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Wall Street : vif rebond après la purge, mais Apple et Tesla corrigent

| Boursier | 525 | 5 par 1 internautes

La cote américaine se redresse nettement ce jeudi, au lendemain d'une lourde sanction (-2,05% sur le DJIA et -2,61% pour le Nasdaq)...

Wall Street : vif rebond après la purge, mais Apple et Tesla corrigent
Credits Reuters

La cote américaine se redresse nettement ce jeudi, au lendemain d'une lourde sanction (-2,05% sur le DJIA et -2,61% pour le Nasdaq). Le DJIA rebondit de 1,49% désormais à 30.754 pts, alors que le Nasdaq avance de 0,95% à 13.397 pts et le S&P 500 de 1,4% à 3.803 pts. Le baril de brut WTI fléchit de 0,1% sous les 53$. L'indice dollar régresse de 0,2% face à un panier de devises de référence. L'argent progresse de près de 5% avec... les petits porteurs américains, qui y investissent massivement faute de pouvoir poursuivre leurs achats frénétiques sur les GameStop et autres AMC.

La bataille fait en effet rage entre les traders amateurs et certains hedge fund vendant à découvert les valeurs de la cote US. Plusieurs brokers en ligne ont rendu plus difficile l'achat de ces valeurs 'shortées'. Interactive Brokers a par exemple relevé son exigence de marge à 100% sur les expositions longues et 300% sur les ventes à découvert. Robinhood, plateforme utilisée par bon nombre des investisseurs particuliers jouant 'contre les hedge fund', a aussi fortement limité les transactions sur les dossiers ultra-volatils du moment. D'autres brokers ont opté pour des actions comparables, ce qui provoque aujourd'hui une extrême volatilité sur les 'candidats' les plus fréquents des derniers jours au 'short squeeze', à savoir GameStop, AMC, BlackBerry, Nokia, Koss, Naked Brand et quelques autres.

Sur le front économique ce jour, la première estimation du PIB américain du quatrième trimestre fait ressortir une croissance au rythme de 4%, légèrement inférieure au consensus des économistes de la place (4,2%), alors que les dépenses personnelles de consommation se sont appréciées de 2,5% contre 3% de consensus. Sur le trimestre antérieur, l'économie américaine s'était redressée d'un incroyable 33,4%, base de comparaison aidant. L'indice des prix rattaché au PIB a grimpé sur un rythme de 2% au quatrième trimestre.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 23 janvier, qui viennent aussi d'être publiées, sont ressorties au nombre de 847.000 contre un consensus de 880.000.

Enfin, le déficit de la balance du commerce international de biens pour décembre est ressorti à 82,5 milliards de dollars contre 83,4 milliards de consensus.

D'après le rapport gouvernemental du jour, les ventes de logements neufs aux États-Unis pour le mois de décembre sont ressorties sur un rythme de 842.000, contre 871.000 de consensus et 829.000 pour la lecture révisée (en baisse) du mois antérieur.

Par ailleurs, l'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de décembre s'est établi en augmentation de 0,3% en comparaison du mois précédent, en ligne avec les attentes de marché, après un gain révisé à 0,7% pour le mois de novembre.

Wall Street a terminé en forte baisse hier mercredi, face aux craintes que fait peser le Covid-19 sur la reprise économique. A l'issue de la réunion de la Fed, son président Jerome Powell a souligné que la pandémie rend les perspectives économiques "hautement incertaines" aux Etats-Unis. En clôture, le DJIA a chuté de 2,05% à 30.303 points, alors que l'indice large S&P 500 a perdu 2,57% à 3.750 pts et que l'indice Nasdaq a lâché de 2,6% à 13.270 pts.

De nombreux investisseurs sont mal à l'aise avec les valorisation très élevées atteintes à Wall Street sur les valeurs technologiques et internet, qui ne laissent pas de place à l'erreur sur les comptes. Les excellents résultats financiers de Microsoft, n'ont ainsi pas suffi à contrer l'aversion au risque. Il semble en être de même pour les comptes plus que confortables d'Apple et de Facebook, qui ne suscitent pas l'enthousiasme ce jour.

