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Wall Street grimpe, ignorant l'inflation

| Boursier | 600 | 5 par 1 internautes

Wall Street est orienté en progression ce vendredi, stimulé par les espoirs de relance...

Wall Street grimpe, ignorant l'inflation
Credits Reuters

Wall Street est orienté en progression ce vendredi, stimulé par les espoirs de relance. Le Nasdaq gagne 0,42% à 13.795 pts. Le S&P 500 avance de 0,27% à 4.212 pts. Le DJIA s'adjuge 0,32% à 34.573 pts. Le baril de brut WTI se stabilise à 66,8$ sur le Nymex, alors que l'once d'or avance de 0,2% à 1.899$. L'indice dollar gagne 0,2% face à un panier de devises de référence. Du côté des cryptomonnaies, la journée est compliquée. Le bitcoin retombe de 8% sur 24 heures sur Bitfinex vers les 36.800$. L'ether et le binance coin affichent des corrections comparables....

Les marchés sont toujours soutenus par la générosité des banques centrales et les espoirs budgétaires. La Banque d'Angleterre a pourtant adopté un ton un peu moins accommodant, ouvrant la voie à une possible hausse de taux dès le premier semestre 2022. Le secteur financier et bancaire reprend ainsi un peu de couleurs.

Du côté des USA, les opérateurs surveillent toujours la Fed afin de mieux évaluer le timing d'un éventuel 'tapering' (réduction des achats mensuels de titres), même si rien ne semble imminent de ce point de vue. Il s'agit aussi de savoir quand la BCE commencera à diminuer son programme d'urgence, mais ici encore, rien ne paraît presser. Il est quoi qu'il en soit tout à fait normal que les banques centrales considèrent l'idée... de discuter d'une sortie progressive de leurs politiques ultra-accommodantes, afin d'éviter toute surchauffe ou poussée inflationniste durable.

Dans l'actualité économique outre-Atlantique ce vendredi, les revenus personnels des ménages américains pour le mois d'avril sont retombés de 13,1% en comparaison du mois antérieur. Le consensus était toutefois de -15%, après une lecture de +20,9% en mars. Les dépenses personnelles de consommation ont augmenté de 0,5% en avril, en ligne avec les attentes, après un gain de 4,7% un mois auparavant. L'indice ajusté des prix ('core PCE') a augmenté de 0,7% en avril, en comparaison du mois précédent, contre 0,6% de consensus et 0,4% rapporté le mois dernier.

La balance du commerce international de biens pour le mois d'avril, qui vient également d'être publiée, est ressortie déficitaire de 85,2 milliards de dollars, contre un consensus de -92 milliards et -92 milliards également un mois auparavant (lecture révisée).

L'indice manufacturier PMI de Chicago est ressorti à un niveau historique de 75,2 pour le mois de mai, contre un consensus de 70 et un niveau déjà extrêmement élevé de 72,1 pour le mois antérieur. Il signale donc une croissance remarquable de l'activité manufacturière dans la région.

L'indice final du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan pour le mois de mai est ressorti à 82,9, très proche du consensus de marché, contre une lecture préliminaire de 82,8. L'indice des anticipations d'inflation lié à l'indicateur du Michigan a été confirmé quant à lui à 4,6%.

Ailleurs dans le monde, l'indice japonais des prix à la consommation a régressé de 0,4% en mai en glissement annuel. Le taux local de chômage s'est établi légèrement supérieur aux attentes à 2,8%, contre 2,6% attendu.

Le PIB finlandais du premier trimestre a régressé de 1,5%, contre -0,5% de consensus, alors que la croissance de l'économie suédoise est ressortie au point mort comme prévu hors ajustements saisonniers (0,8% après ajustements)... En Allemagne, l'indice des prix à l'import a progressé plus que prévu à +1,4% en avril contre 1% de consensus.

Selon l'Insee ce jour, la contraction finale du PIB français ressort à 0,1% pour le premier trimestre 2021, niveau révisé en baisse par rapport à une première estimation en croissance de 0,4%. La contraction du PIB en 2020 est légèrement moins forte que prévu, révisée à -8% contre -8,2% auparavant. La forte révision en baisse du premier trimestre provient, selon l'Institut national de la statistique, de l'intégration de données beaucoup moins dynamiques que prévu dans la construction.

La consommation des ménages en biens en France a corrigé de 8,3% au mois d'avril, contre -0,3% pour la lecture révisée du mois antérieur selon l'Insee. Les dépenses de consommation avaient baissé de 0,4% en février. Sur les produits manufacturés, la consommation a trébuché de 10,6% en avril.

