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Wall Street hésite, après de nouveaux chiffres de l'inflation

| Boursier | 475 | Aucun vote sur cette news

Wall Street se montre incertain avant bourse ce mercredi, le S&P 500 s'affichant stable et le DJIA cédant 0,1%, contre un gain de 0,1% sur le Nasdaq...

Wall Street hésite, après de nouveaux chiffres de l'inflation
Credits Reuters

Wall Street se montre incertain avant bourse ce mercredi, le S&P 500 s'affichant stable et le DJIA cédant 0,1%, contre un gain de 0,1% sur le Nasdaq. Le baril de brut WTI avance de 1,6% sur le Nymex à 102$. L'once d'or se stabilise à 1.977$. L'indice dollar prend 0,1% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin enfonce les 40.000$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans se tasse à 2,736%, alors que le 30 ans évolue à 2,828%.

Dans l'actualité économique américaine ce mercredi, l'indice américain des prix à la production du mois de mars 2022 est ressorti en augmentation de 1,4% en comparaison du mois antérieur, contre 1,1% de consensus de marché et 0,9% un mois avant. Il grimpe de 11,2% sur un an contre 10,5% de consensus FactSet. Hors alimentation et énergie cette fois, le PPI progresse de 1% en comparaison du mois antérieur, près de deux fois le consensus de marché, et de 9,2% en glissement annuel (consensus 8,4%). Enfin, hors alimentaire, énergie et services commerciaux, le PPI augmente de 0,9% par rapport à février et de 7% sur un an, deux lectures également supérieures aux anticipations des économistes de la place.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour avril sera annoncé à 16 heures (3,8% en mars). Le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie sur les stocks pétroliers domestiques américains, pour la semaine close au 8 avril, sera publié à 16h30.

Hier, les chiffres de l'inflation américaine pour le mois de mars sont ressortis au plus haut depuis 1981. Ainsi, l'indice des prix à la consommation du mois de mars publié ce jour a augmenté de 1,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de 1,1%. Les prix de l'énergie flambent de 11% en mars et ceux de l'alimentation de 1%. Sur un an, l'inflation atteint 8,5%, un record, contre 8,4% de consensus FactSet et 7,9% pour la hausse de février qui constituait déjà un plus haut de 40 ans. Hors alimentaire et énergie cette fois, le CPI s'est apprécié de 0,3% contre 0,5% de consensus. Il progresse de 6,5% sur un an contre 6,6% de consensus.

Thomas Barkin, patron de la Fed de Richmond, voit des défis dans la lutte contre l'inflation et la possibilité d'un resserrement plus important que par le passé. Dans un discours au forum Money Marketeers de l'Université de New York, le président de la Fed de Richmond (non votant) a discuté des perspectives de la politique de la Fed, notant que les projections médianes du FOMC (sept augmentations de taux cette année et trois à quatre l'année prochaine) prévoient que l'inflation sera contenue, avec l'apaisement des "pressions pandémiques" et le retour juste au-dessus de la neutralité des taux. Le point final des hausses de taux ne serait toutefois pas clair pour l'heure. Il a suggéré quelques raisons de penser que nous pourrions être confrontés à davantage de vents contraires lorsqu'il s'agira de contenir l'inflation à l'avenir. Les tarifs douaniers, la pandémie et le conflit en Ukraine ont exposé les vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement mondiale, a aussi noté Barkin. Il y aura probablement une certaine démondialisation, des changements démographiques exerçant une pression sur l'offre et la demande de main-d'oeuvre et une augmentation de la dette budgétaire, a aussi analysé le responsable.

Barkin a déclaré que la Fed reconnaîtrait les vents contraires qui deviennent persistants et procéderait à des ajustements. L'objectif d'inflation de 2% ne changerait pas, mais la voie appropriée pour l'atteindre pourrait évoluer. Les pressions inflationnistes pourraient rendre plus difficile l'examen des chocs à court terme, ce qui pourrait justifier des périodes de resserrement de la politique monétaire plus importantes que les tendances récentes.

Le président de la Fed de St. Louis, James Bullard, a déclaré pour sa part qu'atteindre la neutralité ne suffirait pas à maîtriser l'inflation, selon des propos rapportés par le Financial Times. Bullard (membre votant) a déclaré que c'était un fantasme de penser que l'augmentation des taux d'intérêt au niveau neutre suffirait à maîtriser l'inflation. Il a cité le dernier rapport de l'inflation de mars en faisant valoir que la Fed était en retard sur la courbe et qu'elle devait accélérer le rythme du resserrement. Bullard soutient une augmentation des taux sur les fed funds à 3% d'ici le troisième trimestre, un niveau qu'il a reconnu être ambitieux. Cependant, il a averti que la Fed risquait d'éroder sa crédibilité si elle n'agissait pas avec hâte.

