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Wall Street : Trump réclame aux "crétins" de la Fed des taux nuls ou négatifs !

| Boursier | 382 | 3 par 1 internautes

La bourse américaine progresse dans le calme, en attendant la BCE et la Fed

Wall Street : Trump réclame aux "crétins" de la Fed des taux nuls ou négatifs !
Credits Reuters

La bourse américaine progresse légèrement ce mercredi, le S&P500 s'accordant maintenant 0,25% à 2.986 pts et le DJIA 0,17% à 26.955 pts, contre un gain de +0,49% à 8.124 pts sur le Nasdaq. L'indice dollar avance de 0,4% à 98,7. Le baril de brut WTI fléchit de 0,2% à 57,3$ sur le Nymex après une tentative en hausse. Les opérateurs restent confiants à la veille des annonces monétaires de la BCE, qui devrait donc livrer des mesures de soutien face à une économie affaiblie. En attendant le verdict de la Fed, Donald Trump a pour sa part livré ce jour des tweets dont lui seul a le secret, réclamant désormais des taux nuls ou négatifs !

Sur Twitter ce mercredi, Trump s'est ainsi défoulé de bon coeur sur la Fed. "La Réserve Fédérale devrait ramener nos taux d'intérêt à ZÉRO ou moins, et nous devrions ensuite commencer à refinancer notre dette. LES DÉPENSES D'INTÉRÊT POURRAIENT ÊTRE LARGEMENT RÉDUITES, tout en en allongeant dans le même temps l'échéance de manière substantielle. Nous avons la meilleure devise, la puissance et le bilan financier. Les USA devraient toujours payer le taux le plus bas. Pas d'inflation! C'est simplement la naïveté de Jay Powell et de la Réserve Fédérale qui ne nous permet pas de faire ce que d'autres pays font déjà. L'opportunité d'une vie que nous ratons à cause de 'crétins'", a tempêté Trump, qui ne réclamait jusqu'à présent qu'une baisse des taux... d'un point entier et une reprise du QE.

En Europe, Boris Johnson a confirmé qu'il ne demanderait pas de nouveau report du Brexit, après la promulgation d'une loi le contraignant à demander trois mois de plus auprès de l'Union européenne si aucun accord n'était trouvé au 31 octobre. Le gouvernement italien de Giuseppe Conte, dirigé avec l'appui du Parti démocrate et du Mouvement 5 étoiles, soutenu par le Sénat, peut quant à lui prendre ses fonctions.

La cote américaine avait terminé hier en ordre dispersé. L'attentisme avait dominé en l'absence d'avancées significatives du côté des négociations commerciales sino-américaines. A la clôture, De nouvelles inquiétudes venues de Chine avaient pesé hier. Les prix chinois à la production se sont en effet tassés de 0,8% en août, leur plus forte correction en trois ans. Les entreprises locales abaissent en effet les prix de vente face à une demande chancelante et aux tensions commerciales sino-américaines. Il s'agissait donc d'un nouveau signe assez clair de ralentissement en Chine...

Les marchés s'interrogent sur l'ampleur des annonces à attendre demain jeudi de la part de la BCE, avant la réunion de la Fed la semaine suivante, les 17 et 18 septembre.

En Europe, les marchés anticipent une série de mesures de la part de la banque centrale, à commencer par une nouvelle baisse du taux de dépôt, qui pourrait passer de -0,4% à -0,5% ou -0,6%. L'introduction d'un système de paliers pour cette taxation des réserves excédentaires des banques devrait être annoncé en même temps, afin de ne pas trop pénaliser les établissements financiers. A son niveau actuel de -0,4%, cette politique de la BCE a coûté près de 8 milliards d'euros en 2018, dont environ 60% ont été payés par les banques allemandes et françaises. Selon l'agence Scope, une baisse de 10 points de base de ce taux, coûterait aux établissements environ 1,7 MdE supplémentaire.

Certains espèrent même l'annonce d'une reprise du programme de rachat d'actifs, mais cette question ne fait pas l'unanimité a sein des membres du conseil de la BCE, l'Allemagne y étant notamment opposée. En cas d'absence d'annonce sur cette question du QE, les marchés pourraient réagir négativement, selon les experts.

Aux Etats-Unis, les marchés ont d'ores et déjà intégré une nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed à l'issue de sa prochaine réunion des 17 et 18 septembre, après celle d'un quart de point du mois de juillet, qui était la première depuis plus de 10 ans. L'outil Fedwatch du CME Group indique une probabilité de 88,8% pour une baisse d'un quart de point, ce qui ferait revenir le taux des "fed funds" entre 1,75% et 2%. La probabilité actuelle d'un statu quo de la Fed le 18 septembre se situe à 11,2%... Vendredi, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la Fed ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs".

Le pétrole demeure sous pression depuis hier, après 4 séances de hausse, qui lui avaient permis de retrouver ses plus hauts niveaux depuis 6 semaines. Le brut a pâti hier du limogeage par Trump de son conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Le départ de ce "faucon", notamment sur le dossier iranien, plaide plutôt en faveur d'une désescalade des tensions au Moyen-Orient et en Asie, qui avaient soutenu l'or noir ces dernières semaines.

