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Wall Street : New York lutte pour préserver ses records

| Boursier | 384 | 1 par 1 internautes

Après ses records de vendredi, Wall Street cherche de nouveaux catalyseurs lundi. L'humeur des investisseurs reste soumise aux aléas des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. 

Wall Street : New York lutte pour préserver ses records
Credits Reuters

Après les nouveaux records inscrits vendredi, la semaine commence sur une note hésitante à Wall Street, où l'humeur des investisseurs reste totalement soumise aux rumeurs souvent contradictoires concernant l'avancée des négociations en vue d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Après les espoirs des derniers jours, la chaîne 'CNBC' a jeté un froid lundi en évoquant un climat "pessimiste" du côté chinois, en raison de la réticence de Donald Trump à lever les barrières douanières déjà mises en place depuis 16 mois.

Deux heures avant la clôture, les trois indices pointent cependant légèrement dans le vert, inscrivant de nouveaux sommets historiques. Le Dow Jones gagne 0,11% à 28.035 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,08% à 3.122 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, gagne 0,09%, à 8.548 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient progressé respectivement de 1,2%, 0,87% et 0,96%. Pour le S&P 500, il s'agissait de la 6e avancée hebdomadaire consécutive, une première depuis deux ans.

Washington réticent à lever les barrière douanières déjà érigées

Alors que la semaine dernière s'était achevée sur l'espoir qu'un accord commercial rapide entre Washington et Pékin, des doutes ont une nouvelle fois émergé lundi à ce sujet. La chaîne de télévision américaine 'CNBC' a évoqué un climat "pessimiste" côté chinois, en raison de la réticence de Washington de lever les taxes d'importations infligées depuis Donald Trump à revenir mois. L'administration Trump ne serait ainsi prête qu'à annuler les vagues de taxes en prévision à savoir celles du 15 octobre (reportées en octobre dans l'espoir d'un accord) et celles envisagées le 15 décembre prochain.

Pendant le week-end, l'agence officielle chinoise Xinhua avait pourtant rapporté que le vice Premier ministre Liu He, le principal négociateur chinois, avait eu samedi une conversation téléphonique "constructive" avec le représentant américain au commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

La question épineuse de la levée des taxes existantes avait déjà été évoqué par la presse la semaine dernière, pesant vendredi sur le cours du dollar, qui a continué sa glissade lundi, tandis qu'à l'inverse, l'or et les obligations ont été recherchées comme valeurs-refuge.

L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, cède lundi soir 0,26% à 97,75 points, après un recul à 0,5% la semaine dernière. L'euro progresse de 0,30% à 1,1080$, soutenu par des signes laissant penser que l'économie européenne a touché le fond et pourrait repartir de l'avant en 2020. L'Allemagne, notamment, a évité de justesse la récession au 3e trimestre avec une croissance de 0,1% (contre -0,2% attendu) après un recul de 0,2% au 2e trimestre.

Sur les marchés obligataires américains, les cours progressent lundi, entraînant une légère détente des taux, qui évoluent en sens inverse des cours. Le rendement du T-Bond à 10 ans cède 3 points de base à 1,80%. Ce taux était tombé jusqu'à 1,53% il y a un mois, sur fond de craintes d'une récession, avant de rebondir vivement grâce à la détente sur le front commercial, et après que la Fed a signalé une pause dans son cycle baissier.

L'heure de la détente cordiale entre Donald Trump et Jerome Powell ?

La politique monétaire était justement au menu d'un entretien, lundi, entre Donald Trump et le président de la Fed, Jerome Powell. Cette rencontre, la première entre les deux hommes depuis juillet dernier, s'est déroulée à la demande du président, à la Maison Blanche, en présence du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Dans un tweet, Donald Trump a déclaré que "tout a été abordé" au cours de cet entretien, "y compris les taux d'intérêt, les taux d'intérêt négatifs, l'inflation basse, l'assouplissement, la solidité du Dollar & son impact sur l'industrie manufacturière, le commerce avec la Chine, l'UE & avec d'autres". Donald Trump a qualifié l'entretien de "bon et cordial", sans se livrer une nouvelle fois à des critiques acerbes envers la Fed, qu'il accuse régulièrement d'avoir baissé ses taux trop tard et trop peu.

De son côté, la Fed a indiqué lundi que Jerome Powell n'avait pris aucun engament ou fait de promesses sur les prochaines actions de la Fed, à l'occasion de cette rencontre avec Trump. La réunion entre Trump, Powell et Mnuchin a porté sur l'"économie, la croissance, l'emploi et l'inflation", a précisé la Fed dans un communiqué. Le patron de la Fed a indiqué que la politique monétaire "dépendrait entièrement des informations basées sur les perspectives économiques" des Etats-Unis, a ajouté la Fed.

