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Wall Street grimpe, alors que Trump change de ton

| Boursier | 800 | 4 par 1 internautes

La cote américaine, qui s'était fortement redressée hier soir (+1,91% sur le DJIA et +1,88% pour le Nasdaq), poursuit sur sa lancée ce jeudi...

Wall Street grimpe, alors que Trump change de ton
Credits Reuters

La cote américaine, qui s'était fortement redressée hier soir (+1,91% sur le DJIA et +1,88% pour le Nasdaq), poursuit sur sa lancée ce jeudi. Le DJIA prend 0,5% à 28.445 pts et le S&P500 0,70% à 3.443 pts, alors que le Nasdaq gagne 0,44% à 11.415 pts. Le baril de brut WTI s'adjuge 2,5% à 40,9$, soutenu par les baisses de production liées à la grève dans le secteur en Norvège et par l'arrivée de l'ouragan Delta dans le golfe du Mexique. L'once d'or est stable à 1.891$. L'indice dollar prend 0,1% face à un panier de devises de référence.

Les marchés sont essentiellement portés par les dernières interventions rassurantes de Donald Trump et les espoirs de mesures ciblées de relance aux USA. Mardi, le président américain avait pourtant jeté un froid en gelant les discussions avec les démocrates sur le plan de soutien à l'économie. Depuis, Trump a radouci le ton en demandant même au Congrès d'adopter rapidement une série de textes destinés entre autres à soutenir le secteur du transport aérien. Nancy Pelosi et Steven Mnuchin se sont entretenus hier encore par téléphone sur les perspectives d'un accord isolé concernant le secteur aérien. Les discussions doivent se poursuivre ce jour.

La situation sur le marché du travail est toujours assez tendue aux États-Unis. Le Département américain au Travail vient d'annoncer, pour la semaine close au 3 octobre, des inscriptions au chômage au nombre de 840.000, en légère baisse de 9.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure, contre un consensus FactSet de 837.000. La moyenne à quatre semaines s'établit à 857.000, en repli de 13.250.

Les Minutes de la dernière réunion de la Fed, publiées mercredi soir, ont mis en évidence des divisions au sein de l'Etat major de la banque centrale américaine sur la notion de maintien des taux directeurs proches de zéro pour une période prolongée. Lors de sa réunion des 15 et 16 septembre, la Fed avait indiqué que ses taux directeurs (actuellement entre 0% et 0,25%), resteraient à ce plancher jusqu'à ce que l'inflation soit remontée modérément au-dessus de l'objectif de long terme de 2% de la banque centrale américaine. Les projections économiques de la Fed montraient que cela ne devrait pas se produire avant fin 2023.

Cependant, selon le compte-rendu de la réunion, les responsables de la Fed ont estimé que leur nouvelle stratégie n'était pas "un engagement inconditionnel" sur l'évolution des taux directeurs. Ainsi, en cas de reprise économique plus vigoureuse que prévu après la crise du coronavirus, il faudrait raccourcir la période où les taux resteront proches de zéro, et vice-versa, a précisé la banque centrale. Le compte-rendu rapporte que deux des dix membres votants du conseil monétaire ont désapprouvé, mais aussi (ce qui n "était pas encore connu) que "plusieurs" des 7 membres non votants avaient eux aussi exprimé des réserves sur la nouvelle politique monétaire défendue par le président Jerome Powell.

Plusieurs responsables se sont ainsi inquiétés d'une limitation de la flexibilité de la Fed, et ont souligné que la banque centrale, en influençant les vues des marchés sur l'évolution des taux à court terme, "pourrait contribuer à l'accumulation de déséquilibres financiers, ce qui pourrait rendre plus difficile pour la Fed d'atteindre ses objectifs à l'avenir".

Ainsi, le 29 septembre, Robert Kaplan, le président de la Fed de Dallas, (qui avait voté contre la nouvelle politique monétaire le 16 septembre) a estimé qu'"il y a coûts réels à maintenir les taux proches de zéro durant une période prolongée", notamment une prise de risque excessive et des distorsions sur les marchés financiers. Selon Robert Kaplan, l'économie américaine est susceptible d'évoluer de façon imprévisible au cours des prochaines années, et de ce fait, selon lui, la politique monétaire de la Fed devra être flexible, s'autorisant aussi, si besoin, à relever les taux.

Les Minutes ont toutefois relevé que "quelques responsables" de la Fed ont au contraire estimé que l'institution devrait affirmer son intention de maintenir ses taux à zéro pendant une période encore plus prolongée, jusqu'à ce que l'inflation ait "dépassé pendant quelque temps l'objectif des 2%"... Jerome Powell a d'ailleurs récemment laissé entendre qu'il était mieux de trop en faire que pas assez en matière de politique monétaire.

