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Wall Street : Trump fait replonger les indices

| Boursier | 901 | 4 par 1 internautes

Les derniers commentaires de Trump à Londres accentuent l'aversion au risque déjà réveillée hier par quelques tweets rageurs du président américain...

Wall Street : Trump fait replonger les indices
Credits Reuters

Les derniers commentaires de Trump à Londres accentuent l'aversion au risque déjà réveillée hier par quelques tweets rageurs du président américain. Sans surprise, Wall Street est donc orienté en forte baisse ce mardi, au lendemain d'une séance déjà délicate (-0,96% hier sur le DJIA et -1,12% pour le Nasdaq). Le Dow Jones retombe de 1,42% ce jour à 27.388 pts, alors que le Nasdaq dévisse de 1,16% à 8.468 pts. Le S&P500 régresse de 1,12% à 3.079 pts.

Les craintes commerciales s'intensifient, plombant les principaux indices boursiers. Dans un tel contexte, les records de ventes du Cyber Monday n'importent plus vraiment. L'indice dollar reste assez stable à 97,8 (-0,1%). Le baril de brut WTI consolide de 0,4% à 55,7$. Le Brent de la mer du Nord affiche un repli comparable à 60,6$.

Les pays menacés par de nouvelles taxes douanières de l'impétueux Donald Trump sont nombreux depuis hier, ce qui a notablement plombé les marchés financiers. Les espoirs s'amenuisent par ailleurs d'un accord commercial sino-américain partiel avant la fin de l'année, surtout après les derniers commentaires de Trump à Londres.

En visite au Royaume-Uni pour le sommet de l'OTAN à Londres, Trump a par ailleurs poursuivi ses attaques sur le commerce et divers autres sujets. "La situation de l'économie française n'est pas bonne", a asséné le président américain, selon lequel "il est très insultant de dire que l'OTAN est en état de mort cérébrale". "Nous taxons les vins français et tout le reste", a lancé le locataire de la Maison blanche, qui juge que "l'Union européenne traite très injustement les États-Unis". "Personne n'a autant besoin de l'OTAN que la France", a également estimé le leader américain, qui juge que "les Etats-Unis sont ceux qui bénéficient le moins de l'OTAN" et "aident l'Europe". "Je ne laisserai pas la France tirer parti des entreprises américaines", a menacé Trump...

En toute modestie, le président américain a ajouté que la conclusion d'un accord avec la Chine dépendait surtout de lui. Il n'y aurait selon Trump aucun ultimatum à un éventuel accord commercial avec Pékin. De plus, le leader américain estime qu'il serait peut-être... préférable d'attendre l'élection américaine de novembre 2020 avant de sceller un accord avec la Chine ! "Je n'ai pas de date butoir, non. Par certains aspects, j'estime qu'il est mieux d'attendre jusqu'à l'issue de l'élection", a déclaré le président américain à Londres. "D'une certaine manière, j'aime l'idée d'attendre l'élection avant un accord avec la Chine. Mais ils veulent un accord maintenant et nous verrons s'il est bon ou pas. Il faut qu'il soit bon".

Hier, une déclaration de Wilbur Ross sur la 'Fox' avait déjà enfoncé un peu plus des marchés déjà déprimés, le secrétaire américain au Commerce ayant affirmé que Trump allait augmenter les tarifs douaniers sur les produits chinois si Washington et Pékin ne parvenaient pas à conclure un accord commercial : "Eh bien, vous avez une date limite logique qui est le 15 décembre... Si rien ne se passe d'ici là, le président a dit clairement qu'il relèverait les tarifs".

Ce mardi, sur CNBC cette fois, Ross s'est encore distingué, faisant son petit effet. Il confirme que les tarifs douaniers programmés le 15 décembre sur un peu plus de 150 milliards de dollars de produits additionnels importés de Chine entreront en vigueur si rien ne change. Ross indique par ailleurs qu'aucune réunion majeure n'est actuellement programmée concernant les négociations commerciales avec la Chine. Il juge, confirmant les derniers commentaires de Trump, qu'une signature de l'accord commercial après l'élection américaine de 2020 enlèverait un levier à la Chine...

L'administration américaine a menacé hier de surtaxer des produits français représentant un montant global de 2,4 milliards de dollars, dont le champagne, les produits cosmétiques, les sacs à main et le fromage. Il s'agit d'une réplique à la fameuse taxe Gafa instaurée en juillet par la France et frappant les géants du numérique. Le Bureau du Représentant américain au Commerce (USTR) a jugé que cette taxe n'était pas conforme aux principes de politique fiscale internationale et faisait peser un fardeau injuste sur les firmes américaines. L'USTR a dressé sa liste de produits français, menacés de surtaxes allant jusqu'à... 100%. Cette liste de l'USTR inclut des produits épargnés par les 'tarifs' de 25% instaurés en octobre par les Etats-Unis dans l'affaire de potentielles subventions de l'UE à Airbus.