Les grandes banques lancent ce mercredi à Wall Street la saison des résultats du premier trimestre. L'indice S&P 500 Bank a pris du retard sur le marché au sens large d'environ 12,5% depuis fin février, l'inversion de la courbe alimentant les craintes de récession. Le secteur pourrait toutefois bénéficier d'un faible niveau de consensus, ce qui pourrait entraîner un rebond à court terme, en particulier compte tenu du contexte fondamental encore assez sain. Le point positif pour le segment est le contexte de taux plus élevés et les attentes d'un cycle de resserrement plus agressif de la Fed. Cela devrait entraîner une augmentation du revenu net d'intérêts et faire monter les estimations consensuelles pour 2022. Une reprise de la croissance des prêts a été l'autre point positif largement discuté. Bien que la qualité du crédit demeure bonne, une certaine prudence pourrait conduire à des provisions plus élevées...

Selon FactSet, l'estimation ascendante de bénéfice par action sur le S&P 500 a reculé de 0,7% au cours du premier trimestre, passant de 52,21$ à 51,83$. Bien que ce soit moins que la baisse moyenne de 2,5% sur cinq ans, il s'agit de la première régression depuis les débuts de la pandémie au deuxième trimestre de 2020. Dans le même temps, les estimations "hors trimestre" ont augmenté. L'estimation ascendante pour l'ensemble de 2022 a augmenté de 2%, passant de 223,43$ à 227,8$. Cependant, quelques entreprises ont récemment signalé un risque pour le consensus 2022 dans leurs aperçus du premier trimestre. Bank of America a noté que ses prévisions étaient inférieures de 3%. La firme a déclaré que les révisions pour 2022 et 2023 n'incorporaient pas les principaux inconvénients de la flambée du pétrole en termes d'impact sur la consommation et la pression des coûts. Des fissures supplémentaires se forment déjà en regardant son Transport Tracker, le ralentissement sur le marché immobilier et la chute des prix du bois. Goldman Sachs a déclaré que les analystes semblaient réticents à réduire de manière adéquate les prévisions malgré le degré élevé d'incertitude entourant les perspectives économiques.

Les analystes s'attendent à une augmentation de 4,5% en glissement annuel des bénéfices du S&P 500 au premier trimestre, en baisse par rapport aux 5,7% attendus au début du trimestre. Les estimations du deuxième trimestre et de 2022 ont eu en revanche une tendance à la hausse, malgré certaines inquiétudes qualitatives compte tenu de l'impact énergétique. L'inflation et les pressions de la chaîne d'approvisionnement devraient à nouveau dominer le récit de la saison des résultats. Le niveau des prix pratiqués est un autre point central, alors que les entreprises ont jusqu'à présent été en mesure de protéger des marges déjà élevées. La pression salariale devrait également faire l'objet d'un examen minutieux. L'incertitude géopolitique est un autre problème de premier plan au milieu de l'enchevêtrement d'effets secondaires qui pourraient conduire à un semblant de conservatisme en matière de guidance.

La série de publications du jour comprend JP Morgan Chase, BlackRock, Infosys, Fastenal, First Republic Bank, Delta Air Lines, Shaw Communications ou Bed Bath & Beyond.

Les valeurs

JP Morgan Chase, premier grand établissement bancaire américain à publier ses comptes trimestriels, a affiché un bénéfice par action de 2,63$ contre un consensus de 2,69$. Les revenus ont totalisé 31,6 milliards de dollars, contre 30,9 milliards de consensus. Son dirigeant Jamie Dimon dit voit des risques géopolitiques et économiques significatifs du fait de l'inflation élevée, des perturbations de supply chain et de la guerre en Ukraine. La banque a par ailleurs autorisé un nouveau programme de rachat d'actions de 30 milliards de dollars, effectif dès le 1er mai.

Ainsi, la première banque américaine par les actifs raté de peu le consensus de bénéfice, mais compense cette faiblesse par un gros plan d'achat d'actions. Sur le quatrième trimestre, l'an dernier, le bpa était de 3,33$ et les revenus s'établissaient à 30,35 milliards. Un an avant, le bpa était de 4,5$ pour des revenus de 30,52 milliards de dollars. La baisse des revenus de trading et des commissions de banque d'investissement explique la relative faiblesse.

