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Wall Street sous pression, inflation record des prix à la production

| Boursier | 704 | Aucun vote sur cette news

La cote américaine fléchit ce mardi, le DJIA cédant 0,18% à 35...

Wall Street sous pression, inflation record des prix à la production
Credits Reuters

La cote américaine fléchit ce mardi, le DJIA cédant 0,18% à 35.584 pt et le S&P 500 0,80% à 4.631 pts, contre une sanction de près de 1,3% sur le Nasdaq à 15.215 pts. Le baril de brut WTI cède 1,1% sur les 70$. L'once d'or abandonne 0,8% à 1.773$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises. Le bitcoin trébuche de 1,2% sur les 47.000$. Les craintes sur l'inflation pèsent, après un indice des prix à la production en vive augmentation (un record de +9,6% !), et à la veille du verdict monétaire de la Fed...

L'indice américain des prix à la production du mois de novembre est ressorti en augmentation de 0,8% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +0,5% et +0,3% un mois avant (lecture révisée). En glissement annuel, il a progressé de 9,6%, contre 9,2% de consensus de marché. Hors alimentaire et énergie, le PPI s'est apprécié de 0,7%, contre 0,4% de consensus. Il s'apprécie de 7,7% sur un an contre 7,2% de consensus.

Les marchés s'attendent à ce que la Fed annonce une accélération de la réduction de ses achats d'actifs obligataires mensuels, à l'issue de la réunion du FOMC qui se tient aujourd'hui et demain, un peu plus d'un mois après avoir dévoilé ses plans initiaux. Ainsi, la Fed pourrait choisir de réduire ses achats de 30 milliards de dollars par mois (20 milliards de bons du Trésor / 10 milliards de dollars de MBS), soit le double du rythme annoncé lors de la dernière réunion. Cela ramènerait le terme du 'tapering' au mois de mars, contre juin auparavant visé.

En ce qui concerne le 'dot plot', la trajectoire médiane semble indiquer deux hausses de taux de la Fed en 2022 et trois en 2023 et 2024. Cependant, il n'est pas exclu que les attentes pour 2022 passent à trois durcissements monétaires.

Jerome Powell, choisi par Biden pour un nouveau mandat à la tête de la Fed aux côtés de la vice-présidente Lael Brainard, devrait réitérer cette semaine que le tapering n'est pas un resserrement monétaire. Il devrait également rappeler qu'un tapering plus rapide donnera plus de flexibilité pour relever ultérieurement les taux. Il ne devrait toutefois pas fournir de détails sur le timing de la première remontée des taux, du fait notamment de l'incertitude sanitaire limitant la visibilité. Parallèlement à l'accélération du tapering, l'autre grand changement dans la déclaration du FOMC devrait tourner autour de la reconnaissance que l'inflation n'est plus transitoire, comme l'ont déjà signalé Powell et Janet Yellen - Secrétaire au Trésor américaine.

Les derniers chiffres américains de l'inflation publiés en fin de semaine dernière ont été conformes aux attentes... et au plus haut d'une quarantaine d'années ! L'IPC global de novembre a grimpé de 0,8% en comparaison du mois antérieur. L'IPC annualisé a progressé de 6,8%, du jamais vu depuis juin 1982. C'est le cinquième mois consécutif d'inflation annualisée US supérieure à 5%. L'IPC de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,5% (hausse annualisée de 4,9%). Les premières lectures ont noté que le rapport ne faisait que renforcer les arguments de la Fed en vue d'une accélération du tapering...

Alors que la Réserve fédérale américaine se réunit cette semaine, et pourrait préparer le terrain à une hausse de ses taux directeurs en 2022 pour juguler l'inflation, les stratégistes actions s'interrogent sur les effets de ce durcissement monétaire sur les marchés d'actions. Jonathan Golub, directeur de la stratégie actions aux Etats-Unis de Credit Suisse, estime lundi dans une note à ses clients qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre-mesure, si l'on réfère à l'histoire boursière.

