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Wall Street remonte avec Cisco et Disney

| Boursier | 723 | Aucun vote sur cette news

Wall Street progresse ce vendredi, alors que les opérateurs semblent enfin surmonter leurs craintes relatives à la seconde vague épidémique...

Wall Street remonte avec Cisco et Disney
Credits Reuters

Wall Street progresse ce vendredi, alors que les opérateurs semblent enfin surmonter leurs craintes relatives à la seconde vague épidémique. Le DJIA gagne désormais 0,67% à 29.276 pts, alors que le S&P500 prend 0,71% à 3.562 pts et que le Nasdaq avance de 0,4% à 11.756 pts. Les bons chiffres (ou moins mauvais que prévu) publiés hier soir par Cisco et Disney contribuent également à cette meilleure ambiance. Dans l'actualité politique cette fois, le président-élu Joe Biden a consolidé sa victoire en remportant l'Arizona, ce qui complique les efforts de Trump pour contester le résultat de l'élection. Sur le Nymex, le baril de brut WTI recule de 2% à 40,3$. L'once d'or avance de 0,9% à 1.891$. L'indice dollar fléchit de 0,1% face à un panier de devises de référence.

Sur le front économique ce jour, l'indice des prix à la production aux États-Unis pour le mois d'octobre est ressorti en croissance de 0,3% en comparaison du mois antérieur, contre +0,2% de consensus. Il grimpe de 0,5% sur un an. Hors alimentaire et énergie cette fois, le PPI progresse de 0,1% sur un mois (+0,2% de consensus) et 1,1% en glissement annuel.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains pour le mois de novembre, mesuré par l'Université du Michigan, est ressorti à 77 contre un consensus de place de 82. Il était de 81,8 le mois dernier.

La matinée ce vendredi était marquée par des statistiques européennes. Le PIB européen flash du troisième trimestre a déçu, en croissance au rythme de 12,6% contre un consensus de 12,7%. Les chiffres de l'emploi et du déficit commercial européen ont en revanche positivement surpris.

Le dernier bilan mondial de la crise sanitaire du nouveau coronavirus fait ressortir près de 53 millions de cas confirmés depuis le début de l'épidémie, dont 10,6 millions environ aux USA, 8,7 millions en Inde et 5,8 millions au Brésil. La France compte 1,91 million de cas depuis l'émergence du virus. La pandémie a fait 1,296 million de morts depuis son commencement, dont 242.536 aux Etats-Unis, plus de 164.000 au Brésil et près de 129.000 en Inde.

La Bourse de New York avait consolidé hier jeudi, les investisseurs retrouvant la prudence face à la forte progression du nombre de cas de coronavirus aux Etats-Unis. Malgré l'enthousiasme suscité par l'annonce d'un vaccin efficace à 90% par Pfizer et BioNTech, lundi, le retour à une vie normale pourrait prendre un certain temps. A la clôture hier, l'indice Dow Jones a reculé de 1,08% à 29.080 points, après un rebond de plus de 10% en quelques jours, qui l'avait porté mardi près de son dernier record historique de février (29.551 pts). L'indice large S&P 500 a cédé 1% à 3.537 pts et le Nasdaq Composite a lâché 0,65% à 11.709 pts.

Certains investisseurs estiment que les marchés ont un peu surréagi ces derniers jours aux anticipations de vaccin anti-Covid et de reprise économique. L'élection présidentielle aux Etats-Unis et les annonces de Pfizer et BioNTech sur l'efficacité élevée de leur candidat vaccin ont ainsi quelque peu occulté la très forte progression du nombre de cas de Covid-19 outre-Atlantique.

Selon les données du 'New York Times', le nombre de nouveaux cas de Covid-19 s'est établi à 142.755 mercredi, et au moins 1.431 malades sont décédés. Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas quotidiens a atteint en moyenne 128.081, en hausse de 69% sur deux semaines.