Concernant les plans de relance budgétaire outre-Atlantique, notons que les démocrates ont repoussé la contre-proposition républicaine sur le plan d'infrastructures. Mitch McConnell, leader de la minorité républicaine au Sénat américain, a tout de même indiqué que la proposition de son clan ne constituait pas leur offre finale.

Les marchés apprécient quoi qu'il en soit la perspective d'un abondant soutien budgétaire, alors que le président Joe Biden envisagerait un budget de 6.000 milliards de dollars de dépenses fédérales en 2022... De quoi voir venir... Biden demande par ailleurs aux entreprises de relever les salaires.

Le budget de Biden pousserait les dépenses fédérales à un niveau jamais observé depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les dépenses totales grimperaient même ensuite de 6.000 milliards en 2022 à 8.200 milliards en 2031, essentiellement avec le plan Build Back Better de l'administration Biden. La contrepartie serait évidemment une hausse des taxes sur les entreprises et les plus riches. La dette en pourcentage du PIB devrait atteindre un record en 2024, selon les éléments du plan cités par le New York Times. Ce projet tient compte d'hypothèses assez modestes de croissance, avec une croissance réelle juste sous les 2% pendant la décennie considérée. L'inflation ne dépasserait quant à elle pas les 2,3% sur la durée du plan, ce qui semble optimiste.

Les relations demeurent quant à elles tendues avec la Chine. Le Sénat doit valider une législation visant à contrer Pékin en matière de technologie. La Chine accuse pour sa part les USA de politiser l'investigation autour des origines du covid, alors que Biden vient de demander à ses services de s'activer et à l'OMS (Organisation mondiale de la santé) de creuser la question.

Les Etats-Unis désirent donc que l'OMS mène une nouvelle phase d'enquête sur l'origine de la pandémie et s'assure que des experts indépendants bénéficient d'un accès exhaustif aux données en Chine. L'organisation avait publié en mars un rapport selon lequel le virus aurait probablement été transmis de la chauve-souris à l'homme par un 'animal tiers', l'hypothèse d'une fuite d'un laboratoire étant jugée peu probable.

Biden désire que ses équipes travaillent autour des hypothèses d'une contamination par des animaux porteurs ou d'une fuite accidentelle d'une laboratoire à Wuhan. Les USA jugent en effet que l'enquête initiale de l'OMS est insuffisante et peu concluante...

Les valeurs

Salesforce.com (+6%) a publié des comptes supérieurs aux attentes pour son 1er trimestre. Le directeur général de Salesforce, Marc Benioff, a salué "le meilleur premier trimestre de notre histoire", et a estimé que le groupe était en bonne voie pour atteindre les 50 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel en 2026. Au premier trimestre fiscal, achevé fin avril, le bénéfice net du groupe (qui a récemment annoncé le rachat de Slack, spécialiste du télétravail) a été multiplié par près de 5 pour atteindre 469 millions de dollars au 1er trimestre contre 99 millions un an plus tôt. En données ajustées des élements non récurrents, le bénéfice net par action est de 1,21$, contre 0,70$ en 2020, et 0,88$ attendu par le consensus d'analystes compilé par le cabinet FactSet. Les ventes ont bondi de plus de 22% pour totaliser 5,96 milliards de dollars.

Côté prévisions, Salesforce s'attend au 2e trimestre un bpa ajusté de 91 à 92 cents pour des revenus de 6,22 à 6,23 Mds$, des chiffres supérieurs aux attentes des marchés (bpa de 87 cents et revenus de 6,17 Mds$). Le groupe a en outre relevé ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice 2022 en cours, avec un bpa de 3,79$ à 3,81$ pour des ventes de 25,9 à 26 Mds$, alors que les analystes attendaient 3,44$ et 25,75 Mds$.

Dell Technologies (-2%) et HP Inc (-9%) ont publié hier soir leurs résultats financiers trimestriels, qui traduisent une demande toujours soutenue en PC malgré la pandémie. Néanmoins, les deux titres évoluent dans le rouge... Dell, le groupe texan de Round Rock, a annoncé pour son premier trimestre des revenus de 24,5 milliards de dollars, en progression de 12%, contre un consensus de 23,3 milliards. L'unité laptop et desktop a progressé de 20%. Les ventes de PC consommateurs ont augmenté de 42%, contre 14% de hausse sur le marché des entreprises. Les revenus des serveurs et réseaux se sont améliorés de 9%. Les recettes de services ont grimpé de 10%. Le Texan a réalisé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 2,13$, contre 1,61$ de consensus de marché. En GAAP, le bpa a représenté 1,13$.