"Bien que les investisseurs pourraient interpréter un changement de politique monétaire comme un mauvais présage, l'histoire montre que les performances des actions restent robustes dans les mois précédant une première hausse de taux, et dans les mois qui suivent", a indiqué Golub. "Sur les 4 derniers cycles haussiers (1994, 1999, 2004 et 2015), le S&P 500 a gagné 9,5% dans les 12 mois précédant la première hausse, et 26% dans les 3 ans suivant ce relèvement", a-t-il relevé. "Les vrais dégâts causés par des taux élevés sont causés plus tard dans le cycle, lorsque le durcissement monétaire entraîne un aplatissement, voire une inversion de la courbe des taux. Nous sommes loin de ce point"...

Il n'y a pas de changement réel de sentiment entourant Omicron. La grande source d'inquiétude concerne la rapidité de propagation, les dirigeants européens avertissant qu'il pourrait remplacer le Delta en tant que souche dominante en quelques jours dans certains pays. Cependant, les premières données continuent d'indiquer des symptômes bénins, alors qu'il y a eu des éléments supplémentaires soutenant la mise à jour de Pfizer et BioNTech la semaine dernière montrant que trois doses de leur vaccin Covid offriraient une bonne protection contre le variant, en particulier dans les cas de maladies graves. Biden a exclu l'hypothèse de restrictions ou confinements onéreux. Les commentaires des entreprises la semaine dernière, y compris ceux des firmes de secteurs essentiels, ont largement minimisé l'impact d'Omicron. Cependant, il est peut-être encore trop tôt, car les entreprises ont également eu tendance à minimiser le Delta lors de leurs publications de résultats en juillet et début août... Le Financial Times évoque tout de même un certain ralentissement des réservations des compagnies aériennes et des hôtels.

Omicron continue de se propager à l'échelle mondiale. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a d'ailleurs mis en garde contre un "raz de marée" d'infections au variant Omicron, alors que le pays a augmenté son niveau d'alerte Covid de trois à quatre (indiquant que la transmission augmente et que le système de santé est à risque). De nouvelles restrictions sont maintenant entrées en vigueur et Johnson a également fait des efforts pour accélérer les vaccins de rappel d'ici fin décembre. "Toutes les personnes âgées de 18 ans et plus en Angleterre auront la possibilité de recevoir leur vaccin de rappel avant le Nouvel An", a assuré Johnson dans une allocution télévisée.

"Il se propage à une vitesse phénoménale, quelque chose que nous n'avons jamais vu auparavant, les infections doublent tous les deux ou trois jours", a pour sa part affirmé le ministre britannique de la Santé Sajid Javid à Sky News, ajoutant qu'Omicron était sans doute à l'origine d'environ 40% des infections à Londres. Johnson a lui déclaré ce lundi qu'un premier patient était décédé après avoir contracté le variant.

Dimanche, Israël avait annoncé avoir placé le Royaume-Uni et le Danemark sur sa liste "rouge" de pays où les Israéliens ne pouvaient se rendre en raison de la propagation d'Omicron.

Des études continuent de montrer qu'Omicron ne provoque qu'une maladie bénigne, tandis que les hospitalisations en Afrique du Sud restent faibles en comparaison des vagues précédentes. Les vaccins existants sont également toujours considérés comme efficaces contre les maladies graves. Une nouvelle étude israélienne a montré que le rappel de vaccin Pfizer / BioNTech offrait une protection significative contre le variant Omicron. Comparativement les personnes ayant reçu deux doses il y a 5 à 6 mois ne disposaient pas d'anticorps neutralisants contre Omicron.

Le variant, identifié dans plus de 60 pays, poserait selon l'OMS "un risque très élevé" à l'échelle mondiale, des données suggérant une forme de résistance au vaccin et une diffusion rapide. Les données cliniques sur la sévérité des cas restent limitées, d'après l'Organisation mondiale de la santé. L'organisation onusienne basée à Genève, dans une note publiée hier, confirme donc son évaluation initiale du risque général. "Ces données (concernant l'Afrique du Sud) suggèrent un phénomène potentiel d'échappement immunitaire et des taux élevés de transmission, ce qui pourrait se traduire par de nouvelles flambées épidémiques avec des conséquences graves", détaille l'OMS. Il semblerait que les anticorps des personnes vaccinées ou déjà infectées ne soient en effet pas suffisants pour "neutraliser" une contamination par le variant Omicron. Néanmoins, les premières données suggèrent des formes moins sévères de maladie que celles liées aux infections par le variant Delta, pour l'instant encore majoritaire dans le monde.