Donald Trump, qui n'aurait plus désormais selon son médecin de symptômes du covid, est quant à lui de retour au bureau depuis hier à la Maison blanche, dans laquelle il était revenu dès lundi pour poursuivre sa convalescence. Ainsi, Trump a retrouvé le fameux Bureau ovale pour s'informer des négociations actuelles sur le nouveau plan de relance et de l'évolution de l'ouragan Delta. Hier, selon un représentant de la présidence cité par Reuters, Trump aurait passé l'essentiel de l'après-midi dans le Bureau ovale, auquel l'accès avait été drastiquement limité.

Dans un message posté sur Twitter, Trump vante par ailleurs la qualité du traitement de Regeneron. Il demande d'ailleurs aux régulateurs des autorisations d'utilisations d'urgence pour les traitements de Regeneron et d'Eli Lilly. Le leader américain souligne les progrès en vue d'un éventuel vaccin. Trump cite notamment Johnson & Johnson, Moderna ou Pfizer, "toutes de grandes compagnies", et pense toujours qu'un vaccin pourrait être disponible avant l'élection du 3 novembre. "Nous allons avoir un super vaccin très très rapidement, je pense que nous devrions l'avoir avant l'élection mais franchement, les politiques s'en mêlent, et c'est OK, ils veulent jouer ce jeu (...) Mais nous l'avons fait, personne, personne d'autre n'aurait pu être capable de le faire. La FDA réagit plus rapidement qu'elle ne l'a jamais fait dans son histoire (...). Mais la FDA approuve les choses et c'est une question de semaines pour quelque chose qui aurait pris des années".

"Je veux que chacun reçoive le même traitement que votre président", affirme encore Trump, qui dit se sentir "super" et "parfaitement". Il indique que le traitement sera proposé gratuitement aux Américains. "Ça n'est pas votre faute ce qui s'est passé, c'était la faute de la Chine, et la Chine payera un lourd prix pour ce qu'elle a fait à notre pays. La Chine payera un lourd prix pour ce qu'elle a fait au monde. C'était la faute de la Chine". Trump promet des choses incroyables sur le plan des traitements. "Vous irez mieux, vous irez mieux rapidement, comme moi", affirme encore le président américain.

Trump n'a pas fait de nouvelle apparition publique depuis lundi et son transfert du centre médical militaire Walter Reed - où il était hospitalisé suite à sa contamination - vers la Maison blanche. Trump s'est toutefois montré très actif sur Twitter, relativisant encore l'importance de la crise sanitaire et s'attaquant à ses adversaires démocrates. Le locataire actuel de la Maison blanche a surpris mardi en gelant les négociations avec les démocrates sur le plan de relance, après plusieurs semaines de discussions stériles.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus depuis le début de l'épidémie se chiffre désormais à 36,2 millions, dont 7,55 millions aux USA, 6,84 millions en Inde et 5 millions au Brésil. Le virus a fait 1,057 million de morts dans le monde depuis son émergence, dont plus de 211.900 uniquement aux Etats-Unis (148.228 au Brésil et 105.526 en Inde). Selon un sondage Reuters/Ipsos mené du 2 au 6 octobre, 56% des personnes interrogées désapprouvent la manière dont Trump a géré l'épidémie, tandis que 38% ont dit approuver son action.

Trump a indiqué qu'il ne souhaitait pas participer à un débat virtuel le 15 octobre avec son rival Biden. Le débat devait avoir lieu à Miami, mais se ferait finalement à distance comme le préconise la commission sur les débats présidentiels, ce qui a déplu au président en poste. "je ne vais pas perdre mon temps", a lancé Trump.

A moins de 4 semaines de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, le candidat démocrate Joe Biden a accru son avance sur Donald Trump dans les derniers sondages, réalisés après que le président républicain a été atteint par le coronavirus. Après 3 jours passés à l'hôpital, Donald Trump a repris lundi soir son poste à la Maison Blanche, et s'est livré à des critiques de plus en plus véhémentes contre son adversaire démocrate, qu'il a même qualifié de "cinglé".

Selon un sondage réalisé par la chaîne 'CNN', publié mardi soir, Joe Biden a désormais une avance de 16 points sur Trump (57% de soutien contre 41% pour Trump). Un autre sondage, réalisé par l'université de Quinnipiac (Connecticut), donne une avance de 11 points à Biden, avec 51% d'électeurs en soutien, contre 40% pour Trump. D'autres enquêtes d'opinion montrent que l'avance du candidat démocrate s'est notamment accentuée dans des grand Etats qui avaient été remportés en 2016 par Donald Trump, dont la Floride, le Michigan, l'Iowa et la Pennsylvanie. Biden l'emporterait sur Trump dans le Nevada, et les deux candidats seraient au coude à coude dans l'Ohio...

