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Darroussin renversant dans une reprise de la pièce culte "Art"

| AFP | 244 | Aucun vote sur cette news
Jean-Pierre Darroussin le 3 mai 2016 à Paris
Jean-Pierre Darroussin le 3 mai 2016 à Paris ( JOEL SAGET / AFP/Archives )

Depuis son succès planétaire en 1994, la pièce "Art" de Yasmina Reza a aiguisé l'appétit des plus grands acteurs et théâtres, de Pierre Arditi à Jean-Louis Trintignant, de Broadway à la Royal Shakespeare Company.

Près d'un quart de siècle plus tard, Jean-Pierre Darroussin incarne à son tour, avec un naturel désarmant, l'un des trois personnages dont l'amitié est mise à mal par une discussion sur l'art contemporain.

Dans la pièce -- reprise au Théâtre Antoine à Paris jusqu'au 17 juin par son metteur en scène d'origine Patrice Kerbrat --, Darroussin est un Yvan plus vrai que nature, essayant tant bien que mal de rapprocher les irréconciliables points de vue de Marc (Charles Berling) et de Serge (Alain Fromager) autour d'un tableau ... monochrome blanc.

"Je suis plus proche d'Yvan", confie à l'AFP l'acteur de 64 ans, reconnaissable à son flegme et à sa voix traînante.

"Je diffère toujours. Si j'ai quelque chose à dire, je ne le dirais pas sur le moment où je l'ai ressenti. Je suis plutôt en observation du monde, en retrait permanent", dit-il, rappelant qu'enfant, il se mettait "à l'écart des groupes".

- 'Spongieux, flasque' -

"En même temps, quand on est acteur, on se met derrière le regard de quelqu'un d'autre (...) et cet effort d'empathie vous amène à avoir un caractère un peu moins tranché", ajoute l'acteur, l'un des plus appréciés par le public français.

Tranchés, les deux autres caractères d'Art le sont. Serge s'enorgueillit d'avoir acheté ce tableau où "si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux".

"Une merde blanche à 20 briques (200.000 euros)", est le constat sans appel de Marc, offusqué de voir son ami "se laisser plumer par snobisme et ne plus avoir un gramme de discernement".

Le personnage incarné par Darroussin est tendre, voire pire aux yeux de Marc: tolérant, "ce qui en matière de relations humaines est le pire défaut", ce qui lui vaut d'être traité de "spongieux, hybride et flasque".

Pour Darroussin, la brisure d'amitié entre le trio est un cycle universel.

"Les choses s'apaisent régulièrement avec le temps, même les conflits les plus durs, entre amis, entre pays, même entre pays en guerre, entre générations", souligne l'acteur, César du meilleur acteur dans un second rôle ("Un air de famille", 1997).

"Ça fluctue, il y a des mouvements de balanciers perpétuels... quand la pensée devient trop individualiste, la société a des pulsions de révolte", dit l'acteur de la série à succès "Le bureau des légendes". "Et quand le collectif écrase un peu trop l'individu, on revient dans l'autre sens", ajoute-t-il.

- 'Mièvre voix de la raison' -

La discussion entre les trois amis est un dialogue truffé d'humour mélancolique et de phrases assassines: "Il a toujours été un rat, mais un rat avec qui on pouvait rire" ou encore "Cette mièvre et subalterne voix de la raison (...) est intenable".

"Art", jouée à la création par Pierre Arditi, Fabrice Luchini et Pierre Vaneck à la Comédie des Champs-Elysées, traduite en une quarantaine de langues et primée de deux Molières, un Tony Award et un Laurence Olivier, avait fait la notoriété de Yasmina Reza, une des dramaturges les plus jouées au monde.

Vendredi soir Emmanuel Macron et son épouse Brigitte assistaient à la pièce, a tweeté le producteur et propriétaire du théâtre, Jean-Marc Dumontet.

A sa sortie, la pièce avait fait polémique: l'auteure avait été taxée de réactionnaire, même si elle s'est défendue de faire la satire de l'art contemporain.

"Oui, j'aime l'art contemporain", affirme Darroussin. "Ce qui n'empêche pas qu'il y ait des merdes!", s'esclaffe-t-il.

Il dit comprendre qu'"au début du 20e siècle, les gens aient pu hésiter à accrocher du Picasso sur leur mur... ils n'avaient pas les codes de lecture".

Pour lui, il faut avoir "une soif d'inconfort pour accepter ce qui nous est étranger... et à chaque fois qu'on accepte ce qui est étranger on progresse".

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