L'OMS affirme que des données supplémentaires sont nécessaires pour comprendre le profil de sévérité. "Même si la sévérité venait à être moins importante que pour le variant Delta, nous prévoyons que les hospitalisations augmentent du fait de sa transmissibilité accrue", alerte l'OMS, soulignant que les risques seraient donc non négligeables pour les systèmes de santé ainsi qu'en termes de nombre de décès...

Des rapports (Bloomberg, Axios) continuent d'évoquer une probabilité accrue que les démocrates du Sénat ne parviennent pas à finaliser le programme de dépenses sociales et de climat du Build Back Better, pour 1.750 milliards de dollars environ, avant la fin de l'année. Des points de friction persistent, notamment le plafond de la déduction SALT, les congés payés et la complexité des changements fiscaux. L'intraitable sénateur démocrate Joe Manchin joue toujours son rôle perturbateur, après ses affirmations répétées selon lesquelles les démocrates devraient 'lever le pied', en particulier compte tenu de la reprise des inquiétudes concernant l'inflation.

Un rapport du CBO demandé par les républicains vendredi dernier a estimé le coût de la facture globale à 3 000 milliards de dollars sur dix ans si toutes les dispositions étaient rendues permanentes. Le CBO avait précédemment déterminé que le projet de loi, tel qu'adopté par la Chambre, ajouterait 200 milliards de dollars au déficit. Bank of America a estimé que la législation finale augmenterait le PIB américain de 50 points de base l'année prochaine, mais créerait des risques accrus concernant l'inflation.

Notons par ailleurs que Chuck Schumer, leader de la majorité au Sénat, a indiqué qu'un vote se tiendrait ce jour sur le relèvement du plafond de la dette américaine, sans préciser de combien.

Les valeurs

Apple (-1%) sur les 3.000 milliards de dollars de capitalisation ? C'est peut-être pour aujourd'hui, alors que Morgan Stanley, JP Morgan et Evercore ont revu en hausse leurs objectifs ces derniers jours.

Le Département américain au Travail ouvrirait une enquête sur le colosse technologique de Cupertino Apple. Citant une lettre du 10 décembre du 'DoT' à une ancienne employée, le Financial Times rapporte que l'ex-salariée prétend qu'elle a été licenciée sous un faux prétexte, après avoir été victime de représailles pour avoir déposé des plaintes concernant des problèmes tels que le harcèlement, la surveillance, la sécurité au travail, et la gestion des déchets dangereux.

Par ailleurs, la Competition and Markets Authority (CMA), autorité britannique de la concurrence et des marchés, a estimé qu'Apple et Google, filiale d'Alphabet, exerçaient une emprise sur la manière dont les consommateurs utilisent leur smartphone, ce qui annihilerait tout choix réel en matière d'écosystème. Le régulateur britannique a déclaré ce mardi que son rapport intermédiaire avait révélé qu'un duopole d'Apple Inc. et de Google (Alphabet) affectait la concurrence et le choix, et que les entreprises "exerçaient une emprise semblable à celle d'un vice" sur les appareils mobiles.

La CMA a déclaré que son rapport sur les écosystèmes mobiles suggérait que les utilisateurs étaient perdants en raison du contrôle des deux entreprises sur le marché. Elle avait lancé une enquête en juin sur des inquiétudes relatives au pouvoir d'Apple et de Google dans les systèmes d'exploitation, avec iOS et Android, ainsi que dans les magasins d'applications et les navigateurs Web.

Pfizer (stable) vient de publier des données très positives concernant sa pilule expérimentale contre le Covid-19, qui afficherait une grande efficacité dans la prévention des hospitalisations et des décès et resterait efficace contre le variant Omicron ! Les données finales disponibles de tous les patients à haut risque inclus dans l'étude EPIC-HR (2 246) ont confirmé les résultats antérieurs de l'analyse intermédiaire montrant que Paxlovid (comprimés de nirmatrelvir et de ritonavir) a réduit le risque d'hospitalisation ou de décès de 89% (dans les trois jours suivant l'apparition des symptômes) et 88% (dans les cinq jours suivant l'apparition des symptômes) par rapport au placebo. Il n'y aurait eu aucun décès par rapport au placebo chez les adultes non hospitalisés à haut risque atteints de Covid-19.

Les données ont été partagées avec la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis dans le cadre d'une demande d'autorisation d'utilisation d'urgence (EUA).

