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Wall Street : la Fed ne devrait pas surprendre

| Boursier | 458 | 3 par 2 internautes

La cote américaine, quelque peu rassurée concernant la situation du Chinois Evergrande, reprend de la hauteur avant bourse ce mercredi, en attendant...

Wall Street : la Fed ne devrait pas surprendre
Credits Reuters

La cote américaine, quelque peu rassurée concernant la situation du Chinois Evergrande, reprend de la hauteur avant bourse ce mercredi, en attendant le verdict monétaire de la Fed, ses prévisions économiques, ainsi que la conférence de 'Jay' Powell. Le Dow Jones avance de 0,6% en pré-séance et le S&P 500 de 0,5%. Le Nasdaq progresse de 0,4%. Le baril de brut WTI s'adjuge 1,2% sur le Nymex à 71,3$, tandis que l'once d'or consolide de 0,2% à 1.776$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises de référence. Le bitcoin retombe encore de 2% sur 24 heures, vers les 42.000$, alors que la SEC durcit le ton concernant les monnaies digitales.

Dans l'actualité économique américaine ce mercredi, les reventes de logements existants du mois d'août seront publiées à 16 heures (consensus FactSet 5,85 millions d'unités), alors que le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie sur les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 17 septembre sera communiqué à 16h30.

Du côté de la Fed, des allusions plus explicites au 'tapering' sont donc attendues ce soir. Le communiqué FOMC sera dévoilé à 20 heures, alors que le président de la Fed, Jerome Powell, interviendra à 20h30 à l'occasion de sa traditionnelle conférence. Le Financial Times rappelle les indications récentes de Powell à propos des progrès substantiels supplémentaires vers l'objectif d'inflation et de progrès clairs concernant le marché du travail. L'annonce formelle du tapering est toutefois désormais attendue en novembre, du fait notamment du variant Delta, et après un récent rapport sur l'emploi très mitigé.

Bloomberg expliquait cette semaine de quelle manière l'incessant débat sur le tapering de la Fed détournait l'attention des vents contraires budgétaires via une relance décroissante, qui devrait avoir un impact beaucoup plus important sur la croissance économique l'année prochaine. Le plan de dépenses de 3.500 milliards de dollars du président Biden (montant probablement amplement réduit) ne ferait pas beaucoup de différence en 2022, étant donné qu'il sera étiré sur des années et financé en partie par des augmentations d'impôts.

Alors que la Fed doit décider du timing de la réduction des achats d'actifs, la politique budgétaire a déjà commencé à agir comme un frein. L'impact économique des taxes et des dépenses fédérales, étatiques et locales serait devenu négatif au deuxième trimestre et le resterait jusqu'en 2023. Le plafond de la dette reste également un problème. Yellen a fait valoir dans le Wall Street Journal qu'une autre hausse du plafond était cruciale pour éviter une catastrophe économique généralisée.

Le 'dot plot' de la Fed concentrera l'attention ce soir, afin de mieux jauger les anticipations en matière de relèvement des taux. Les 'dots' médians 2022 et 2023 ne devraient toutefois pas évoluer, et indiqueraient donc toujours un statu quo sur les taux en 2022, puis deux hausses en 2023. Il suffirait que quelques membres changent d'opinion pour que le 'dot' 2022 passe à une hausse de taux, mais il est peu probable que cela se produise compte tenu des récentes données économiques et de la légendaire prudence de l'institution monétaire. Ainsi, la Fed devrait maintenir ses taux à zéro ou presque, comme c'est le cas depuis le début de la pandémie, au moins jusqu'à la fin de l'année prochaine. Certains économistes débattent de savoir si le dot médian pour 2023 passera de deux à trois durcissements, tandis que trois hausses de taux sont attendues sur 2024.

La Fed ne devrait pas faire d'annonce formelle de réduction des achats d'actifs ce soir. Le consensus tourne autour d'une annonce en novembre, la banque centrale commençant en fait le processus de réduction en décembre ou au début de l'année 2022 à un rythme de 15 milliards de dollars. Le communiqué révélé ce soir devrait juste fournir des indications plus explicites. La Fed pourrait ainsi mentionner que si l'économie évolue globalement comme attendu, il pourrait être approprié de commencer à réduire le rythme des achats d'actifs cette année.

