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Wall Street : l'heure de la pause malgré Amazon

| Boursier | 557 | Aucun vote sur cette news

Les futures restent bien ancrés dans le rouge à quelques minutes de l'ouverture à Wall Street au lendemain d'une séance de hausse et d'un nouveau...

Wall Street : l'heure de la pause malgré Amazon
Credits Reuters

Les futures restent bien ancrés dans le rouge à quelques minutes de l'ouverture à Wall Street au lendemain d'une séance de hausse et d'un nouveau sommet historique pour le S&P 500. Le marché américain a sans doute besoin de reprendre son souffle en cette fin de semaine alors que les opérateurs doivent digérer une actualité densément riche depuis lundi.

Sur le front des entreprises, Abbvie, Exxon Mobil, Colgate-Palmolive ou encore Chevron ont présenté leurs trimestriels. Hier soir Amazon a impressionné mais Twitter a plutôt déçu. Globalement, les résultats apparaissent particulièrement solides, notamment pour les géants de la tech US qui étaient pourtant attendus au tournant compte tenu de leurs niveaux de valorisation. Sur les 284 sociétés du S&P 500 qui ont publié leurs résultats jusqu'à présent, 89% ont atteint ou dépassé les estimations des analystes.

Globalement, le contexte reste porteur pour les marchés actions avec une Fed, qui a réaffirmé mercredi son intention de soutenir à long terme la reprise économique, une croissance qui accélère avec la réouverture de l'économie et un plan de relance massif, une inflation qui reste, pour le moment, sous contrôle, et des entreprises qui profitent à plein de cet environnement. Le point noir est à chercher du côté de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, dont les effets négatifs sont désormais clairement visibles au sein de plusieurs industries, automobile en tête.

Les opérateurs ont pris connaissance d'un nouvel indicateur de conjoncture solide aux Etats-Unis ce vendredi. Les revenus personnels des ménages pour le mois de mars se sont en effet envolés de 21,1% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de 20,3%, après une chute de 7% en février. Une hausse historique à relier à l'envoie des chèques aux particuliers dans le cadre de l'"American Rescue Act". Les dépenses personnelles de consommation ont quant à elles crû de 4,2% par rapport au mois précédent, contre +4,1% de consensus et -1% en février. Enfin, selon les données du gouvernement, l'indice ajusté des prix 'core PCE' a augmenté de 0,4% par rapport au mois antérieur, contre une hausse de 0,3% attendue, après un gain de 0,1% en février.

L'Indice manufacturier PMI de Chicago d'avril (15h45) et l'Indice révisé du sentiment des consommateurs mesuré par l'Université du Michigan pour avril également (16h00) seront à suivre cet après-midi.

Sur les marchés obligataires, les taux se tendent légèrement au lendemain de l'annonce d'une nette accélération de l'économie américaine au premier trimestre avec un rendement du T-Bond américain à 10 ans qui pointe à 1,637% (+0,2 pb) après avoir atteint en séance jeudi un pic de plus de deux semaines à 1,69%. Celui du "30 ans" évolue à 2,301% (+0,2 pb).

Du côté des changes, l'indice du dollar grignote 0,3% à 90,8 points face à un panier de devises, et l'euro recule de 0,3% face au billet vert à 1,2086$ dans les échanges interbancaires.

Les cours du brut consolident après avoir terminé au-dessus des 65$ pour la première fois depuis la mi-mars jeudi. L'optimisme sur la croissance de la demande de pétrole se heurte aux inquiétudes concernant l'impact de l'augmentation des cas de COVID-19 en Inde, au Japon et au Brésil. Le baril de brut léger américain WTI cède actuellement 2,3% à 63,5$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, et le Brent rend 1,9% à 67,3$ (contrat de juin).

Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin grignote 0,2% sur 24h autour de 54.335$ sur la plateforme Bitfinex.

VALEURS A SUIVRE

* Amazon a fait état jeudi soir après la clôture de Wall Street d'un bénéfice net record sur la période janvier-mars, les consommateurs ayant continué à privilégier le commerce en ligne malgré la levée progressive des restrictions liées à la crise du coronavirus dans certains pays. Le cours de l'action Amazon bondissait de 3,5% jeudi soir dans les cotations post-séance à Wall Street, à la suite de cette publication. Le géant américain du e-commerce et des services "cloud" (stockage de données dans des centres de serveurs) a publié un bénéfice net de 8,7 milliards de dollars au 1er trimestre 2021, soit 15,79$ par action, plus du triple par rapport aux 5,01$ par action publiés au 1er trimestre 2020. Le consensus du cabinet FactSet tablait sur un bpa très inférieur, de 9,54$. Les ventes ont atteint 108,52 Mds$ contre 75,45 Mds$ un an plus tôt (+44%), alors que les analystes anticipaient un chiffre de 104,51 Mds$.

