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Wall Street : le marché US s'enfonce face à la crise du Covid-19

| Boursier | 1657 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York perd environ 7% jeudi soir, au lendemain d'un discours de Donald Trump sur le coronavirus, qui a déçu les marchés.

Wall Street : le marché US s'enfonce face à la crise du Covid-19
Credits Reuters

La Bourse de New York perd environ 7% jeudi soir, au lendemain d'un discours de Donald Trump sur le coronavirus, qui a déçu les marchés, et après des décisions de la BCE jeudi, qui ont également été moins loin que ce qu'espéraient les investisseurs... Aux Etats-Unis, la population prend soudain conscience de la gravité de la pandémie, symbolisée notamment par la suspension de la saison de basket de NBA, ainsi que de nombreux autres événements publics. En début de soirée, la Fed a annoncé son intention de racheter 1.500 milliards de dollars d'obligations d'Etat supplémentaires, ce qui a permis aux indices boursiers de limiter quelque peu leurs pertes.

Deux heures avant la clôture, l'indice Dow Jones dévissait de 7,4% à 21.800 points après avoir perdu jusqu'à 9% plus tôt dans la journée. L'indice large S&P 500 lâchait 7% à 2.550 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, perdait 6,75% à 7.417 pts. Les trois indices américains sont désormais tombés dans un marché baissier ("bear market") caractérisé par une baisse de plus de 20% par rapport à leurs derniers pics.

Plus tôt dans la journée, l'indice Shanghai Composite a cédé 1,5% et le Nikkei a lâché 4,4%. En Europe, les indices se sont effondrés, l'indice Stoxx Europe 600 abandonnant 11,5%, tandis qu'à Paris, le CAC 40 a fondu de 12,28%, la plus forte baisse quotidienne de son histoire. A Londres, le Footsie 100 a plongé de 10,8% sa plus forte baisse depuis le krach de 1987.

A Wall Street comme sur les autres marchés, aucun secteur n'était épargné par la baisse, mais les secteurs des transports aérien et du tourisme font partie des plus affectés. Parmi les plus fortes baisses à Wall Street figurent Delta Air Lines (-15,7%), Southwest Airlines (-13,6%), American Airlines (-9,7%), Boeing (-9,5% après -18% mercredi) ou encore Avis Budget group (-16%) ou Seaworld (-20%), Walt Disney (-10,7%) ou encore le croisiériste Carnival (-15,3%).

Donald Trump bloque les avions en provenance d'Europe

Mercredi soir, le président américain a annoncé une série de mesures pour lutter contre le coronavirus, qui ont divisé les Américains et n'ont pas non plus convaincu la communauté financière. Donald Trump a ainsi semé le chaos en annonçant la suspension pour 30 jours des liaisons aériennes en provenance d'Europe, à l'exception du Royaume-Uni. Une mesure qui entrera en vigueur vendredi à minuit heure de New York (samedi 05H00 en France).

Dans un premier temps, il a inclus le transport de marchandises par avions cargos dans cette interdiction, avant de faire marche arrière. Jeudi, la Maison Blanche s'efforçait de clarifier les propos du président, précisant que la mesure s'appliquerait aux ressortissants de pays européens de la zone Shenghen, mais non aux Américains souhaitant rentrer aux Etats-Unis ou à leurs proches....

Donald Trump a aussi affirmé mercredi soir qu'il demanderait aux assureurs santé de prendre en charge les frais liés au coronavirus pour tous les Américains, mais les entreprises concernées ont précisé jeudi qu'elles financeraient bien les tests de dépistage, mais pas le traitement de la maladie, notamment les frais d'hospitalisation, qui sont très élevés aux Etats-Unis, où des millions de personnes sont peu ou pas assurés pour leurs frais de santé...

Joe Biden critique la politique de l'administration Trump

Jeudi, Joe Biden, le candidat favori pour l'investiture démocrate à l'élection présidentielle américaine, a vivement critiqué la politique de l'administration Trump, l'accusant d'avoir voulu dissimuler l'ampleur de la maladie en ne procédant pas aux tests de dépistage. Biden a estimé que les tests devraient être rendus accessibles et gratuits pour toutes les personnes exposées au risque du coronavirus. Il a appelé les hôpitaux à se préparer à augmenter rapidement le nombre de lits disponibles pour les malades du Covid-19.

