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Wall Street : fin de semaine toujours plombée par le Covid-19

| Boursier | 375 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York termine la semaine en berne, face aux effets du coronavirus qui commencent à peser sur l'économie mondiale. Les investisseurs se réfugient vers les obligations d'Etat et l'or.

Wall Street : fin de semaine toujours plombée par le Covid-19
Credits Reuters

Le coronavirus continue de semer la zizanie à la Bourse de New York, où la fin de semaine s'annonce dans le rouge vif. Les investisseurs se ruent sur les obligations d'Etat, envoyant les taux des emprunts d'Etat américains à de nouveaux plus bas historiques. Le dollar chute dans l'anticipation de nouveaux gestes de la Fed, qui a déjà effectué une baisse de taux d'un demi-point mardi. Les entreprises sont de plus en plus désorganisées par la propagation du coronavirus. Le pétrole s'effondre d'environ 8% après l'échec de la réunion de l'Opep+, la Russie refusant de réduire davantage sa production.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones perd 2,35% à 25.507 points (après -3,58% jeudi, +4,53% mercredi, -2,9% mardi et +5,09% lundi...), tandis que l'indice large S&P 500 cède 3,07% à 2.931 pts (-3,4% jeudi, +4,2% mercredi, -2,8% mardi et +4,6% lundi) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, corrige de 3,31% à 8.449 pts (après -3,10% jeudi, +3,85% mercredi, -3% mardi et +4,49% lundi).

L'indice VIX mesurant la volatilité (aussi appelé "l'indice de la peur") flambe encore de 17% pour atteindre 46,60, après un bond de 27,4% jeudi. Il est désormais remonté au plus haut depuis début 2009, en pleine crise des "subprimes". Il avait culminé à environ 70 en octobre 2008, juste après la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait déclenché la crise financière.

Le marché de l'emploi US toujours dynamique en févier

Les marchés n'ont pas été rassurés par la publication de chiffres de l'emploi bien meilleurs que prévu en février aux Etats-Unis, où l'impact du coronavirus ne s'est pas encore fait sentir. Les créations de postes non-agricoles sont ainsi ressorties à 273.000, contre 177.000 de consensus de place et au même niveau qu'en janvier (chiffres revus en hausse, de 225.000 à 273.000). Le taux de chômage a reculé à 3,5%, contre 3,6% de consensus et 3,6% un mois plus tôt. Le salaire horaire moyen a augmenté comme prévu de 3% en glissement annuel et de +0,3% par rapport au mois antérieur.

Ces chiffres ont cependant été largement ignorés par les investisseurs, qui considèrent qu'ils reflètent une situation passée, avant que le rythme de propagation du virus ne s'accélère hors de Chine. Ils n'ont pas non plus été rassurés par l'adoption par le Congrès américain d'une enveloppe de 8,3 milliards de dollars pour soutenir l'économie américaine face à l'épidémie de coronavirus. Le président Donald Trump a signé vendredi le décret visant à débloquer cette somme.

14 morts et au moins 233 cas de Covid-19 aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, le nombre de décès est monté à 14 vendredi, et au moins de 233 cas ont été signalés, dont la majorité dans les Etats de Washington, Californie et New York. Face à cette situation, de nombreuses entreprises prennent des mesures pour favoriser le télétravail, notamment Microsoft (-5%) dont le siège est à Redmond (tout près de Seattle) dans l'Etat de Washington, Alphabet (-3,8%) la maison mère de Google, qui emploie 4.500 salariés dans l'Etat de Washington, ainsi que Facebook (-4,3%) et Amazon (-2,5%). Facebook et Google ont aussi demandé à leurs salariés de Sans Francisco de travailler depuis la maison.

Quatre Etats américains, la Californie, Washington, le Maryland et l'Indiana, ont désormais déclaré un état d'urgence, ce qui permet à leurs autorités de prendre des mesures exceptionnelles pour lutter contre le virus.

