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Wall Street se stabilise péniblement

| Boursier | 447 | Aucun vote sur cette news

Wall Street reprend ses appuis avant bourse ce mardi, au lendemain d'une séance douloureuse marquée par des corrections prononcées des indices Dow...

Wall Street se stabilise péniblement
Credits Reuters

Wall Street reprend ses appuis avant bourse ce mardi, au lendemain d'une séance douloureuse marquée par des corrections prononcées des indices Dow Jones et S&P500. Le DJIA recule de 0,1% en pré-séance, alors que le S&P prend 0,1%. Le Nasdaq remonte de 0,6%. Le baril de brut WTI avance de 0,8% sur le Nymex à 39,8$, tandis que le Brent progresse de 0,9% à 41,8$. L'once d'or grappille 0,3% à 1.916$. L'indice dollar est maintenant stable face à un panier de devises de référence.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, les reventes de logements existants du mois d'août 2020 seront publiées à 16 heures par la National Association of Realtors (consensus au rythme de 5,965 millions d'unités, contre 5,86 millions un mois avant). L'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour le mois de septembre sera communiqué à la même heure (consensus 12). La journée est enfin marquée par le début des auditions au Congrès de Jerome Powell. Dans sa déclaration préliminaire publiée hier, le leader de la Fed confirme la détermination de la banque à utiliser tous les moyens à sa disposition pour soutenir la reprise économique.

L'incertitude politique pèse par ailleurs quelque peu, à six semaines de l'élection présidentielle américaine, suite au décès vendredi de Ruth Bader Ginsburg, l'une des neuf membres de la Cour suprême. Le bras de fer entre républicains et démocrates sur la nomination d'un nouveau juge complique encore la recherche d'un compromis sur de nouvelles mesures de relance, relève fort justement Reuters.

Le bilan de l'épidémie du nouveau coronavirus s'alourdit encore. Selon l'Université Johns Hopkins, 31,36 millions de cas ont été confirmés dans le monde depuis l'apparition du virus, dont 6,86 millions aux Etats-Unis - pays le plus touché -, 5,56 millions en Inde et 4,56 millions au Brésil. La Russie recense 1,1 million de cas depuis l'émergence du virus. La pandémie a fait 965.575 morts dans le monde, dont 199.890 aux USA, 137.272 au Brésil et 88.935 en Inde. 73.697 morts sont dénombrés au Mexique.

En Inde, désormais second pays le plus affecté par le virus en nombre de cas, le Taj Mahal vient tout de même de rouvrir après... 188 jours. L'Inde a pourtant confirmé ce mardi plus de 75.000 nouveaux cas en 24 heures et plus de 1.000 morts supplémentaires (75.083 nouveaux cas d'infections et 1.053 décès).

Le Brésil a enregistré 13.439 nouveaux cas et 377 décès supplémentaires au cours des vingt-quatre dernières heures, selon le ministère de la Santé. Le bilan dépasse les 4,5 millions de cas selon les données gouvernementales. Les chiffres quotidiens au Brésil confirment toutefois un net ralentissement de l'épidémie dans le pays.

La Chine a recensé 6 nouveaux cas confirmés au cours des vingt-quatre dernières heures, qui concernent - vous l'aurez aisément deviné - tous des personnes venues de l'étranger selon la Commission nationale de la santé. Selon les données officielles, 85.297 cas ont été confirmés au total en Chine continentale depuis l'émergence du virus. L'épidémie aurait causé seulement 4.634 décès dans le pays. Aucun nouveau décès n'a été signalé mardi.

Boris Johnson, Premier ministre britannique, doit pour sa part annoncer ce mardi devant le Parlement un reconfinement partiel du Royaume-Uni, sans doute pas aussi rude cependant que celui de mars. Des mesures restrictives nouvelles viendront s'ajouter à celles déjà imposées en Angleterre, en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord. Les pubs, bars et restaurants devraient fermer à 22 heures à partir de jeudi. Boris Johnson encourage par ailleurs désormais le télétravail, rompant avec son discours antérieur.

Les conseillers médicaux du pays ont prévenu lundi que le Royaume-Uni s'exposait à une hausse exponentielle des décès liés au virus, à moins que le gouvernement ne prenne des mesures. La Grande-Bretagne recense environ 6.000 nouveaux cas par jour et le nombre de personnes hospitalisées double tous les huit jours. Le Royaume-Uni est le pays européen le plus frappé, avec 41.877 décès selon l'Université Johns Hopkins, pour 401.122 cas recensés depuis l'émergence du virus.

