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Wall Street : forte volatilité, Boeing plonge, Visa flambe

| Boursier | 300 | Aucun vote sur cette news

Forte volatilité à Wall Street en début de séance...

Wall Street : forte volatilité, Boeing plonge, Visa flambe

Forte volatilité à Wall Street en début de séance. Après une ouverture en légère hausse puis une progression plus marquée dans la première heure, les indices ont repiqué du nez avant de rebondir et d'évoluer dans le vert autour de 11 heures à New York. Le Dow Jones gagne actuellement 0,28% à 33.332 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,48% à 4.195 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, remonte de 0,59% à 12.552 pts.

Alors que la journée de mardi a été marquée par un net décrochage de la place américaine, le Nasdaq Composite retombant notamment sur ses niveaux de décembre 2020, les investisseurs tentent de réaliser des 'bonnes affaires' dans un environnement toujours très incertain sur fond de remontée des taux obligataires, d'envolée de l'inflation, de crise sanitaire en Chine et de guerre en Ukraine.

Les résultats trimestriels des grandes sociétés américaines, bien que meilleurs qu'anticipé dans l'ensemble, n'incitent pas non plus à revenir sur le marché les yeux fermés. Sur le compartiment technologique, après Netflix, Alphabet a déçu hier soir. Mais Microsoft a assuré, avant Meta ce soir, puis Apple et Amazon demain. Si Visa a rassuré, Boeing s'effondre après l'annonce de nouvelles charges liées au programme du 777X.

Preuve de la nervosité ambiante, l'indice VIX de la volatilité (surnommé "l'indice de la peur") reste haut-perché, de retour vers les 32 points, après sa flambée de mardi.

Sur le front macroéconomique, les stocks de grossistes ont progressé plus que prévu en mars. L'indice des promesses de ventes de logements du même mois a lui diminué de 1,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de -1%. La baisse du mois de février a été révisée de -4,1% à -4%. En glissement annuel, les promesses de ventes reculent de 8,9% après un repli de 5,2% en février.

Sur le marché pétrolier, le baril retombe après avoir repris du terrain hier sur des espoirs d'amélioration de la situation sanitaire en Chine et alors que la crise énergétique en Europe a franchi un pas supplémentaire avec l'interruption par Gazprom de ses livraisons de gaz à la Pologne et à la Bulgarie. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont progressé de 0,7 million de barils lors de la semaine close le 22 avril à 414,4 mb. Le consensus tablait sur une hausse plus marquée de 2 mb. En revanche, les stocks d'essence ont reculé de 1,6 million de barils (+0,8 mb de consensus), et ceux de produits distillés ont baissé de 1,4 million de barils (-0,3 mb de consensus). Le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin cède 0,4% dans les échanges électroniques sur le Nymex à 101,3$. L'or cède 0,1% à 1.903$ l'once à Londres.

Sur le forex, l'euro perd encore 1% face au dollar, à 1,053$, au plus bas niveau depuis avril 2017. Plus globalement, l'indice du dollar gagne encore 0,8% pour s'élever à 103,2 points face à un panier de devises de référence, des niveaux inconnus depuis mars 2020. Le billet vert continue à profiter de son statut de valeur refuge ainsi que de la perspective d'un rythme rapide de hausses de taux aux Etats-Unis.

Les rendements des emprunts d'Etat repartent à la hausse après l'accalmie des derniers jours. Le taux du T-Bond à 10 ans reprend 5,2 points de base (pb) à 2,772%, contre 2,90% vendredi soir (son plus haut depuis novembre 2018). Le rendement du T-Bond à 2 ans, qui réagit davantage à la politique monétaire, remonte à 2,536% (+2,4 pb) contre 2,70% vendredi soir.

Les valeurs

* Mattel s'envole de 10%. Le groupe étudie la possibilité de se vendre et a eu des discussions avec plusieurs groupes spécialisés dans le rachat d'entreprises, dont Apollo Global Management et L Catterton, croit savoir 'Reuters' en citant une source proche du dossier.

* Visa flambe de 8% après avoir publié un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes et déclaré tabler sur une accélération de son chiffre d'affaires, qui devrait dépasser son niveau d'avant la crise du coronavirus. Visa, qui a suspendu ses opérations en Russie en mars, a mis en garde contre une baisse d'environ 4% de ses revenus cette année en raison du conflit ukrainien. Il ne voit néanmoins actuellement aucun impact matériel sur les voyages transfrontaliers dans d'autres parties de l'Europe. Les volumes transfrontaliers ont en effet bondi de 38% au cours du deuxième trimestre et les volumes de paiement totaux de 17%. La société de paiements a enregistré un bénéfice net de 3,6 milliards de dollars, soit 1,70 dollar par action. Le bpa ajusté est ressorti à 1,79$, supérieur au consensus de 1,65 dollar, alors que les revenus ont bondi de 25% à 7,2 Mds$. Ses dépenses opérationnelles ont cependant grimpé de 11% à 2,4 milliards de dollars, alors que le groupe a dépensé davantage pour la rémunération de ses employés et le marketing.

