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Wall Street progresse, saluant des "stats" US rassurantes

| Boursier | 529 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York s'affiche en hausse mardi, après l'annonce de ventes de détail et d'une production industrielle solides aux Etats-Unis en avril.

Wall Street progresse, saluant des "stats" US rassurantes
Credits Reuters

La Bourse de New York s'affiche en hausse mardi soir, après l'annonce de ventes de détail et d'une production industrielle solides aux Etats-Unis en avril, malgré l'inflation. Home Depot (+1,5%) a publié des comptes supérieurs aux attentes, mais les profits de Walmart (-10,5%) ont déçu, rabotés par la hausse des coûts salariaux et de transports. Citigroup bondit de 7,9% après que Berkshire Hathaway (+1,4%) a acquis un participation importante dans la banque. Les taux d'intérêts repartent en nette hausse, le rendement du "10 ans" US remontant à 2,96%.

A deux heures de la clôture, le Dow Jones progresse de 1,09% à 32.757 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 1,67% à 4.075 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, reprend 2,2% à 11.920 pts.

Plus tôt dans la journée, les marchés européens ont aussi gagné du terrain, l'indice Euro Stoxx 50 avançant de 1,5%, le DAX 30 prenant 1,6% à Francfort, tandis qu'à Paris, le CAC 40 a regagné 1,3%. En Asie, le Nikkei a gagné 0,4% à Tokyo, et en Chine, le Shanghai composite a fini en hausse de 0,65%.

Consommation et production industrielle solides en avril aux US

Malgré la perspective d'une politique monétaire plus restrictive, les investisseurs ont été rassurés par les derniers indicateurs économiques aux Etats-Unis, et espèrent en outre que l'activité redémarrera bientôt en Chine, où la situation sanitaire s'améliore nettement, amenant les autorités à envisager un déconfinement progressif de Shanghai, s'échelonnant jusqu'à la fin juin.

Aux Etats-Unis, les ventes de détail ont nettement progressé en avril, profitant toujours de la fin des restrictions sanitaires liées au Covid-19, malgré l'envolée des prix. Elles ont augmenté de 0,9% par rapport à mars, en ligne avec le consensus FactSet, et de 0,6% hors automobile contre 0,3% de consensus. Hors véhicules et essence, la consommation a grimpé de 1% sur un mois, plus que le consensus de marché (+0,8%).

Par ailleurs, la production industrielle a grimpé de 1,1% en avril sur un mois, un rythme bien supérieur aux attentes (+0,4%). La production manufacturière s'est quant à elle appréciée de 0,8%, contre 0,3% de consensus de marché. Le taux d'utilisation des capacités a été de 79%, contre 78,6% de consensus et 78,2% en mars. Les stocks des entreprises ont grimpé de 2% en mars par rapport à février, contre 1,9% de consensus de marché.

En revanche, l'indice du marché immobilier de la NEHB (National Association of Home Builders) a baissé en mai à 69, contre 75 de consensus de marché et après 77 en avril, sur fond de remontée des taux des emprunt immobiliers.

La menace d'une récession plane sur l'économie américaine

La Fed est-elle en train de faire plonger l'économie américaine en récession, contrainte en effet de rehausser ses taux à un rythme accéléré afin de contrer l'inflation, au plus haut d'une quarantaine d'années ? La question mérite d'être posée. Elon Musk a jugé hier que les USA étaient probablement déjà en récession. "Ces choses passent et il y aura à nouveau des périodes de boom", a déclaré Musk au sommet 'All In' de Miami Beach. "Ce sera probablement difficile pendant, je ne sais pas, un an, peut-être 12 à 18 mois".

Lundi, le président de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, avait de son côté exhorté les entreprises et les consommateurs à se préparer à une récession aux Etats-Unis, jugeant ce risque "très, très élevé". Goldman Sachs a réduit ce week-end ses prévisions pour le PIB américain pour 2022 à 2,4% contre 2,6% auparavant, le PIB de 2023 étant désormais attendu à 1,6% contre une prévision précédente de 2,2%.

Alors que l'économie américaine s'est contractée de 1,4% en rythme annualisé au premier trimestre, la faiblesse était principalement due à un déficit commercial record. Les mesures de la demande - dépenses de consommation et investissements des entreprises dans l'équipement - se sont en fait accélérées au début de 2022. L'estimation GDPNow de la Fed d'Atlanta indique actuellement que le PIB du deuxième trimestre augmenterait à un rythme de 1,8%, selon Bloomberg.

Atterrissage en douceur encore possible ?