La pandémie a désormais affecté plus de 10 millions de personnes aux Etats-Unis. Le nombre d'hospitalisations a désormais surpassé le pic du printemps dernier, et les hôpitaux américains sont sous tension dans au moins 17 des 50 Etats. Face à la dégradation de la situation, le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé mercredi l'instauration dès vendredi d'un couvre-feu à partir de 22h pour les bars, restaurants et salles de sport de l'Etat, et a limité les réunions dans des lieux privés à 10 personnes au maximum. Chicago encourage les résidents à rester chez eux pour un mois, alors que les écoles publiques de Detroit resteront fermées jusqu'au 11 janvier.

En Europe, le Premier ministre français Jean Castex a annoncé jeudi soir la prolongation pour au moins deux semaines des mesures de reconfinement en place depuis deux semaines en France. En Allemagne, le ministre de la Santé, Jens Spahn, a indiqué que les mesures de restriction ne seront probablement pas levées avant la fin de l'hiver.

Face aux craintes sur la croissance liées à la dégradation de la situation sanitaire, les attentes des marchés financiers se tournent une nouvelle fois vers la Réserve fédérale américaine, et vers les autorités politiques, alors que l'absence de "vague bleue" démocrate au Congrès américain a réduit les chances de parvenir à un nouveau plan de relance de grande ampleur.

Malgré la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle du 3 novembre, et le maintien de la majorité démocrate à la chambre des représentants, les Républicains devraient conserver de justesse le contrôle du Sénat, limitant la capacité d'action de la future administration Biden.

Du côté des banque centrales, les dirigeants de la Fed et de la BCE se sont tous deux montrés prudents jeudi. Dans le cadre du forum de la BCE sur le thème des "banques centrales dans un monde mouvant", Jerome Powell et Christine Lagarde ont salué l'arrivée prochaine d'un vaccin efficace contre le coronavirus, tout restant prudents sur les perspectives économiques qui restent incertaines, même si un vaccin est administré progressivement aux populations mondiales courant 2021.

"Plongés dans une rivière d'incertitudes, nous voyons désormais l'autre rive" a ainsi jugé la patronne de la BCE, en commentant les annonces faites lundi par Pfizer et BioNTech sur l'efficacité à 90% de leur candidat vaccin. "Mais je ne veux pas me montrer exubérante sur la vaccination, en raison de l'incertitude qui demeure" au sujet de la production et de la distribution du futur vaccin, a ajouté Mme Lagarde.

Jerome Powell, le président de la Fed américaine, lui a fait écho, en affirmant que les annonces de vaccin sont "des nouvelles bonnes et bienvenues", mais qu'il est encore "trop tôt pour en déterminer avec certitude les implication à court terme". Les deux banquiers centraux ont déjà laissé entendre qu'ils étaient prêts à accroître le soutien monétaires aux économies américaines et européenne face à la rechute de l'activité, qui se profile notamment en Europe, où les mesures de reconfinement font craindre une nouvelle récession au 4e trimestre.

Les valeurs

Walt Disney (+1%) a publié sa première perte annuelle depuis 40 ans, en raison de la crise du coronavirus, qui a vidé ses parcs à thème, bloqué sa filiale de croisières, et perturbé sa production cinématographique. Sur l'ensemble de l'exercice fiscal 2019-2020, le groupe a enregistré une perte nette de 2,83 milliards de dollars, sa première perte depuis 1980. Toutefois, les chiffres sont ressortis moins mauvais que ce que craignaient les analystes, notamment grâce à des réductions de coûts et au succès du service de vidéo en streaming Disney+, qui compte désormais 73,7 millions d'abonnés, un an seulement après son lancement, et a profité des confinements liés à la pandémie.

Pour le seul 4e trimestre fiscal, Disney a subi une perte nette de 710 millions de dollars (39 cents par action), son 2e trimestre consécutif de pertes en données publiées. Après ajustements, notamment pour charges de restructuration, la perte nette par action ressort à 20 cents, contre un bénéfice de 1,07$ au 4e trimestre 2018-2019. Les revenus du groupe ont chuté de 23% à 14,71 Mds$ contre 19,1 Mds$ un an plus tôt. Ces chiffres sont toutefois supérieurs aux attentes du consensus, qui tablait sur une perte ajustée de 71 cents et sur des ventes de 14,15 Mds$. La pandémie a amputé le résultat opérationnel de Disney de 7,4 Mds$ sur l'exercice, dont l'essentiel (6,9 Mds$) dans la branche parcs à thème et autres expériences. Pour faire face à la crise, le groupe a annoncé en septembre dernier la suppression de non moins de 28.000 postes, dont la plupart dans cette branche...