Selon les statistiques de l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas confirmés aux Etats-Unis s'élève à 1.323 (et le nombre de morts à 38), mais selon des professionnels de santé aux Etats-Unis, le nombre de malades pourrait être plus élevé compte tenu du faible nombre de dépistages effectuées jusqu'ici, compte-tenu de leur coût...

Les marchés obligataires se calment après l'intervention massive de la Fed

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts ont réduit leur recul après les annonces surprises de la Fed, qui a annoncé a injecter 1.500 milliards de dollars supplémentaires cette semaine sur le marché monétaire. La Fed va offrir ce jeudi 500 milliards de dollars à échéance de trois mois et offrira vendredi 500 milliards à trois mois et 500 milliards à un mois. Elle injectera chaque semaine 500 milliards à trois mois et 500 milliards à un mois jusqu'au 13 avril, a annoncé la banque centrale américaine.

Après ces annonces, le rendement du T-Bond à 10 ans perdait encore 13 points de base à 0,74% après s'être écroulé jusqu'à 0,64% en début de séance. Le taux du T-Bond à 30 ans s'est stabilisé à 1,33%, après une chute à 1,16% plus tôt dans la journée.

La BCE agit face au "choc majeur" du Covid-19 pour l'économie européenne

En Europe, les marchés boursiers ont accusé le choc après les annonces de Donald Trump concernant les limitations de voyage avec l'Europe, et ont en outre été déçus par les annonces faites par la BCE... La banque centrale européenne n'a pas abaissé son taux de dépôt comme l'espéraient les investisseurs (ce taux est déjà négatif à -0,5%) mais elle a annoncé qu'elle achèterait 120 milliards d'actifs supplémentaire d'ici à la fin 2020, et qu'elle accorderait des prêts aux taux très bas aux banques afin de soutenir les secteurs les plus affectés par le virus.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a qualifié la pandémie de "choc majeur" pour l'économie européenne, qui requiert une "réponse coordonnée" de la part des gouvernements et de la banque centrale. Elle a appelé les Etats à "assumer le défi sanitaire" et à "limiter l'impact économique" de l'épidémie. L'entrée ou non de la zone euro en récession "va clairement dépendre de la vitesse, de la force et du caractère coordonné" de la réponse "de tous les acteurs", a insisté Mme Lagarde.

Les experts de la BCE prévoient désormais 0,8% de croissance en 2020 selon les projections publiées jeudi, contre 1,4% attendu en décembre. Mais ces prévisions arrêtées au 24 février "ne sont plus à jour" et ne prennent pas en compte les plus récents développements de la maladie, prévenu la BCE.

Aux Etats-Unis, comme les jours précédents, la publication des statistiques américaines est passée inaperçue. Ce jeudi, l'indice des prix à la production a reculé de façon inattendue de 0,6% en février sur un mois, alors que le consensus attendait la stabilité et après +0,5% en janvier. Hors alimentation et énergie, le PPI a décliné de 0,3% par rapport au mois précédent, contre +0,2% de consensus et +0,5% un mois plus tôt.

Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont été moins nombreuses que prévu la semaine dernière à 211.000, contre un consensus de 216.000 et après 215.000 une semaine auparavant. Ces chiffres ne témoignent donc pas encore d'inquiétude par rapport à la crise du Covid-19.

Le pétrole et l'or en recul

Les cours du pétrole ont continué de chuter jeudi, le cours du baril de brut léger américain (WTI) abandonnant 6,2% à 30,94$ (contrat à terme d'avril coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord lâchait 8,6% à 32,71$ (contrat à terme de mai).

Les deux principales variétés de pétrole abandonnent désormais plus de 50% depuis le début de l'année. Lundi, les cours avaient plongé de près de 25%, la pire journée pour l'or noir depuis la première guerre du Golfe en 1991...

L'or n'en mène pas large non plus ce jeudi, en recul de 3,2% à 1.589,70$ l'once pour le contrat à terme de juillet sur le Comex. Comme cela avait été le cas le 28 février, le métal jaune est vendu par des investisseurs à la recherche désespérée de cash, dont ils ont besoin notamment pour répondre aux appels de marge de leurs brokers.

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