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Wall Street : légère hausse avec le commerce et les "stats" US

| Boursier | 747 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York progresse encore mardi, les trois principaux indices signant de nouveaux records historiques en séance. La production industrielle a rebondi en novembre aux Etats-Unis.

Wall Street : légère hausse avec le commerce et les "stats" US
Credits Reuters

La Bourse américaine reste bien orientée mardi, toujours soutenue par l'accord commercial partiel conclu en fin de semaine dernière entre les Etats-Unis et la Chine. Les marchés ont aussi été rassurés par la publication d'indicateurs économiques en amélioration aux Etats-Unis en matière de production industrielle et dans la construction. Le cours du baril de pétrole WTI a franchi les 61$ en séance pour la première fois depuis plus de trois mois. La livre sterling a plongé, après le retour d'un risque de Brexit sans accord à horizon de la fin 2020.

A deux heures de la clôture, les trois principaux indices avancent légèrement, inscrivant de nouveaux records, et s'apprêtant à aligner 5 séances consécutives de hausse. L'indice Dow Jones gagne 0,20% à 28.292 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,10% à 3.194 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, s'apprécie de 0,09% à 8.821 pts. Depuis le 1er janvier, le DJIA affiche une hausse de 21%, le S&P 500 gagne 27% et le Nasdaq grimpe de 33% !

Ailleurs, les marchés ont fini en ordre dispersé mardi. En Asie, l'indice Shanghai composite a gagné 1,27%, mais en Europe, l'EuroStoxx 50 a cédé 0,7%, et à Paris, le CAC 40 a lâché 0,39%.

Boris Johnson fait replonger la livre sterling

Sur le marché des changes, le dollar a rebondi après la publication d'une reprise de la production industrielle aux Etats-Unis en novembre. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 grandes devises, a repris 0,18% à 97,19 points tandis que l'euro progressait lui aussi, de 0,1% à 1,1153$.

La livre sterling a en revanche plongé de 1,62%, retombant à 1,3116$... La devise britannique avait pourtant flambé ces derniers jours, au plus haut depuis juin 2018, fêtant la large victoire du parti conservateur de Boris Johnson aux législatives au Royaume-Uni. Cependant, le Premier ministre britannique a choqué les marchés mardi en indiquant qu'il allait inscrire dans la loi sur le Brexit une clause exigeant que les accords commerciaux avec l'UE soient finalisés à la fin 2020...

Or, les experts considèrent à la quasi-unanimité que ce délai est insuffisant pour conclure un accord, compte-tenu de la complexité des négociations à mener secteur par secteur. Le risque d'un Brexit dur, sans accord, à la fin 2020 est donc revenu en force, effrayant les marchés financiers et pesant sur la livre sterling.

Le pétrole WTI au plus haut depuis plus de 3 mois

Sur les marchés obligataires américains, c'est la stabilité qui prévaut mardi, le rendement du T-Bond à 10 ans demeurant à 1,88%. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a cédé 2 points de base à -0,30%.

Le marché pétrolier a encore progressé mardi, soutenu par l'accord commercial sino-américain, qui ouvre la voie à une accélération de la croissance mondiale en 2020. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a franchi en séance le seuil des 61$, et gagne en soirée 1% à 60,81$ sur le Nymex (contrat à terme de janvier), au plus haut depuis plus de trois mois. Le Brent de la mer du Nord prend 0,98% à 65,98$ pour le contrat à terme de février.

Les cours restent aussi soutenus par le nouvel accord de l'Opep+, conclu le 6 décembre. Le cartel pétrolier mené par l'Arabie saoudite et ses alliés, dont la Russie, ont décidé d'une réduction supplémentaire de leur production de 500.000 barils par jour jusqu'en mars 2020 afin de soutenir les cours.

Rebond de la production industrielle et des permis de construire aux Etats-Unis

Les investisseurs ont apprécié les dernières statistiques américaines, qui signalent un redémarrage de l'activité industrielle, en berne depuis plusieurs mois. La production industrielle américaine a ainsi rebondi de 1,1% en novembre sur un mois, contre un consensus de +0,9%, et après un repli de 0,9% en octobre. Il s'agit de la plus forte hausse depuis octobre 2017. La production manufacturière a également progressé de 1,1%, contre +0,8% de consensus. Le taux d'utilisation des capacités a augmenté pour atteindre 77,3%, contre 76,6% le mois précédent.

Les mises en chantier de logements ont elles aussi réservé de bonnes surprises en novembre, s'affichant à 1,365 million (+3,2%), contre 1,345 million de consensus et après 1,323 million en octobre. Les permis de construire ont atteint 1,482 million d'unités (+1,4%), au plus haut depuis 12 ans. Le consensus tablait sur seulement 1,41 million de permis, après 1,461 million en octobre.

L'accord commercial entre Washington et Pékin signé début janvier ?