Un an exactement après le lancement de Disney+, le service comptait 73,7 millions d'abonnés payants à la fin septembre, bien au-dessus des prévisions du groupe. Au 4e trimestre, 16,2 millions d'abonnés supplémentaires ont été acquis, une hausse de 28% par rapport à la fin du troisième trimestre. En comptant les abonnés à la chaîne sportive ESPN+ (10,3 millions contre 8,5 au T3) et au service de streaming Hulu (36,6 millions contre 35,5 millions), Disney totalise désormais plus de 120 millions d'abonnés à ses services de vidéo en streaming.

Cisco (+7%). Le leader californien des équipements de réseaux a publié des résultats et une guidance supérieurs aux attentes. Pour le premier trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 2,17 milliards de dollars soit 51 cents par action, contre 2,93 milliards et 68 cents par titre un an avant. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a représenté quant à lui 76 cents, contre un consensus de marché de 70 cents et un niveau de 84 cents un an auparavant. Les revenus ont reculé à 11,93 milliards de dollars, contre 13,16 milliards sur la période comparable de l'exercice antérieur. Le consensus FactSet était de 11,85 milliards. Le groupe envisageait sur la période un bpa ajusté allant de 69 à 71 cents, ainsi que des revenus allant de 11,71 à 11,97 milliards.

Le groupe envisage pour le second trimestre fiscal un bénéfice par action allant de 74 à 76 cents, pour des revenus allant de 11,36 à 12,01 milliards de dollars. Le consensus était de 73 cents de bpa et 11,6 milliards de revenus.

Tesla (-2%). Elon Musk a indiqué sur Twitter qu'il avait passé quatre tests de dépistage au coronavirus le même jour, dont deux sont ressortis positifs et les deux autres négatifs. "Il se passe quelque chose d'extrêmement trompeur. J'ai été testé quatre fois aujourd'hui pour le covid. Deux tests sont revenus négatifs, deux autres sont revenus positifs. La même machine, le même test, la même infirmière. Test rapide d'antigène de BD", a tweeté Musk. Il s'agit sans doute de tests rapides d'antigène de Becton Dickinson (+1%).

Le CEO de Tesla précise par ailleurs qu'il subit des tests d'amplification en chaîne par polymérase (ou PCR) dans des laboratoires séparés. Les résultats de ces autres tests sont attendus dans les 24 heures. Enfin, Musk, interrogé à propos d'éventuels symptômes, dit avoir ceux d'un rhume classique.

Gilead Sciences (+1%). Le président de la Société européenne de médecine de soins intensifs (ESICM) a mis en garde, dans un entretien accordé à Reuters, contre l'utilisation du remdesivir comme traitement de routine chez les malades atteints du Covid-19 en état critique.

Farfetch (+5%), le groupe de vente en ligne de produits de mode, a positivement surpris à Wall Street. Il a publié en effet des revenus trimestriels en très forte croissance de 71%, profitant des mesures restrictives poussant les consommateurs vers les achats sur Internet. Le groupe a ainsi réduit ses pertes sur le troisième trimestre fiscal.

Palantir Technologies (+5%). Les premiers résultats financiers trimestriels publiés par le spécialiste de l'analyse de données depuis son entrée en bourse à Wall Street ont dépassé les attentes de marché. Mieux encore, Palantir a révisé en hausse sa guidance annuelle de chiffre d'affaires.

Manchester United (stable), le club de football anglais coté à Wall Street, a annoncé une chute de 20% de ses revenus pour le trimestre clos, dans un contexte de crise sanitaire. Sur le trimestre clos fin septembre 2020, le club a affiché une perte de 30,3 millions de livres, environ 39,7 millions de dollars, pour des revenus de 109 M£.

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