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Wall Street : Tesla s'envole, Alphabet souffre

| Boursier | 679 | Aucun vote sur cette news

La cote américaine pourrait aligner ce jour une seconde séance de rebond, après avoir été durement malmenée en fin de semaine dernière sur fond de...

Wall Street : Tesla s'envole, Alphabet souffre
Credits Reuters

La cote américaine pourrait aligner ce jour une seconde séance de rebond, après avoir été durement malmenée en fin de semaine dernière sur fond de craintes liées à l'épidémie de coronavirus. Hier soir, le Nasdaq s'était déjà redressé de 1,3%, aidé notamment par la vertigineuse flambée de Tesla. Sur le marché des changes, l'indice dollar avance de 0,1% à 97,9. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI reprend 3% ce jour à 51,4$.

Les commandes américaines à l'industrie du mois de décembre 2019 seront publiées à 16 heures ce mardi (consensus +1,3% en comparaison du mois antérieur). Les opérateurs seront également attentifs aux ventes automobiles mensuelles.

L'indice boursier chinois SSE a repris 1,34% ce matin à 2.783 pts, après avoir décroché hier de près de 8% pour sa reprise suite à une fermeture prolongée pour le Nouvel An Lunaire.

Les cas de coronavirus en Chine dépassent désormais le cap des 20.000. Selon la National Health Commission chinoise, 64 décès supplémentaires sont recensés, pour un total de 425 en Chine. Un premier décès est par ailleurs rapporté à Hong Kong. Les autorités chinoises maintiennent leurs efforts afin de contenir la propagation du virus. Le président chinois Xi Jinping a fait de la lutte contre l'épidémie une priorité, alors que le bilan sanitaire et économique s'alourdit.

Dans ce climat, les autorités chinoises espèreraient une certaine flexibilité de la part des Etats-Unis dans le cadre de la mise en place de l'accord commercial de phase 1. C'est du moins ce qu'indiquent des sources familières de la question citées par Bloomberg. L'accord commercial du 15 janvier doit entrer en vigueur mi-février. Une clause de consultation est prévue en cas de catastrophe naturelle ou d'événement imprévisible. Toujours selon Bloomberg, les responsables chinois envisageraient d'assouplir l'objectif de croissance de 6% environ pour 2020. De nouvelles mesures économiques sont également attendues...

Outre-Atlantique, la saison des trimestriels bat son plein, au lendemain des comptes d'Alphabet, maison-mère de Google, qui ont quelque peu déçu.

Allstate, Pitney Bowes, Ford, Cummins, Chubb, Centene, McKesson, Clorox, Ralph Lauren, ConocoPhillips, Walt Disney, Snap Inc, Sirius XM, Match Group, Gilead Sciences ou Prudential, publient notamment aujourd'hui.

Tesla s'envole encore de 13% en pré-séance ce mardi à Wall Street après avoir flambé hier de 19,9% à 780$, un nouveau record. La capitalisation boursière du groupe d'Elon Musk représente 140,6 milliards de dollars sur la base du cours de clôture d'hier et près de 160 milliards de dollars au niveau de pré-séance. En comparaison, Ford pèse 35,6 Mds$, General Motors 48,2 Mds$ et Fiat Chrysler Automobiles 25,5 Mds$. Ensemble, les 'Big Three' américains de l'automobile valent donc moins de 110 milliards, nettement moins que Tesla, désormais poids lourd capitalistique du secteur aux USA.

Il faudra toutefois encore un peu d'exubérance irrationnelle pour que Tesla parvienne à dépasser le géant japonais Toyota en matière de capitalisation boursière... Au niveau des ventes, le Japonais a écoulé 10,7 millions de véhicules l'an dernier contre 367.500 pour la firme de Palo Alto. Pendant ce temps, la fortune virtuelle d'Elon Musk ne cesse de gonfler, sa 'valeur nette' étant estimée à 39,3 milliards de dollars désormais par Forbes.