Le pétrole plonge, la Russie refuse de baisser sa production

Les cours du pétrole ont plongé vendredi, retombant au plus bas depuis plus de 3 ans, après l'annonce d'un échec de la réunion de l'Opep+, qui se tenait le même jour à Vienne. Après de longues tractations, la Russie a finalement refusé la proposition de l'Opep, menée par l'Arabie saoudite, qui avait recommandé aux pays de l'alliance dite Opep+ de prolonger leur accord jusqu'à la fin 2020, et d'abaisser leur production commune de 1,5 million de barils par jour supplémentaires.

Le cours du baril de brut léger américain (WTI) s'effondre en séance de 8,2% à 42,12$ (contrat à terme d'avril coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord cède 7,76% à 46,11$ (contrat à terme de mai). La semaine devrait s'achever sur une baisse de l'ordre de 9%, alors que la semaine précédente, le WTI avait déjà plongé de 16% et le Brent avait abandonné 13,6% face à la chute de la demande mondiale 2020 en raison de la crise du coronavirus.

Les taux US à 10 et 30 ans enfoncent de nouveaux planchers

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) cède vendredi 0,77% à 96,08 points, tandis que l'euro grimpe de 0,52% à 1,1297$. Le dollar anticipe de nouvelles baisses de taux de la Fed, alors que la BCE dispose d'une marge de manoeuvre bien plus limitée que la Fed pour baisser ses taux, qui sont déjà au plancher.

Sur les marchés obligataires, les taux longs de la dette souveraine américaine testent de nouveaux plus bas historiques. Le rendement du T-Bond à 10 ans a dégringolé de 16 points de base à 0,76%... Début janvier, ce rendement à 10 ans était encore de l'ordre de 1,90%. Le taux du T-Bond à 30 ans perd 28 pdb à 1,28%, un nouveau plancher historique. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans est aussi tombé près de ses plus bas, à 0,71% (-2 pdb).

L'or se maintient près de 1.668,30$ l'once (+0,02%) pour le contrat à terme d'avril coté sur le Comex. Le métal jaune a désormais regagné l'essentiel de ses pertes de la fin de la semaine dernière (-5% vendredi...) provoquées par des ventes forcées de la part d'investisseurs sommés de répondre à des appels de marges de leurs brokers, sur fond de plongeon des marchés d'actions.

VALEURS A SUIVRE

Comme la veille, la totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 reculent vendredi, à commencer par l'énergie (-5,5%), les financières (-4%), l'immobilier (-3,5%) et les matériaux de base (-3,5%).

Le secteur des croisières reste attaqué, après le décès du coronavirus d'une personne de retour d'une croisière, et la mise en quarantaine au large de la Californie du navire sur lequel elle avait voyagé. Royal Caribbean Cruises perd encore 1,3% (après -16,4% jeudi), Carnival lâche 2,3% (-14,1% jeudi) et Norwegian Cruise Line Holdings recule de 2,4% (-13,3% jeudi).

JP Morgan (-5,9%). Jamie Dimon, le patron de JP Morgan Chase, a été opéré du coeur en urgence et récupère désormais selon la banque, dont le cours trébuche...

AMD (-2,5%) recule même si le fabricant de puces électroniques a confirmé ses objectifs financiers malgré l'impact du coronavirus.

Apple (-2,8%) pâtit d'avis prudents de courtiers concernant ses ventes d'iPhone.

Starbucks (-2,1%) table sur une chute de moitié de ses ventes chinoises au second trimestre.

Costco Wholesale (-3,2%) a annoncé pour son second trimestre fiscal un bénéfice de 931 millions de dollars soit 2,10$ par titre, contre 889 millions de dollars et 2,01$ par action un an auparavant. Les ventes se sont appréciées de 11% à 38,3 milliards de dollars, contre 34,6 milliards un an plus tôt.

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