En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 398.32 PTS
-0.35 %
5 387.50
-0.51 %
SBF 120 PTS
4 320.54
-0.34 %
DAX PTS
12 561.42
-0.98 %
Dowjones PTS
25 058.12
-0.03 %
7 350.23
-0.03 %
1.172
+0.00 %

Beate Zschäpe, insondable néonazie malgré un procès-fleuve

| AFP | 186 | 3 par 1 internautes
Beate Zschäpe, condamnée mercredi à la réclusion à perpétuité pour sa contribution à une dizaine de meurtres racistes, au tribunal de Munich le 11 juillet 2018
Beate Zschäpe, condamnée mercredi à la réclusion à perpétuité pour sa contribution à une dizaine de meurtres racistes, au tribunal de Munich le 11 juillet 2018 ( MICHAELA REHLE / POOL/AFP )

Beate Zschäpe, condamnée mercredi à la réclusion à perpétuité pour sa contribution à une dizaine de meurtres racistes, reste une énigme en Allemagne malgré plus de cinq ans de procès, marqués par son quasi-mutisme sur les faits.

Présentée par certains médias comme "l'incarnation du mal", cette Allemande de 43 ans à l'allure juvénile a écopé de la plus lourde peine possible: en raison "de la particulière gravité" de sa "faute", elle ne pourra pas même demander une libération conditionnelle après quinze ans de prison.

Malgré la gravité des crimes qui lui sont reprochés et la douleur exprimée à la barre par les proches des victimes, elle est restée des années durant murée dans son silence avant d'assurer à la clôture des débats, début juillet, que l'idéologie d'extrême droite n'avait "vraiment plus aucune importance pour elle".

Et il a fallu attendre deux ans et demi d'audience pour qu'elle s'adresse pour la première fois à ses juges dans une lettre lue par l'un de ses avocats.

Elle rejette alors toute responsabilité dans le meurtre de huit Turcs ou personnes d'origine turque, d'un Grec et d'une policière allemande, tués entre 2000 et 2007, deux attentats à l'explosif contre des communautés étrangères et une quinzaine de braquages.

Les meurtres racistes visaient des petits commerçants, la plupart turcs ou d'orgine turque, dans toute l'Allemagne.

"Je n'ai été impliquée ni dans la préparation, ni dans la commission" de ces crimes qui ont beaucoup choqué l'Allemagne quand ils ont été découverts, affirme-t-elle.

Elle explique s'être résignée et ne pas avoir eu le courage de quitter ses deux acolytes, auteurs des meurtres et qui se sont suicidés en novembre 2011 alors qu'ils s'apprêtaient à être découverts par la police.

- Jeux vidéos et vin mousseux -

Elle raconte s'être distraite avec des jeux vidéos et avoir bu trois à quatre bouteilles de vin mousseux par jour pendant que ses deux complices, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, commettaient leurs forfaits.

Mais l'accusation a rejeté en bloc sa vision des faits, assurant au contraire qu'elle a activement fomenté ces crimes racistes. Le ministère public a brossé le portrait d'un être "froid et calculateur pour lequel la vie humaine ne joue aucun rôle".

Au premier jour de son procès, en mai 2013, alors que les médias du monde entier se précipitaient à Munich, elle tournait ostensiblement le dos aux équipes de télévision et photographes admis quelques minutes dans la salle d'audience.

En se rendant à la police le 8 novembre 2011, Beate Zschäpe avait mis un terme à près de 14 années de vie clandestine.

Anja Sturm, Wolfgang Heer et Wolfgang Stahl, tout trois avocats de Beate Zschäpe, au tribunal de Munich, le 11 juillet 2018
Anja Sturm, Wolfgang Heer et Wolfgang Stahl, tout trois avocats de Beate Zschäpe, au tribunal de Munich, le 11 juillet 2018 ( MICHAELA REHLE / POOL/AFP )

Quatre jours plus tôt, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, avec qui elle a tour à tour entretenu une liaison, s'étaient donné la mort, sonnant le glas de leur groupuscule néonazi, Clandestinité national-socialiste (NSU).

L'Allemagne entendait alors pour la première fois parler de ce groupuscule et découvrait peu à peu les nombreux dysfonctionnements dans l'enquête, notamment des renseignements intérieurs qui ont surveillé le trio sans l'inquiéter.

Pendant des années, cette femme originaire de l'ex-RDA, seule témoin encore en vie d'une des séries meurtrières les plus sanglantes de ces dernières décennies, a joué la voisine polie, volontiers considérée comme "une bonne âme" par ses amies ou connaissances. Très loin de l'image d'une militante néonazie nostalgique du IIIe Reich.

Elle gérait l'argent issu des braquages, faisait la cuisine et s'occupait de ses deux chattes, Lilly et Heidi. Elle organisait la location des appartements dans lesquels le trio se cachait, dont le dernier auquel, le 4 novembre 2011, elle a mis le feu peu après le suicide des deux Uwe.

Adolescente dans l'ancienne RDA frappée de plein fouet par le choc économique de la Réunification, elle s'est engagée dès l'âge de 20 ans dans les milieux néo-nazis, rencontrant Mundlos et Böhnhardt au début des années 90 dans un centre de loisirs pour jeunes.

Beate Zschaepe, condamnée à la prison à perpétuité pour sa contribution à une dizaine de meurtres racistes, au tribunal de Munich le 11 juillet 2018
Beate Zschaepe, condamnée à la prison à perpétuité pour sa contribution à une dizaine de meurtres racistes, au tribunal de Munich le 11 juillet 2018 ( MICHAELA REHLE / POOL/AFP )

Dotée d'une formation à l'horticulture, elle a alterné petits boulots et longues périodes de chômage et a participé à des défilés d'extrême droite. Très vite, le trio s'est radicalisé et armé.

Sa vie a basculé en 1998 lorsque, repérés par les renseignements intérieurs, ils sont passés dans la clandestinité. La jeune femme a alors rompu tout lien avec ses proches.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 3
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

SEMAINE TRICOLORE

1000 € OFFERTS*
SUR VOS FRAIS DE COURTAGE

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 24 juillet 2018

CODE OFFRE : BLEUS18

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : BLEUS18 lors de votre ouverture de compte.

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 20/07/2018

APRRLa filiale autoroutière d'Eiffage communiquera son chiffre d'affaires du deuxième trimestre après la clôture de la Bourse.ICADELa foncière publiera ses résultats du premier…

Publié le 20/07/2018

A 16h00 aux Etats-UnisReventes de logements en juin.source : AOF

Publié le 20/07/2018

Luxembourg, 20 juillet 2018 - Aperam annonce avoir mené à terme son programme de rachat d'actions annoncé le 30 janvier 2018 (ci-après le "Programme"). Au total,…

Publié le 20/07/2018

A l’issue de la période d'acceptation initiale et des périodes de réouverture volontaire et obligatoire de l’offre, près de 96 % des actions de Realdolmen ont été apportées. En…

Publié le 20/07/2018

Eurazeo annonce être entrée en négociations exclusives avec PAI Partners en vue de la cession de sa participation dans Asmodee, un leader international de l’édition et de la distribution de jeux…