* Microsoft grimpe de 5,5% après la présentation de résultats supérieurs aux attentes pour son troisième trimestre fiscal, achevé le 31 mars, les comptes ayant une nouvelle fois été dopés par la branche "cloud computing". Le bénéfice par action ajusté des éléments non récurrents s'est élevé à 2,22$ contre 2,19$ attendu par le consensus des analystes établi par Refinitiv. Les revenus du groupe basé à Redmond (Etat de Washington) ont totalisé 49,36 milliards de dollars, en hausse de 18% par rapport à la même période de 2021 (41,7 Mds$), contre 49,05 Mds$ prévus par Wall Street. Au 4e trimestre 2021, la croissance avait atteint 20%. A noter que les dépenses de vente et de marketing ont totalisé 5,6 Mds$ sur le trimestre achevé fin mars, en hausse de 10% par rapport au même trimestre de 2021.

La branche "Intelligent Cloud" du groupe, qui comprend notamment l'offre phare "Azure" pour l'hébergement numérique, a généré 19,05 Mds$ de revenus, en hausse de 26% sur un an, ce qui surpasse le consensus logé à 18,90 Mds$. Microsoft, qui ne détaille pas le chiffre des revenus d'"Azure et autres services cloud" a précisé que sa croissance avait bondi de 46% au 3e trimestre sur un an, comme au 4e trimestre 2021, et dépassant également les attentes des analystes.

Le troisième trimestre fiscal de Microsoft a été marqué par l'annonce en janvier de l'acquisition du colosse des jeux vidéo Activision Blizzard pour près de 69 milliards de dollars en cash. Une acquisition qui accélérera la croissance de l'activité de jeu de Microsoft sur mobile, PC, console et cloud et fournira des éléments de base pour le métavers. Microsoft a également finalisé sur le trimestre écoulé son acquisition de Nuance Communications et a présenté une stratégie pour se développer dans les services de santé, la spécialité de Nuance. Nuance a retiré un centime des bénéfices trimestriels de Microsoft, mais a ajouté 111 millions de dollars de revenus, a précisé le groupe.

* T-Mobile US (+3,4%), filiale de Deutsche Telekom, gagne du terrain en avant-Bourse après avoir annoncé un nombre de nouveaux abonnés supérieur aux attentes pour le premier trimestre grâce au déploiement de nouveaux réseaux mobile 5G.

* Tesla (+2,2%). La capitalisation boursière du constructeur de voitures électriques a fondu de 12,2%, soit de 126 milliards de dollars sur la séance de mardi, les investisseurs s'inquiétant du risque de voir le directeur général, Elon Musk, contraint de réduire sa participation pour financer sa part du rachat de Twitter.

* Kraft Heinz (+1,9%) a revu en hausse sa prévision de croissance annuelle de ses ventes, misant sur une demande soutenue malgré la hausse des prix.

* General Motors (stable) après avoir dégagé des bénéfices meilleurs qu'attendu au premier trimestre grâce à des ventes de véhicules à forte marge. Le constructeur automobile s'est en effet concentré sur les ventes de modèles plus chers avec des marges plus élevées compte tenu d'une production toujours limitée par des pénuries de puces et des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement. Le bénéfice net de la période a atteint 2,9 milliards de dollars ou 1,35$ par action, contre un profit de 3 Mds$ un an plus tôt. En base ajustée, le bpa ressort à 2,09$ contre 1,68$ de consensus. Les revenus ont légèrement progressé à 35,98 Mds$.

La patronne de GM, Mary Barra, a adressé un message optimiste aux investisseurs : "nous continuons à voir une forte opportunité au niveau des prix car il existe une demande pour notre produit". GM s'attend à un bénéfice net annuel compris entre 9,6 et 11,2 Mds$, et a réaffirmé son objectif d'un EBIT ajusté allant de 13 milliards de dollars à 15 Mds$. GM a également réaffirmé son objectif de construire 400.000 véhicules électriques cette année et en 2023, mais au cours du dernier trimestre, la société ne détenait que 0,3% du marché des véhicules électriques aux États-Unis.