La fiabilité des sondages est toutefois toute relative, compte-tenu du mode de scrutin aux Etats-Unis. Ainsi, le président américain n'est pas élu aux suffrage universel, mais à l'issue d'un scrutin indirect assez complexe, reposant sur des grands électeurs, dont le nombre correspond à celui des représentants (435) et des sénateurs (100) américains, plus 3 grands électeurs pour Washington DC.

Les valeurs

Morgan Stanley (+1%) s'offre pour 7 milliards de dollars le groupe de gestion d'actifs Eaton Vance. Il s'agit d'une opération en cash et actions, qui fera de Morgan Stanley Investment Management une firme aux actifs sous gestion d'environ 1.200 milliards de dollars. Les revenus combinés sont attendus à plus de 5 milliards de dollars. Les actionnaires d'Eaton Vance recevront 28,25$ en cash et 0,5833 titre Morgan Stanley par action. Sur la base des cours de la veille, la prime ressort à 38% environ sur les titres Eaton Vance (+47% ce jour !).

Costco (stable) poursuit sur sa lancée. Le distributeur américain basé à Issaquah a affiché encore une vive croissance de 16,9% de ses revenus pour le mois de septembre 2020, à 16,84 milliards de dollars. La croissance à magasins comparables est ressortie également vigoureuse à +15,5% en comparaison de l'an dernier. Ainsi, le groupe affiche des ventes historiquement élevées, bénéficiant pleinement de la crise actuelle. Sur la période, la croissance ressort à 14,5% aux USA, 17,5% sur le marché canadien et 18,5% sur les autres marchés internationaux. Dans le e-commerce, Costco affiche une expansion de... plus de 90%.

Regeneron (+2%) et Eli Lilly (+2%) profitent donc du soutien inconditionnel de Donald Trump, le président américain ayant vanté les mérites des traitements des deux firmes pharmaceutiques et demandé une approbation d'utilisation d'urgence pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

Johnson & Johnson (+1%) est aussi cité par Trump pour son travail contre le virus. La Commission européenne a annoncé ce jour qu'elle avait conclu un accord avec J&J pour l'approvisionnement de son candidat-vaccin contre le covid afin de traiter jusqu'à 400 millions de personnes.

Gilead Sciences (+1%) a pour sa part annoncé ce jour un accord pour la vente de 500.000 doses de son antiviral remdesivir aux pays européens, qui constituent des stocks de ce traitement, l'un des deux seuls approuvés pour les patients atteints du covid.

Tesla (+2%). Le leader californien de l'automobile électrique va produire l'an prochain une version de sa Model Y dotée d'une nouvelle technologie de batterie dans son usine de Berlin. Elon Musk, le charismatique directeur général de l'affaire, a toutefois prévenu que cela pourrait entraîner un risque de production significatif.

Dun & Bradstreet (+6%). Le spécialiste des données commerciales et financières a annoncé l'acquisition programmée de la société d'analyses Bisnode auprès du Suédois Ratos AB, pour 7,2 milliards de couronnes suédoises.

Alphabet (+2%). La Cour d'appel de Paris a confirmé ce jeudi la décision de l'Autorité de Concurrence obligeant le géant d'internet Google à négocier avec les éditeurs de presse français et les agences sur la rémunération leurs contenus. Google France avait annoncé mercredi soir être proche d'un accord avec les éditeurs français sur la rémunération "des droits voisins au titre de la loi". "L'Alliance de la Presse d'Information Générale et Google travaillent ensemble depuis un an sur le sujet de la rémunération des droits voisins au titre de la loi. Ces échanges ont évolué positivement ces dernières semaines", avait annoncé Google.

Domino's Pizza (-7%). Le groupe a publié des ventes assez solides mais un bénéfice décevant pour son troisième trimestre fiscal. Malgré un impact positif de la pandémie sur... la demande en pizzas, le groupe du Michigan n'a réalisé qu'un profit net de 99 M$ et 2,49$ par titre, contre 86 M$ un an avant. Le consensus était de 2,79$ de bpa. Les revenus totaux ont grimpé de 18% à 968 M$, contre 953 M$ de consensus.

IBM (+7% !) va scinder l'unité des services d'infrastructure de sa division Global Technology Services pour se concentrer sur le cloud computing, à plus forte marge.

McDonald's (-1%) a publié ce jeudi des ventes trimestrielles supérieures aux attentes et annoncé une augmentation de son dividende. A comparable, les ventes US du troisième trimestre se sont appréciées de 4,6%. Les ventes totales à comparable ont reculé de 2,2%. A l'international, les tendances négatives en France, en Espagne, en Allemagne ou au Royaume-Uni ont été partiellement compensées, notamment, par la croissance australienne. Les tendances ont été négatives en Amérique latine et en Chine, mais positives au Japon. Le groupe rehausse son dividende payable en décembre de 3%, à 1,29$, contre 1,25$ en septembre.

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