Sur le front commercial, les marchés restent un peu sur leur faim, faute de détails sur l'accord commercial, dont la rédaction juridique et la traduction est toujours en cours. Aucune date n'est encore prévue pour sa signature officielle par Donald Trump et Xi Jinping, bien que les responsables américains évoquent le début du mois de janvier.

Dimanche, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, avait affirmé sur la chaîne CBS que l'accord avec Pékin était "totalement prêt", et qu'il allait au-delà des biens agricoles pour englober les questions de la propriété intellectuelle, des services financiers et des devises. En outre, il comporte des garanties fortes concernant l'application des engagements pris. M. Lighthizer a ajouté qu'il restait des sujets de désaccord qui devront être résolus lors des négociations de "Phase 2", dont le calendrier n'est pas encore déterminé.

A court terme, les investisseurs aimeraient connaître le montant des produits agricoles américains que Pékin s'est engagé à acheter (Donald Trump a évoqué 50 milliards de dollars, mais le chiffre n'a pas été confirmé par la Chine). Ils aimeraient aussi savoir à quelle date Washington procédera à la diminution des taxes infligées depuis septembre sur 120 Mds$ de produits chinois.

Dans le cadre de l'accord, Washington et Pékin ont renoncé aux nouvelles taxes prévues à partir du 15 décembre. Les Etats-Unis ont en outre accepté de diviser par deux, de 15% à 7,5%, les taxes instaurées en septembre sur 120 Mds$ de produits chinois importés. En revanche, les droits de douane de 25% appliquées depuis 2018 à 250 Mds$ d'autres marchandises chinoises importées restent en place.

VALEURS A SUIVRE

L'action Boeing (+0,3%) résiste à la confirmation par le groupe aéronautique de la suspension de la production de son B-737 MAX. A l'issue d'un conseil d'administration, le management a indiqué lundi soir qu'il suspendrait en janvier, pour la première fois en plus de vingt ans, la production de son best-seller, cloué au sol depuis mars dernier après deux accidents ayant fait 436 morts.

"Nous croyons que cette décision est la moins perturbatrice pour le maintien à long terme du système de production et de la santé de la chaîne d'approvisionnement. Cette décision est motivée par un certain nombre de facteurs, notamment la prolongation de la certification jusqu'en 2020, l'incertitude quant au calendrier et aux conditions de remise en service et aux approbations mondiales de formation, et l'importance de veiller à ce que nous puissions accorder la priorité à la livraison des aéronefs stockés. Nous continuerons d'évaluer les progrès réalisés en vue de la remise en service et nous prendrons des décisions quant à la reprise de la production et des livraisons en conséquence", a indiqué Boeing dans un communiqué, dévoilé lundi après la clôture de Wall Street.

Le géant de l'aéronautique a précisé que cette mesure n'entraînera pas de licenciements, alors qu'il emploie près de 12.000 salariés dans l'usine du sud de Seattle chargée de la production du 737. La direction a par ailleurs indiqué qu'elle donnera des informations chiffrées relatives à la suspension de la production de l'appareil dans le cadre de la publication de ses résultats annuels fin janvier. "Cette pause pourrait indiquer que la remise en service du 737 Max n'est pas imminente, comme les investisseurs les plus optimistes l'avaient peut-être prévu", a déclaré Ron Epstein, analyste chez Bank of America ML.

Southwest Airlines (+0,3%) retarde encore l'éventuel retour du 737 MAX de Boeing au sein de sa flotte. La compagnie à bas coûts a désormais décidé de se passer du best-seller de l'avionneur américain jusqu'au 13 avril, soit un décalage de plus d'un mois par rapport à la prévision antérieure du transporteur américain. Principal client du 737MAX avec 34 appareils, Southwest précise que ce changement réalisée de façon proactive réduira son programme de 300 vols par jour sur un total de plus de 4.000 vols quotidiens en période de pointe. "Nous demeurons confiants qu'une fois certifiées par la FAA, les améliorations permettront d'assurer l'exploitation en toute sécurité du MAX", souligne encore une fois Southwest. American Airlines a annoncé la semaine passée qu'elle reportait à début avril, au plus tôt, un retour dans les airs de ses 737 MAX.

Pfizer (-0,6%). La Food and Drug Administration des États-Unis a approuvé le traitement contre un certain type de cancer de la prostate développé par le géant américain et Astellas Pharma.

Eli Lilly bondit de 2,4% après que le laboratoire pharmaceutique a publié des prévisions optimistes financières pour l'exercice 2020.

Bed Bath & Beyond flambe de près de 12%, après l'annonce d'un vaste remaniement de sa direction. Six membres de la direction de la chaîne de magasins vont quitter leurs postes, dont les responsables des ventes et du marketing. Le directeur général Mark Tritton annoncera un nouveau plan de développement début 2020, a précisé le spécialistes des fournitures pour la maison.

Navistar International (-9,7%) a publié des résultats décevants au 4e trimestre fiscal. Les profits et les ventes ont reculé plus que prévu par les analystes. En outre, le constructeur de camions et de bus a fait des prévision prudentes pour 2020.

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