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Wall Street : en ordre dispersé

| Boursier | 365 | Aucun vote sur cette news

Wall Street évolue en ordre dispersé en début de séance, tiraillée entre les bons résultats de JP Morgan et les déceptions signées Wells Fargo et...

Wall Street : en ordre dispersé
Credits Reuters

Wall Street évolue en ordre dispersé en début de séance, tiraillée entre les bons résultats de JP Morgan et les déceptions signées Wells Fargo et Delta Air Lines. Le S&P500 grimpe actuellement de 0,26% à 3.163 pts alors que le Dow Jones avance de 0,83% à 26.301 pts. Le Nasdaq recule de 0,53% à 10.335 pts, après avoir atteint de nouveaux sommets à la suite d'un gain d'environ 10% en moins de 10 jours.

En outre, le rétablissement de restrictions sanitaires en Californie face à la propagation du coronavirus et les nouvelles sources de tensions entre les Etats-Unis et la Chine font parler incitent également les opérateurs à la prudence.

Alors que la Californie a ordonné la fermeture des bars et imposé aux restaurants et musées d'arrêter toute activité en intérieur, le bilan de la pandémie de Covid-19 continue à gonfler et certains redoutent que la ré-instauration de mesures de confinement empêche une éventuelle reprise en 'V'. L'Université Johns Hopkins, qui fait référence en la matière, dénombre désormais 13,1 millions de cas confirmés à travers le monde en sept mois, depuis le début de l'épidémie, pour 573.200 morts. Les Etats-Unis sont les plus touchés, avec 3,308 millions de cas et plus de 135.600 décès.

Sur le front diplomatique, Washington a rejeté la souveraineté revendiquée par la Chine sur les ressources de la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale. L'administration Trump prévoit en outre de mettre fin à un accord de 2013 entre les autorités américaines et chinoises chargées de l'audit des entreprises, a déclaré un haut responsable du département d'Etat, une mesure qui pourrait accroître la pression sur les sociétés chinoises cotées à Wall Street.

Côté macro, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6% en juin aux Etats-Unis après avoir reculé de 0,1% en mai et contre une hausse de 0,5% anticipée par le marché. Il s'agit de la première progression de l'indice CPI depuis février. L'inflation annuelle 'core' est restée stable à 1,2%, contre 1,1% de consensus. En séquentiel, l'indice CPI 'core'progresse de 0,2% contre 0,1% attendu.

Enfin, du côté des matières premières, le baril de pétrole qui perdait près de 2% en matinée avance désormais de 0,3% à 40,2$ (pour le WTI) alors que l'once d'or cède 0,2% à 1.811$.

Les valeurs

* Tesla grimpe de 1,9%. Le constructeur automobile continue à faire couler beaucoup d'encre. Après avoir reculé de 3% en fin de séance hier, le titre poursuit sa marche en avant, soutenu par plusieurs notes d'analystes. Piper Sandler a notamment porté son objectif de 939 à 2.322$, estimant que Tesla est "l'entreprise la plus importante dans l'écosystème de la mobilité, et il est peu probable que cela change au cours de la prochaine décennie".

* JP Morgan Chase gagne 1,3% après avoir dévoilé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes même si les provisions pour créances douteuses se sont envolées à 10,47 milliards de dollars sur la période (contre un consensus de 9,2 Mds$), un niveau historique. Sur les trois mois clos fin juin, la banque a enregistré un bénéfice net de 4,69 Mds$ ou un bpa de 1,38$ contre 9,65 Mds$ ou 2,82$ par action un an plus tôt pour des revenus de 33,82 milliards de dollars, en hausse de 14% environ en glissement annuel. Les actifs sous gestion ont progressé de 14% à 2.500 Mds$. La banque a dégagé des revenus de trading record avec notamment un doublement des revenus obligataires.

"Malgré quelques données macroéconomiques positives récentes et une action gouvernementale significative et décisive, nous sommes toujours confrontés à une grande incertitude quant à la trajectoire future de l'économie", a déclaré le PDG, Jamie Dimon. "Cependant, nous sommes préparés à toutes les éventualités car la force de notre bilan nous permet de rester un port dans la tempête". La banque continuera à verser un dividende à ses actionnaires, à moins que "la situation économique ne se détériore concrètement et de manière significative", a précisé le dirigeant.

* Lockheed Martin (stable). La Chine va imposer des sanctions au groupe américain d'aéronautique et de défense Lockheed Martin en raison de sa participation au dernier contrat d'armement conclu entre les Etats-Unis et Taïwan, a annoncé mardi le ministère chinois des Affaires étrangères. Lockheed Martin est le principal prestataire du programme de modernisation des missiles Patriot sol-air de Taïwan, un contrat de 620 millions de dollars. Pékin considère Taïwan comme une province rebelle et s'oppose à toute vente d'armes à l'île.