Sur les 12 mois achevés au 31 mars, qui incluent l'essentiel de la crise du coronavirus, le groupe américain affiche un bénéfice net de 26,9 Mds$, un montant supérieur aux bénéfices cumulés des trois années pleines 2017, 2018 et 2019. Pour le 2e trimestre en cours, Amazon reste optimiste et prévoit des ventes de 110 à 116 Mds$, contre 108,49 Mds$ anticipés par les analystes de FactSet. Cette projection tient compte de l'organisation d'un Prime Day (journée promotionnelle) pendant ce trimestre, a précisé le groupe. Il s'agirait du 3e trimestre consécutif de ventes supérieures à 100 Mds$ pour Amazon.

Le groupe a particulièrement profité de la reprise économique aux Etats-Unis au 1er trimestre. La division e-commerce en Amérique du Nord a représenté la majorité des ventes du groupe, à 64,37 Mds$ (+39% par rapport aux 46,13 Mds$ du T1 2020) pour un résultat opérationnel de 3,45 Mds$ (contre 1,31 Md$ en 2020). Les analystes visaient un profit opérationnel de 2,25 Mds$ en Amérique du Nord pour 63,12 Mds$ de chiffre d'affaires. A noter que l'e-commerce à l'international a confirmé son retour aux bénéfices. Les ventes hors Amérique du Nord ont grimpé à 30,65 Mds$ (+60%!), générant un profit opérationnel de 1,25 Md$ contre une perte de 398 millions de dollars un an plus tôt. Wall Street s'attendait à des ventes de 28,14 Mds$ et à 145,7 M$ de profits. La division "cloud" Amazon web services (AWS) a elle aussi fait mieux que prévu, dégageant un profit opérationnel de 4,16 Mds$ (+35% sur un an) pour des ventes de 13,5 Mds$ (+32%). Les analystes tablaient sur profit de 3,88 Mds$ et des ventes de 13,06 Mds$.

* Twitter a publié jeudi soir après la clôture de Wall Street des résultats trimestriels dépassant le consensus, mais le réseau social à l'oiseau bleu a fait état d'un nombre d'utilisateurs actifs un peu inférieur aux attentes. A la fin mars, le nombre d'utilisateurs quotidiens monétisables a pourtant augmenté de 20% sur un an, pour atteindre 199 millions dans le monde (+7 millions par rapport à la fin décembre 2020), mais les analystes s'attendaient à un peu mieux, autour de 200 millions. Cette légère contre-performance a fait plonger le titre Twitter de plus de 11% jeudi soir dans les cotations post-séance à Wall Street. Avant ce coup de tabac, le titre avait cependant gagné plus de 20% depuis janvier, et il avait plus que doublé depuis un an (+126%).

La firme basée à San Francisco a fait état d'un bénéfice net de 68 millions au premier trimestre, contre une perte de 8,3 millions sur la même période 2020. En données ajustées des éléments non récurrents, le bénéfice par action (bpa) s'est établi à 16 cents, contre 14 cents attendus par le consensus du cabinet FactSet. Les ventes ont grimpé de 28% à 1,04 milliard de dollars, contre 807,6 millions un an plus tôt, et là aussi supérieur aux attentes, logées à 1,03 Md$. Les revenus publicitaires ont grimpé de 32% sur un an, pour atteindre 899 M$. Pour le 2e trimestre en cours, Twitter s'attend à une perte nette de 170 M$ à 120 M$ pour un revenu de 980 M$ à 1,08 Md$. Les analystes tablaient sur des ventes de 1,06 Md$ et sur une perte nette de 4 cents par action. La société a en outre estimé qu'il était trop tôt pour qu'elle mesure l'impact négatif éventuel des changements dans iOS 14.5, la dernière version du système d'exploitation d'Apple, qui permet aux internautes de bloquer les publicités.