La folie spéculative qui s'est emparée de certaines valeurs de second plan commence aussi à inquiéter par l'ampleur des pertes essuyées par les "hedge funds". Ces derniers jours, une fièvre spéculative s'est ainsi emparée de titres visés par des fonds vendeurs à découvert, dont GameStop, qui s'est encore envolé de 134% mercredi, et AMC Entertainment (+301%!), au risque de déclencher une enquête des autorités boursières. Même la Maison Blanche s'est inquiétée mercredi, sa porte-parole déclarant que "la Maison Blanche et le département du Trésor surveillent la situation concernant l'action de Gamestop et d'autres compagnies", qui se sont envolées ces derniers jours sans raison fondamentale.

Les investisseurs ont aussi perçu comme un douche fraîche les commentaires du patron de la Fed Jerome Powell sur l'économie américaine... La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs proches de zéro et poursuivra ses achats d'actifs au même rythme (120 milliards de dollars par mois), assurant aux marchés son soutien à long terme face à la crise du coronavirus.

Toutefois, la banque centrale relève un ralentissement de la reprise économique. "Le rythme de la reprise dans l'activité économique et l'emploi s'est modéré ces derniers mois, avec une faiblesse concentrée dans les secteurs les plus affectés par la pandémie", souligne le communiqué.

Lors de sa conférence de presse, Jerome Powell a estimé que la nouvelle vague de Covid-19 pesait sur l'activité économique, rendant les perspectives économiques "hautement incertaines". Tout en affirmant voir des signes d'une amélioration de l'économie plus tard cette année, il a estimé que l'économie américaine est encore loin d'une reprise complète et loin des objectifs de la banque centrale en matière d'inflation et d'emploi.

Il a réaffirmé que la Fed ne comptait pas réduire ses achats d'actifs ("tapering") en 2021. Mais il n'a pas évoqué la possibilité d'accroître encore les actions de soutien de la Fed.

Les valeurs

Apple (-2%) fléchit malgré une publication trimestrielle impressionnante, marquée par un chiffre d'affaires record. Le Californien de Cupertino a donc dépassé pour la première fois la barre des 100 milliards de dollars de revenus trimestriels, avec l'iPhone 12 et l'iPad. Le groupe à la pomme a généré des revenus de 111,4 milliards de dollars pour son premier trimestre fiscal, contre 91,8 milliards un an plus tôt et 103,3 milliards de consensus FactSet. Dans l'activité smartphone, le groupe a réalisé des revenus de 65,6 milliards de dollars, contre 56 milliards sur la période comparable de l'exercice antérieur et 59,3 milliards de consensus.

L'autre bonne surprise provient de la Chine, où Apple a réalisé des revenus de 21,3 milliards de dollars contre 13,6 milliards un an avant, avec les iPad et les Mac, ainsi bien évidemment que l'iPhone.

Apple a dégagé sur le trimestre clos un bénéfice net de 28,8 milliards de dollars soit 1,68$ par titre, contre 22,2 milliards un an auparavant. Le consensus de bpa était de 1,42$. Le groupe n'a pas fourni de guidance précise, mais le directeur financier du groupe a confié s'attendre à une accélération de la croissance globale sur le trimestre de mars. En particulier, la demande en iPhone serait très forte en ce début de trimestre. Le consensus est pour l'heure de 74 milliards de recettes et 91 cents de bpa sur la période.

Tesla recule de 4% environ à Wall Srreet, pour avoir manqué pour la première fois en un an le consensus de marché en termes de profits. Il était néanmoins concevable que les opérateurs prennent une partie de leurs bénéfices sur le dossier suite à l'incroyable rallye des derniers mois ayant conduit le groupe de Musk sur les 800 milliards de dollars de capitalisation boursière. Pour le reste, la publication d'hier soir est tout de même robuste, et Tesla anticipe une croissance annuelle de 50% de ses livraisons dans les prochaines années, ainsi qu'une accélération dès 2021.

Tesla a donc manqué hier le consensus de bénéfice sur le trimestre clos, mais il s'agit tout de même pour le constructeur de véhicules électriques du sixième trimestre consécutif de rentabilité. Les ventes ont quant à elles dépassé les attentes. Le groupe californien a dégagé sur le trimestre un bénéfice net de 270 millions de dollars et 24 cents par action, contre 105 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 80 cents, mais le consensus était de 1,02$. Les revenus se sont envolés de 46% à 10,74 milliards de dollars. Elon Musk pense que 2021 "sera une grande année pour Tesla", avec les nouveaux véhicules, les nouvelles usines et la montée en puissance de la production.