* Wells Fargo chute de près de 6% après être tombé dans le rouge au deuxième trimestre, une première depuis 2008. La banque de San Francisco, qui annonce une coupe de son dividende à 10 cents par action, contre un niveau de 20 cents attendu par le marché, a enregistré des provisions pour créances douteuses de 9,5 milliards de dollars, environ deux fois plus qu'estimé par les analystes. Conséquence de ces énormes provisions, le résultat net ressort négatif à hauteur de 2,84 Mds$ ou 66 cents par action contre un bpa de 1,3$ un an auparavant pour des revenus de 17,8 Mds$, en repli de 17%. Le consensus tablait sur un bpa de -0,13$. Le ratio CET1 s'établit à 10,9% contre 10,7% à la fin du premier trimestre.
"Nous sommes extrêmement déçus tant par les résultats du deuxième trimestre que par notre l'intention de réduire notre dividende", déclare Charlie Scharf, arrivé récemment à la tête de la banque. "Notre point de vue sur la longueur et la gravité de la crise économique s'est considérablement détérioré par rapport aux hypothèses utilisées lors du dernier trimestre". Le marché sanctionne ces annonces avec une action qui perd près de 4% en pré-séance à Wall Street.

* Citigroup cède 1,2%. Porté par son activité de trading obligataire et de devises ainsi que par sa banque d'investissement, Citigroup est parvenu à dégager un profit supérieur aux attentes des analystes au deuxième trimestre. La banque américaine a ainsi enregistré un profit net de 1,3 milliard de dollars ou 50 cents par titre contre un bénéfice de 4,8 Mds$ ou un bpa de 1,95$ un an plus tôt. Les revenus ont atteint 19,8 Mds$, soit un milliard de plus qu'il y a un an. Le consensus tablait sur un bpa de 35 cents pour des recettes de 19,1 Mds$. "Alors que le coût du crédit a pesé sur notre profit net, notre performance commerciale globale a été forte au cours du trimestre, et nous avons pu naviguer raisonnablement bien lors de la pandémie de COVID-19", a déclaré le directeur général Michael Corbat. Crise oblige, le coût du crédit a atteint 7,9 Mds$ sur le trimestre contre 2,1 Mds$ au cours des trois mois précédents.

* Alphabet rend 1%. Après Facebook et d'autres grands noms du capital-investissement, Google serait en discussions avancées pour investir environ 4 milliards de dollars dans Jio Platforms, la société indienne de services numériques. Selon les sources de 'Bloomberg', une annonce officielle pourrait intervenir dans les prochaines semaines même si les négociations pourraient encore tomber à l'eau. Cette information intervient après que la filiale d'Alphabet eut déclaré hier qu'elle prévoyait d'investir 10 milliards de dollars en Inde au cours des cinq à sept prochaines années afin de développer les technologies numériques dans le pays. Filiale du conglomérat Reliance Industries, Jio Platforms possède notamment le plus grand opérateur de réseau mobile indien.

*Delta Air Lines recule de 1%. Plombé par la pandémie de Covid-19, Delta Air Lines vient de dévoiler une perte ajustée record de 2,8 milliards de dollars au deuxième trimestre pour des revenus en retrait de 91% sur un an ! La perte ajustée par action s'établit à 4,43$ contre -4,22$ de consensus pour des revenus de 1,47 Md$. La perte nette totale atteint 5,72 Mds$! Très suivie dans le secteur, la recette unitaire s'est effondrée de 60% sur le trimestre clos fin juin contre une baisse de 46,5% attendue par le marché. Le nombre de passagers transportés s'est effondré de 93%.

Delta a confirmé son objectif de mettre fin à sa consommation quotidienne de trésorerie d'ici la fin de l'année après avoir brûlé jusqu'à 100 M$ par jour au début de la pandémie en mars. Ed Bastian, le patron de Delta, a toutefois averti que la réalisation de cet objectif dépendrait de l'évolution de la demande. "Il y a beaucoup de risques car il est difficile de prévoir ce qui va se passer avec le virus". Le transporteur, dont les liquidités atteignaient 15,7 Mds$ à la fin juin, a réduit sa consommation quotidienne de cash à environ 27 M$ le mois passé et connaît un taux similaire en juillet, avec des améliorations à mesure que les économies s'ouvrent et que les gens se sentent plus à l'aise pour voyager. "Compte tenu des effets combinés de la pandémie et de l'impact financier associé sur l'économie mondiale, nous continuons à penser qu'il faudra plus de deux ans avant de voir une reprise durable", a souligné le CEO de Delta.

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