurtre d'un avocat musulman. Le reporter a été depuis libéré sous caution et la procédure judiciaire pour "diffamation" se poursuit.

Plusieurs intellectuels et journalistes font l'objet de plaintes pour "diffamation".

En décembre 2017, un rapport de l'ONG locale Free Expression Myanmar avait relevé la hausse de ces affaires de diffamation depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

- Couvrir les rébellions -

Trois journalistes birmans du magazine Irrawaddy et du groupe de radio-télévision Democratic Voice of Burma ont été interpellés en juin 2017 après avoir couvert une cérémonie de destruction de drogue par une importante rébellion ethnique du pays.

Les journalistes avaient été mis en examen pour "association illégale", une loi souvent utilisée pour dissuader la population de soutenir des groupes rebelles. Son usage contre des journalistes est perçu comme un moyen pour les autorités d'empêcher de donner la parole aux rebelles.

Les charges ont finalement été abandonnées, mais les journalistes ont passé plusieurs mois en préventive.

- Auto-censure -

Deux journalistes du journal The Voice ont été arrêtés en juin 2017 pour avoir écrit un éditorial moquant l'échec des négociations entre l'Etat et les groupes armés.

Les charges avaient finalement été abandonnées. Mais là aussi les deux journalistes ont passé plusieurs mois en préventive.

Tout cela concourt à une forte auto-censure dans le pays, surtout sur l'armée ou la personnalité d'Aung San Suu Kyi, qui reste une icône dans son pays. La crise des musulmans rohingyas, victimes d'une épuration ethnique par l'armée selon l'ONU, est un autre sujet tabou.

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