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Wall Street : le Nasdaq replonge face à la remontée des taux

| Boursier | 188 | Aucun vote sur cette news

Les tensions sur les taux font particulièrement souffrir les valeurs de croissance, jeudi, pesant sur le Nasdaq.

Wall Street : le Nasdaq replonge face à la remontée des taux
Credits Reuters

La détente sur les taux d'intérêts n'a pas duré sur les marchés américains, où le rendement du T-Bond à 10 ans a bondi jeudi au-dessus de 2,8%, au plus haut depuis décembre 2018. Ces tensions sur les taux font particulièrement souffrir les valeurs de croissance, ce qui pèse sur le Nasdaq, tandis que les valeurs cycliques et défensives résistent. Le pétrole poursuit sa remontée, le baril de Brent repassant au-dessus de 110$ dans la crainte d'une offre mondiale restreinte par les sanctions contre la Russie.

A deux heures de la clôture, le Dow Jones progresse de 0,36% à 34.687 points, tandis que l'indice large S&P 500 cède 0,42% à 4.428 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, rechute de 1,24% à 13.474 pts, portant sa baisse à environ 1,7% cette semaine.

La Bourse de New York sera fermée ce vendredi pour le week-end de Pâques, mais elle sera ouverte lundi prochain même si la plupart des marchés européens resteront fermés.

Résultats contrastés pour les grandes banques de Wall Street

Sept des onze indices sectoriels du S&P 500 sont en terrain positif jeudi soir, dont l'énergie (+0,6%) et les "utilities" (+0,45%), tandis que les biens de consommation discrétionnaires (-1,2%), les technologiques (-1,6%) et les services de communication (-1,3%) pèsent sur le Nasdaq.

La séance de jeudi est notamment animée par l'annonce choc d'une offre d'achat hostile d'Elon Musk sur Twitter (-0,3%), dont il avait déjà acquis 9,2% la semaine dernière. Ce jeudi est aussi marqué par la publication des résultats de quatre grandes banques américaines, Goldman Sachs (stable), Morgan Stanley (+0,6%), Citigroup (+1,3%) et Wells Fargo (-5,7%), au lendemain d'une déception sur les comptes de JP Morgan, qui avait ouvert mercredi la saison des résultats du 1er trimestre. Jeudi, les comptes des banques ont été plutôt meilleurs qu'attendus, à l'exception de ceux de Wells Fargo.

Le titre JP Morgan perdait encore 1,4% jeudi, après une chute de 3,2% la veille, ses bénéfices ayant été rognés par une charge liée à la crise ukrainienne et une hausse des provisions pour mauvaises créances. Le patron emblématique de JPM, Jamie Dimon, a en outre prévenu de "défis géopolitiques et économiques importants à venir" dans les prochains trimestres.

La BCE confirme son calendrier de resserrement monétaire

Dans l'actualité monétaire du jour, la Banque Centrale Européenne a sans grande surprise maintenu sa politique monétaire en l'état et a confirmé qu'elle comptait mettre fin à ses achats d'actifs au 3e trimestre, ouvrant la voie à une remonté des taux après cette étape.

La BCE mettra d'abord fin à ses achats d'actifs, puis augmentera "quelque temps après" ses taux. Ce "quelque temps après" signifie n'importe quand entre une semaine et plusieurs mois, a précisé la présidente de la BCE Christine Lagarde lors de sa conférence de presse.

Aux Etats-Unis en revanche, le rythme de hausse des taux directeurs de la Fed devrait nettement s'accélérer, les marchés tablant sur une hausse d'un demi-point en mai, et peut-être un autre tour de vis de même ampleur en juin, afin de juguler l'envolée de l'inflation. Celle-ci a atteint 8,5% en mars aux Etats-Unis, et pourrait désormais être proche de son pic, estiment certains experts.

Les marchés obligataires n'en finissent plus de s'ajuster aux anticipations de politique monétaire moins accommodante. Le rendement du T-Bond à 10 ans flambe jeudi de 13 points de base (pb) à 2,83%, et le taux à 2 ans américain est remonté à 2,45% (+10 pb). En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, a grimpé de 9 pb à 0,85%. Ces taux ont flambé depuis le début de l'année, qu'ils avaient commencée respectivement à 1,5% pour le "10 ans" US, à 0,72% pour le "2 ans" et à -0,18% pour le "10 ans " allemand.

