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Wall Street sous pression, alors que le coronavirus se propage

| Boursier | 341 | Aucun vote sur cette news

La peur prend le dessus à Wall Street...

Wall Street sous pression, alors que le coronavirus se propage
Credits Reuters

La peur prend le dessus à Wall Street. Le S&P500 recule de 0,6% avant bourse et le Nasdaq de 0,4%, alors que le DJIA abandonne 0,5%. L'indice dollar se stabilise à 98. Sur le Nymex, le baril de brut WTI régresse de 1,9% à 52,4$. Les craintes concernent la propagation rapide du coronavirus chinois, avec désormais 170 victimes et un nombre de cas approchant des 8.000. La province du Hubei reste la plus touchée, mais les cas se multiplient également à l'international.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) tient une réunion d'urgence ce jour afin de considérer une 'alarme' mondiale, face à ce développement rapide du virus. C'est ce qu'a confirmé sur Twitter le directeur général de l'organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ce dernier souligne sur le réseau social le travail "monumental" des autorités chinoises pour lutter contre la propagation du virus. Il explique que la majeure partie des cas concerne la Chine, mais que des transmissions de personne à personne ont été observées dans trois autres pays - Japon, Vietnam et Allemagne. "Ce potentiel de propagation globale supplémentaire" explique la réunion d'urgence du jour. Le patron de l'OMS constate par ailleurs que sur les cas connus, environ un sur cinq affichent une maladie sévère, pneumonie et insuffisance respiratoire notamment.

Dans le même temps, les gouvernements mondiaux et les entreprises accroissent les restrictions. La crise sanitaire affiche donc désormais des conséquences économiques indéniables, de plus en plus d'entreprises étant affectées.

Peter Navarro, conseiller commercial de la Maison blanche, a repoussé sur CNBC l'idée d'une levée des tarifs douaniers imposés à la Chine en cas d'impact significatif du coronavirus sur l'économie chinoise. Il a justifié une fois encore la persistance des taxes douanières, assurant par ailleurs la menée des discussions commerciales sino-américaines de 'phase 2'.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jeudi, la lecture avancée du PIB américain (première des trois estimations) pour le quatrième trimestre 2019 fait ressortir une croissance de 2,1%, en ligne avec le consensus de place. Les dépenses réelles de consommation ont augmenté de 1,8%, contre +1,9% de consensus. L'indice des prix rattaché au PIB a progressé de 1,4%, contre +2% de consensus.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis pour la semaine close au 25 janvier 2019 sont ressorties au nombre de 216.000, contre 215.000 de consensus et 223.000 pour la lecture révisée de la semaine antérieure.

La Bourse américaine n'est pas parvenue mercredi soir à conserver ses gains du début de la séance. Les indices ont fini proches de l'équilibre à la clôture, après la décision, pourtant anticipée, de la Fed de ne pas modifier ses taux directeurs. Le président de la Fed Jerome Powell a toutefois jeté un froid en citant le coronavirus chinois comme un "risque" potentiel pour la croissance mondiale, à "surveiller attentivement", tandis que plusieurs entreprises ont évoqué l'impact négatif de l'épidémie sur leurs activités en Chine. Les nombreux résultats d'entreprises ont été diversement accueillis : +10,3% pour General Electric, +2,1% pour Apple (qui a franchi un nouveau record), +1,7% pour Boeing, mais -2,1% pour Starbucks et -6% pour AMD.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,04% à 28.734 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,09% à 3.273 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a grappillé 0,06% à 9.275 pts. Les trois indices gagnaient environ 0,5% avant les commentaires de Jerome Powell sur le virus 2019-nCoV.

La Réserve fédérale américaine a donc maintenu comme attendu, ses taux directeurs à leur niveau actuel. L'objectif de taux des "Fed funds", principal instrument de la politique monétaire aux Etats-Unis, reste donc fixé dans une fourchette de 1,50 à 1,75%, une décision qui a été prise à l'unanimité, a précisé la Fed dans son communiqué.

Après avoir abaissé ses taux par trois fois en 2019 face aux tensions commerciales et au ralentissement de la croissance, la banque centrale américaine a laissé entendre ces dernières semaines qu'elle ne modifierait pas ses taux pendant toute l'année 2020, sauf dégradation imprévue de la conjoncture.

Lors de sa conférence de presse, le président de la Fed, Jerome Powell, a affirmé voir des "signes de stabilisation" de la croissance mondiale après le ralentissement de 2019, mais il a ajouté que le coronavirus était "un risque" pour la croissance, qui "crée de l'incertitude pour les perspectives économiques mondiales", a-t-il souligné. "Au vu des incertitudes, je ne vais pas spéculer à ce stade... Nous surveillons attentivement la situation. Notre travail à terme, est de savoir quelles seront les conséquences (du virus 2019-nCoV : ndlr) pour l'économie américaine et pour le respect de notre double mandat" en tant que banque centrale, a ajouté M. Powell.