Une consultation publique est prévue jusqu'au 14 janvier concernant la liste des marchandises françaises visées par les possibles taxes et les mesures éventuelles de rétorsion contre la France. La date de mise en application des potentielles surtaxes n'est pas connue.

La taxe 'Gafa' s'applique aux entreprises réalisant un CA sur le numérique de 750 millions d'euros au niveau mondial et de plus de 25 millions d'euros en France.

L'USTR, bras de la branche exécutive du gouvernement américain, avait lancé durant l'été une enquête visant à évaluer l'équité de pratiques commerciales à l'égard des firmes US. Le représentant américain au Commerce a par ailleurs indiqué qu'il envisageait de mener des investigations similaires sur des 'taxes numériques' prévues par la Turquie, l'Autriche ou l'Italie. "L'USTR s'attache à lutter contre le protectionnisme croissant des Etats membres de l'UE", a lancé Robert Lighthizer.

Ces nouveaux droits de douane américains sur les importations françaises sont jugés "inacceptables" par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire. "C'est inacceptable, ce n'est pas à la hauteur d'un allié et ce n'est pas le comportement qu'on attend des Etats-Unis d'Amérique vis-à-vis de l'un de ses principaux alliés", s'est offusqué le ministre sur Radio Classique. Bruno Le Maire explique que l'UE est prête à riposter... Le ministre français a ajouté aujourd'hui que "nous n'attendons qu'une seule chose, c'est la position américaine sur la taxation internationale du numérique telle qu'elle a été proposée à l'OCDE". "Nous comptons sur la solidarité européenne sur la question de la taxe sur le numérique", a dit Bruno Le Maire.

La Commission européenne a pour sa part indiqué que l'UE resterait unie sur la question des sanctions américaines contre la France. La Commission entend trouver une solution durable concernant la taxation des services numériques.

L'USTR a précisé que le jugement de l'OMC confortait sa position sur les aides européennes au développement d'Airbus, qui continueraient de peser sur le secteur américain. Les autorités américaines se réservent le droit de rehausser les taxes sur certains produits importés de l'UE ou d'allonger la liste des produits taxés...

Le président américain Donald Trump avait menacé plus tôt hier Brésil et Argentine, tout en taclant au passage la Banque centrale américaine pour son manque supposé de coopération. "Le Brésil et l'Argentine ont présidé à une dévaluation massive de leurs monnaies, ce qui n'est pas bon pour nos agriculteurs. Par conséquent, dès maintenant, je vais restaurer les Tarifs sur tout l'Acier et l'Aluminium de ces pays livré aux USA. La Réserve Fédérale devrait pareillement agir afin que des pays, qui sont nombreux, ne profitent plus de notre dollar fort en dévaluant encore plus leurs monnaies. Cela complique fortement les justes exportations de marchandises de nos industriels & agriculteurs. Abaissez les Taux & Assouplissez - Fed !", avait tweeté Trump.

"La Fed devrait abaisser les taux (il n'y a pratiquement aucune inflation) et assouplir, rendant les USA compétitifs par rapport aux autres nations, et l'industrie manufacturière FLAMBERAIT ! Le dollar est très fort en comparaison d'autres monnaies".

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité que la Fed laisse les taux inchangés entre 1,50 et 1,75% à l'issue de la réunion des 10 et 11 décembre se situe à 94,8%, contre 5,2% de chances... d'un relèvement des taux d'un quart de point entre 1,75 et 2%. Bref, après trois assouplissements monétaires d'un quart de point cette année, plus personne ne s'attend à un nouveau geste de générosité de la Banque centrale américaine. Il faudrait, selon FedWatch, attendre le milieu d'année prochaine, pour espérer une nouvelle baisse des taux - qui n'est d'ailleurs pas l'hypothèse la plus probable.

Il n'y aura pas de statistique économique marquante outre-Atlantique ce mardi.

Les valeurs

AK Steel bondit de 5% sur le Nyse. Le groupe sidérurgique fait l'objet d'une offre d'acquisition de Cleveland-Cliffs pour 1,1 milliard de dollars. La finalisation est attendue au premier semestre 2020. Les actionnaires d'AK Steel recevraient 0,40 titre Cleveland-Cliffs par action détenue.

UnitedHealth (-1%), assureur-santé américain, a émis des prévisions quelque peu décevantes. Pour l'exercice 2020, le groupe table sur un bpa allant de 16,25 à 16,55$, à comparer à un consensus de 16,46$. Les revenus sont en revanche attendus entre 260 et 262 milliards de dollars, contre 260 milliards de consensus.

Amazon (-2%), Alphabet (-1%) et Facebook (-1%) profitent ce jour de conseils d'achat de Citigroup, qui s'affiche en revanche 'neutre' sur Netflix (-1%) avec un cours-cible de 325$.

Salesforce.com (-1%) et Marvell Technology (-3%) publient leurs derniers comptes trimestriels après bourse ce soir à Wall Street.

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