* Facebook a publié mercredi après la clôture de Wall Street des bénéfices et des revenus trimestriels supérieurs aux attentes du marché, portés par la forte hausse de ses recettes publicitaires. A Wall Street, le titre Facebook a bondi jeudi soir de 7,4% pour terminer à 329,51$, un nouveau record pour le titre du réseau social.
* AbbVie relève ses objectifs annuels après un bon début d'exercice. Le groupe biopharmaceutique vise désormais un bpa ajusté 2021 compris entre 12,37 et 12,57$ contre une précédente fourchette allant de 12,32 à 12,52$. Sur les trois premiers mois de l'exercice, il a dégagé un bénéfice net de 3,5 milliards de dollars soit 1,99$ par titre, contre 3 milliards de dollars et 2,02$ par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action a atteint 2,95$, contre 2,42$ un an avant et 2,78$ de consensus. Les revenus ont grimpé de 5,2% à 12,94 milliards de dollars, alors que le consensus était de 12,77 milliards.

"Nous connaissons un excellent début d'année 2021, avec de solides performances dans nos principaux domaines thérapeutiques et des revenus et bénéfices du premier trimestre supérieurs à nos attentes", a déclaré Richard A. Gonzalez, PDG d'AbbVie. "Nos nouveaux produits affichent des performances impressionnantes et nous sommes sur le point d'obtenir des autorisations commerciales potentielles pour plus d'une douzaine de nouveaux produits ou indications au cours des deux prochaines années - dont cinq autorisations attendues en 2021".

* ExxonMobil. Solide trimestre ! Le géant texan de l'énergie, qui avait essuyé une perte historique en 2020, a vu ses bénéfices bondir sur les trois premiers mois de l'année grâce à la remontée des cours du brut et à son programme de réduction de coûts. Sur la période, la firme a généré 2,73 Mds$ de profits, soit un bpa de 64 cents, contre une perte de 610 M$ ou 14 cents par action un an plus tôt. Le bpa ajusté atteint 65 cents contre 60 cents attendus par les analystes. Les revenus ont grimpé de 5,3% à 59,15 Mds$, également supérieurs au consensus. La production a augmenté de 3% à 3,8 millions de barils équivalent pétrole par jour. Le groupe généré 9,57 Mds$ de cash-flow sur le trimestre, 50% de plus qu'il y a un an.

* Chevron recule en pré-séance à Wall Street alors que le géant pétrolier a vu ses profits nettement diminuer au premier trimestre, le recul de ses marges sur le raffinage et des pertes en production dues à la vague de froid aux Etats-Unis ayant effacé l'impact positif de la hausse des prix du pétrole et du gaz. Sur la période, la firme enregistre ainsi un résultat net de 1,38 milliard de dollars ou 72 cents par action contre un profit de 3,6 Mds$ et 1,93$ par titre un an plus tôt. En base ajustée, le bpa s'établit à 90 cents contre 1,31$ il y a un an et un consensus de 89 cents. Les revenus ont augmenté de 1,7% à 32,03 Mds$, contre 32,5 Mds$ de consensus. La compagnie a généré 3,4 Mds$ de cash-flow sur la période, de quoi lui permettre de financer la hausse de son dividende récemment annoncée. En revanche, la société a déclaré qu'elle attendrait que les conditions de marché s'améliorent avant de rétablir ses rachats d'actions.

* Gilead Sciences a annoncé jeudi soir un chiffre d'affaires pour le premier trimestre inférieur aux attentes, la baisse des ventes de ses médicaments phares contre le VIH et l'hépatite C n'ayant été que partiellement compensée par la croissance de celles du remdesivir, son traitement du COVID-19.

* Phillips 66 a fait état vendredi d'une cinquième perte trimestrielle consécutive, en raison notamment des perturbations entraînées dans la production par la vague de froid qui a sévi aux Etats-Unis en février.

* Apple est encore une fois accusée d'entrave à la concurrence par Bruxelles. La Commission européenne estime cette fois que la firme à la pomme a faussé la concurrence sur le marché du streaming musical en abusant de sa position dominante pour la distribution d'applications de streaming musical via son App Store. La Commission s'interroge sur l'utilisation obligatoire du mécanisme d'achat 'in-app' d'Apple imposé aux développeurs d'applications de streaming musical pour distribuer leurs applications via l'App Store d'Apple. Le régulateur est également préoccupé par le fait qu'Apple applique certaines restrictions aux développeurs d'applications, les empêchant d'informer les utilisateurs d'iPhone et d'iPad des autres possibilités d'achat, moins chères. La communication des griefs concerne l'application de ces règles à toutes les applications de diffusion de musique en continu, qui sont en concurrence avec l'"Apple Music" d'Apple dans l'Espace économique européen. Elle fait suite à une plainte déposée par Spotify. La CE rappelle que l'envoi d'une communication des griefs ne préjuge pas de l'issue d'une enquête.

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