La Bourse de New York a démarré la semaine en baisse lundi, dans le sillage des autres places mondiales. Les investisseurs s'inquiètent d'un regain de la pandémie de Covid-19, notamment en Europe, où de nombreuses villes ont dû prendre de nouvelles mesures de restriction, au risque d'enrayer la reprise économique en cours. Le pétrole WTI a rechuté de plus 4%, après son rebond supérieur à 10% la semaine dernière, et l'or a aussi perdu plus de 2,5%, tandis que le dollar a repris de la hauteur face au retour des incertitudes.

A la clôture, les indices ont cependant réduit leurs pertes, grâce à un rebond des grandes "technos". L'indice Dow Jones a perdu 1,84% à 27.147 points, après avoir lâché près de 3% en séance. L'indice large S&P 500 a reculé de 1,16% à 3.281 pts, et frôle la zone de correction, caractérisée par une baisse de 10% par rapport aux précédents sommets. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", a limité les dégâts, terminant en légère baisse de 0,13% à 10.778 pts.

Le Nasdaq lâche cependant 10,6% par rapport à son record du 2 septembre à 12.056 pts. Les trois indices américains viennent d'enchaîner trois semaines de baisse consécutive, et à ce stade, le S&P500 s'oriente vers son pire mois de septembre depuis 2011.

Outre les inquiétudes sur la situation sanitaire, les marchés observent aussi avec appréhension le regain des tensions politiques aux Etats-Unis, après le décès de la juge de la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg, qui a exacerbé la lutte entre Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden. A 45 jours de l'élection présidentielle, le président républicain veut remplacer "sans délai" la juge Ginsburg, ce qui ferait basculer durablement la Cour dans le camp conservateur (les juges étant nommés à vie). Mais pour le camp démocrate et Joe Biden, c'est le prochain président qui doit nommer le prochain juge. "Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", selon Biden.

Les marchés financiers craignent que la campagne électorale très disputée ne débouche le 3 novembre prochain sur une élection aux résultats serrés, qui feraient l'objet de contestations, ouvrant la voie à une instabilité politique dommageable au climat des affaires. La polémique sur le remplacement de la juge Ginsburg ne fait qu'accroître ces craintes.

En outre, la cote américaine est déprimée par le peu de progrès réalisé par les partis politiques en vue d'adopter un nouveau package de soutien à l'économie américaine. Le précédent plan massif de 2.200 milliards de dollars, mis en place en mars, est désormais arrivé à son terme, et de nombreuses mesures d'aide aux entreprises et aux salariés ont pris fin. Les économistes craignent que sans un rapide nouveau coup de pouce budgétaire, l'emploi et la consommation en pâtissent, enrayant la fragile reprise de l'économie américaine.

La semaine dernière, la Réserve fédérale avait maintenu en l'état sa politique monétaire très accommodante, et ses taux proches de zéro, mais avait un peu déçu les marchés en n'évoquant par son intention de renforcer encore ses programmes de rachats d'actifs si la situation économique se dégradait.

Le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell, a d'ailleurs mis en garde contre un excès d'optimisme sur la reprise économique, même si celle-ci a été "plus vite que ce qui était généralement prévu" pendant l'été. Toutefois, "le chemin devant nous demeure hautement incertain", a prévenu le patron de la Fed. "Les perspectives économiques sont hautement incertaines et dépendront en grande partie de notre capacité à maîtriser le virus", a-t-il poursuivi, en appelant la Maison Blanche et le Congrès à adopter de nouvelles mesures budgétaires.

La Fed a maintenu comme prévu ses taux directeurs proches de zéro, le 16 septembre, et s'est engagée à les conserver ainsi jusqu'à la fin 2023, en estimant que l'inflation ne devrait pas remonter jusqu'à son objectif de 2% avant cette date.

Cette semaine, Jerome Powell ainsi que le Secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin seront auditionnés à trois reprises au Congrès. Ce mardi, les deux responsables seront entendus par la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, au sujet des réponses apportées à la crise sanitaire. Mercredi, une audience est prévue devant la commission spéciale en charge de la crise du nouveau coronavirus. Enfin, les responsables seront auditionnés par la Commission bancaire du Sénat.

Les valeurs

Intel, géant américain des microprocesseurs, a obtenu le feu vert des autorités américaines pour continuer à fournir certains produits, dont des puces et des semi-conducteurs, au colosse chinois des équipements télécoms Huawei Technologies. Depuis une semaine, de nouvelles restrictions empêchent les firmes américaines de traiter librement avec Huawei.