D'après le Département américain à l'énergie, les stocks de brut domestiques, hors réserve stratégique, ont chuté de 6,9 millions de barils sur la semaine close le 6 septembre, à 416,1 millions de barils. Le consensus tablait sur un repli de 2,9 mb. Les stocks d'essence ont quant à eux diminué de 0,7 million de barils, alors que les stocks de produits distillés ont augmenté de 2,7 millions de barils.

L'indice des prix à la production aux États-Unis pour le mois d'août 2019 est ressorti en croissance de 0,1% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus de place, après un gain de +0,2% un mois avant. Hors alimentaire et énergie, le 'PPI' a augmenté de 0,3%, contre +0,2% de consensus de marché. En glissement annuel cette fois, l'indice des prix à la production a progressé de 1,8% (+2,3% hors alimentaire et énergie).

Les stocks de grossistes aux États-Unis pour le mois de juillet 2019, qui viennent également d'être publiés aujourd'hui, sont ressortis en augmentation de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre une lecture révisée à -0,1% pour le mois de juin.

Les valeurs

Du côté des trimestriels à Wall Street, la journée est encore assez 'light' ce mercredi, au lendemain des chiffres décevants de GameStop.

Apple (+2%) bénéficie d'une réaction favorable des investisseurs au lendemain de sa keynote organisée à son siège californien de Cupertino. Le directeur général de la firme à la pomme, Tim Cook, a présenté la gamme d'iPhone 11, la dernière génération de smartphones d'Apple. Il a aussi présenté l'Apple Watch Series 5, la nouvelle édition de sa montre connectée, ainsi qu'une nouvelle tablette, l'iPad 7, vendu à partir de 329$, et disponible à partir du 30 septembre.

Mais les marchés attendaient surtout les nouveautés du côté des services, en particulier des informations détaillées sur le futur nouveau service de vidéo en streaming AppleTV+. Tim Cook a annoncé qu'Apple TV+ diffusera ses premières séries et films le 1er novembre, pour 4,99$ par mois, un prix défiant toute concurrence. Le leader Netflix , qui propose ses services à 13$ par mois, a vu son titre chuter de plus de 2% mardi mais remonte de 1% ce jour, tandis que Walt Disney (13$ par mois aussi) a cédé 2,2% et reste dans le rouge ce jour. Amazon (9$ par mois pour le service Prime Video) a cédé 0,6% hier et grappille 0,2% ce jour.

GameStop (-9%). Le distributeur américain de jeux vidéo et de matériel électronique a publié une perte nette de 415 millions de dollars pour son 2ème trimestre fiscal (4,15$ par action) et a fait des prévisions décevantes pour la suite de l'exercice 2019-2020. Les ventes trimestrielles de la société de Grapevine, Texas, ont plafonné à 1,29 milliard de dollars, en baisse par rapport à la même période de 2018 (1,65 Md$). Elles sont ressorties inférieures au consensus de 1,34 Md$. Même en excluant une énorme charge pour dépréciations d'actifs de 363,9 M$ et d'autres éléments exceptionnels qui ont plombé les comptes du trimestre, Gamestop n'a pas atteint les objectifs attendus par le consensus. Hors ces éléments, la perte nette ajustée s'élève encore à 32 cents par action, contre 10 cents un an plus tôt, et alors que le consensus Factset tablait sur une perte de 18 cents par titre.

La suite de l'exercice ne se présente en outre pas sous de meilleurs auspices. GameStop dit ainsi s'attendre à un résultat net ajusté de 1,15$ à 1,30$ par action sur l'ensemble de l'exercice, alors que les analystes s'attendaient jusqu'ici à 1,61$ par action.

General Electric (+2%) entend lever jusqu'à 3 milliards de dollars en cédant des parts de sa filiale Baker Hughes (-3%), ce qui ramènerait la participation du conglomérat industriel et financier à moins de 50% de la firme parapétrolière de Houston. GE possédait un peu plus de 50% du capital de Baker Hughes à fin juin 2019. GE vient d'être attaqué par un lanceur d'alerte, Harry Markopolos, qui avait prévenu du scandale Madoff, et compare le groupe industriel à Enron ou Worldcom, deux des faillites frauduleuses les plus tristement célèbres aux USA. Markopolos a notamment accusé GE de ne pas comptabiliser de manière correcte Baker Hughes dans ses états financiers.

GE va vendre jusqu'à 120,75 millions de titres Baker Hughes de catégorie A via une offre secondaire, alors que 'Baker' va racheter à General Electric pour 250 millions de dollars de titres de catégorie B dans le cadre d'une transaction privée. Une fois l'opération finalisée, GE pourrait 'déconsolider' Baker Hughes, dont il détiendra moins de 50%.

Lexicon Pharmaceuticals (+32%) flambe à Wall Street. Il faut dire que le Français Sanofi va verser 260 millions de dollars au groupe américain pour mettre un terme à leur partenariat dans le développement du médicament contre le diabète Zynquista. Le dédommagement est assez colossal, puisque l'Américain capitalisait moins de 183 millions de dollars à Wall Street avant cette nouvelle.

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