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Wall Street poursuit son rebond malgré le coronavirus

| Boursier | 365 | Aucun vote sur cette news

La Bourse américaine est en route vers une deuxième séance de vif rebond, dans le sillage de la Bourse chinoise.

Wall Street poursuit son rebond malgré le coronavirus
Credits Reuters

La Bourse américaine est en route mardi vers une deuxième séance de vif rebond, dans le sillage de la Bourse chinoise, les marchés faisant le pari que l'économie chinoise ne sera pas durablement affectée par l'épidémie de coronavirus, dont le bilan continue pourtant de croître... L'indice Nasdaq évolue même à de nouveaux sommets historiques en séance.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 1,77% à 28.902 points, tandis que l'indice large S&P 500 prend 1,71% à 3.304 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, rebondit de 2,12% à 9.469 pts. Le titre Alphabet (maison mère de Google, -3,2%) chute après une déception sur ses revenus, tandis que Walt Disney (+2,6%) progresse, avant la publication de ses trimestriels attendus après la clôture.

Plus tôt dans la journée, l'indice européen EuroStoxx 50 a repris 1,9% et le CAC 40 a progressé de 1,76%, tandis qu'en Asie, le Shanghai composite a repris 1,3% après une chute de 7,7% lundi, soutenu par les mesures de soutien annoncées de la banque centrale chinoise. A Tokyo, le Nikkei a regagné 0,49%.

Vers un assouplissement de l'accord commercial Chine-Etats-Unis ?

Aux Etats-Unis, les marché ont apprécié la hausse des commandes industrielles du mois de décembre 2019, qui ont augmenté de 1,8% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +1,3% et après une baisse révisée à -1,2% pour le mois de novembre 2019. Lundi, l'annonce d'une expansion de l'activité manufacturière en janvier, mesurée par l'indice ISM, après 5 mois de contraction, avait aussi mis du baume au coeur des investisseurs.

Les investisseurs ont fait fi des nouvelles toujours alarmantes sur le front du coronavirus, dont le nombre de cas en Chine dépasse désormais le cap des 20.000 pour 427 morts. Un premier décès est par ailleurs rapporté à Hong Kong, après un mort aux Philippines lundi. Les autorités chinoises maintiennent leurs efforts afin de contenir la propagation du virus. Le président chinois Xi Jinping a fait de la lutte contre l'épidémie une priorité, alors que le bilan sanitaire et économique s'alourdit.

Dans ce climat, les autorités chinoises espèreraient une certaine flexibilité de la part des Etats-Unis dans le cadre de la mise en place de l'accord commercial de phase 1. C'est du moins ce qu'indiquent des sources familières de la question citées par 'Bloomberg'. L'accord commercial du 15 janvier doit entrer en vigueur mi-février. Une clause de consultation est prévue en cas de catastrophe naturelle ou d'événement imprévisible. Toujours selon 'Bloomberg', les responsables chinois envisageraient d'assouplir l'objectif de croissance de 6% environ pour 2020. De nouvelles mesures de soutien à l'économie sont également attendues...

Le pétrole tente de se stabiliser, les taux d'intérêts remontent

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) poursuit sa hausse mardi, gagnant 0,15% à 97,95 points, tandis que l'euro cède 0,16% à 1,1040$. Le yuan chinois a rebondi de 0,3% à 6,9985 yuans/$, après une chute de 1,2% lundi face au dollar. La devise chinoise a abandonné 2,3% depuis le 20 janvier, date à laquelle le président chinois Xi Jinping a reconnu la gravité de l'épidémie de coronavirus et a promis de tout mettre en oeuvre pour y faire face.

Le retour de l'appétit du risque a fait chuter les cours des obligations mardi, faisant remonter les taux (qui évoluent en sens inverse). Le rendement du T-Bond à 10 ans regagne mardi 8 points de base à 1,61%, repassant au-dessus de l'échéance à 3 mois (1,58% mardi), éloignant les craintes d'une récession aux Etats-Unis dans les trimestres à venir. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans allemand, référence de la zone euro, a rebonid de 4 pdb mardi pour finir à -0,40%, non loin de son plus bas depuis la mi-octobre 2019.

Les cours du pétrole se stabilisent après être tombés lundi dans un "bear market", en cédant plus de 20% par rapport à leurs récents pics inscrits début janvier. La chute de la demande chinoise aurait réduit de 3% de la demande mondiale, un choc sans précédent depuis la crise de 2008-2009.

