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Wall Street : les marchés restent déprimés, le Covid-19 progresse

| Boursier | 262 | Aucun vote sur cette news

Après un léger rebond jeudi et vendredi matin, la Bourse américaine repart en baisse vendredi soir.

Wall Street : les marchés restent déprimés, le Covid-19 progresse
Credits Reuters

Après un léger rebond jeudi et vendredi matin, la Bourse américaine repart en baisse vendredi soir, alors que la pandémie de coronavirus continue de s'étendre et de paralyser l'économie mondiale. Aux Etats-Unis, la Californie jeudi soir, et l'Etat de New York, ce vendredi, ont annoncé des mesures de confinement, entraînant la fermeture de toutes les entreprises non essentielles au fonctionnement de l'économie.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 1,4% à 19.802 points, repassant sous les 20.000 points. L'indice large S&P 500 cède 1,66% à 2.369 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, lâche 0,77% à 7.075 pts. Le cours du pétrole WTI, qui avait flambé jeudi de 24%, un record de hausse sur une séance, est reparti à la baisse.

Les indices avaient commencé la séance en légère hausse, mais ils ont changé d'orientation après l'annonce par Mario Cuomo, le gouverneur de New York, de mesures de confinement dans cet Etat, entraînant la fermeture de toutes les entreprises non essentielles à partir de dimanche soir.

L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "l'indice de la peur", continue de se détendre retombant à 62 points (-14%) après avoir atteint des niveaux records supérieurs à 85 mercredi. La volatilité est ainsi montée plus haut qu'à la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la crise financière mondiale.

L'indice Dow Jones est retombé cette semaine à ses plus bas niveaux depuis la fin 2016, et a effacé tous ses gains acquis depuis l'élection de Donald Trump comme président américain en novembre 2016.

Pas de confinement général pour l'instant aux Etats-Unis

Alors que la Californie et l'Etat de New York ont désormais pris des mesures de confinement, le président américain Donald Trump a déclaré vendredi ne pas envisager pour le moment un confinement général de toute la population aux Etats-Unis.

Lors de son point presse quotidien depuis la Maison Blanche, le président américain a déclaré que "cela a été fait en Californie, cela a été fait à New York, ce sont deux points chauds (...) Mais si vous allez dans le Midwest ou ailleurs, ils regardent tout cela à la télévision et n'ont pas les mêmes problèmes", a-t-il ajouté.

Vers un accord avec le démocrates sur le plan de soutien ?

Concernant le plan de soutien de l'économie en préparation, le président américain a déclaré s'approcher d'un accord avec les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, sur un ensemble de mesures de soutien aux ménages et aux entreprises américaines face aux conséquences économiques de cette crise sanitaire.

L'administration Trump prépare un énorme "package" d'un montant de 1.300 milliards de dollars, dont 500 Mds$ en versements directs d'aide financière aux Américains, 50 Mds$ en prêts au secteur aéronautique, et 150 Mds$ aux autres secteurs "fortement perturbés" par l'épidémie. Le passage de cette législation d'urgence s'annonce comme une tâche herculéenne pour le Congrès, mais elle pourrait néanmoins être votée dans le courant de la semaine prochaine, selon des sources au Capitole.

Les banques centrales sortent la grosse artillerie

Alors qu'à travers le monde, les gouvernements mondiaux dégainent leurs ripostes budgétaires, la semaine a aussi été chargée en annonces de banques centrales, à commencer par la Réserve fédérale américaine et la BCE, qui ont toutes deux fait savoir qu'elles fourniraient des liquidités aux marchés quoiqu'il en coûte. La Fed a ramené ses taux directeurs à zéro le dimanche 15 mars, avant d'annoncer dans la foulée 3 nouveaux programmes de rachats d'actifs ciblés pour soutenir tout l'éventail de acteurs économiques. La Fed a aussi ouvert jeudi l'accès au dollar aux banques centrales de neuf pays, alors que certaines commençaient à avoir du mal à se financer en dollars, devise très demandée en temps de crise.

