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Wall Street : les résultats l'emportent sur la baisse surprise du PIB

| Boursier | 437 | Aucun vote sur cette news

Wall Street s'apprête à ouvrir en nette hausse malgré l'annonce d'une contraction surprise du PIB américain au premier trimestre...

Wall Street : les résultats l'emportent sur la baisse surprise du PIB
Credits Reuters

Wall Street s'apprête à ouvrir en nette hausse malgré l'annonce d'une contraction surprise du PIB américain au premier trimestre. Les investisseurs se focalisent en effet sur des résultats trimestriels globalement solides de la part des poids lourds de la place américaine, à commencer par Meta. Après la déception Alphabet (Google), la publication du géant de l'internet hier après la clôture semble redonner du baume au coeur des investisseurs avant le passage sur le grill ce soir d'Apple et d'Amazon. Qualcomm, Ford ou encore Merck & Co ont aussi rassuré alors que les résultats de Caterpillar, bien que robustes, reflètent le ralentissement de l'activité en Chine.

A trois jours de la fin du mois, la place américaine va devoir remonter la pente au cours des deux dernières séances de la semaine sous peine d'afficher une des plus mauvaises performances de son histoire pour un mois d'avril, généralement haussier pour les places boursières : le S&P500 accuse pour le moment un repli de 7,5%, soit la pire performance depuis une baisse de 9% en 1970, selon les données de LPL Financial Research.

La forte progression des Bourses européennes après une vague de publications d'entreprises globalement solides devrait apporter un certain soutien à Wall Street alors que la nervosité recule quelque peu dans les salles de marché. L'indice VIX de la volatilité se replie ainsi encore de 6% à 29,7 points, mais "l'indice de la peur" reste bien supérieur à sa moyenne mobile à 200 jours (21).

Outre cette nouvelle salve de résultats, les investisseurs surveillent comme le lait sur le feu la poursuite de la guerre en Ukraine et ses multiples conséquences, les déséquilibres dans la chaîne d'approvisionnement mondiale, la poursuite des restrictions en Chine pour faire face à la pandémie de Covid-19 et les pressions inflationnistes persistantes, alors que la Réserve fédérale se réunira la semaine prochaine. La Fed devrait relever le taux des "fed funds" d'un demi-point lors de ce rendez-vous, et sans doute signaler d'autres gestes du même ordre lors des réunions suivantes. La Fed devrait aussi lancer en parallèle la réduction de son bilan, peut-être dès mai, afin de juguler l'inflation qui a flambé à 8,5% sur un an en mars aux Etats-Unis.

Sur le front macro, l'activité a donc nettement ralenti aux États-Unis en début d'année. Les chiffres préliminaires du PIB américain font en effet ressortir une contraction du PIB, en rythme annualisé, de 1,4% au premier trimestre. Le consensus tablait sur une hausse de 1% après une croissance de 6,9% au quatrième trimestre 2021. L'indice des prix rattaché au PIB a par ailleurs encore bondi au rythme de 8%, contre 7,2% de consensus de marché (+5,2% pour l'indice Core). Les dépenses personnelles de consommation se sont appréciées quant à elles sur un rythme de 2,7%, contre +3,5% de consensus et 2,5% au trimestre précédent.

Sur le marché de l'emploi, le Département américain au Travail a annoncé, pour la semaine close au 23 avril, que les inscriptions au chômage ont atteint 180.000, en repli de 5.000 par rapport à la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 180.000. La moyenne à quatre semaines s'établit à 179.750, en hausse de 2.250. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 16 avril atteint 1,408 million, en baisse de 1.000 sur sept jours (1,403 million de consensus), au plus bas depuis 1970.

Sur le marché pétrolier, le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin) recule de 0,1% à 102$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord cède 0,2% à 105$ pour le contrat de juin. Après deux séances de rebond, le brut est rattrapé par les craintes d'une baisse de la demande chinoise en raison des restrictions sanitaires.

De son côté, l'or perd encore du terrain, le contrat à terme de juin cédant 0,1% à 1.885$ l'once sur le Comex. Au plus bas depuis deux mois, le métal jaune est plombé par la remontée des rendements obligataires et par le dollar fort, qui renchérit les prix de l'or pour les acquéreurs internationaux.

