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Wall Street plonge avec le Delta

| Boursier | 570 | 4 par 2 internautes

La cote américaine corrige encore ce lundi, affectée par l'évolution défavorable de la crise sanitaire...

Wall Street plonge avec le Delta
Credits Reuters

La cote américaine corrige encore ce lundi, affectée par l'évolution défavorable de la crise sanitaire. Le DJIA est orienté en forte baisse de 2,16% à 33.936 pts. Le S&P 500 abandonne 1,71% à 4.254 pts. Le Nasdaq dévisse de 1,36% à 14.231 pts. Vendredi soir, le Dow Jones cédait déjà 0,9% et le Nasdaq 0,8%. Les opérateurs s'inquiètent surtout de l'évolution de la pandémie, avec un nombre croissant de cas du fait des variants et d'une vaccination trop faible. Cette évolution fait craindre un retour des restrictions sanitaires affectant l'économie.

Rochelle Paula Walensky, médecin-scientifique américaine et directrice des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et administratrice de l'Agence du registre des substances toxiques et des maladies, a prévenu d'une "pandémie des non-vaccinés" aux Etats-Unis, expression également utilisée, d'ailleurs, par le président Joe Biden en personne. Les cas, hospitalisations et morts, restent inférieurs aux pics de l'hiver dernier, mais Walensky prévient de l'urgence d'une vaccination générale. "Cela devient une pandémie des non-vaccinés", assure la responsable, alors que les nouveaux cas de coronavirus ont grimpé de 70% sur la semaine passée aux USA...

Une vaste majorité des patients hospitalisés aux Etats-Unis ne sont pas vaccinés. Ainsi, selon le Wall Street Journal, les hôpitaux des régions américaines où les taux de vaccination sont les plus faibles se préparent à une flambée épidémique. De nombreuses villes américaines sont susceptibles de réinstaurer par conséquent l'obligation du port du masque et d'autres mesures restrictives, face notamment au très contagieux variant Delta.

La lassitude l'emporte du côté de l'administration Biden, qui critique vivement la gestion de l'information sur les vaccins sur les réseaux sociaux. La cible principale est le géant californien Facebook. Le groupe de Mark Zuckerberg a estimé pour sa part ne pas être responsable de l'échec de la Maison blanche en matière de vaccination et du fait que l'objectif des 70% d'Américains vaccinés n'ait pas été atteint au 4 juillet. Les responsables américains soulignent que depuis l'accession au pouvoir de l'équipe Biden, cette dernière a rencontré Facebook, Twitter, Snapchat ou Pinterest afin de renforcer les protections contre la diffusion de fausses informations. Des responsables ont indiqué au Wall Street Journal que durant les derniers mois, les réunions avec Facebook avaient perdu de leur intérêt, la compagnie ne délivrant que des réponses insatisfaisantes.

Le baril de brut retombe de plus de 6% sur le Nymex à 67$ environ, alors que le Brent de la mer du Nord cède 5,6% ! L'once d'or se stabilise à 1.815$. L'indice dollar gagne 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin cède 2% sur 24 heures et revient sous les 31.000$ sur CoinMarketCap.

La récente poussée des infections au coronavirus provoquée essentiellement par le variant Delta ravive donc les craintes économiques, alors que les opérateurs avaient misé sur une rapide réouverture de l'activité. Les thématiques de 'pic de profit' et de pic monétaire restent bien présentes, mais ce sont donc les inquiétudes sanitaires qui prennent le dessus. Certains commencent par ailleurs à juger que le phénomène d'inflation pourrait ne pas être si "transitoire", contrairement au message martelé par la Fed et l'administration Biden. Enfin, les économistes anticipent toujours une croissance supérieure à la normale au second semestre.

Les investisseurs attendent par ailleurs toujours un impact favorable d'un deal bipartisan sur les infrastructures aux Etats-Unis... Concernant le pétrole, l'OPEP+ est parvenue à un accord pour augmenter sa production de 400.000 bpj à partir du mois d'août.

Les valorisations boursières après les records successifs de Wall Street incitent à la prudence. Morgan Stanley vient d'ailleurs de conseiller de se réfugier sur les valeurs défensives, le broker n'excluant pas une phase de correction de 10 à 20%.

L'indice du marché immobilier américain publié ce lundi par la National Association of Home Builders est ressorti à 80, contre un consensus de 82 et un niveau confirmé à 81 pour le mois antérieur.

Demain mardi, les opérateurs suivront les mises en chantier de logements et permis de construire. Mercredi, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains sera communiqué. Jeudi, le programme sera un peu plus étoffé, avec les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago, les reventes de logements existants, l'indice des indicateurs avancés du Conference Board et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City. Vendredi, l'indice PMI flash composite américain sera connu.

Les publications trimestrielles se poursuivent par ailleurs à Wall Street, avec ce lundi les comptes d'AutoNation, de Teradyne, de Steel Dynamics, Cal-Maine Foods, JB Hunt, et surtout d'IBM (après bourse).

Demain mardi, United Airlines, Halliburton, Travelers, Omnicom, Netflix, ManpowerGroup, Philip Morris International et KeyCorp seront de la partie.

