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Wall Street : les GAFA plombent un peu plus l'ambiance

| Boursier | 783 | Aucun vote sur cette news

La fin de semaine s'annonce chahutée à Wall Street...

Wall Street : les GAFA plombent un peu plus l'ambiance
Credits Reuters

La fin de semaine s'annonce chahutée à Wall Street. À l'incertitude liée à la poursuite de la pandémie de Covid-19 et au résultat de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, viennent s'ajouter de nouvelles inquiétudes concernant les perspectives des géants technologiques après des publications quelque peu mitigées des GAFA hier soir. Apple a déçu avec une baisse des ventes d'iPhones plus prononcée qu'attendu, Facebook a mis en garde contre une année 2021 plus difficile que prévu, Amazon a averti d'une hausse de ses coûts liés à la pandémie même s'il anticipe une forte hausse de ses ventes en fin d'année alors qu'Alphabet a lui assuré en faisant état d'un gros rebond de ses revenus publicitaires après l'effondrement du deuxième trimestre.

Les futures sur les trois grands indices américains pointent vers une ouverture en forte baisse et Wall Street pourrait bien connaître sa plus mauvaise semaine depuis le mois de mars. Signe de la nervosité ambiante, l'indice de volatilité du CBOE (le VIX), également connu comme la "jauge de la peur", a atteint un sommet de 41,2 jeudi, son plus haut niveau depuis le 15 juin.

Sur le front de l'épidémie, le dernier bilan de l'Université Johns Hopkins fait état de plus de 44,94 millions de cas confirmés de Covid-19 dans le monde, dont 8,9 millions aux Etats-Unis, plus de 8,04 millions en Inde et 5,47 millions au Brésil. Le virus a tué 1,18 million de personnes dans le monde.

Après l'annonce d'une croissance record aux Etats-Unis au troisième trimestre, qui fait suite à un plongeon tout aussi historique, les opérateurs surveilleront aujourd'hui l'évolution des revenus et dépenses des ménages en septembre (13h30), l'Indice du coût de l'emploi de septembre également (13h30), l'Indice manufacturier PMI de Chicago pour octobre (14h45) ainsi que l'Indice révisé du sentiment des consommateurs mesuré par l'Université du Michigan d'octobre (15h).

Les valeurs

* Apple a publié jeudi après la clôture de Wall Street des profits et des ventes trimestriels supérieurs aux attentes du marché, malgré un recul plus important que prévu des ventes d'iPhones, lié notamment au lancement tardif de sa nouvelle gamme d'iPhone 12. Ce modèle (le premier compatible avec la 5G), a été lancé plus tard que les années précédentes, à la mi-octobre, et n'a ainsi pas contribué du tout au 4e trimestre fiscal du groupe, qui s'est achevé fin septembre.

L'action Apple reculait de 4,3% dans les cotations post-séance après cette publication, peut-être en raison d'une déception sur les ventes d'iPhones, même si les toutes les autres activités du groupe ont fait mieux que prévu. Le titre a bondi de près de 60% depuis le début de l'année, profitant de la crise du coronavirus, qui a accru l'usage des portables et des services en ligne notamment le streaming vidéo, dans lequel Apple s'est lancé fin 2019 avec Apple TV+. Comme les deux trimestres précédents, la firme de Cupertino n'a pas fourni de prévisions pour le trimestre en cours, celui des fêtes de fin d'année, ce qui a sans doute un peu déçu les investisseurs, qui tablent sur un succès de la gamme d'iPhone 12.

Sur le trimestre achevé fin septembre, le bénéfice net d'Apple s'est établi à 12,67 milliards de dollars (73 cents par action) en baisse de 7,4% (13,68 Mds$ et 76 cents par action). Les profits sont toutefois supérieurs au consensus FactSet, qui tablait sur 71 cents par action. Malgré l'absence des nouveaux iPhones, le chiffre d'affaires a légèrement progressé, de 1%, pour atteindre 64,7 milliards de dollars (un record pour un trimestre achevé en septembre), alors que les analystes s'attendaient à un tassement à 63,7 Mds$. Dans le détail, les ventes d'iPhones (privées de l'iPhone 12) ont baissé de 20% à 26,44 Mds$, contre 33,36 Mds$ en 2019, et 28,08 Mds$ attendus par les analystes.

Cependant, les ventes d'iPads et d'iMac ont été supérieures aux attentes, profitant de la hausse du télétravail et de l'enseignement à distance pendant la crise sanitaire. Les ventes d'iPad ont atteint 6,8 Mds$ contre 4,66 Mds$ un an plus tôt (+46%) et contre 6,02 Mds$ prévus par le consensus. Les iMacs ont généré un chiffre d'affaires de 9,03 Mds$ contre 6,99 Mds$ en 2019 (+29%), bien supérieur aux 7,82 Mds$ attendus par Wall Street. Les ventes de produits portables ("wearables") et accessoires, dont l'Apple Watch, ont grimpé à 7,88 Mds$ contre 6,52 Mds$ en 2019 (+21%), là aussi bien au-delà des 7,17 Mds$ de consensus. Le revenus des services (jeux, musique, vidéo en streaming, Apple Store...) ont bondi de 16% pour atteindre 14,55Mds$, contre 12,51 Mds$ un an plus tôt, et alors que les analystes attendaient un chiffre de 14,11 Mds$.