Les marchés continuent de spéculer sur l'ampleur du resserrement monétaire attendu de la Fed, alors que l'inflation a atteint 8,5% en mars et 8,3% en avril sur un an aux Etats-Unis. De nombreuses voix s'élèvent pour estimer que la Fed a tardé à reconnaître que la flambée des prix n'était pas un phénomène "transitoire". La banque centrale a relevé son principal taux directeur d'un quart de point en mars, puis d'un demi-point en mai, pour le porter entre 0,75% et 1%.

Son président Jerome Powell doit s'exprimer ce mardi soir à partir de 20h (heure française), lors d'une conférence organisée par le 'Wall Street Journal'. Dans ses derniers propos en public, il avait indiqué la semaine dernière que la Fed devrait relever ses taux directeurs d'un demi-point lors de ses deux prochaines réunions de juin et juillet, écartant des gestes encore plus énergiques de 0,75 pt, redoutés par les marchés. Il avait aussi reconnu qu'il ne pouvait pas garantir un atterrissage en douceur de l'économie, en raison de nombreux paramètres que la Fed ne peut pas contrôler.

Patrick Harker, Charles Evans, Loretta Mester doivent aussi s'exprimer dans la soirée. James Bullard, le patron de la Fed de St-Louis, a pour sa part estimé que la Fed a mis "un bon plan en place" pour faire redescendre l'inflation autour de l'objectif de moyen terme de 2% de la Fed.

Les taux US rebondissent, mais le dollar corrige sur ses sommets de 20 ans

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts sont repartis en nette hausse mardi, après les bonnes statistique américaines. Le taux du T-Bond à 10 ans a bondi de 8 points de base à 2,96% et le taux du T-Bond à 2 ans a pris 7 pb à 2,66%. Le 9 mai, le "10 ans" avait dépassé les 3,10% et le "2 ans" les 2,7%, au plus haut depuis novembre 2018, avant de subir une correction.

L'or a gagné 0,27% à 1.818,90$, pour le contrat à terme de juin sur le Comex, sa deuxième séance de rebond après avoir abandonné près de 4% la semaine passée, au plus bas depuis trois mois et demi.

Sur le marché des devises, l'indice du dollar fait l'objet de prises de bénéfices mardi soir après avoir atteint ses plus hauts de 20 ans. Face à un panier de devises de référence, le billet vert recule de 0,8% à à 103,35 pts, tandis que l'euro rebondit de 0,9% à 1,0528$, après des propos "faucon" de Klaas Knot, membre du conseil de la BCE. M. Knot, également président de la banque centrale des Pays-Bas, est le premier responsable de la zone euro à suggérer une éventuelle hausse d'un demi-point des taux d'intérêt en juillet prochain, si les risques liés à l'inflation venaient à s'aggraver. Pour l'instant, il a dit soutenir un resserrement plus modeste d'un quart de point.

Le bitcoin, qui avait plongé vers 26.000$ jeudi dernier, peine toujours à retrouver le seuil des 30.000$. Il cote 29.600$ mardi soir, en recul de 0,9% sur 24h, très loin de son record de novembre 2021 à près de 69.000$.

Enfin, le pétrole marque le pas après plusieurs séances de rebond. Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juillet), cède 1,7% à 109,85$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord d'échéance juillet rend 1,5% à 112,50$.

VALEURS A SUIVRE

Walmart trébuche de 10,5%. Le leader américain de la grande distribution vient en effet de décevoir sur son premier trimestre fiscal 2023, l'inflation ayant affecté sa rentabilité. En outre, le groupe de l'Arkansas réduit ses estimations. Pour le trimestre clos, le détaillant a réalisé un bénéfice net de 2,05 milliards de dollars soit 74 cents par titre, contre 2,73 milliards et 97 cents par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,3$, contre un consensus FactSet de 1,48$. Les revenus ont été de 141,6 milliards de dollars, contre 138,3 milliards pour la période correspondante, l'an dernier, et 138,8 milliards de consensus. La croissance domestique US à comparable a été de 3%, ce qui dépasse les attentes.

"Les profits étaient inattendus et reflètent l'environnement inhabituel", a déclaré le directeur général Doug McMillon dans un communiqué. "Les niveaux d'inflation aux États-Unis, en particulier dans les aliments et le carburant, ont créé plus de pression sur la composition des marges et les coûts d'exploitation que nous ne l'avions prévu". Le commerce électronique a augmenté de 1% et l'activité publicitaire mondiale a bondi de 30%.