HP Inc a annoncé pour sa part des revenus du second trimestre fiscal de 15,9 milliards de dollars, en vive progression de 27%, ce qui dépasse largement le consensus. HP s'est même permis de relever sa guidance annuelle de profits. Le groupe a connu une flambée de la demande résultant du développement du télétravail et de l'école à la maison, rappelle le directeur général Enrique Lores. Le seul élément adverse réel provient donc de la pénurie de 'puces', qui empêcherait HP de répondre pleinement à la demande. La situation pourrait durer jusqu'à la fin de l'année, selon le management du groupe. La direction de Dell a exprimé des préoccupations comparables. Les ventes PC de HP ont augmenté de 27% et les ventes de notebooks de 47%. Les ventes d'imprimantes de HP ont souffert de moindres dépenses des entreprises durant les confinements, mais se reprennent avec la réouverture des économies. HP a dégagé un bénéfice trimestriel ajusté de 93 cents par titre, contre 89 cents de consensus et 51 cents un an plus tôt.

Les marchés semblent toutefois estimer que la croissance du marché PC est en train de plafonner, ce qui explique l'absence de réaction des deux titres à ces publications plutôt robustes, qui satisferaient la majeure partie des compagnies en cette période difficile. En outre, la pénurie de composants constitue un autre facteur d'incertitude.

Autodesk (stable), l'éditeur américain de logiciels de création et contenus numériques, a dépassé les attentes pour son premier trimestre fiscal. Le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 1,03$ sur la période, à comparer à un consensus de 94 cents et un niveau de 85 cents un an plus tôt. Les revenus trimestriels se sont élevés à 989 millions de dollars sur cette période close en avril, supérieurs de près de 3% au consensus, contre 886 millions de dollars l'an dernier. Le fournisseur de software de design basé à San Rafael, Californie, table pour le trimestre entamé sur un bpa ajusté de 1,11$ et des ventes de 1,05 milliard (en milieu de fourchette). Sur l'ensemble de l'exercice 2022, le bpa ajusté est anticipé à 4,82$ et les revenus sont attendus voisins de 4,36 milliards, selon le milieu de fourchette de la guidance. Le consensus était de 4,94$ de bpa ajusté et 4,31 milliards de dollars de revenus.

Big Lots (-8%). Le distributeur américain a pourtant dévoilé des comptes supérieurs aux attentes pour le premier trimestre. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 94,6 millions de dollars soit 2,62$ par titre, près du double de l'an dernier. Les revenus ont grimpé quant à eux de 13% en glissement annuel pour ressortir à 1,63 milliard de dollars. Le consensus FactSet était de 1,72$ de bpa et 1,54 milliard de recettes. Bruce Thorn, le CEO de l'affaire, indique que les comptes ont été soutenus par les actions stratégiques et le troisième volet de stimulus. Big Lots a observé une croissance à deux chiffres sur toutes ses catégories de marchandises autres que l'alimentaire et les consommables (qui avaient été dopés l'an dernier par les confinements).

VMware (-2%), le géant des solutions de virtualisation, a publié hier soir des résultats financiers en ligne avec les attentes de marché. Pour son premier trimestre, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 1,76$, contre 1,74$ de consensus et 1,52$ un an plus tôt. Les revenus trimestriels se sont établis quant à eux à 2,99 milliards de dollars, sur cette période close en avril. Ces revenus sont ressortis légèrement au-dessus du consensus. Ils étaient de 2,73 milliards de dollars sur la période comparable de l'an dernier.

Costco Wholesale (-2%) a dévoilé des revenus trimestriels supérieurs aux attentes et se montre optimiste concernant la demande et les marges. Pour son troisième trimestre fiscal, le distributeur a réalisé 20,6% de croissance à comparable et 15,1% hors effets de change et essence. Le e-commerce a grimpé de 41%. Le bénéfice net part du groupe a été de 1,22 milliard et 2,75$ par titre, contre 838 millions un an avant. Le consensus était de 2,34$ de bpa. Les revenus totaux ont grimpé de 21,5% à 45,3 milliards de dollars, contre 43,6 milliards de consensus.

Boeing (-2%) a suspendu les livraisons du 787 Dreamliner, alors que l'administration fédérale de l'aviation des Etats-Unis a demandé des informations sur les solutions proposées pour remédier aux problèmes de production. C'est ce qu'indique le Wall Street Journal.

Alphabet (stable). Selon ce même WSJ, Google serait proche d'un accord amiable avec les autorités françaises concernant des accusations d'abus de position dominante dans la publicité online.

Johnson & Johnson (+1%) et la Food & Drug Administration américaine se sont accordés, permettant la reprise de la production de vaccins anti-covid de J&J dans l'usine de Baltimore...

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