Face au Congrès américain, Jerome Powell a répété la semaine dernière la volonté de la Fed de faire une pause sur les taux directeurs, après avoir effectué trois baisses depuis juillet pour revenir entre 1,50% et 1,75% sur le taux des "fed funds". M. Powell avait peint un portrait plutôt flatteur de l'économie américaine, qui devrait continuer à croître à un rythme modéré de façon durable. Il a néanmoins souligné les facteurs de risque, notamment la guerre commerciale et l'endettement croissant des Etats-Unis, qui devrait dépasser les 1.000 milliards de dollars en 2020 pour la première fois depuis 2012.

Le pétrole en recul avant l'IPO d'Aramco

Lundi, la présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, qui s'exprimait en public, s'est elle aussi montrée optimiste sur les perspectives économiques des Etats-Unis. Elle a défendu, comme Jerome Powell, le scénario d'une pause sur les taux directeurs, estimant que la banque centrale pouvait désormais attendre et observer l'évolution de la conjoncture.

Le pétrole est reparti en baisse lundi, sur fond de doutes sur l'accord commercial américano-chinois, mais aussi après que la valorisation d'Aramco, le géant pétrolier saoudien, est ressortie inférieure aux attentes en vue de son introduction en Bourse à la Bourse de Riyad. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) cède lundi soir 1,60% à 56,80$ sur le Nymex (contrat à terme de décembre), tandis que le Brent de la mer du Nord perd 1,64% à 62,26$ (contrat à terme de janvier).

Aramco a annoncé dimanche une fourchette de prix pour son introduction en Bourse, qui valorise la compagnie entre 1.600 et 1.700 milliards de dollars, en deçà des 2.000 Mds$ visés initialement en 2016 par le prince héritier Mohamed ben Salman. Aramco prévoit de vendre 1,5% de son capital ce qui en haut de fourchette pourrait rapporter plus de 25 Mds$ à l'Etat saoudien.

L'once d'or progresse de 0,25% lundi soir sur le marché Comex, à 1.472,20$ pour le contrat à terme de décembre. Le métal jaune s'est stabilisé sur la semaine dernière, après avoir subi une vive correction de 3% la semaine précédente.

VALEURS A SUIVRE

Apple progresse de 0,3%, inscrivant un nouveau record historique, le 8ème depuis début novembre ! Selon l'agence 'Bloomberg", les ventes de la firme à la pomme en Chine auraient grimpé à 10 millions d'unités en septembre et octobre, en hausse de 6% par rapport à la même période de 2018. Et ce dans un marché global des smartphones en recul de 5% en Chine en septembre-octobre. Les Chinois seraient ainsi particulièrement friands du nouvel iPhone 11, proposé à des prix attractifs par rapport au très haut de gamme iPhone XR.

L'action Apple affiche la plus forte hausse du Dow Jones depuis le début de l"année, avec un bond de plus de 68% contre une hausse d'un peu plus de 20% pour l'indice phare newyorkais.

HP Inc (-1%) a rejeté une offre d'acquisition de plus de 33 milliards de dollars de Xerox (-1%). Le fabricant américain de PC et d'imprimantes a jugé la proposition à 22$ par titre trop basse, évoquant par ailleurs des inquiétudes à propos de l'endettement de l'entité combinée potentielle ou encore, plus simplement, la position de Xerox dans l'industrie. HP demeure toutefois ouvert à l'exploration d'une fusion, mais, au dire du directeur général du groupe, Enrique Lores, et de son président Chip Bergh, certaines questions fondamentales doivent être discutées. Le management de HP insiste sur l'érosion des revenus de son petit prédateur Xerox depuis 2018, ce qui pèse sur les perspectives d'un possible nouvel ensemble.

HP, groupe californien affichant une position majeure sur le marché des imprimantes, veut obtenir l'accès aux comptes du concepteur de photocopieurs Xerox avant d'aller plus avant sur le sujet. Le groupe du Connecticut Xerox a proposé 17$ en cash et 0,137 action Xerox pour chaque titre HP, soit une valeur totale de transaction de 33,5 milliards de dollars. Carl Icahn, investisseur activiste présent désormais au capital des deux firmes (il a acquis 4,2% de HP), juge HP sous-évalué et soutient un rapprochement... Sur la base des derniers cours cotés, Xerox capitalise 8,4 milliards de dollars contre près de 30 milliards pour HP, ce qui rend l'opération assez paradoxale puisque l'acquéreur potentiel vaut près de quatre fois moins que sa proie.

Boeing (stable). SunExpress va acheter davantage de B-737 MAX 8, malgré les incertitudes sur la date de remise en service de l'appareil, cloué au sol depuis mars après deux crashs aériens meurtriers. La compagnie turque a exercé une option lui permettant d'acquérir 10 appareils supplémentaires auprès de Boeing. L'accord, d'une valeur catalogue de 1,2 milliard de dollars, permettra au transporteur de renouveler sa flotte et de poursuivre son expansion.

T-Mobile US (stable), l'opérateur américain de téléphonie mobile, a annoncé aujourd'hui la démission de son directeur général John Legere, qui prendra effet le 30 avril. Le CEO sera alors remplacé par Mike Sievert.

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