Mercredi, l'agenda est encore plus étoffé, avec notamment Anthem, AllianceBernstein, Baker Hughes, Coca-Cola, Tenet Healthcare, Whirlpool, CSX, Verizon, Comerica, Citrix, Robert Half, Interpublic, Harley-Davidson, Discover Financial Services, Seagate, Nasdaq Inc., Texas Instruments, Johnson & Johnson, Travelzoo (...).

Les valeurs

Zoom (-4%). A la recherche de relais de croissance, alors que les salariés et les étudiants retournent progressivement au bureau et à l'université, après plus d'un an de crise sanitaire, le groupe spécialisé dans la visioconférence annonce la plus grosse acquisition de son histoire. Zoom a trouvé un accord pour racheter le fournisseur de logiciels d'informatique dématérialisée Five9 dans le cadre d'une transaction d'environ 14,7 milliards de dollars en actions. Five9 va devenir une filiale opérationnelle et son directeur, Rowan Trollope, conserverait ses fonctions et occuperait l'un des postes de vice-présidents de Zoom. L'entreprise s'attend à ce que l'opération, approuvée par les conseils d'administration des deux entreprises, soit finalisée au premier semestre de 2022.

Pershing Square Tontine Holdings (-1%). Vivendi a accepté la demande de Pershing Square Tontine Holdings Ltd. que des fonds d'investissement dans lesquels M. William Ackman détient des intérêts économiques importants ou exerce la direction se substituent pour l'acquisition de 10% du capital d'Universal Music Group (UMG) annoncée le 20 juin dernier. La condition tenant au non-exercice de leur droit de retrait par les actionnaires de PSTH devient dès lors sans objet, et l'opération n'est plus subordonnée qu'à l'obtention des autorisations réglementaires américaines. La quotité du capital d'UMG qui sera finalement acquise par ces fonds sera comprise entre 5 et 10%. Si cette quotité s'avérait inférieure à 10%, Vivendi a toujours l'intention de céder la différence à d'autres investisseurs avant la distribution de 60% du capital d'UMG aux actionnaires de Vivendi, prévue le 21 septembre.

Johnson & Johnson (-1%), le géant pharmaceutique et médical américain, envisage de placer ses actifs faisant l'objet d'un litige, comme ses produits à base de talc, dans une nouvelle entité qui pourrait solliciter la protection de la loi sur les faillites, selon sept sources proches du dossier de l'agence Reuters.

Autodesk (-3%), éditeur software américain, a mis un terme aux négociations en vue du rachat de son rival australien Altium, suite au rejet par ce dernier d'une offre de 5,5 milliards de dollars australiens.

Cal-Maine Foods (-2%) a publié pour le trimestre clos une perte inattendue, avec le recul du prix des oeufs sur fond de levée des restrictions sanitaires. Pour le quatrième trimestre fiscal, le groupe alimentaire américain est donc déficitaire et affiche des revenus inférieurs aux attentes. La perte nette a été de 4,2 millions de dollars et 9 cents par titre, contre un profit de 60,5 millions un an avant.

AutoNation (+2%) a dévoilé des profits et revenus supérieurs aux attentes de marché. Les ventes de véhicules neufs et d'occasion ont été robustes. Le bénéfice net a totalisé 385 millions de dollars et 4,83$ par titre, contre 280 millions un an avant. Les revenus se sont envolés de 54% à près de 7 milliards de dollars, contre un consensus de 6,1 milliards à peine.

Facebook (-1%). Joe Biden a accusé le géant des réseaux sociaux de 'tuer des gens' en permettant la propagation d'informations trompeuses à propos des vaccins contre le Covid-19. Facebook s'est élevé bien évidemment contre ces accusations.

BioNTech (+1%), le partenaire biotechnologique allemand de Pfizer, a annoncé l'acquisition d'un site de production et d'une plateforme de recherche & développement d'une filiale de l'Américain Gilead.

Moderna (+6%) accélère encore en hausse avant son entrée dans le S&P 500, et alors que le variant Delta inquiète au plus haut point. Goldman Sachs vient de doper son objectif de cours à 299$. Le laboratoire américain va remplacer Alexion Pharmaceuticals dans le S&P 500, suite au rachat de ce groupe pour 39 milliards de dollars par AstraZeneca, opération annoncée en décembre. Le transfert aura lieu le 21 juillet, selon S&P Dow Jones Indices, gestionnaire de l'indice.

Alcoa (-3%), géant américain de l'aluminium, entre dans la liste de convictions d'achat de Goldman Sachs. Le broker estime que les forts prix de l'aluminium devraient pousser le titre jusqu'à 50% plus haut.

IBM (-1%) publie après bourse ce soir, à Wall Street, ses derniers résultats financiers trimestriels. Sur la période, le consensus des analystes est actuellement logé à 2,29$ de bénéfice ajusté par action pour 18,29 milliards de dollars de recettes.

Robinhood, le groupe californien de courtage et de services financiers, qui s'est fait en particulier connaître avec le mouvement des WallStreetBets, envisage une valorisation de 35 milliards de dollars pour sa prochaine introduction en bourse à Wall Street. 55 millions de titres seraient vendus entre 38 et 42$ pièce. Le ticker sera 'HOOD'.

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