Les comptes confirment globalement la poursuite de la stratégie d'Apple consistant à augmenter la part des revenus des services et autres produits, en monétisant sa vaste base installée de smartphones.

* Alphabet, maison-mère Google, publié très supérieurs attentes, grâce à publicité 3e trimestre. Le bénéfice troisième géant américain d'internet 59% an, s'établir à 11,25 (16,40$ action), 7,06 Mds$ (10,12$ action) 3e 2019. Les bénéfice "seulement" 11,30$.

Les ventes trimestrielles du groupe ont totalisé 46,2 Mds$ (+14% sur un an), un chiffre très supérieur aux 42,9 Mds$ attendus par le consensus. Plombé par la crise du coronavirus, Alphabet avait subi au deuxième trimestre sa première baisse de revenus trimestriels depuis son introduction en Bourse en 2004, ce qui avait pesé sur son cours de Bourse.

Comme pour d'autres groupes internet, dont Snap et Pinterest, les ventes d'Alphabet ont été soutenues par une solide reprise de la publicité en ligne, d'une part sur le moteur de recherche Google et sur Youtube, a indiqué la directrice financière du groupe, Ruth Porat. Les ventes de l'activité Cloud (Google Cloud and Play) ont aussi soutenu la croissance. Les revenus publicitaires de Google ont ainsi bondi de 10% à 37,1 Mds$, contre 33,8 Mds$ un an plus tôt, renouant avec la croissance, après avoir reculé pendant les deux trimestres précédents, sous l'effet de la crise du coronavirus. Les revenus publicitaires de YouTube ont grimpé de 32% pour dépasser les 5 Mds$ (5,04 Mds$) contre 3,8 Mds$ un an plus tôt, et ceux du "cloud" ont atteint 3,44 Mds$ contre 2,38 Mds$ en 2019 (+44%).

* Twitter a publié un bénéfice net de 29 millions de dollars pour le 3e trimestre 2020, en baisse de 21% par rapport à la même période de 2019. Le bénéfice par action s'est établi à 19 cents, ce qui était tout de même très supérieur aux attentes du consensus, logées à seulement 6 cents. Les ventes du réseau social ont aussi dépassé les attentes à 936,2 millions de dollars (+14% sur un an) grâce à un retour de la publicité, contre 777,15 M$ attendus par les analystes sondés par le cabinet FactSet.

Malgré ces chiffres encourageants, l'action Twitter plongeait jeudi soir de 16,5% dans les cotations électroniques après la clôture de Wall Street... Le groupe a en effet déçu en faisant état d'une hausse de seulement un million du nombre d'utilisateurs quotidiens "monétisables" au 3e trimestre, pour atteindre à 187 millions. Les analystes avaient compté sur un total de 196 millions d'utilisateurs actifs. En outre, la firme à l'oiseau bleu a émis des inquiétudes sur l'évolution du marché publicitaire en ligne après les élections américaines du 3 novembre". "A l'approche de l'élection, toutefois, il est difficile de prévoir comment le comportement des annonceurs pourrait changer" a indiqué Twitter.

* Facebook. Publication assez mitigée pour le groupe de Mark Zuckerberg. Si le réseau social a dépassé les attentes des analystes au troisième trimestre, il a mis en garde contre une année 2021 plus difficile que prévu compte tenu d'un certain niveau d'incertitudes, citant les tendances imprévisibles des dépenses en ligne pendant la pandémie, les défis réglementaires et les changements imminents en matière de protection de la vie privée prévus par Apple.

Dave Wehner, directeur financier de Facebook, a déclaré lors d'une conférence téléphonique que les dépenses augmenteraient au quatrième trimestre en raison des coûts de retour au travail, de l'augmentation des effectifs, des investissements dans les produits et des frais juridiques plus élevés. Il a souligné que l'entreprise s'attendait à une baisse des marges en conséquence, sans donner d'indications précises sur les revenus, même si Facebook prévoit un taux de croissance de ses recettes publicitaires supérieur à celui du troisième trimestre en raison de la demande pendant la période des fêtes.

Sur les trois mois clos fin septembre, la firme de Menlo Park a vu ses recettes bondir de 22% à 21,47 milliards de dollars contre 19,8 Mds$ de consensus. Le bénéfice net a augmenté de 29% à 7,85 milliards de dollars, soit 2,71 dollars par action, contre un bpa de 1,91 dollar attendu par les analystes. Par ailleurs, si le nombre d'utilisateurs actifs par mois a atteint 2,74 milliards au cours du trimestre, dépassant les prévisions du marché, la société californienne a enregistré un déclin inhabituel du nombre d'utilisateurs aux États-Unis et au Canada, ses marchés publicitaires les plus lucratifs.

Malgré le boycott de centaines de sociétés en juillet qui demandaient au plus grand réseau social du monde d'assumer une plus grande responsabilité dans la modération des discours de haine et de la désinformation électorale à l'approche de l'élection du 3 novembre, Facebook est donc parvenu à délivrer de solides résultats trimestriels. Par ailleurs, si la visibilité apparaît assez limitée, la société a indiqué que ses dépenses totales en 2021 seront comprises entre 68 et 73 milliards de dollars alors qu'elle embauche davantage et investit dans le développement de nouveaux produits. Un réel signe de confiance dans l'avenir malgré tout.

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