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Affaire Khashoggi: trois semaines d'une crise majeure

| AFP | 348 | Aucun vote sur cette news
Une manifestation en hommage au journaliste saoudien Jamal Khashoggi devant le consulat saoudien d'Istanbul, le 25 octobre 2018
Une manifestation en hommage au journaliste saoudien Jamal Khashoggi devant le consulat saoudien d'Istanbul, le 25 octobre 2018 ( Yasin AKGUL / AFP )

Rappel des principaux développements depuis la disparition du journaliste et opposant Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre dans l'enceinte du consulat saoudien à Istanbul.

L'éditorialiste saoudien s'était exilé aux États-Unis en 2017, redoutant une arrestation après avoir critiqué le prince héritier Mohammed ben Salmane dit "MBS".

- "Tué au consulat" -

Le 2 octobre, Jamal Khashoggi entre au consulat saoudien à Istanbul, selon une image de caméra de surveillance publiée par le quotidien américain Washington Post avec lequel il collabore. Selon sa fiancée, il s'y est rendu pour des démarches en vue de leur mariage.

Dans une interview diffusée le 5 octobre par l'agence Bloomberg, le prince héritier affirme que Khashoggi est "entré" au consulat, mais qu'il en est sorti peu après.

Le lendemain, une source proche du gouvernement turc déclare que la police estime que "le journaliste a été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée". Ryad dément.

- Détails macabres -

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le 23 octobre 2018 à Ryad, en Arabie Saoudite
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le 23 octobre 2018 à Ryad, en Arabie Saoudite ( FAYEZ NURELDINE / AFP/Archives )

Le 7, le Washington Post, citant un responsable américain briefé par ses homologues turcs, affirme que "le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses avant d'être transféré par avion hors du pays".

Le 10, le Washington Post avance qu'Ankara aurait affirmé à Washington détenir des enregistrements audio et vidéo montrant comment Khashoggi a été "interrogé, torturé puis tué" à l'intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré.

Le 17, un journal pro-gouvernemental turc, affirmant s'appuyer sur des enregistrements sonores réalisés à l'intérieur du consulat, rapporte que le journaliste y a été torturé avant d'être "décapité" par des agents saoudiens.

Selon le New York Times, l'un des hommes soupçonnés d'avoir participé à l'assassinat appartient à l'entourage du prince héritier, et trois autres aux services de sécurité rattachés au prince.

- Ryad reconnaît un "meurtre" -

Le 18, Donald Trump admet pour la première fois que Khashoggi est très probablement mort, menaçant Ryad de "très graves" conséquences si sa responsabilité est confirmée. Ces déclarations marquent un net changement de ton de la part du président américain.

Le 20, l'Arabie saoudite admet finalement que le journaliste a été tué dans le consulat, lors d'une "rixe à coups de poing".

Le roi demande au prince héritier de restructurer les services des renseignements, dont quatre responsables sont limogés. Un conseiller médias à la cour royale est aussi remercié et 18 Saoudiens interpellés.

Affaire Kashoggi : les contradictions de l'Arabie saoudite
Affaire Kashoggi : les contradictions de l'Arabie saoudite ( John SAEKI / AFP )

Le lendemain, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir déclare que Khashoggi a été victime d'un "meurtre", évoquant une "opération non autorisée" par le pouvoir, dont MBS n'était "pas informé".

- Punir les "commanditaires" -

Le 23, le président turc Recep Tayyip Erdogan décrit un "assassinat politique", un "meurtre sauvage" "planifié" pendant plusieurs jours et mis à exécution par une équipe de "15 agents".

Sans impliquer nommément MBS, il souligne l'importance de punir "toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires", proposant de juger à Istanbul les 18 suspects arrêtés par Ryad.

- Pire opération de "dissimulation" -

Le 23, Donald Trump estime que l'"opération de dissimulation" saoudienne, "l'une des pires de l'Histoire", a été un "fiasco total". Interrogé sur une éventuelle implication de MBS, il rappelle qu'il "est en charge" des affaires courantes en Arabie saoudite en ce moment. "Donc si qui que ce soit avait pu être impliqué, ce serait lui".

le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul en Turquie, le 23 octobre 2018
le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul en Turquie, le 23 octobre 2018 ( Yasin AKGUL / AFP/Archives )

Washington révoque les visas de 21 Saoudiens impliqués dans l'opération. Londres annoncera à son tour l'annulation des visas éventuellement détenus par les suspects.

- "Incident hideux" - "Prémédité" -

Le 24, Mohammed ben Salmane réagit pour la première fois en public à cette affaire: "L'incident est très douloureux pour tous les Saoudiens. C'est un incident hideux et totalement injustifiable", dit-il.

L'affaire Khashoggi
L'affaire Khashoggi ( John SAEKI / AFP )

Le 25, le procureur général d'Arabie saoudite déclare que, sur la base d'informations fournies par la Turquie, les suspects accusés du meurtre de Khashoggi ont commis un acte "prémédité". Les enquêtes se poursuivent, ajoute le procureur.

Le chef de la diplomatie turque affirme qu'il existe toujours "des questions" auxquelles Ryad doit répondre, notamment l'identité des commanditaires et le lieu où se trouve le corps du journaliste assassiné.

Human Rights Watch indique que Salah, fils du journaliste tué, a quitté l'Arabie saoudite pour les Etats-Unis avec sa famille après la levée d'une interdiction de voyage.

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