L'autre sujet épineux du moment est le plafond de la dette. La Chambre des représentants a adopté un projet de loi pour financer le gouvernement jusqu'au 3 décembre et relever le plafond de la dette jusqu'aux élections de 2022. Cependant, il est peu probable que le projet de loi soit adopté au Sénat compte tenu de l'opposition du Parti républicain. Le Congrès fait face à l'échéance du 30 septembre pour éviter une fermeture gouvernementale, tandis que le plafond de la dette doit être relevé d'ici la mi-octobre. Le chef de la minorité sénatoriale McConnell a fermement soutenu que les démocrates devraient passer, sur ce sujet, par le projet de loi de réconciliation, ce à quoi les démocrates ont résisté jusqu'à présent. Les démocrates recherchent également une percée sur les infrastructures.

Axios a rapporté que Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, exhortait les progressistes à infléchir leur position et à adopter un projet de loi bipartite sur les infrastructures avant le projet de loi sur les infrastructures humaines. Au milieu des divisions au sein du parti au Sénat, le chef de la majorité Chuck Schumer a concédé mardi que le programme de dépenses sociales ne serait pas finalisé d'ici la semaine prochaine. Le président Biden accueillera mercredi des législateurs des deux partis dans le but de faire avancer son programme.

Ailleurs dans le monde, le soulagement essentiel provient ce jour du Chinois Evergrande. La principale filiale de China Evergrande a annoncé qu'elle effectuerait demain un paiement d'intérêts sur une obligation après des négociations privées avec ses créanciers. Hengda Real Estate Group a indiqué qu'elle allait payer le coupon de 5,8% attaché à son obligation négociée à Shenzhen à la date prévue, suite à des négociations privées. Le paiement représente 232 millions de yuans. Les opérateurs attendent toutefois de savoir si Evergrande pourra pour sa part procéder au paiement, demain, du coupon d'une obligation offshore en dollar. Evergrande, plombé par une dette de près de 300 milliards de dollars, peine à céder des actifs pour honorer ses obligations, et à payer ses fournisseurs et créanciers. Une défaillance éventuelle pourrait lourdement peser sur le système financier chinois.

Parmi les groupes cotés à Wall Street, BlackBerry, General Mills, KB Home ou Steelcase, publient aujourd'hui leurs derniers résultats financiers trimestriels.

Les valeurs

FedEx décroche avant bourse à Wall Street, alors que les comptes révélés hier soir par le géant de la livraison de colis ont déçu. Le groupe de Memphis, Tennessee, est victime des perturbations de supply chain et de coûts accrus. Pour son premier trimestre fiscal 2022, FedEx affiche un bénéfice ajusté par action de 4,37$, loin du consensus qui flirtait avec les 5$. Un an plus tôt, le bpa trimestriel était de 4,87$. Les revenus ont totalisé 22 milliards de dollars sur la période trimestrielle close en août, contre 19,32 milliards de dollars un an plus tôt. L'activité dépasse donc marginalement les attentes.

FedEx a par ailleurs abaissé ses estimations de profits pour l'exercice, juste avant la très cruciale période des fêtes de fin d'année. Les problèmes de personnel se traduisent par une forte augmentation des coûts, avec une hausse des salaires et des heures supplémentaires, ainsi que des dépenses accrues consacrées à des services tiers. Raj Subramaniam, directeur des opérations, estime que "l'impact de marchés du travail contraints reste le plus gros problème auquel notre entreprise est confrontée". Pour le premier trimestre fiscal clos fin août, le bénéfice ajusté par action a ainsi régressé à 1,19 milliard de dollars, contre 1,28 milliard un an avant. Le groupe réduit sa guidance annuelle de bpa ajusté entre 19,75 et 21$.

Adobe a publié hier soir des bénéfices et revenus du troisième trimestre fiscal supérieurs aux attentes, mais le titre reculait après bourse. Pour le troisième trimestre, le groupe software a réalisé un bénéfice ajusté par action de 3,11$, contre environ 3$ de consensus et 2,57$ un an auparavant. Les revenus trimestriels ont totalisé 3,94 milliards de dollars, sur cette période close en août, ce qui dépasse légèrement le consensus. Un an avant, les recettes étaient de 3,23 milliards de dollars.

Le groupe californien de San Jose a aussi livré des prévisions solides. Les revenus devraient ressortir voisins de 4,07 milliards de dollars sur le quatrième trimestre fiscal, alors que le bénéfice ajusté par action est attendu à 3,18$. Le consensus était de 4,04 milliards de recettes et 3,08$ de bpa, hors éléments. Pour le trimestre, les revenus de média digital devraient grimper de 20% et les revenus d'expérience digitale de 22%. Bref, le groupe maintient le cap, après une croissance de 22% pour le troisième trimestre.