Le moral des ménages américains s'améliore début avril, malgré l'inflation

Aux Etats-Unis, les prix à l'import ont augmenté plus que prévu en mars, de 2,6% sur un mois, tandis que les prix à l'export ont flambé de 4,5%, près de deux fois plus que prévu en comparaison du mois de février.

Malgré l'inflation, les ventes de détail ont plutôt bien résisté en mars, en augmentation de 0,5% sur un mois, contre +0,6% de consensus et +0,8% en février. Hors automobile cette fois, les ventes se sont appréciées de 1,1%, contre 1% de consensus et 0,6% en février. Hors automobile et essence, la consommation américaine a progressé de 0,2%, contre -0,1% de consensus et -0,1% un mois plus tôt.

Le moral des ménages s'est aussi amélioré début avril, selon l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs mesuré par l'Université du Michigan. L'indice s'est établi à 65,7, bien plus élevé que prévu puisque le consensus était de 59. L'indicateur se situait 59,4 pour sa lecture finale de mars. L'indicateur des anticipations d'inflation de l'Université du Michigan ressort à 5,4%, en ligne avec le niveau du mois antérieur.

Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 9 avril, ont été un peu supérieures aux attentes, à 185.000, contre 175.000 de consensus de marché, mais elle restent proches de leurs plus bas historiques.

Enfin, les stocks des entreprises du mois de février, également publiés ce jour mais de moindre importance, ont augmenté de 1,5% en comparaison du mois de janvier, contre 1,3% de consensus et 1,3% un mois avant.

Le baril de Brent campe à nouveau au-dessus de 110$

Les cours du pétrole progressent pour la 3e séance, les inquiétudes sur la baisse de l'offre russe s'étant renforcées. L'Opep a prévenu en début de semaine ne pas être en mesure de compenser la baisse de la production russe en cas d'embargo européen sur le brut russe dans le cadre du conflit ukrainien.

Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de mai) gagne 1,45% à 105,76$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord prend 1,8% à 110,76$ pour le contrat de juin (après +6,2% mardi). Les cours du Brent étaient tombés lundi sous 100$ pour la 1ère fois depuis le 16 mars, mais ont ensuite rebondi de plus de 10%.

Lors de sa conférence de presse suivant la réunion de la BCE, Christine Lagarde a estimé jeudi qu'un éventuel boycott brutal de l'énergie russe, aurait un impact énorme sur l'économie de la zone euro. L'impact de la guerre sur l'économie dépendra de l'évolution du conflit, de l'effet des sanctions actuelles et d'éventuelles mesures supplémentaires, a-t-elle souligné, ajoutant que l'inflation a fortement augmenté et restera élevée au cours des prochains mois, principalement en raison de la forte hausse des coûts de l'énergie.

VALEURS A SUIVRE

Twitter (-0,3% à 45,61$) recule malgré l'offre d'Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX ! L'homme le plus riche du monde, qui venait de prendre 9,1% de participation au capital de Twitter, veut désormais racheter la totalité du réseau social à l'oiseau bleu. Le prix proposé est de 54,2$ par action, ce qui représenterait un montant total de plus de 43 milliards de dollars !

"J'ai investi dans Twitter car je crois en sa capacité à devenir la plateforme de la liberté d'expression dans le monde entier, et je crois que la liberté d'expression est un impératif sociétal pour une démocratie qui fonctionne. Cependant, depuis que j'ai fait mon investissement, je réalise maintenant que l'entreprise ne prospérera ni ne servira cet impératif sociétal dans sa forme actuelle. Twitter doit être transformé en une entreprise non cotée. En conséquence, je propose d'acheter 100% de Twitter pour 54,20$ par action en numéraire, une prime de 54% par rapport à la veille du jour où j'ai commencé à investir dans Twitter et une prime de 38% par rapport à la veille de l'annonce publique de mon investissement. Mon offre est ma meilleure et dernière offre et si elle n'est pas acceptée, je devrai reconsidérer ma position d'actionnaire. Twitter a un potentiel extraordinaire. Je vais le débloquer", a écrit Musk au président du conseil d'administration de Twitter, Bret Taylor.

Il s'agirait donc d'une offre finale que Musk n'entendrait pas rehausser. L'homme d'affaires, qui venait de prendre plus de 9% des parts, avait décliné une place au conseil d'administration de Twitter, ce qui aurait plafonné sa participation à 14,9%.