Sur le front des devises, le dollar poursuit son "rally", pour remonter au plus haut depuis 5 ans, début 2017, face à un panier de devises de référence. L'indice du dollar grimpe en effet de 0,75% à 103,8 points, tandis que l'euro abandonne 0,5% à 1,0498$, au plus bas depuis janvier 2017. La devise européenne, plombée par les conséquences de la guerre en Ukraine, a perdu plus de 2% depuis le début de la semaine et 4,5% depuis début avril.

Enfin, sur le marché obligataire, le taux du T-Bond à 10 ans remonte de 4,3 points de base (pb) à 2,875% et celui du T-Bond à 2 ans, qui réagit davantage à la politique monétaire, progresse de 6,5 pb à 2,652%.

VALEURS A SUIVRE

* Meta Platforms a publié mercredi soir une batterie de chiffres mitigée, qui a cependant permis au titre de bondir de près de 20% dans les cotations électroniques après la clôture. Le bénéfice net et le nombre d'utilisateurs actifs de la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, ont ainsi battu les attentes du marché au premier trimestre. En revanche, le chiffre d'affaires a déçu. L'action avait plongé en janvier après ses résultats au 4e trimestre 2021 plombés par les changements imposés par Apple qui compliquent le ciblage publicitaire.

Au premier trimestre 2022, le bénéfice du géant américain des réseaux sociaux s'est élevé à 7,47 milliards de dollars (2,72$ par action) en baisse de 21% par rapport à la même période de 2021 (9,5 Mds$ et 3,3$ par action). Le consensus des analystes était cependant logé encore plus bas, à 2,56$ par action, la direction de Meta ayant prévenu en janvier que le groupe affrontait des "vents contraires". De plus, le géant d'internet a rapporté un nombre d'utilisateurs actifs quotidiens supérieur aux estimations de Wall Street pour son réseau Facebook. Cette mesure clé pour les annonceurs, qui témoigne de l'activité sur la plateforme, s'est établie à 1,96 milliard fin mars, légèrement au-dessus de l'estimation de 1,95 milliard, selon les données IBES de Refinitiv.

En revanche, les ventes ont déçu, ainsi que les prévisions du groupe pour le 2e trimestre. Le chiffre d'affaires du 1er trimestre a totalisé 27,9 Mds$, en hausse de 7%, mais inférieure au consensus de 28,3 Mds$ établi par le cabinet FactSet. En outre, cette progression est la plus faible affichée par le groupe depuis 10 ans. Les prévisions de chiffre d'affaires pour le trimestre en cours ont également déçu les attentes de Wall Street. Les ventes sont ainsi attendues entre 28 et 30 Mds$ contre 30,7 Mds$ de consensus.

La direction évoque de nombreux facteurs limitant les perspectives, dont l'inflation, les problèmes de "supply-chain", la guerre en Ukraine, le ralentissement économique en Europe, la concurrence de réseaux comme TikTok ainsi que les changements imposés par Apple qui rendent plus difficile le ciblage publicitaire.

* Pinterest a publié mercredi soir des profits, des revenus et un nombre d'utilisateurs supérieurs aux attentes pour le trimestre achevé fin mars.

* Qualcomm bondit en pré-séance après avoir dévoilé des prévisions supérieures aux attentes des analystes pour son troisième trimestre fiscal. Le management anticipe en effet des revenus compris entre 10,5 et 11,3 milliards de dollars, là où le consensus attendait 9,97 Mds$. Le bénéfice par action est attendu entre 2,75$ et 2,95$, bien au-dessus de la projection moyenne des analystes de 2,60$. Ces perspectives contribuent à dissiper les craintes relatives à un ralentissement de la demande de puces après une poussée alimentée par la pandémie au cours des deux dernières années. Elles montrent également que le plan tant vanté par le DG Cristiano Amon pour diversifier l'entreprise porte ses fruits. Le premier concepteur mondial de puces pour Smartphones est en effet en train de réussir son expansion vers d'autres activités telles que l'automobile.

Le bpa ajusté a atteint 3,21 dollars sur le trimestre clos fin mars, contre 2,9$ de consensus. La société californienne a généré 11,2 milliards de dollars de revenus (+41%), contre 10,6 Mds$ attendus. Comme de nombreux autres fabricants de puces, Qualcomm externalise sa production et a eu du mal à s'approvisionner suffisamment auprès de ses sous-traitants asiatiques au cours des deux dernières années. Les dirigeants de l'entreprise ont néanmoins promis qu'elle serait en mesure de trouver un meilleur équilibre entre l'offre et la demande au fil de l'année.