Hier, le bond de l'action, le plus important en une séance depuis 7 ans, trouvait son origine dans l'annonce d'un accord d'approvisionnement en batteries avec le Chinois CATL (Contemporary Amperex Technology Co Ltd.). Le 'deal' a été confirmé par le groupe chinois. Il avait initialement été rapporté par 'Reuters', qui évoquait un accord de deux ans avec Tesla sur la période allant de juillet 2020 à juin 2022. Tesla pourra ajuster les volumes d'achat selon ses besoins. Reuters avait fait état en fin de semaine dernière d'accords de Tesla avec CATL et le groupe sud-coréen LG Chem Ltd. pour des batteries.

Le groupe d'Elon Musk, qui vient de décider d'une fermeture temporaire de son site de Shanghai face à l'épidémie de coronavirus, avait déjà amplement convaincu les investisseurs la semaine dernière. Tesla a dépassé les anticipations en termes de revenus sur le quatrième trimestre et aligné pour la première fois deux trimestres consécutifs de profits, ce qui explique sans doute en grande partie le rallye récent, le titre ayant doublé en quelques mois. De plus, la production du Model Y du groupe débute, ce qui lui offre un intéressant levier de croissance.

Par ailleurs, Panasonic, le partenaire de Tesla pour les batteries de ses véhicules électriques aux Etats-Unis, a annoncé que son entreprise commune avec Tesla dans les batteries était devenue bénéficiaire pour la première fois au dernier trimestre de 2019.

L'action Tesla a bondi de 72% depuis un mois, accélérant son ascension depuis la publication, la semaine dernière de résultats meilleurs que prévu pour trimestre achevé en décembre 2019. Tesla a ainsi réalisé des revenus de 7,4 milliards de dollars, en croissance de 2% en glissement annuel, contre un consensus d'environ 7 milliards de dollars à Wall Street. Un an plus tôt, à la même période, les recettes totalisaient 7,2 milliards.

Le bénéfice net trimestriel a représenté 105 millions de dollars, en retrait de 25% en glissement annuel, mais il s'agit donc symboliquement du second trimestre bénéficiaire consécutif pour le groupe, ce qui entretient l'espoir que Tesla soit enfin en mesure de livrer une performance soutenue en matière de rentabilité. Le groupe évoque quant à lui une forte génération de cash flow, grâce au contrôle des coûts. Seul point un peu plus mitigé, la marge brute automobile a reculé de 1,13 point de pourcentage en comparaison de l'an dernier, à 18,8%. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a atteint tout de même 2,06$, contre 1,72$ de consensus.

Alphabet a publié lundi soir après la clôture de Wall Street un bénéfice net nettement supérieur aux attentes des analystes au 4ème trimestre 2019, mais a déçu les marchés avec des revenus légèrement en-deçà du consensus. L'action de la maison mère de Google cédait 5% dans les cotations électroniques après la clôture, suite à cette publication. Le bénéfice net trimestriel d'Alphabet a pourtant nettement dépassé les attentes, atteignant 10,67 milliards de dollars, contre 8,76 Mds$ attendus et 8,9 Mds$ sur la même période de 2018. Le bénéfice par action s'est établi à 15,35$ contre 12,57$ de consensus et après 12,77$ un an plus tôt. Les revenus ont bondi de 17% pour atteindre 46,08 Mds$, mais le marché tablait sur des ventes de 46,9 Mds$, après les 39,3 Mds$ dégagés un an plus tôt. Il s'agit de la plus faible croissance du chiffre d'affaires du groupe pour un quatrième trimestre depuis 2015.

Pour ses premiers comptes publiés sous la houlette de Sundar Pichai, Alphabet a dévoilé pour la première fois les revenus du "cloud" et de sa filiale de vidéo YouTube. Cette dernière a dégagé un chiffre d'affaires de 4,7 Mds$ sur le 4e trimestre et de 15,15 Mds$ sur l'ensemble de 2019, en hausse de 36% par rapport à 2018 et presque le double de 2017. Les ventes de la division "cloud computing" ont atteint 2,6 Mds$ sur le 4e trimestre, et 8,9 Mds$ sur l'année, en hausse de 53% sur un an et plus que doublées par rapport à 2017, a précisé Alphabet.