* Boeing plonge de 11%. Le groupe de Seattle a, à nouveau, brûlé du cash en début d'année. Sur le premier trimestre, le géant américain de l'aéronautique enregistre en effet un cash-flow opérationnel de -3,22 milliards de dollars contre -3,4 Mds$ un an plus tôt et +0,7 Md$ au quatrième trimestre 2021, alors que ses revenus ont diminué de 8% à 13,99 Mds$ (15,94 Mds$ de consensus). La perte nette ressort à 1,24 Mds$ ou 2,06$ par action contre un déficit de 561 M$ et 0,92$ par titre un an auparavant. En base ajustée, la perte par action atteint 2,75$ contre 1,53$ un an plus tôt.

Les revenus de la branche aviation commerciale ont reculé de 2,5% à 4,16 Mds$, bien en deçà du consensus de 5,42 Mds$. L'avionneur annonce par ailleurs l'arrêt de la production du 777X jusqu'en 2023 en raison de problèmes de certification ainsi que d'une faible demande pour le gros porteur. Les premières livraisons sont désormais attendues en 2025. En conséquence, il va enregistrer 1,5 milliard de dollars de coûts anormaux liés au programme. Le carnet de commandes total de la société à la fin du trimestre atteint 371 milliards de dollars.

* Spotify chute de 11%. La firme scandinave a publié un chiffre d'affaires trimestriel supérieur au consensus grâce à la hausse des recettes publicitaires et au nombre croissant d'abonnés à son service "premium". Mais le groupe n'a recruté que 2 millions de nouveaux abonnés au cours du trimestre, là où les analystes tablaient sur 2,57 millions. Spotify a terminé la période avec 182 millions d'abonnés payants dans le monde. Un chiffre qui comprend la perte d'environ 1,5 million d'abonnés à la suite de la fin de ses services en Russie en réponse à l'invasion de l'Ukraine.

* Alphabet perd 3%. La maison mère de Google a publié mardi soir des résultats et des revenus légèrement inférieurs aux attentes de Wall Street, entraînant un recul de plus de 5% du titre dans les cotations post-séance à la Bourse de New York. Le bénéfice net du géant américain d'internet est ressorti à 16,44 milliards de dollars au 1er trimestre, en baisse de 8,3% par rapport à la même période de 2021 (17,93 Mds$), lorsque le groupe avait publié des comptes record profitant de la crise du coronavirus. Le bénéfice par action s'est élevé à 24,62$ au 1er trimestre contre 25,91$ attendu par le consensus Refinitiv. Les ventes totales ont bondi de 23% sur un an pour atteindre 68,01 milliards de dollars, mais les analystes s'attendaient à un peu mieux, autour de 68,11 Mds$.

Les revenus publicitaires ont grimpé de 22% sur un an pour totaliser 54,66 Mds$ contre 44,68 Mds$ un an plus tôt. A noter que les recettes publicitaires de Youtube ont manqué le consensus, à 6,87 Mds$ contre 7,51 Mds$ attendu, dans un contexte où la concurrence se fait de plus en plus rude dans le streaming vidéo, notamment de la part de TikTok. Les revenus de la branche "cloud" d'Alphabet ont en revanche dépassé le consensus, à 5,82 Mds$ (+44% sur un an) contre 5,76 Mds$ attendu.

* Texas Instruments recule de 0,7% après une guidance un peu juste pour le deuxième trimestre. Le géant américain de l'électronique anticipe des ventes allant de 4,2 milliards de dollars à 4,8 milliards de dollars sur la période et un bpa de 1,84 à 2,26$. Le consensus attendait respectivement 4,96 Mds$ et 2,28$. "Ces perspectives comprennent un impact dû à la réduction de la demande en raison des restrictions liées au Covid-19 en Chine", a souligné la société. Texas Instruments a été contraint de réduire ses prévisions de revenus d'environ 10% alors que ses clients en Chine ferment des usines ou réduisent leurs niveaux d'exploitation, a précisé la firme de Dallas. Mais jusqu'à présent, le fabricant de puces ne subit pas d'annulations de commandes généralisées, ce qui suggère que les problèmes concernent davantage la logistique qu'une baisse plus large de la demande d'électronique.

Le groupe compte des dizaines de milliers de produits et de clients, faisant de ses prévisions un indicateur de la demande pour l'ensemble de l'économie. Les analystes et les investisseurs craignent que, bien qu'il y ait encore des pénuries de certains types de puces, il y ait de plus en plus de stocks inutilisés pour certains produits. Au premier trimestre, la firme a enregistré un profit de 2,2 milliards de dollars ou 2,35 dollars par action, contre 1,75 Md$ et 1,87 dollar par titre un an plus tôt. Les revenus ont augmenté de 14 % à 4,9 milliards de dollars, principalement en raison de la croissance des ventes dans l'industrie et l'automobile. En moyenne, le consensus tablait sur un bpa de 2,18$ pour un chiffre d'affaires de 4,74 Mds$.

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