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Wall Street grimpe, en attendant Google et Disney

| Boursier | 448 | Aucun vote sur cette news

La cote américaine grimpe en début de séance ce lundi, le S&P500 regagnant 1,13% à 3...

Wall Street grimpe, en attendant Google et Disney
Credits Reuters

La cote américaine grimpe en début de séance ce lundi, le S&P500 regagnant 1,13% à 3.262 pts, le DJIA 1,14% à 28.577 pts et le Nasdaq 1,46% à 9.284 pts. Les opérateurs se risquent à des achats jugés à bon compte, suite à la chute assez brutale de fin de semaine dernière (-2,1% sur le Dow et -1,6% sur le Nasdaq). Alors que la saison des trimestriels bat son plein, certains dossiers sont donc 'joués' sélectivement, malgré la menace toujours pesante de propagation du coronavirus chinois. L'indice dollar gagne 0,5% à 97,9. Le baril de brut WTI cède 1% à 51,1$.

Sur le front économique outre-Atlantique, ce lundi, l'indice PMI manufacturier américain du mois de janvier 2020 est ressorti à 51,9, contre un consensus de 51,7 et un niveau de 52,4 sur la période antérieure. La lecture flash (préliminaire) du mois de janvier se situait à 51,7. L'indicateur est donc supérieur aux attentes de marché, et traduit toujours une expansion.

L'indice ISM manufacturier du mois de janvier 2020 a lui aussi agréablement surpris, à 50,9 contre un consensus en zone de contraction à 48,5. L'indicateur repasse donc en territoire d'expansion de manière inattendue, puisqu'il était de 47,2 seulement en décembre. L'indice des prix rattaché à l'ISM est ressorti à 53,3 contre un consensus de 52.

Enfin, les dépenses de construction aux États-Unis pour le mois de décembre 2019 sont ressorties en retrait de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de +0,5% et une lecture révisée à +0,7% (contre +0,6%) pour le mois de novembre 2019.

Le coronavirus chinois a poursuivi son expansion. Plus de 17.000 cas sont désormais recensés, ainsi que plus de 360 décès. Un premier décès a été signalé en dehors de la Chine. Alors que certains experts soulignent le taux de mortalité encore limité, le risque de pandémie globale ne semble pas encore totalement écarté. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a déclaré la semaine dernière l'urgence internationale concernant ce coronavirus chinois meurtrier.

La Chine estime pour sa part que les décisions prises par Washington ont créé et propagé la peur à propos du coronavirus, au lieu de fournir un soutien significatif. C'est du moins ce qu'a déploré ce lundi le Ministère chinois aux Affaires étrangères. Les USA ont été les premiers en effet à suggérer un retrait partiel du personnel de leur ambassade, puis à imposer des restrictions aux voyageurs provenant de Chine. Hua Chunying, porte-parole du ministère, a estimé que cela n'avait fait qu'attiser la peur, ce qui constituerait un "mauvais exemple".

La bourse de Shanghai, fermée pour le Nouvel An lunaire, vient juste de rouvrir ce lundi. Le bilan est évidemment peu glorieux, avec un plongeon de 7,72% du SSE composite à 2.746 pts.

Les valeurs

Alphabet (+3%) publie ce soir ses comptes du 4ème trimestre 2019. Avant la maison-mère de Google, la plupart des grandes "technos" (Apple, Amazon, Microsoft, IBM, Intel...) ont publié des comptes supérieurs au consensus, tandis que quelques unes, dont Facebook et AMD, ont déçu les marchés. Le bénéfice net trimestriel d'Alphabet est attendu en légère baisse par les analystes, à 8,76 milliards de dollars pour le 4e trimestre 2019, contre 8,9 Mds$ sur la même période de 2018. Selon le consensus Factset, le bénéfice par action s'établirait à 12,57$ contre 12,77$ un an plus tôt. Les revenus devraient en revanche bondir de 19,5% pour atteindre 46,9 milliards de dollars contre 39,3 Mds$ dégagés un an plus tôt.

Au 3e trimestre, Alphabet avait subi une chute de 23% de son bénéfice net à 7,1 Mds$ (10,12$ par action) contre 9,2 Mds$ (13,06$ par action) un an plus tôt, en raison de coûts élevés et d'une importante provision pour l'impôt sur les sociétés. Les revenus du T3 avaient en revanche crû de 20% à 40,5 Mds$.

Pour le 4e trimestre, les attentes des marchés sont assez conservatrices, après ce plongeon des profits au 3e trimestre. Il s'agit des premiers compte publiés sous la houlette de Sundar Pichai, qui a accédé en décembre au poste de directeur général d'Alphabet (poste cumulé avec celui de CEO de Google qu'il occupait déjà). 21 ans après la création de Google en septembre 1998, les co-fondateurs Larry Page (ex-CEO) et Sergey Brin (ex-président) ont décidé de prendre du recul par rapport aux opérations quotidiennes tout en restant impliqués dans le groupe en tant qu'actionnaires et membres du "board".