Coinbase, plateforme américaine d'échange de cryptomonnaies, prépare un argumentaire pour un cadre réglementaire dédié aux cryptomonnaies, qui serait proposé aux responsables fédéraux. C'est ce que croit savoir CoinDesk, citant des sources familières du sujet. Coinbase prévoit de dévoiler publiquement sa proposition dans les prochains jours. Bien que les détails ne soient pas disponibles, CoinDesk rapporte que Coinbase prévoit de définir ce qui devrait et ne devrait pas être qualifié de 'titre' aux États-Unis. Rappelons que la Securities and Exchange Commission avait indiqué qu'elle pourrait bien poursuivre Coinbase Global si la plateforme d'échange de 'cryptos' menait à bien ses plans de lancement d'un programme permettant aux utilisateurs d'empocher des intérêts en prêtant des actifs digitaux.

Netflix, le géant américain du streaming vidéo, va s'offrir les droits de toutes les oeuvres de l'écrivain britannique Roald Dahl, en rachetant la compagnie dédiée à la gestion de ce catalogue. The Roald Dahl Story Company et Netflix unissent ainsi leurs forces pour présenter certaines des histoires les plus appréciées au monde aux fans actuels et futurs "de manière créative". "Cette acquisition s'appuie sur le partenariat que nous avons initié il y a trois ans pour créer une gamme de séries télévisées d'animation", ajoute l'Américain. La réalisation de cette transaction est soumise aux approbations réglementaires et à d'autres conditions de clôture habituelles.

General Mills, le groupe agroalimentaire américain, a publié pour son premier trimestre fiscal 2022 des revenus de 4,5 milliards de dollars, en augmentation de 4% en glissement annuel, alors que la croissance organique a été de 2%. Le profit opérationnel a reculé de 1% à 844 millions de dollars. Le bénéfice dilué par action a été de 1,02$, en retrait de 1% en comparaison de l'an dernier, alors que le bénéfice ajusté dilué par action est ressorti à 99 cents, en baisse de 2% à devises constantes. Le consensus sur la période était de 89 cents de bénéfice ajusté par action pour 4,29 milliards de dollars de revenus. Pour l'exercice, les ventes organiques sont attendues en haut de fourchette de la guidance initiale allant de -1% à -3%. Le profit opérationnel ajusté à devises constantes et le bpa ajusté sont espérés également en haut de fourchette.

General Electric discute avec EDF de la vente de la branche nucléaire de GE Steam Power. Les négociations sont exploratoires, sans assurance que les échanges aboutissent à une transaction. EDF et GE ont confirmé l'ouverture de ces discussions. Le Français rappelle que dans le cadre normal de ses activités, il évalue en permanence ses options stratégiques. GE étant l'un des partenaires clés d'EDF dans le nucléaire, EDF est en cours d'analyse des conditions dans lesquelles ses intérêts pourraient être préservés. Selon Reuters, les turbines à vapeur Arabelle, produites à Belfort sur un ancien site d'Alstom racheté par GE en 2015, constitueraient l'essentiel des activités qui pourraient être reprises par EDF.

Pfizer / BioNTech. Les États-Unis entendent offrir à plusieurs pays dans le monde 500 millions de doses supplémentaires du vaccin contre le Covid-19 de l'Américain Pfizer et de son partenaire allemand BioNtech, soit un total de plus d'un milliard de doses. L'objectif serait de faire en sorte que 70% de la population mondiale soit vaccinée d'ici l'année prochaine, affirme l'administration Biden. Les doses du vaccin Pfizer / BioNTech seront fabriquées sur les sites américains et expédiées aux pays à revenu faible ou intermédiaire à partir de janvier. Une source proche du dossier de l'agence Reuters a indiqué que le gouvernement américain allait payer environ 7 dollars par dose.

Liberty Global cède à Play, filiale polonaise du Français Iliad, le câblo-opérateur UPC Poland pour une valeur d'entreprise de 7 milliards de zlotys, soit environ 1,5 milliard d'euros.

DraftKings, spécialiste américain des paris sportifs virtuels et jeux, a soumis au Britannique Entain une proposition de rachat de 22,4 milliards de dollars, suite au rejet en début d'année de la proposition à 11 milliards de dollars de l'opérateur américain de casinos MGM Resorts.

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