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Wall Street résiste aux chiffres catastrophiques de l'emploi

| Boursier | 1259 | 4 par 1 internautes

Wall Street résiste ce mercredi, le DJIA s'adjugeant 0,21% à 23...

Wall Street résiste aux chiffres catastrophiques de l'emploi
Credits Reuters

Wall Street résiste ce mercredi, le DJIA s'adjugeant 0,21% à 23.933 pts et le Nasdaq 1% à 8.897 pts, contre une hausse de 0,32% du S&P500 à 2.878 pts, alors que les opérateurs jouent toujours le scénario d'une rapide reprise économique, après une crise sans précédent. Le pétrole retombe quelque peu à 23,7$ le baril sur le Nymex.

Trump entend dissoudre sa task force dédiée au coronavirus. Cette équipe chargée de coordonner la réponse des USA face à la crise sanitaire va être dissoute, alors que le pays entame sa 'réouverture' économique. "Mike Pence et l'équipe ont fait du super boulot", a affirmé Trump alors qu'il effectuait une visite dans une usine de masques. "Mais nous souhaitons prendre un virage légèrement différent et nous souhaitons mettre l'accent sur la sécurité et l'ouverture et nous aurons un autre groupe qui sera chargé de cela", a ajouté le président américain.

Selon le dernier rapport d'ADP sur l'emploi privé non-agricole américain, pour le mois d'avril 2020, l'économie des Etats-Unis a détruit 20,236 millions d'emplois privés ! Il s'agit d'une statistique catastrophique mais attendue, puisque le consensus était de 20 millions d'emplois détruits. Les petites entreprises américaines ont détruit plus de 6 millions de postes en avril, contre 5,3 millions pour les moyennes et près de 9 millions pour les grandes. Le secteur de la production de biens a supprimé 4,22 millions de postes, alors que les services ont détruit plus de 16 millions d'emplois.

En mars 2020, l'économie américaine avait perdu 149 milliers d'emplois, après en avoir créé 147 milliers en février.

Vendredi, le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi aux USA pour le mois d'avril sera annoncé à 14h30. Il devrait se traduire, selon le consensus, par 21 millions de destructions de postes et une remontée du taux de chômage américain de 4,4% à... plus de 16% !

Les stocks de brut continuent à s'accumuler aux Etats-Unis même si la progression est moins soutenue qu'au cours des dernières semaines. D'après le Département à l'Energie, les stocks pétroliers domestiques de pétrole pour la semaine close au 1er mai ont augmenté de 4,6 millions de barils à 532,2 mb, contre un consensus de +7,6 millions de barils. Les réserves d'essence ont en revanche reculé de 3,2 millions de barils (contre une stabilité anticipée par le consensus), alors que les stocks de produits distillés ont bondi de 9,5 mb par rapport à la précédente semaine, contre une hausse de 2,9 mb attendue par le marché.

Les cours du brut pointent toujours en repli après cette publication avec un WTI qui cède 3% et un baril de Brent qui recule de 4%.

La Bourse de New York a signé hier mardi une 2ème séance consécutive de hausse, dans l'espoir d'une reprise économique progressive après la levée prévue des mesures de restrictions liées au Covid-19 dans de nombreux Etats américains. Les indices ont cependant réduit leurs gains en fin de séance, après des propos prudents du vice-président de la Fed Richard Clarida sur la reprise économique. Le pétrole WTI a encore bondi de plus de 20%, poursuivant son rebond massif après l'effondrement du mois d'avril.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,56% à 24.883 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,9% à 2.868 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 1,13% à 8.809 pts. Les 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini en hausse, à commencer par celui de la santé (+2,1%) et les technologiques (+1,4%).

Le marché pétrolier a confirmé son rebond, soutenu par les espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale, et par des annonces de réductions de production de la part de nombreuses compagnies pétrolières, notamment aux Etats-Unis (ConocoPhillips, Chevron...), au Canada et en Norvège. Ces coupes volontaires, cumulées avec les engagements de l'Opep+ de réduire sa production de 9,7 millions de barils par jour, laisse espérer que les excédents d'offre pétrolière pourront être épongés sur les prochains mois.

Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a bondi mardi de 20,5% à 24,46$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a grimpé de 13,9% à 30,97$. Les cours sont désormais revenus au plus haut depuis début avril, il y a près d'un mois, mais ils perdent encore 50% à 60% depuis le début de l'année, où ils dépassaient les 60$. Le 20 avril dernier, les cours du WTI avaient plongé en terrain négatif pour la 1e fois de leur histoire, terminant à -37,63$ le baril.

Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a jeté un froid sur les marchés en déclarant que l'économie américaine devrait durement souffrir avant de connaître un début de reprise économique, sur lequel la Fed table à partir du 3e trimestre 2020.

Dans un entretien avec la chaîne 'CNBC', il a indiqué que la Fed devrait sans doute prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre la récession liée au coronavirus. Il aussi jugé probable la nécessité pour le gouvernement d'adopter de nouvelles mesures budgétaires de soutien à l'économie.

"Nous sommes dans une période où les données économiques sont très, très, très dures et difficiles, telles que nous n'en avons pas vu de notre vivant", a-t-il estimé, ajoutant que le taux de chômage allait atteindre des niveaux sans précédent depuis les années 1940.

Donald Trump s'est félicité du mouvement haussier du pétrole, en tweetant que "Les prix du pétrole augmentent bien, alors que la demande repart!". Le président américain a aussi salué les politiques de déconfinement en bonne voie dans de nombreux Etats américain, en conseillant aux Etats de mener des grands travaux d'infrastructure pour soutenir la reprise. "'Les Gouverneurs devraient laisser la construction des routes et des autoroutes commencer avant le début de la circulation intense, ce qui arrivera bientôt. Certains Gouverneurs n'ont jamais arrêté, ce qui s'est révélé très intelligent. Ils ont construit et réparé des routes pendant les longues périodes sans circulation. En outre, ils ont économisé de gros dollars!", a tweeté Trump.

Alors que plus de 30 Etats américains sont sur le point de lever tout ou partie de leurs mesures de restriction liées au coronavirus, la situation sanitaire reste toutefois préoccupante dans le pays. Si les nouveaux cas continuent de se réduire dans les Etats les plus touchés comme New York, ils sont à l'inverse en nette hausse dans des Etats et des villes jusqu'ici moins affectés. Le nombre de nouveaux décès dans le pays continue d'être supérieur à 1.000 par jour, et le bilan a dépassé mardi les 70.000 morts dans le pays, pour près de 1,2 million de cas recensés.

Lundi, l'institut IHME de l'université de Washington a revu à la hausse le nombre de décès potentiels à 135.000 d'ici à début août, en raison d'une "augmentation de la mobilité dans la plupart des Etats" provoquée par la réouverture des entreprises et les déconfinements attendus dans 31 Etats d'ici au 11 mai", a estimé cet institut.

Sur le plan diplomatique et commercial, les tensions sont donc descendues hier d'un ton entre les Etats-Unis et la Chine, soulageant les investisseurs inquiets à l'idée de l'instauration de nouvelles barrières douanières par Washington. Matthew Pottinger, conseiller adjoint à la sécurité nationale américaine, a démenti lundi soir que les Etats-Unis considéraient des mesures punitives contre la Chine à propos de sa gestion de la pandémie de coronavirus.

La veille, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo s'était montré bien plus agressif, affirmant disposer de "preuves immenses" concernant l'implication du laboratoire de Wuhan dans l'origine de la pandémie de Covid-19. Enfin de semaine dernière, Donald Trump avait lancé l'offensive en affirmant étudier d'éventuelles représailles commerciales contre la Chine, estimant que le nouveau coronavirus pourrait émanant de ce laboratoire de virologie de Wuhan.

La Chine a indiqué ce mercredi que les tarifs douaniers ne devaient pas être utilisés comme arme, suite aux menaces de Trump concernant l'imposition potentielle de nouvelles taxes en représailles, face à la discutable gestion de la crise sanitaire du nouveau coronavirus par Pékin. "Les tarifs, en général, affectent toutes les parties impliquées", a précisé Hua Chunying, porte-parole du Ministère chinois aux Affaires étrangères. Vendredi, Trump avait indiqué que le relèvement des 'tarifs' sur la Chine était "certainement une option".

Les valeurs

Gilead Sciences (-1%) est en discussions avec des laboratoires concernant la production de son antiviral expérimental remdesivir contre le Covid-19 pour l'Europe, l'Asie, et les pays en voie de développement jusqu'à au moins 2022, a annoncé hier le groupe sans fournir plus de détails. Le groupe pharmaceutique avait reçu la semaine dernière une autorisation d'urgence pour la prescription du remdesivir de la part de la FDA, l'Agence américaine du médicament, pour le traitement du coronavirus Covid-19.