En Europe, la BCE a dégainé le bazooka mercredi soir, en lançant un plan de rachat d'actifs de 750 milliards d'euros. De nombreuses autres banques centrales, dont la Banque d'Angleterre et la Banque de réserve d'Australie, ont pris des mesures exceptionnelles pour tenter d'amortir le choc provoqué par le brutal ralentissement économique lié aux mesures de lutte contre l'épidémie de coronavirus.

Plus de 260.000 cas de Covid-19 dans le monde, plus de 11.000 morts

La pandémie continue de se propager très rapidement hors de Chine. Aux Etats-Unis, le nombre de cas est monté vendredi à 14.631 (+3.357 par rapport à jeudi soir) et 210 personnes sont mortes du Covid-19 (157 jeudi).

En Europe, le nombre décès a accéléré vendredi en Italie (4.032 vendredi soir, soit +627 par rapport à jeudi, un triste record). L'Italie compte désormais plus de morts que la Chine, où l'épidémie semble désormais jugulée.

Dans le monde, le nombre de cas dépasse désormais les 263.000 et le nombre de morts est d'au moins 11.113, selon les statistiques de l'Université Johns Hopkins.

La récession menace les Etats-Unis

Même si les investisseurs apprécient l'engagement budgétaire et monétaire quasi sans limite des différents gouvernements, à court terme, les mauvaises nouvelles sanitaires dépriment les marchés. Les économistes estiment désormais inévitable une récession aux Etats-Unis, en Europe, voire au niveau mondial, la question étant désormais de savoir combien de temps elle va durer....

Les derniers indicateurs économiques portent déjà les traces de la pandémie de coronavirus (vive hausse des inscriptions hebdomadaire au chômage et fort repli des indices de l'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie et de la Fed de New York). Vendredi, les économistes de la Bank of America estiment que l'économie américaine pourrait perdre jusqu'à 3,5 millions d'emplois, alors que le PIB pourrait s'effondrer sur un rythme de 12% au deuxième trimestre.

Le dollar fait office de valeur-refuge

Les incertitudes mondiales ont profité largement au dollar cette semaine, bien que le billet vert marque un peu le pas vendredi. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) redonne vendredi 0,32% en séance à 102,55 points, mais il a grimpé de plus de 4% sur la semaine. L'euro continue de glisser, cédant encore 0,3% à 1,0657$, après une chute de 2% jeudi, sur fond d'inquiétudes pour l'économie de la zone euro..

Les obligations d'Etat continuent de grimper aux Etats-Unis, faisant chuter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse de cours). Le rendement du T-Bond à 10 ans perd vendredi 22 points de base à 0,92%, retombant sous la barre de 1,00%. En Europe, les taux souverains se sont détendus aussi, sous l'effet des mesures des banques centrales : -13 pdb à -0,33% pour le Bund à 10 ans allemand, -12 pdb à 0,09% pour l'OAT française à 10 ans et -16 pdb à 0,55% pour le Gilt britannique.

Le marché pétrolier toujours fortement secoué

Le cours du pétrole WTI repart en baisse après sa flambée de 24% jeudi, un record de hausse sur une séance. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) reperd 10% vendredi soir à 22,62$ (après +23,8% jeudi et -24% mercredi) pour le contrat à terme d'avril coté sur le Nymex. Le Brent de mer du Nord est stable à 28,49$ (après -14,4% jeudi et -10,4% mercredi).

Le "rally" de jeudi a été alimenté par des déclarations de Donald Trump affirmant qu'il pourrait intervenir pour soutenir les cours, face à la guerre des prix déclenchée début mars par l'Arabie saoudite et la Russie. "C'est très dévastateur pour la Russie, car l'ensemble de l'économie est basée sur le pétrole, et ils font face au plus bas prix depuis des décennies", a-t-il déclaré. "Je dirais que c'est très mauvais pour l'Arabie Saoudite également. Mais ils se battent, ils se battent sur le prix, ils se battent sur la production. Au moment opportun, je vais m'impliquer", a poursuivi Donald Trump.