BlackRock, le géant américain de la gestion d'actifs, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice net de 1,44 milliard de dollars soit 9,35$ par action, contre 1,2 milliard de dollars et 7,77$ par titre sur la période comparable, l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action a été de 9,52$, contre 8,04$ un an auparavant. Les revenus ont totalisé 4,7 milliards de dollars contre 4,4 milliards un an plus tôt. Le consensus de Wall Street était de 8,7$ de bénéfice par action et 4,67 milliards de revenus.

BlackRock a déclaré que la croissance des revenus était tirée par "une forte croissance organique et une croissance de 11% des revenus des services technologiques, partiellement compensée par une baisse des commissions de performance". La société a racheté pour 500 millions de dollars d'actions au premier trimestre. Le total des flux nets est tombé à 86,36 milliards de dollars contre 171,64 milliards de dollars il y a un an et en deçà de l'estimation de Wall Street de 115,8 milliards de dollars. Les actifs sous gestion de la société ont augmenté de 6% pour atteindre environ 9.570 milliards de dollars.

Bed Bath & Beyond, le détaillant américain en produits pour la maison, dans lequel Ryan Cohen vient de prendre une participation de 10%, publie des résultats contrastés pour le quatrième trimestre fiscal. Les revenus ressortent en baisse de 12% à comparable à 2,05 milliards de dollars, impactés par les challenges de supply chain et disponibilité des produits, alors que la marge brute ajustée s'élève à 28,8%. Sur ce trimestre décalé, clos fin février 2022, la perte nette atteint 159 M$, 1,79$ par titre. La perte ajustée se situe à 82 millions de dollars et 92 cents par titre. Le consensus était de 3 cents de bénéfice ajusté par action pour 2,07 milliards de dollars de revenus.

Delta Air Lines grimpe, soutenu par des prévisions optimistes pour la période estivale après l'annonce d'une perte moins importante qu'anticipée au premier trimestre. Sur la période, le partenaire d'Air France-KLM a essuyé une perte opérationnelle de 783 millions de dollars contre un profit de 1 Md$ au premier trimestre 2019 pour des revenus de 9,35 Mds$, en baisse de 11%. La perte nette ajustée est ressortie à 784 M$ ou 1,23$ par titre contre un profit de 639 M$ et un bpa de 96 cents sur les trois premiers mois de 2019. Le consensus 'Bloomberg' tablait sur un bpa de -1,26$. La compagnie basée à Atlanta s'attend à être rentable au cours de chacun des trois derniers trimestres de l'année. Elle a précisé qu'elle n'aurait aucun mal à augmenter les tarifs pour couvrir l'augmentation du prix du carburant ce trimestre et peut-être tout au long de l'été. Delta a enregistré des ventes record au printemps, a déclaré le directeur général du groupe, Ed Bastian, citant une "demande énorme".

La firme a généré 1,8 milliard de dollars de flux de trésorerie d'exploitation sur le trimestre et 197 M$ de flux de trésorerie disponibles, après avoir investi 1,6 Md$ dans l'entreprise, principalement dans l'achat et les modifications d'avions. A la fin mars, la société disposait de 12,8 Mds$ de liquidités.

Alphabet, maison-mère de Google, a annoncé son intention d'investir environ 9,5 milliards de dollars dans ses bureaux et centres de données aux Etats-Unis en 2022, contre sept milliards l'an dernier.

T-Mobile US. Deutsche Telekom a acquis auprès de Softbank des actions supplémentaires de l'opérateur télécom américain pour 2,4 milliards de dollars, afin de se rapprocher de son objectif de contrôle direct de l'Américain.

Walmart, le géant américain de la grande distribution, vient de débaucher John Rainey, le directeur financier de PayPal, qui occupera les mêmes fonctions au sein de la chaîne américaine à compter du 6 juin.

Blackstone et la famille Benetton travaillent ensemble à une offre d'acquisition d'Atlantia intégrant une prime d'environ 30% sur le cours moyen des six derniers mois et pourraient dévoiler leurs propositions ce mercredi, selon trois sources proches du dossier de l'agence Reuters.

Twitter. Un investisseur poursuit Elon Musk pour retard de divulgation concernant ses achats d'actions Twitter, rapporte CNBC. L'investisseur affirme que Musk a attendu au-delà du délai requis par la SEC (10 jours) pour le franchissement du seuil des 5%. Selon les accusations, cela aurait permis à Musk de continuer à acheter des actions du réseau social, augmentant sa participation, après la date limite de déclaration, à des "prix artificiellement réduits" en raison du manque d'information. L'article note que le délai de 10 jours mentionné dans le dossier aurait été le 24 mars.

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