En janvier, un membre important de la direction, le directeur juridique de Google, David Drummond, a démissionné sur fond d'enquête sur son comportement vis-à-vis de ses collègues féminines. Par ailleurs, l'avenir d'Alphabet (comme ceux d'Apple, Amazon et Facebook) reste tributaire des enquêtes antitrust en cours aux Etats-Unis contre les géants de l'économie numérique.

Le groupe basé à Mountain View en Californie donne habituellement peu de détails sur ses comptes et ses prévisions. La forte croissance devrait être alimentée par les revenus publicitaires du moteur de recherche Google et de sa filiale vidéo YouTube, ainsi que par l'expansion des services de "cloud computing", dont Alphabet est numéro trois mondial, assez loin derrière les deux leaders de ce marché, Amazon et Microsoft.

En revanche, les bénéfices sont donc attendus en léger recul par rapport au T4 2018, la rentabilité étant toujours rabotée par une hausse des coûts, notamment les coûts liés aux acquisitions de contenu, les coûts de commercialisation de produits ainsi qu'une hausse des montants provisionnés pour l'impôt sur les sociétés.

Walt Disney (+2%) publiera après la clôture les résultats de son 1er trimestre fiscal, achevé fin décembre. Il s'agit des premiers comptes trimestriels du géant américain des loisirs depuis le lancement de son service de vidéo en streaming Disney+. Celui-ci a engrangé plus de 10 millions d'abonnés aux Etats-Unis en quelques jours, dès son lancement en novembre,

Mais les marchés seront tout aussi attentifs aux commentaires du groupe sur les conséquences de l'épidémie de coronavirus chinois sur le groupe américain. Cette crise a déjà contraint le groupe à fermer sine die son parc de Shanghai depuis le 25 janvier et celui Hong Kong le 26 janvier, en plein Nouvel An lunaire, une période de fête cruciale pour les parcs à thèmes asiatiques.

L'épidémie a aussi entraîné la fermeture de nombreux cinémas en Chine, une situation qui si elle dure, gâcherait la sortie prévue courant mars du film "Mulan", qui décrit les aventures d'une guerrière légendaire chinoise extrêmement populaire.

Le bénéfice net de Walt Disney devrait s'établir à 1,47$ par action en baisse de 20% par rapport à la même période de 2018 (1,84$), selon le consensus compilé par le cabinet Factset. Le profits ont été rabotés par les coûts liés à l'intégration des actifs de 21 Century Fox, au lancement de Disney+, à la prise de contrôle opérationnel de Hulu (vidéo en streaming) et aux investissements dans la chaîne TV sportive ESPN.

Les revenus devraient en revanche croître de 35% à 20,77 milliards de dollars contre 15,3 Mds$ un an plus tôt, notamment grâce au succès du film "La Reine des Neiges 2" et de "Star Wars: l'ascension de Skywalker".

Dans le détail, les revenus de l'activité télévision devraient s'établir à 6,97 Mds$ contre 5,9 Mds$ au T1 fiscal 2018 (+18%), ceux des parcs à thème à 7,33 Mds$ contre 6,82 Mds$ (+7,5%), ceux des studios de cinéma à 3,41 Mds$ contre 1,82 Md$ (+87%) et enfin ceux des autres activités sont attendus à 3,83 Mds$.

Concernant Disney+, les analystes s'attendent à ce que la plate-forme de streaming affiche plus de 20 millions d'abonnés aux Etats-Unis à la fin décembre. Disney a annoncé le 21 janvier qu'il lancerait le service une semaine plus tôt que prévu dans plusieurs pays européens. Disney+ sera ainsi disponible dès le 24 mars (au lieu du 31 mars prévu jusque là) au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Autriche et en Suisse.

Apple (+1%). Le groupe à la pomme a annoncé la fermeture de ses magasins, bureaux et call centers en Chine jusqu'au 9 février au moins. La firme californienne de Cupertino préfère donc redoubler de prudence face à l'épidémie actuelle de coronavirus. Un cinquième des ventes d'iPhone étant réalisées en Chine, ces actions pourraient logiquement peser sur l'activité à court terme. Le groupe serait également susceptible de rencontrer quelques problèmes locaux en matière de supply chain, du fait des restrictions imposées par les autorités chinoises.

Sysco (-6%) corrige à Wall Street ce jour, le groupe alimentaire américain ayant pourtant publié des profits trimestriels supérieurs aux attentes pour le second trimestre fiscal 2020. Le bénéfice net a totalisé 383 millions de dollars soit 74 cents par titre, contre 267 millions un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 85 cents, contre 75 cents un an avant et 83 cents de consensus. Les revenus se sont appréciés de 2% à plus de 15 milliards de dollars, mais le consensus était un cran plus haut à 15,1 milliards.

Gilead Sciences (+4%) pourrait en revanche "profiter" en bourse de l'épidémie de coronavirus. En effet, un patient américain aurait positivement réagi à son traitement du HIV, remdesivir, qui n'a encore reçu toutefois d'approbation nulle part dans le monde. AbbVie (+1%) bénéficie également de développements positifs en matière de traitement du coronavirus. Ses produits antiviraux feraient partie d'un groupe de traitements utilisé avec succès sur un patient victime du coronavirus en Thaïlande.

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