Apple. Les fournisseurs d'Apple seraient bien décidés à reprendre la production en Chine dès la semaine prochaine, malgré l'épidémie actuelle de coronavirus. Ainsi, Hon Hai Rescision Industry Co. - plus connu sous le nom de Foxconn - et d'autres fournisseurs du groupe à la pomme, entendraient relancer leur production pour le compte du californien dès le 10 février. Selon Bloomberg, des fournisseurs d'Apple en Chine tels que Quanta Computer, Inventec et LG Display, désireraient également reprendre leur activité locale à partir de la semaine prochaine. La Chine demeure un marché majeur pour Apple, que ce soit en termes de ventes ou de production. Le groupe de Cupertino a toutefois pris des mesures face au coronavirus, interdisant notamment aux employés de se déplacer vers la Chine, sauf situations 'critiques'. Quanta participe à l'assemblage de l'Apple Watch, Inventec à la conception des airPod et LG à la fabrication des écrans OLED de certains modèles d'iPhone.

ConocoPhillips a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net en déclin à 700 millions de dollars soit 65 cents par action, contre 1,9 milliard de dollars et 1,61$ par titre un an auparavant. Le géant pétrolier américain a réalisé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 76 cents, contre 1,13$ un an plus tôt et 80 cents de consensus. La production hors Libye a reculé d'environ 2% en glissement annuel à 1,289 million de barils équivalent pétrole par jour. Pour l'exercice 2020, ConocoPhillips table sur des dépenses de capitaux allant de 6,5 milliards de dollars à 6,7 milliards de dollars. La guidance en termes de production est située entre 1,23 et 1,27 million de barils équivalent pétrole par jour. Le groupe renforce enfin de 10 milliards de dollars son programme de rachat d'actions, à 25 milliards de dollars.

Ralph Lauren bondit en pré-séance à Wall Street. Le groupe de prêt-à-porter de luxe a convaincu par ses derniers résultats financiers trimestriels, dépassant les attentes du marché. Les revenus trimestriels se sont établis à 1,75 milliard de dollars, contre 1,73 milliard de dollars un an auparavant et 1,72 milliard de consensus de place. Le groupe a profité notamment d'une solide demande en Europe et en Amérique du Nord. Le bénéfice net du troisième trimestre fiscal 2020, juste clos, a atteint 334 millions de dollars et 4,41$ par titre, contre 120 millions de dollars un an auparavant. Le bpa ajusté s'est élevé à 2,86$, contre 2,45$ de consensus. Ralph Lauren envisage désormais, pour l'exercice 2020, des revenus hors effets de change en croissance de 2 à 3%. La guidance exclut toutefois l'impact éventuel de l'épidémie de coronavirus.

Walt Disney publiera après la clôture les résultats de son 1er trimestre fiscal, achevé fin décembre. Il s'agit des premiers comptes trimestriels du géant américain des loisirs depuis le lancement de son service de vidéo en streaming Disney+. Mais les marchés seront tout aussi attentifs aux commentaires du groupe sur les conséquences de l'épidémie de coronavirus chinois sur le groupe américain. Cette crise a déjà contraint le groupe à fermer sine die son parc de Shanghai depuis le 25 janvier et celui Hong Kong le 26 janvier, en plein Nouvel An lunaire, une période de fête cruciale pour les parcs à thèmes asiatiques. L'épidémie a aussi entraîné la fermeture de nombreux cinémas en Chine... Le bénéfice net de Walt Disney devrait s'établir à 1,47$ par action en baisse de 20% par rapport à la même période de 2018 (1,84$), selon le consensus FactSet.

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