Facebook (stable) a publié hier soir des résultats assez exceptionnels, monétisant au mieux ses activités, mais le groupe de Mark Zuckerberg se montre prudent face aux obstacles significatifs en matière publicitaire pour 2021 et à la concurrence d'Apple, qui pourrait être sérieuse selon le fondateur du réseau social californien. Zuckerberg a ainsi admis qu'Apple était désormais l'un des plus grands rivaux de son groupe. Pour le trimestre écoulé, la firme a annoncé des revenus de 28,1 milliards de dollars et un bénéfice par action de 3,88$, alors que les analystes ne tablaient que sur 26,4 milliards de recettes et 3,2$ de bénéfice par action. Le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens a augmenté pour sa part de 11% à 1,84 milliard en moyenne. Le nombre d'utilisateurs actifs mensuels a grimpé de 12% à 2,8 milliards.

Malgré les commentaires prudents du directeur financier David Wehner au sujet des "incertitudes significatives", il faut donc reconnaître que Facebook est plus que jamais incontournable, et parvient à monétiser ses opérations de mieux en mieux. Wehner anticipe des taux de croissance des revenus totaux stables ou en modeste accélération séquentielle sur les premier et deuxième trimestres 2021. Sur le trimestre clos, les revenus totaux se sont appréciés de 33% en glissement annuel. Pour l'exercice, la croissance ressort à 22% et les revenus totalisent près de 86 milliards de dollars. Le bénéfice net trimestriel a atteint 11,22 milliards de dollars, en augmentation de 53% en glissement annuel, portant les profits annuels à 29,15 milliards de dollars.

Levi Strauss (-6%) a annoncé hier soir pour son quatrième trimestre fiscal des profits et revenus supérieurs aux attentes de marché. Le groupe prévient toutefois qu'il connaît encore un faible trafic en magasins et d'autres difficultés liées à la pandémie. Sur le trimestre clos, le groupe a dégagé un bénéfice net de 57 millions de dollars soit 14 cents par titre, contre 96 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 20 cents contre 26 cents un an avant. Les revenus ont décliné de 12% à 1,39 milliard de dollars. Les ventes en ligne ont en revanche flambé de 38%. Le consensus était de 15 cents de bpa pour 1,34 milliard de ventes trimestrielles.

Whirlpool (-10%), le fabricant américain d'appareils électroménagers, a dépassé les attentes de bénéfices et revenus pour le trimestre clos. Sur le quatrième trimestre fiscal, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 6,64$ à comparer à un consensus voisin de 6,3$. Le bpa était de 4,91$ un an avant. Le groupe aux marques Maytag et KitchenAid a affiché des revenus trimestriels de 5,8 milliards de dollars sur cette période de décembre, contre 5,4 milliards un an avant et 5,6 milliards de consensus. Pour l'exercice, le groupe anticipe un bpa GAAP allant de 17,8 à 18,8$ et un free cash flow d'un milliard ou plus. Le bpa ajusté annuel est attendu entre 19 et 20$.

American Airlines (+11%), soutenu par les boursicoteurs américains de Reddit, est orienté pour l'heure en forte hausse, alors que les flambées de GameStop et autres AMC font des émules. Si la compagnie a délivré des comptes meilleurs que prévu au quatrième trimestre, elle profite surtout de l'apparition de son nom sur le forum WallStreetBets de Reddit, ce réseau social favori des boursicoteurs américains, qui fait énormément parler depuis quelques jours. Au cours des trois derniers mois de 2020, le transporteur a enregistré des revenus de 4,03 milliards de dollars, en repli de 64%, mais supérieurs au consensus (3,86 Mds$) alors que sa perte nette a atteint 2,2 Mds$ (bpa ajusté de -3,86$ contre -4,11$ de consensus). Les capacités ont reculé de 52,7%. La firme a encore brûlé près de 30M$ par jour au quatrième trimestre. La première compagnie aérienne américaine anticipe une nouvelle chute de ses revenus de 60 à 65% au premier trimestre avec des capacités en baisse d'environ 45%. Elle devrait finir le trimestre avec environ 15 Mds$ de liquidités.

Jetblue (+1%) a publié pour son quatrième trimestre une perte GAAP de de 1,34$ par action, contre un bpa dilué de 56 cents par titre sur la période comparable de l'an dernier. La perte ajustée par action a représenté 1,53$. Les revenus consolidés du quatrième trimestre ont chuté de 67% avec l'impact de la crise sanitaire.