La Fed prévoit par ailleurs de réduire progressivement ses achats de bons du trésor à court terme lorsqu'elle aura atteint un "ample" niveau de réserves, sans doute "au courant du 2e trimestre" 2020 a indiqué Jerome Powell. La Fed intervient depuis l'automne dernier pour fournir de la liquidité au système bancaire et éviter des tensions sur les taux courts.

Les valeurs

Tesla, qui avait déjà atteint les 105 milliards de dollars de capitalisation boursière à Wall Street, devrait 'exploser' ce record dès le début de séance ce jeudi. Le groupe d'Elon Musk, qui vient de décider d'une fermeture temporaire de son site de Shanghai face à l'épidémie de coronavirus, a amplement convaincu les investisseurs hier. Tesla a dépassé les anticipations en termes de revenus sur le quatrième trimestre et aligné pour la première fois deux trimestres consécutifs de profits, ce qui explique sans doute en grande partie le rallye récent, le titre ayant doublé en quelques mois. De plus, la production du Model Y du groupe débute, ce qui lui offre un intéressant levier de croissance.

Pour le quatrième trimestre fiscal, Tesla a réalisé des revenus de 7,4 milliards de dollars, en croissance de 2% en glissement annuel, contre un consensus d'environ 7 milliards de dollars à Wall Street. Un an plus tôt, à la même période, les recettes totalisaient 7,2 milliards. Le bénéfice net trimestriel a représenté 105 millions de dollars, en retrait de 25% en glissement annuel, mais il s'agit donc symboliquement du second trimestre bénéficiaire consécutif pour le groupe, ce qui entretient l'espoir que Tesla soit enfin en mesure de livrer une performance soutenue en matière de rentabilité. Le groupe évoque quant à lui une forte génération de cash flow, grâce au contrôle des coûts. Seul point un peu plus mitigé, la marge brute automobile a reculé de 1,13 point de pourcentage en comparaison de l'an dernier, à 18,8%. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a atteint tout de même 2,06$, contre 1,72$ de consensus.

D'ici mi-2020, le groupe de Musk estime que son usine phare de Fremont, en Californie, sera en mesure de produire 500.000 unités sur un rythme annuel... Tesla affirme par ailleurs que la production du crossover Model Y a démarré en avance sur les plans ce mois. Ainsi, certains clients pourront recevoir leurs véhicules dès le mois de mars. En tenant compte du Model 3, le site de Fremont aurait actuellement la capacité de produire 400.000 véhicules par an. Tesla entend par ailleurs livrer plus de 500.000 véhicules électriques en 2020.

La fermeture temporaire du site de Shanghai pourrait avoir, admet le groupe, un impact léger sur la rentabilité du trimestre en cours, mais le process de production de l'usine se déroule sinon "comme prévu". Tesla envisage d'ailleurs de renforcer par la suite la production de son modèle "grand public". La production du site doit être portée à 250.000 unités par an, avec le Model Y.

En 2019, Tesla est parvenu à générer plus d'un milliard de dollars de free cash flow tout en construisant son site de Shanghai en un temps record et en travaillant sur la mise en production du Model Y, se réjouit Musk. La trésorerie du groupe atteint 6,3 milliards de dollars. Les dépenses opérationnelles n'ont quant à elles progressé que de 1% à 1,03 Md$ sur le trimestre clos. La dette reste tout de même conséquente à 13,4 milliards de dollars.

Microsoft n'a pas déçu mercredi soir. Le géant informatique américain a dépassé les attentes des analystes tant en termes de bénéfices que de revenus pour son 2ème trimestre fiscal achevé fin décembre. Les revenus de l'informatique dématérialisée (cloud computing) ont bondi de 62%. Le groupe dirigé par Satya Nadella a publié après la clôture de Wall Street un bénéfice net de 11,65 milliards de dollars, soit 1,51$ par action, en hausse de 40% par rapport au même trimestre de 2019 (1,08$ par action). Les ventes du groupe ont atteint 36,9 Mds$, en hausse de 13,5%. Le consensus tablait sur un bénéfice par action de 1,32$ et des ventes de 35,67 Mds$, selon le cabinet Factset.

Dans le détail, la division cloud computing (qui comprend aussi les produits pour serveurs) a dégagé un chiffre d'affaires de 11,9 Mds$ contre 9,38 Mds$ il y a un an (+27%), avec une croissance de 62% pour la seule offre cloud "Azure". Les analystes s'attendaient à des ventes "cloud" de 11,4 Mds$. Les ventes de produits pour PC, la branche historique du groupe avec Windows, ont augmenté de 1,7% à 13,21 Mds$ contre 12,99 Mds$ un an plus tôt, et 12,85 Mds$ attendu par les marchés. La branche logiciels, comprenant la suite bureautique Office, a bondi de 17% pour atteindre des ventes de 11,83 Mds$ contre 10,1 Mds$ un an plus tôt, alors que les analystes s'attendaient à 11,43 Mds$.