Tesla retombe avant bourse à Wall Street, son CEO Elon Musk ayant tempéré les ardeurs des opérateurs avant le fameux 'Battery Day' du leader californien de l'automobile électrique. Les investisseurs seront très attentifs aux annonces technologiques du groupe, dont la valorisation devient désormais très exigeante, ainsi qu'à sa stratégie en matière de batteries. Musk, qui avait initialement promis que le Battery Day allait être "dingue", a admis toutefois sur Twitter que la technologie présentée ce jour ne parviendrait pas à la production de masse avant 2022.

Le patron de Tesla reconnaît donc la difficulté à accélérer la production et précise que la stratégie du constructeur en matière de production de batteries ne tournera pas à plein régime à court terme. "Cela affecte la production à long terme, en particulier sur les Semi, Cybertruck et Roadster, mais ce que nous annonçons n'atteindra pas une production sérieuse à haut volume avant 2022".

Nike, géant des chaussures et accessoires de sport, annoncera ses derniers comptes trimestriels ce soir, après la clôture de Wall Street, avec probablement un impact fort de l'épidémie du fait des fermetures et de l'impact de la crise sur la consommation. Le consensus est de 46 cents de bpa ajusté pour 9,12 Mds$ de revenus.

AutoZone annonce aussi aujourd'hui ses derniers résultats. General Mills et Cintas publient demain mercredi, Accenture, Darden Restaurants et CarMax jeudi.

Costco Wholesale, distributeur d'Issaquah, publie également jeudi ses résultats financiers du trimestre clos. Le groupe a bénéficié des achats de précaution des consommateurs.

Oracle / Walmart. Alors que la reprise de TikTok aux Etats-Unis par Oracle et Walmart semblait scellée, et que Donald Trump disait samedi avoir validé le projet, le feuilleton ne cesse depuis de rebondir et le ton s'est durci entre le président américain et ByteDance, la maison-mère chinoise du réseau social de partage de vidéos courtes.

Ainsi, les projets d'accord publiés par ByteDance et Oracle ont révélé des contradictions. ByteDance, a en effet déclaré qu'il détiendrait 80% de TikTok Global, une société américaine nouvellement créée, et qui conservera la plupart des opérations de l'application dans le monde. ByteDance a ajouté que TikTok Global deviendrait ainsi sa filiale. A l'inverse, Oracle et Walmart affirment que la majorité des parts de TikTok seraient entre des mains américaines.

Trump a haussé le ton, menaçant d'interdire les services de TikTok aux Etats-Unis à partir de dimanche prochain si la société n'était pas contrôlée par des groupes américains. Si Oracle et Walmart "ne prennent pas le contrôle total, alors nous n'approuverons pas l'accord", a ainsi déclaré dimanche soir le président américain sur 'Fox News'. Le rédacteur en chef du média chinois 'Global Times' a affirmé pour sa part que le gouvernement chinois n'accepterait pas non plus l'accord entre ByteDance, Oracle et Walmart dans sa forme actuelle...

Alibaba. Ant Group a rehaussé le montant de son introduction en bourse programmée à 35 milliards de dollars. La filiale de paiement en ligne d'Alibaba veut donc lever ce montant record à Hong Kong et Shanghai. Ant espérait initialement une levée de fonds allant jusqu'à 30 milliards de dollars. Les nouveaux chiffres résultent d'une amélioration de la valorisation d'Ant Group de 225 à 250 milliards de dollars, selon les sources de Bloomberg. Il s'agira quoi qu'il advienne d'une IPO record.

Tiffany. LVMH a pris acte de la décision de la Cour de justice du Delaware en faveur d'un procès devant commencer en janvier, et non en novembre 2020 comme le demandait le joaillier new-yorkais. La justice du Delaware avait été saisie par Tiffany, qui accuse LVMH de vouloir se retirer de son projet de rachat de 16 milliards de dollars.

Comcast. Le fonds activiste Trian Fund Management, connu pour ses actions sur les dossiers Procter & Gamble ou GE, a pris une participation d'environ 900 millions de dollars au capital de Comcast, représentant 0,4% des parts, selon une personne familière de la question citée par le Wall Street Journal. Trian va donc lancer une campagne activiste sur le dossier, jugé sous-évalué. Le fonds a récemment débuté des discussions "constructives" avec le management de Comcast.

GameStop. Ryan Cohen, qui vient de prendre une participation de 10% au capital du distributeur de jeux vidéo, pense que le détaillant peut devenir un clair rival d'Amazon en étendant sa gamme. Cohen mène des discussions avec le management et certains administrateurs de GameStop. Sa firme RC Ventures entend s'impliquer plus sur ce dossier GameStop, pour produire les meilleurs résultats pour les actionnaires. Cohen veut élargir l'offre en ligne du groupe pour concurrencer Amazon et les géants du e-commerce en livrant rapidement les clients.

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