Les cours du brut, qui reculent d'environ 60% par rapport au début 2020, subissent le double effet de l'effondrement de la demande de pétrole dû à la propagation du coronavirus, et de la fin de l'accord Opep+ qui permettait de soutenir les cours depuis 2016...

VALEURS A SUIVRE

* Delta Air Lines (+1,5%), United Airlines (+14,3%) et American Airlines (1,8%) rebondissent fortement. Une proposition républicaine présentée au Sénat jeudi prévoit d'accorder 58 milliards de dollars de prêts garantis aux compagnies aériennes mises en difficulté par la pandémie de coronavirus.

* Hertz (+34%) et Avis (+20%) ont demandé au département du Trésor d'être inclus dans toute aide à l'industrie du voyage. Le PDG de Hertz, Kathy Marinello, a déclaré à 'Bloomberg' que le secteur de la location de voitures a été frappé aussi durement que celui des compagnies aériennes par la crise qui secoue le secteur du tourisme.

* Tesla (+7%). Le constructeur de voitures électriques a annoncé la suspension à partir du 24 mars de la production de l'usine de Fremont, en Californie, mettant fin aux dissensions avec les autorités californiennes, préoccupées par la propagation du coronavirus. En outre, les immatriculations de véhicules du constructeur américain en Chine ont chuté de 35% sur un mois en février, selon les données du cabinet de conseil LMC Automotive.

* Apple (+3%) aurait limité les achats d'iPhone en ligne à deux unités par personnes dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis et la Chine, afin, semble-t-il, d'éviter les reventes alors que le groupe a fermé l'ensemble de ses magasins en hors de Chine en raison du coronavirus.

* Alphabet (+1%). YouTube va réduire la qualité des vidéos en ligne dans l'Union européenne pour éviter une saturation du réseau alors que des millions de personnes sont passées au télétravail pour limiter la propagation du coronavirus.

* Walmart (-1,8%) va embaucher 150.000 travailleurs intérimaires supplémentaires pour faire face à l'augmentation du nombre d'acheteurs dans ses magasins. Le distributeur a par ailleurs annoncé le versement d'une prime de 550 millions de dollars pour récompenser ses salariés dans le contexte de pandémie de coronavirus.

* Boeing (-0,5%) envisage sérieusement une suspension temporaire de la production de ses gros porteurs, selon des personnes proches du géant américain citées par Reuters. La compagnie n'a cependant pas encore pris de décision finale sur le calendrier. Le groupe, qui cherche à obtenir le soutien de l'Etat face à la crise actuelle, envisagerait de réduire son dividende et de licencier un certain nombre de personnes.

* Tiffany & Co (-0,3%). Le joailler américain vient de dévoiler des résultats trimestriels inférieurs aux attentes des analystes même si les ventes à périmètre comptables ont dépassé le consensus. Sur les trois mois clos fin janvier, le groupe a réalisé un profit net de 201,1 millions de dollars ou 1,66$ par titre contre un bénéfice de 204,5 M$ ou un bpa de 1,67$ un an plus tôt. Les revenus ont augmenté de 2,8% à 1,36 Md$ (+3% en comparable). La société a déclaré qu'elle ne fournira pas de perspectives pour l'ensemble de l'année étant donné qu'elle attend la finalisation de sa fusion avec LVMH. Elle a toutefois indiqué que ses comptes avaient été fortement affectés cette année par la fermeture temporaire de magasins dans le monde entier.

Par ailleurs, LVMH pourrait profiter de la chute du groupe américain en bourse pour racheter directement des titres sur le marché. Selon les sources de 'Bloomberg', LVMH a discuté de ses intentions avec le conseil d'administration de Tiffany qui pourrait lui donner le feu vert après la publication des résultats trimestriels du groupe américain vendredi. Tiffany cotait environ 118$ hier à Wall Street avant que Bloomberg ne dévoile cette information, contre un prix de 135$ offert par LVMH fin 2019.

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