Altria (+2%), le géant américain du tabac, envisage des profits 2021 inférieurs aux attentes. Le groupe prévoit ainsi sur la période un bénéfice ajusté par action allant de 4,49 à 4,62$, contre 4,63$ de consensus. Sur son quatrième trimestre, le groupe a réalisé des revenus de 6,3 milliards en hausse de 5%, pour un bpa dilué ajusté de 99 cents en retrait de 2%.

Southwest (+1%) a publié une perte pour son quatrième trimestre fiscal et raté le consensus en termes de revenus, mais le titre pourrait bénéficier de l'envolée boursière d'American Airlines. Sur le trimestre clos, la perte par action est ressortie à 1,29$ contre 1,7$ de consensus. Les revenus ont à peine dépassé les 2 milliards de dollars sur le trimestre, contre 2,1 milliards de consensus.

Allegheny (-1%) annonce pour le trimestre clos des ventes de 658 millions de dollars en hausse de 10% par rapport au troisième trimestre. La perte nette part du groupe se situe à 8,85$ par action et la perte ajustée à 42 millions de dollars et 33 cents par titre.

McDonald's (stable) a raté le consensus de profit sur le trimestre. La chaîne de restauration rapide a donc souffert plus que prévu des confinements, notamment en France, Allemagne et Italie. Les Etats-Unis ont résisté avec une croissance de 5,5% à comparable. Les ventes globales à comparable ont baissé de 1,3%. Les revenus totaux ont reculé de 2,1% à 5,3 milliards. Le bénéfice net a baissé de 12% à 1,38 milliard, pour un bpa ajusté de 1,70$.

Comcast (+5%) a dépassé les attentes de profits et revenus sur le quatrième trimestre. Le câblo-opérateur américain a dégagé un bpa de 56 cents, contre 49 cents de consensus et 79 cents un an avant. Les revenus ont totalisé quant à eux 27,7 milliards de dollars, contre environ 27 milliards de consensus et 28,4 milliards un an avant.

Valero (-2%) a publié une perte au quatrième trimestre et raté le consensus de revenus. Sur la période, le groupe énergétique a déploré un déficit par action de 1,06$ contre 1,5$ de consensus. Les revenus ont totalisé 16,6 milliards, contre 27,9 milliards un an avant.

Dow Inc (stable), le groupe chimique américain, a dépassé les attentes avec la reprise graduelle de certains marchés finaux tels que les appareils, la construction, l'automobile... Le groupe a publié un bénéfice opérationnel trimestriel de 607 millions de dollars soit 81 cents par titre, contre 67 cents de consensus. Les revenus ont atteint 10,7 milliards, contre 10 milliards de consensus.

Northrop (stable), contractant américain de défense, a également battu le consensus. Le bénéfice trimestriel par action est ressorti à 6,59$ contre 5,7$ attendu. Il était de 5,61$ un an avant. Les revenus sont ressortis à 10,2 milliards de dollars sur le trimestre de décembre, contre 8,7 milliards un an avant.

Sherwin-Williams (-3%) a publié des comptes supérieurs aux attentes. Le bénéfice par action s'est établi à 5,09$ sur le trimestre clos contre 4,85$ de consensus. Les revenus ont totalisé 4,49 milliards de dollars, contre 4,3 milliards de consensus et 4,11 milliards un an avant.

Stanley Black & Decker (+5%), géant de l'outillage, a plus que doublé son bénéfice trimestriel. Le groupe du Connecticut a affiché un bénéfice net de 458 millions de dollars et 2,88$ par titre, contre 199 millions un an plus tôt. Le bpa ajusté a représenté 3,29$, contre 3,03$ de consensus. Les revenus sont ressortis à 4,41 milliards de dollars, contre 3,71 milliards un an plus tôt et 4,13 milliards de consensus FactSet. Le bpa ajusté de l'exercice entamé est attendu entre 9,7 et 10,3$.

Mastercard (+2%) a positivement surpris. Pour le quatrième trimestre, le groupe a réalisé un bénéfice ajusté de 1,6 milliard de dollars soit 1,64$ par titre, contre 2 milliards un an plus tôt. Le consensus était de 1,51$ de bpa. Les revenus ont décliné pourtant de 7% à 4,1 milliards de dollars avec l'effet volume adverse. Le consensus était de 4 milliards de recettes.

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