Mondelez, le groupe alimentaire américain, a dévoilé hier soir des comptes conformes aux attentes. Le bénéfice net du quatrième trimestre est ressorti à 729 millions de dollars soit 50 cents par titre, contre 823 millions de dollars et 56 cents par action un an plus tôt. Le bpa ajusté a atteint 61 cents, en ligne avec le consensus. Les revenus ont totalisé 6,91 milliards de dollars, contre 6,77 milliards un an plus tôt et 6,8 Mds$ de consensus.

DuPont, l'un des géants américains de la chimie, a publié pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net de 176 millions de dollars et 24 cents par titre, contre 482 millions de dollars et 63 cents par titre un an auparavant. Les revenus de la firme ont régressé de plus de 5% en glissement annuel pour ressortir à 5,2 milliards de dollars. Le groupe évoque notamment le recul des prix du nylon et la faiblesse observée sur le marché automobile. Le bénéfice ajusté par action a représenté 95 cents, conforme aux attentes de marché. Le consensus de revenus était logé à 5,22 milliards de dollars. Le bénéfice ajusté de l'exercice 2020 est anticipé entre 3,70 et 3,90$ par titre, contre 4,1$ de consensus. Les revenus sont attendus entre 21,5 et 22 Mds$, soit un milieu de fourchette ici encore inférieur aux attentes.

Eli Lilly, le laboratoire d'Indianapolis, a annoncé pour son quatrième trimestre des comptes supérieurs aux prévisions. Le bénéfice net a atteint 1,5 milliard de dollars, 1,64$ par titre, contre 1,13 milliard de dollars et 1,10$ par action un an plus tôt. Le bpa ajusté s'est élevé à 1,73$, contre 1,32$ un an avant et 1,52$ de consensus. Les revenus se sont appréciés de 8% à 6,11 milliards de dollars, contre 5,9 Mds$ de consensus. Lilly envisage, pour 2020, un bpa ajusté de 6,70-6,80$, contre 6,71$ de consensus selon FactSet.

Verizon, opérateur télécom américain, a dévoilé des comptes mitigés. Pour le quatrième trimestre, le bénéfice net s'est élevé à 5,22 milliards de dollars soit 1,23$ par action, contre 2,07 Mds$ et 47 cents par titre un an plus tôt. Les revenus ont totalisé 34,8 Mds$, contre 34,3 Mds$ un an avant et 34,6 Mds$ de consensus. Le bpa ajusté a représenté 1,13$, contre 1,12$ un an auparavant et 1,14$ de consensus. Pour l'exercice entamé, le groupe envisage une croissance du bpa ajusté de 2-4%.

Coca-Cola, le géant américain des soft drinks, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice par action de 47 cents, contre 43 cents un an avant. Le bénéfice ajusté par action du groupe d'Atlanta est ressorti comme prévu à 44 cents, en ligne avec le consensus FactSet. Les revenus se sont élevés quant à eux à 9,1 milliards de dollars, contre 7,1 milliards de dollars un an plus tôt, à la même période, et 8,9 milliards de dollars de consensus. Sur l'ensemble de l'exercice 2020 cette fois, Coca-Cola anticipe un bénéfice ajusté par action de 2,25$, également conforme aux estimations fournies par FactSet.

UPS a publié pour le quatrième trimestre fiscal un bénéfice ajusté conforme aux attentes de marché, mais des revenus un peu courts. La perte nette s'est élevée à 106 millions de dollars et 12 cents par titre sur la période close, contre un bénéfice net de 453 millions de dollars soit 52 cents par action un an avant. Le bpa ajusté est ressorti positif de 2,11$, en ligne avec les attentes. Les revenus ont totalisé 20,57 milliards de dollars, contre 19,85 milliards de dollars un an avant, à la même période. Le consensus était de 20,7 Mds$. Les revenus domestiques américains, tirés par Amazon, ont augmenté de 6,6% à 13,4 Mds$. Le consensus était de 13,5 Mds$. Les revenus à l'international ont décliné de 1,7% en glissement annuel. Pour l'exercice 2020, UPS dit s'attendre à un bpa ajusté allant de 7,76 à 8,06$, contre 8,03$ de consensus.

Les marchés attendent des ventes record de la part d'Amazon au 4ème trimestre 2019, dont les comptes seront publiés ce soir. Le géant américain du e-commerce devrait avoir dopé ses revenus grâce à l'essor de la livraison en un jour ouvré, même si cette stratégie agressive devrait peser à court terme sur les marges bénéficiaires du groupe. Le consensus table ainsi sur un recul du bénéfice net par action à 4,05$ contre 6,04$ pour la même période de 2018. Les revenus sont en revanche attendus en forte hausse de 19% pour dépasser les 86 milliards de dollars, contre 72,38 Mds$ un an plus tôt.

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