* Ford a confirmé son objectif de bénéfice pour 2022 après des résultats trimestriels meilleurs que prévu grâce à l'augmentation des prix de ventes de ses véhicules. Le constructeur automobile de Dearborn a néanmoins essuyé une perte nette de 3,1 milliards de dollars au premier trimestre, pénalisé par une lourde dépréciation liée à sa participation dans la start-up de véhicules électriques Rivian Automotive. Le bpa ajusté par action a atteint 38 cents, dépassant les 36 cents prévus par les analystes et l'Ebit ajusté est ressorti à 2,3 Mds$ contre 1,8 Md$ de consensus.

Le chiffre d'affaires a atteint 34,5 Mds$ (-5%) contre 32,2 Mds$ de consensus, malgré une nette baisse des volumes écoulés (960.000 unités, soit -9%) en lien avec la pénurie de puces. Le groupe a confirmé viser un bénéfice avant impôts de 11,5 à 12,5 milliards de dollars en 2022, malgré les difficultés persistantes à obtenir suffisamment de pièces automobiles pour maintenir le bon fonctionnement de ses chaînes de montage.

* Caterpillar recule avant-Bourse à Wall Street malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes du marché. Le géant américain des engins de chantier, généralement perçu comme un baromètre de l'économie, a annoncé une hausse de 14,3% de son chiffre d'affaires à 13,6 milliards de dollars grâce à la croissance de l'activité du secteur de la construction et à la hausse des prix des matières premières, qui dopent les ventes d'équipements lourds. Son bpa a atteint 2,88$ contre un consensus logé à 2,60$.

Caterpillar a déclaré qu'il continuait d'anticiper de nouvelles hausses de prix pour compenser les coûts de fabrication en 2022, ce qui contribuera à améliorer ses marges au second semestre par rapport au premier. Mais les opérateurs s'inquiètent aussi de la forte baisse de l'activité en Chine. Caterpillar avait connu de "bonnes années" en 2020 et 2021 là-bas et s'attendait à revenir davantage aux niveaux de 2019 cette année, a déclaré à 'Bloomberg' le directeur financier, Andrew Bonfield. "Maintenant, nos attentes sont légèrement inférieures à cela... Dans l'ensemble, la bonne nouvelle pour nous est que la demande est si forte ailleurs que toute baisse en Chine nous permet d'approvisionner réellement d'autres clients dans le monde".

* Merck & Co a publié jeudi un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes et relevé sa prévision de chiffre d'affaires annuel en s'appuyant sur la croissance des ventes de son anticancéreux Keytruda, de son vaccin Gardasil et du molnupiravir, son traitement du COVID-19.

* Eli Lilly a fait état d'une hausse de près de 40% de son bénéfice au premier trimestre par rapport à la même période l'an dernier mais a revu en baisse sa prévision de bénéfice annuel.

* KKR va lancer une offre publique d'achat sur la branche logistique d'Hitachi, ont annoncé les deux groupes, une opération à 5,1 milliards de dollars qui marque la dernière acquisition du fonds d'investissement américain auprès du conglomérat japonais. KKR a également annoncé un projet d'OPA sur Albioma.

* Amgen. Le laboratoire américain a annoncé que l'administration fiscale américaine lui réclamait des arriérés d'impôts de 5,1 milliards de dollars avant intérêts et pénalités, liés à la répartition de ses bénéfices entre les Etats-Unis et Porto Rico, où se trouvent la majorité de ses activités de fabrication, de 2013 à 2015.

* Mattel a fait état d'un bénéfice inattendu et d'un chiffre d'affaires au-dessus des attentes au premier trimestre.

* Paypal a fait état d'une légère hausse de son chiffre d'affaires et du nombre de ses nouveaux utilisateurs au premier trimestre mais a revu en baisse sa prévision de bénéfice annuel en expliquant que le conflit en Ukraine et la hausse des prix pourraient affecter les volumes de paiements.

* Northrop Grumman. Le groupe de défense a publié un chiffre d'affaires et un bénéfice ajusté trimestriels en baisse en raison de pénuries de main-d'oeuvre et de difficultés d'approvisionnement.

* Southwest Airlines a annoncé avoir réduit ses pertes à 191 millions de dollars au cours du trimestre janvier-mars et prévoit d'être "solidement rentable" sur l'ensemble de l'année grâce au rebond du tourisme.

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