Suite à des essais cliniques concluants, publiés il y a quelques jours, les hôpitaux pourront donc désormais utiliser cette molécule pour traiter les cas sévères de coronavirus. Sans être un "médicament miracle", le remdesivir a montré lors des essais cliniques qu'il accélérait de plusieurs jours le rétablissement des patients atteints de Covid-19.

Interrogé dimanche sur la chaîne américaine 'CBS', le directeur général de Gilead, Daniel O'Day, a annoncé que le médicament serait disponible dès le début de la semaine aux Etats-Unis, et a précisé que Gilead allait faire un don de 1,5 million de doses aux hôpitaux, ce qui permettra de traiter "entre 100.000 et 200.000 patients", selon la durée du traitement, qui peut varier de cinq à dix jours, a-t-il expliqué.

D'ici à la fin 2020, Gilead anticipe la production de suffisamment de doses pour soigner 1 million de patients sur une période de 10 jours, a précisé M. O'Day. Gilead n'a pas encore rendu public le prix de vente prévu du traitement une fois sa donation épuisée.

Walt Disney (+3%), qui a notamment dû fermer ses parcs à thème à travers le monde et suspendre les tournages de films pour éviter la contagion de l'épidémie, est durement frappé par la crise. Les profits du groupe ont plongé de 90%, alors même que le trimestre achevé fin mars a été peu impacté par la pandémie aux Etats-Unis et en Europe, les mesures de restriction n'ayant été prises que vers la mi-mars.

Le géant américain des loisirs et des médias a annoncé mardi soir après la clôture de Wall Street avoir dégagé un bénéfice net de 460 millions de dollars pour le 2e trimestre de son exercice fiscal (achevé fin mars) soit 26 cents par action. Les profits ont ainsi fondu de 90% par rapport au bénéfice de plus 5 milliards de dollars publié un an plus tôt, le 2e trimestre 2019 ayant été gonflé par la prise de contrôle du service de vidéo en streaming Hulu. Après ajustements des éléments non récurrents, le bénéfice par action de Disney s'est élevé à 0,60$ contre 1,61$ un an plus tôt, alors que les analystes s'attendaient à mieux, à 0,91$ en moyenne. Début janvier, le consensus tablait sur 1,4$ par action.

Les ventes trimestrielles ont atteint 18,01 milliards de dollars contre 14,9 Mds$ un an plus tôt (+21%), une progression liée à l'acquisition de nombreux actifs de Fox, qui ne figuraient que sur quelques jours dans les comptes du T2 2019. Ces revenus correspondent peu ou prou à ce qu'attendaient les analystes (18,06 Mds$), en sachant que ces derniers avaient nettement revu ces prévision à la baisse. Début janvier, lorsque le Covid-19 était encore circonscrit à la Chine, ils s'attendaient encore à des ventes de 19,51 Mds$.

"La pandémie de Covid-19 a eu un impact financier notable sur nos métiers, mais nous sommes confiants dans notre capacité à résister à ces perturbations et à en sortir dans une position forte" a commenté le directeur général de Disney, Bob Chapek, qui a pris la relève de Robert Iger pendant le 2e trimestre fiscal. Le groupe a en outre annoncé qu'il ne verserait pas de dividende au titre du 1er semestre de son exercice en cours (période d'octobre 2019 à mars 2020), ce qui lui permettra de conserver 1,6 Md$ de trésorerie supplémentaire.

Disney a précisé que sa branche parcs à thème a amputé le résultat d'exploitaion de 1 Md$ au 2e trimestre, ajoutant que ce manque à gagner atteindrait 1,4 Md$ sur le trimestre en cours. Bob Chapek a toutefois indiqué que le parc de Shanghai rouvrirait le 11 mai avec des distanciations sociales, des masques, des analyses de température et d'autres précautions. Les autres parcs à thème du groupe restent fermés pour l'heure.