Séparément, des analyses intermédiaires d'une deuxième étude en cours chez des adultes à risque standard (EPIC-SR) ont montré une réduction de 70% des hospitalisations et aucun décès dans la population traitée, par rapport au placebo, dans le critère d'évaluation secondaire ; le nouveau critère d'évaluation principal d'atténuation soutenue et autodéclarée de tous les symptômes pendant quatre jours consécutifs, par rapport au placebo, n'a pas été atteint. L'étude se poursuit...

Le laboratoire évoque une diminution d'environ 10 fois de la charge virale au jour 5, par rapport au placebo, observée à la fois dans EPIC-HR et EPIC-SR, indiquant une activité robuste contre le SRAS-CoV-2 et représentant la plus forte réduction de la charge virale signalée à ce jour pour un agent antiviral oral Covid-19.

Des données in vitro récentes confirment que le nirmatrelvir est un puissant inhibiteur de la protéase Omicron 3CL, ce qui, combiné aux données in vitro existantes sur les antiviraux et l'inhibition de la protéase provenant d'autres variants préoccupants (VoC), y compris Delta, indique que Paxlovid conservera une activité antivirale robuste par rapport aux actuels variants ainsi que d'autres coronavirus.

Moderna (-1%). La Corée du Sud a approuvé le vaccin Covid-19 Spikevax de Moderna produit par... Samsung Biologics Co. L'autorisation de mise sur le marché du ministère sud-coréen de la Sécurité alimentaire et pharmaceutique permet officiellement au vaccin Spikevax Covid-19 de Moderna fabriqué dans les installations de production pharmaceutique locales de Samsung Biologics d'être distribué en Corée et exporté vers d'autres pays. Le média local Chosun avait rapporté le 24 août que Samsung Biologics était sur le point de commencer à prototyper le vaccin Moderna à Incheon, ville portuaire sud-coréenne située à l'ouest de la capitale Séoul.

Moderna va par ailleurs produire par an, à compter de 2024, jusqu'à 100 millions de doses de son vaccin Covid-19 en Australie, où le laboratoire a implanté l'une de ses plus importantes usines en dehors des Etats-Unis et de l'Europe...

Novavax (stable). Le Serum Institute of India prévoit de lancer dans six mois en Inde la production du vaccin contre le Covid-19 de Novavax destiné aux enfants.

Tesla (-1%) va rendre certains produits 'achetables' en Dogecoin "et voir comment cela se passe", vient de tweeter Elon Musk ! Le patron de Tesla et SpaceX n'a jamais caché son intérêt pour cet altcoin à l'effigie du Shiba Inu, dans lequel il a d'ailleurs investi pour son fils... Notons par ailleurs que Musk poursuit ses ventes d'actions Tesla, comme annoncé suite à son sondage Twitter sur le sujet, portant sur la cession de 10% de sa participation. Hier lundi, l'homme le plus riche de la planète a encore écoulé 934.091 actions du constructeur de véhicules électriques pour 907 millions de dollars environ. Néanmoins, il a aussi exercé des options pour l'acquisition de 2,134 millions de titres supplémentaires, dans le cadre d'un package de compensation datant de 2012.

Les ventes antérieures se chiffraient au total à un peu plus de 11 millions de titres pour 11,8 milliards de dollars depuis le sondage Twitter dans lequel le milliardaire avait soumis l'idée de céder 10% de ses parts, alors que dans le même temps, peu ont noté que Musk avait déjà exercé des options portant sur 12,83 millions d'actions, plus qu'il n'en a vendu ! Musk, qui vient d'être nommé personnalité de l'année par le magazine Time, dispose encore de millions de stock options qu'il devra exercer d'ici août 2022.

KKR (+1%). Le fonds d'investissement américain, qui a offert 10,8 milliards d'euros pour acquérir Telecom Italia et dont le conseil d'administration de la cible ne s'est pas encore prononcé, a indiqué qu'il n'avait pas fixé de date butoir pour la consultation des livres de comptes de l'opérateur télécom italien.

Altice USA (+6%). Patrick Drahi, fondateur d'Altice, a porté à 18% sa participation dans BT. L'homme d'affaires franco-israélien affirme ne pas avoir l'intention de prendre le contrôle de l'opérateur britannique.

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