Pour le deuxième trimestre, Walmart prévoit une croissance des ventes nettes consolidées de plus de 5% aux États-Unis, une croissance des ventes comparables hors carburant de 4 à 5%, et un bénéfice par action stable ou en légère hausse. Pour l'année, Walmart prévoit une progression des ventes de 4% à taux de change constants, une augmentation des ventes US à comparable de 3,5% hors carburant et une baisse de 1% du bpa. Les prévisions de chiffre d'affaires et de bpa pour l'année complète excluent les cessions. Le consensus FactSet prévoit des ventes de 590,51 milliards de dollars, ce qui implique une croissance de 3,1%, une expansion US à comparable de 3,3% et un bpa de 6,75$.

Home Depot gagne 1,5%, alors que le géant américain de la distribution de produits pour l'équipement de la maison vient pourtant de rehausser ses prévisions annuelles de revenus, face à une forte demande. Le groupe table donc désormais sur une croissance à magasins comparables de 3% environ pour l'exercice 2022, contre une performance légèrement positive auparavant attendue. Le consensus était de 1,4% de progression. La croissance annuelle du bénéfice par action est attendue voisine de 5%, ce qui constitue également une révision en hausse. Pour le premier trimestre fiscal, clos début mai, le bénéfice net a représenté 4,23 milliards de dollars et 4,09$ par titre, contre 4,15 milliards un an avant. Les revenus se sont améliorés de 3,8% à 38,91 milliards. Le groupe a donc nettement dépassé les attentes trimestrielles de profits.

Twitter (+3,8%) se reprend après une chute d'environ 15% en deux séances, face aux doutes sur l'issue de l'offre d'achat d'Elon Musk... Ce dernier a estimé mardi qu'il y aurait au moins "20% de faux comptes/spams, 4 fois plus que ce que prétend Twitter (...). Mon offre était basée sur l'exactitude des déclarations à la SEC de Twitter. Hier, le directeur général de Twitter a publiquement refusé de montrer la preuve des (ndlr : comptes fake et spam) < 5%. Cet accord ne peut pas avancer tant qu'il ne le fait pas", a ainsi tweeté Musk, après avoir échangé lundi avec Parag Agrawal, le CEO du réseau social.

Elon Musk est peut-être à la recherche d'une meilleure offre après sa proposition d'acquisition de Twitter pour 44 milliards de dollars, 54,2$ par titre, prix qui pourrait sembler trop élevé si le niveau des faux comptes se révélait aussi conséquent. Rappelons que Musk a suspendu son offre vendredi dernier en attendant d'en savoir plus sur ces faux comptes Twitter.

Citigroup bondit de 7,9% alors que Berkshire Hathaway, la firme de Warren Buffett, vient d'opérer un nouveau pari de 3 milliards de dollars sur la banque américaine. Sur le trimestre clos fin mars, Berkshire a donc acquis des actions Citi pour près de 3 milliards, profitant de la faiblesse des cours, alors que la banque est en pleine restructuration à l'initiative de sa directrice générale Jane Fraser. En revanche, Berkshire est sorti de son investissement de plus de 30 ans au capital de Wells Fargo (+3%). La firme de Buffett a aussi acquis des titres Celanese, McKesson, Ally Financial et Paramount.

JD.com (+3%). Le groupe chinois de commerce en ligne a profité des confinements en Chine, qui ont dopé les ventes en ligne et les bénéfices du groupe. Lei Xu, le directeur général de l'affaire, explique ainsi que le groupe tire profit de ses compétences afin de soutenir les communautés locales et entreprises affectées par Omicron. Hors éléments non récurrents, le bénéfice trimestriel par action a été de 2,53 yuans par ADS, très supérieur aux attentes. Les revenus se sont améliorés de 18% à 239,7 milliards de yuans, environ 36 milliards de dollars. Les revenus de services ont grimpé de 26%.

Take-Two (+12%), l'éditeur américain de jeux vidéo, connu notamment pour GTA (Grand Theft Auto), a battu le consensus de profit sur le trimestre clos mais livré des revenus un peu courts. Pour le quatrième trimestre fiscal clos fin mars 2022, le groupe a dégagé un bénéfice net de 111 millions de dollars, contre 219 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,09$, contre 1,04$ de consensus. Take-Two affiche donc une belle résistance, alors que le fonds d'investissement public saoudien vient par ailleurs de doubler sa participation au capital de l'éditeur durant le trimestre passé. Le net bookings trimestriel a augmenté de 8%, avec notamment 'NBA 2K22' et 'GTA V', mais il manque le consensus.

Pour le premier trimestre fiscal juste entamé, le groupe prévoit des ventes ajustées allant de 700 à 750 millions de dollars, contre 778 M$ de consensus. Sur l'exercice, les ventes ajustées sont anticipées entre 3,75 et 3,85 milliards de dollars, également en dessous du consensus.

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