Tesla perd 3% à Wall Street. Une offre en cash d'un tel montant pourrait en effet nécessiter que Musk allège quelque peu sa participation au capital du constructeur pour récupérer des liquidités destinées à son offre sur Twitter. Selon la dernière évaluation de Forbes, la "valeur nette" de Musk en temps réel est actuellement de 274 milliards de dollars, mais l'essentiel provient de la participation de 21% au capital de Tesla. SpaceX, le groupe aérospatial du milliardaire, est évalué 74 milliards de dollars pour l'heure, après un round de financement de février 2021.

Morgan Stanley (+0,6%), la banque d'affaires américaine, a annoncé pour son premier trimestre fiscal clos en mars un bénéfice net de 3,54 milliards de dollars soit 2,02$ par titre, contre 3,98 milliards de dollars un an avant. Le bpa ajusté a été de 2,06$, contre 2,22$ un an avant et 1,71$ de consensus. La banque dépasse donc amplement le consensus de profit. Les revenus trimestriels ont été de 14,8 milliards de dollars, contre 15,7 milliards de dollars pour la période comparable de l'an dernier. Le consensus de revenus était logé à 14,25 milliards de dollars.

Goldman Sachs (stable), le géant américain de la banque d'affaires, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice net de 3,83 milliards de dollars soit 10,78$ par titre, contre 6,71 milliards de dollars un an avant. Les revenus ont reculé à 12,93 milliards de dollars, contre 17,7 milliards de dollars un an avant. Le consensus est toutefois largement battu, puisque le bénéfice par action était anticipé à 8,9$, pour des revenus de 11,86 milliards de dollars. David Solomon, directeur général de la banque, évoque un trimestre "turbulent", dominé par la guerre en Ukraine.

Wells Fargo (-5,7%), l'établissement bancaire américain, a publié pour le trimestre clos des profits supérieurs aux attentes de marché, mais des revenus un peu courts. Le bénéfice net sur ce trimestre clos fin mars a été de 3,67 milliards de dollars soit 88 cents par titre, contre 4,64 milliards un an plus tôt. Les revenus totaux ont décliné de 5% à 17,6 milliards de dollars. Le consensus était logé à 80 cents de bénéfice trimestriel par action et 17,8 milliards de dollars de revenus. Les équipes de Charlie Scharf confirment donc leur bonne gestion des coûts, mais les recettes sont quelque peu décevantes.

Citigroup (+1,3%), la firme bancaire américaine, dépasse les attentes de marché pour le premier trimestre avec un bénéfice ajusté par titre de 2,02$, contre 1,5$ de consensus, et des revenus de 19,2 milliards de dollars à comparer à un consensus de 18 milliards. Sur une base ajustée, les revenus ont décliné de 2%, tandis que le bpa a reculé de 44% en glissement annuel.

UnitedHealth (+0,4%), le groupe américain d'assurance et de soins de santé, a relevé ses prévisions de profits entre 21,2 et 21,7$ par titre sur une base ajustée pour l'exercice. Sur le premier trimestre fiscal, le groupe a dépassé les attentes de marché grâce à une vive progression des revenus de son unité Optum de services de santé. Sur ce trimestre clos fin mars, les recettes d'Optum ont progressé de 19% à 43,3 milliards de dollars. L'activité d'assurance-santé a apporté des revenus de 62,6 milliards, en augmentation de 14%. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a été de 5,49$, contre 5,38$ de consensus.

Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (-2,2%). Le fabricant taïwanais de semi-conducteurs vient de rehausser ses estimations de revenus, malgré les craintes sur la demande globale. Malgré une capacité qui restera tendue cette année, le groupe table sur une flambée de la demande au deuxième trimestre. Les revenus sur la période sont anticipés entre 17,6 et 18,2 milliards de dollars, contre 13,3 milliards de dollars un an avant. Pour le premier trimestre fiscal juste clos, le bénéfice a représenté 203 milliards de dollars taïwanais, en croissance de 45% en glissement annuel et près de 10% supérieur au consensus. TSMC, fournisseur majeur d'Apple (-2,2%) se montre donc très optimiste pour le trimestre clos en juin, tablant sur une croissance des ventes allant jusqu'à 37%. Le groupe travaille à résorber les problèmes de supply chain et à étendre sa capacité.

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