CVS Health (+3%) a dépassé les attentes pour le premier trimestre, le fournisseur de produits pharmaceutiques et de services de soins ayant bénéficié de l'impact de la pandémie. Le bénéfice net a dépassé les 2 milliards de dollars, soit 1,53$ par titre, contre 1,43 milliard un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action a atteint 1,91$, contre 1,62$ un an plus tôt et 1,62$ de consensus. Les revenus se sont appréciés quant à eux de plus de 8% en glissement annuel à 66,8 milliards de dollars, contre un consensus FactSet de 64,1 milliards. CVS a confirmé enfin sa guidance 2020 de bénéfice ajusté par action allant de 7,04 à 7,17$, contre un consensus de 7,02$.

Beyond Meat (+19%) grimpe à Wall Street, le groupe ayant battu le consensus de marché pour le premier trimestre. Le groupe a profité d'une demande accrue pour ses produits végétariens de la part des supermarchés et épiceries. Les ventes trimestrielles ont... plus que doublé à plus de 97 millions de dollars, contre 88 millions de consensus. Le bénéfice net a représenté 1,8 million de dollars soit 3 cents par action sur le trimestre clos fin mars, contre une perte de 6,6 millions un an auparavant. Le consensus était de 7 cents de perte par action sur le trimestre clos. Le groupe a réagi avec intelligence face à la crise, reportant les lignes de produits dédiées aux services alimentaires sur le retail. Il a récemment conclu un accord avec Amazon Fresh...

General Motors (+6%), le constructeur automobile de Detroit, a annoncé des résultats en forte baisse, dépassant néanmoins les attentes de marché. Pour le premier trimestre, alors que certaines opérations ont été suspendues du fait de la pandémie, GM a réalisé un bénéfice net de 294 millions de dollars soit 17 cents par action, contre 2,16 milliards sur la période correspondante de l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action a décliné à 62 cents, contre 1,41$ un an plus tôt et 40 cents de consensus FactSet. Les revenus ont reculé de 6,2% à 32,7 milliards de dollars, contre un consensus FactSet de 32,1 milliards de dollars. Les ventes US ont baissé de 7%. Le groupe a suspendu son dividende et ses rachats de titres afin de préserver sa trésorerie.

Activision Blizzard (+5%) a dépassé les attentes sur le trimestre clos et voit un levier d'accélération au second trimestre, l'éditeur de jeux vidéo bénéficiant du confinement. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 505 millions de dollars soit 65 cents par titre, contre 447 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 76 cents, contre 38 cents de consensus. Les revenus ont été de 1,79 Md$. Le net bookings a dépassé les attentes à 1,52 Md$. Le groupe vise sur l'année un bpa de 2,22$ et des ventes de 6,8 milliards, avec de "robustes contenus" sur le reste de l'année.

Electronic Arts (-5%) a aussi dépassé les attentes, mais de manière moins spectaculaire. Pour le quatrième trimestre fiscal, EA a publié un bénéfice net de 418 millions de dollars soit 1,43$ par titre, contre 209 millions un an avant. Les revenus ont totalisé 1,39 milliard contre 1,24 milliard sur la période comparable de l'an dernier. Le consensus de bpa était de 1,05$. Le net bookings se situe à 1,21 Md$ contre 1,18 Md$ de consensus. Le bénéfice net de l'exercice 2021 est attendu à 978 millions de dollars, 3,35$ par titre, pour un net bookings de 5,55 milliards.

Mattel (-7%) a raté le consensus sur le trimestre clos. Le géant du jouet a publié pour le premier trimestre une perte de 211 millions de dollars soit 61 cents par titre, pour des ventes en retrait de 14% à 594 millions de dollars. Le consensus était de 42 cents de perte par titre et 653 millions de recettes. Le groupe a retiré sa guidance 2020 du fait des incertitudes liées à la pandémie. Le groupe estime ses liquidités toutefois suffisantes pour faire face à la crise.

Pinterest (-12%) dévisse à Wall Street. Le groupe a dépassé les attentes de revenus sur le premier trimestre fiscal, mais prévient de pressions sur les marges du fait du coronavirus. La perte nette trimestrielle est ressortie à 141 millions de dollars et 25 cents par titre, contre 41 millions un an avant. Le bpa ajusté est dans le rouge de 10 cents, contre 32 cents un an avant et 9 cents de consensus. Les revenus ont atteint 272 millions de dollars, contre 202 millions un an avant et 269 millions de consensus. Le groupe a affiché 367 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur le trimestre, ce qui dépasse les attentes.

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