Le baril de brut léger américain (WTI) est stable à 50,14$ (+0,06%) sur le Nymex (contrat à terme de mars) et le Brent de la mer du Nord regagne 0,15% à 54,53$ (contrat à terme de mars). Les deux variétés de pétrole ont désormais abandonné près de 21% depuis leurs plus hauts niveaux atteints dans les premiers jours de janvier, et entrent dans un marché baissier ("bear market"), caractérisé par un recul de plus de 20%. Ils sont désormais retombés au plus bas depuis janvier 2019.

L'or recule mardi de 1,71% à 1.555,75$ l'once, pour le contrat à terme d'avril coté sur le Comex.

VALEURS A SUIVRE

Tesla s'envole encore de 18,7% à Wall Street après avoir flambé hier de 19,9%. La capitalisation boursière du groupe d'Elon Musk représente près de 160 milliards de dollars désormais ! En comparaison, Ford pèse 36 Mds$, General Motors 49 Mds$ et Fiat Chrysler Automobiles 26 Mds$. Ensemble, les 'Big Three' américains de l'automobile valent donc moins de 110 milliards, nettement moins que Tesla, désormais poids lourd capitalistique du secteur aux USA.

Il faudra toutefois encore un peu d'exubérance irrationnelle pour que Tesla parvienne à dépasser le géant japonais Toyota en matière de capitalisation boursière... Au niveau des ventes, le Japonais a écoulé 10,7 millions de véhicules l'an dernier contre 367.500 pour la firme de Palo Alto. Pendant ce temps, la fortune virtuelle d'Elon Musk ne cesse de gonfler, sa 'valeur nette' étant estimée à 39,3 milliards de dollars désormais par Forbes.

Hier, le bond de l'action, le plus important en une séance depuis 7 ans, trouvait son origine dans l'annonce d'un accord d'approvisionnement en batteries avec le Chinois CATL (Contemporary Amperex Technology Co Ltd.). Le 'deal' a été confirmé par le groupe chinois. Il avait initialement été rapporté par 'Reuters', qui évoquait un accord de deux ans avec Tesla sur la période allant de juillet 2020 à juin 2022. Tesla pourra ajuster les volumes d'achat selon ses besoins. Reuters avait fait état en fin de semaine dernière d'accords de Tesla avec CATL et le groupe sud-coréen LG Chem Ltd. pour des batteries.

Le groupe d'Elon Musk, qui vient de décider d'une fermeture temporaire de son site de Shanghai face à l'épidémie de coronavirus, avait déjà amplement convaincu les investisseurs la semaine dernière. Tesla a dépassé les anticipations en termes de revenus sur le quatrième trimestre et aligné pour la première fois deux trimestres consécutifs de profits, ce qui explique sans doute en grande partie le rallye récent, le titre ayant doublé en quelques mois. De plus, la production du Model Y du groupe débute, ce qui lui offre un intéressant levier de croissance.

Par ailleurs, Panasonic, le partenaire de Tesla pour les batteries de ses véhicules électriques aux Etats-Unis, a annoncé que son entreprise commune avec Tesla dans les batteries était devenue bénéficiaire pour la première fois au dernier trimestre de 2019.

L'action Tesla a accéléré son ascension depuis la publication, la semaine dernière de résultats meilleurs que prévu pour trimestre achevé en décembre 2019. Tesla a ainsi réalisé des revenus de 7,4 milliards de dollars, en croissance de 2% en glissement annuel, contre un consensus d'environ 7 milliards de dollars à Wall Street. Un an plus tôt, à la même période, les recettes totalisaient 7,2 milliards. Le bénéfice net trimestriel a représenté 105 millions de dollars, en retrait de 25% en glissement annuel, mais il s'agit donc symboliquement du second trimestre bénéficiaire consécutif pour le groupe, ce qui entretient l'espoir que Tesla soit enfin en mesure de livrer une performance soutenue en matière de rentabilité.

Alphabet (-3,2%) a publié hier soir un bénéfice net nettement supérieur aux attentes des analystes au 4ème trimestre 2019, mais a déçu les marchés avec des revenus légèrement en-deçà du consensus. Le bénéfice d'Alphabet a pourtant atteint 10,67 milliards de dollars, contre 8,76 Mds$ attendus et 8,9 Mds$ sur la même période de 2018. Le bénéfice par action s'est établi à 15,35$ contre 12,57$ de consensus et après 12,77$ un an plus tôt. Les revenus ont bondi de 17% pour atteindre 46,08 Mds$, mais le marché tablait sur des ventes de 46,9 Mds$, après les 39,3 Mds$ dégagés un an plus tôt. Il s'agit de la plus faible croissance du chiffre d'affaires du groupe pour un quatrième trimestre depuis 2015.

Pour ses premiers comptes publiés sous la houlette de Sundar Pichai, Alphabet a dévoilé pour la première fois les revenus du "cloud" et de sa filiale de vidéo YouTube. Cette dernière a dégagé un chiffre d'affaires de 4,7 Mds$ sur le 4e trimestre et de 15,15 Mds$ sur l'ensemble de 2019, en hausse de 36% par rapport à 2018 et presque le double de 2017. Les ventes de la division "cloud computing" ont atteint 2,6 Mds$ sur le 4e trimestre, et 8,9 Mds$ sur l'année, en hausse de 53% sur un an et plus que doublées par rapport à 2017, a précisé Alphabet.

Apple (+3,4%). Les fournisseurs d'Apple seraient bien décidés à reprendre la production en Chine dès la semaine prochaine, malgré l'épidémie actuelle de coronavirus. Ainsi, Hon Hai Rescision Industry Co. - plus connu sous le nom de Foxconn - et d'autres fournisseurs du groupe à la pomme, entendraient relancer leur production pour le compte du californien dès le 10 février. Selon Bloomberg, des fournisseurs d'Apple en Chine tels que Quanta Computer, Inventec et LG Display, désireraient également reprendre leur activité locale à partir de la semaine prochaine. La Chine demeure un marché majeur pour Apple, que ce soit en termes de ventes ou de production. Le groupe de Cupertino a toutefois pris des mesures face au coronavirus, interdisant notamment aux employés de se déplacer vers la Chine, sauf situations 'critiques'. Quanta participe à l'assemblage de l'Apple Watch, Inventec à la conception des airPod et LG à la fabrication des écrans OLED de certains modèles d'iPhone.

ConocoPhillips (-3,2%) a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net en déclin à 700 millions de dollars soit 65 cents par action, contre 1,9 milliard de dollars et 1,61$ par titre un an auparavant. Le géant pétrolier américain a réalisé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 76 cents, contre 1,13$ un an plus tôt et 80 cents de consensus. La production hors Libye a reculé d'environ 2% en glissement annuel à 1,289 million de barils équivalent pétrole par jour. Pour l'exercice 2020, ConocoPhillips table sur des dépenses de capitaux allant de 6,5 milliards de dollars à 6,7 milliards de dollars. La guidance en termes de production est située entre 1,23 et 1,27 million de barils équivalent pétrole par jour. Le groupe renforce enfin de 10 milliards de dollars son programme de rachat d'actions, à 25 milliards de dollars.

Polo Ralph Lauren bondit de 10% à Wall Street. Le groupe de prêt-à-porter de luxe a convaincu par ses derniers résultats financiers trimestriels, dépassant les attentes du marché. Les revenus trimestriels se sont établis à 1,75 milliard de dollars, contre 1,73 milliard de dollars un an auparavant et 1,72 milliard de consensus de place. Le groupe a profité notamment d'une solide demande en Europe et en Amérique du Nord. Le bénéfice net du troisième trimestre fiscal 2020, juste clos, a atteint 334 millions de dollars et 4,41$ par titre, contre 120 millions de dollars un an auparavant. Le bpa ajusté s'est élevé à 2,86$, contre 2,45$ de consensus. Ralph Lauren envisage désormais, pour l'exercice 2020, des revenus hors effets de change en croissance de 2 à 3%. La guidance exclut toutefois l'impact éventuel de l'épidémie de coronavirus.

Walt Disney (+2,6%) publiera après la clôture les résultats de son 1er trimestre fiscal, achevé fin décembre. Il s'agit des premiers comptes trimestriels du géant américain des loisirs depuis le lancement de son service de vidéo en streaming Disney+. Mais les marchés seront tout aussi attentifs aux commentaires du groupe sur les conséquences de l'épidémie de coronavirus chinois sur le groupe américain. Cette crise a déjà contraint le groupe à fermer sine die son parc de Shanghai depuis le 25 janvier et celui Hong Kong le 26 janvier, en plein Nouvel An lunaire, une période de fête cruciale pour les parcs à thèmes asiatiques. L'épidémie a aussi entraîné la fermeture de nombreux cinémas en Chine... Le bénéfice net de Walt Disney devrait s'établir à 1,47$ par action en baisse de 20% par rapport à la même période de 2018 (1,84$), selon le consensus FactSet.

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