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Wall Street en ordre dispersé avec IBM, Tesla et les craintes d'inflation

| Boursier | 585 | 3 par 2 internautes

Après avoir atteint des records en séance mercredi, le Dow Jones et le S&P 500 fléchissent jeudi, alors que le Nasdaq progresse modérément.

Wall Street en ordre dispersé avec IBM, Tesla et les craintes d'inflation
Credits Reuters

Après avoir testé leurs records en séance mercredi, le Dow Jones et le S&P 500 fléchissent jeudi, tandis que le Nasdaq progresse modérément. Les craintes liées à l'inflation et aux problèmes de chaîne logistique continuent de préoccuper les investisseurs, à mesure que les entreprises publient leurs comptes du 3e trimestre. Après leur série haussière, les cours du pétrole soufflent jeudi, le baril de WTI cédant 1,8% à 81,93$. Le bitcoin retombe de 5% sous les 63.000$, après des sommets historiques mercredi soir à près de 67.000$.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,4% à 35.467 points, à moins d'un demi-point de son record du 16 août à 35.625 pts. L'indice large S&P 500 fléchit de 0,1% à 4.532 pts, non loin de son record du 2 septembre à 4.536,95 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, progresse de 0,3% à 15.167 pts. Le bitcoin, qui s'était envolé mercredi soir à près de 67.000$, un nouveau record, saluant la cotation du premier ETF sur la "crypto" à Wall Street, revient à 62.570$ (-5,2%) jeudi soir sur le site Coindesk.

Sept des 11 indices sectoriels du S&P 500 évoluent dans le rouge jeudi, à commencer par l'énergie (-2,2%), les matériaux de base (-0,9%) et les financières (-0,7%). Les technologiques (-0,02%) et les services de communication (-0,09%) hésitent autour de l'équilibre et les biens de consommation discrétionnaire perdent 1,1%. Parmi les valeurs en vue, IBM plonge de plus de 9% après des ventes décevantes au 3e trimestre, Tesla grimpe de 3% après des bénéfices et des marges record malgré des problèmes de "supply chain" et Moderna prend 2% après le feu vert de la FDA à son rappel de vaccin anti-Covid.

Le marché de l'emploi continue de s'améliorer aux Etats-Unis

Les derniers indicateurs macro-économiques aux Etats-Unis n'ont pas apporté de surprises majeures. Les inscriptions au chômage aux Etats-Unis ont diminué la semaine passée à 290.000, en léger repli de 6.000 par rapport à la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 299.000. La moyenne à quatre semaines s'établit à 319.750, en recul de 15.250. Par ailleurs, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie est ressorti plus faible que prévu à 23,8, contre 25 de consensus de marché et 30,7 un mois avant.

L'indice des indicateurs avancés américains a progressé moins que prévu (+0,2%) en septembre, contre +0,5% de consensus de place et +0,8% en août. Les reventes de logements existants ont en revanche dépassé les attentes en septembre à 6,29 millions d'unités, contre 6,1 millions de consensus de place et 5,9 millions en août.

Dans son dernier Livre Beige, publié mercredi soir, la Fed a indiqué que les pénuries de main d'oeuvre et de nombreux produits ont pesé ces dernières semaines sur le rythme de la reprise économique aux Etats-Unis, mais que la croissance s'est tout de même poursuivie "à un rythme modéré" et que les entreprises espèrent une amélioration dans les prochains mois.

Ce rapport servira de base à la prochaine réunion de politique monétaire de la Fed prévue les 2 et 3 novembre, et ne semble pas alarmant au point de bouleverser la politique de la banque centrale américaine. Les marchés financiers s'attendent déjà quasi-unanimement à ce que la Fed annonce le 3 novembre le début de la baisse de ses achats d'actifs (120 milliards de dollars par mois actuellement). Ce "tapering" pourrait commencer dès la mi-novembre, ou la mi-décembre, et durer jusqu'à la mi-2022, avec une réduction des achats de l'ordre de 15 Mds$ par mois.

Un début de "tapering" de la Fed attendu dès novembre

Les derniers avis de responsables de la Fed indiquent toujours la forte éventualité d'un début du tapering en novembre, à quelques exceptions près. Le gouverneur de la Fed, Randal Quarles, a déclaré qu'il était clair que la Fed avait réussi le test des fameux progrès "substantiels" en termes d'emploi et l'inflation, et qu'il soutiendrait une action lors de la réunion de novembre, visant à commencer à réduire les achats d'actifs. Tout en estimant qu'il n'était pas encore temps de relever les taux directeurs, il a estimé que l'inflation pourrait durer plus que prévu, ajoutant qu'une inflation "transitoire ne veut pas forcément dire de courte durée"...

Cependant, rappelons qu'un sondage Reuters auprès d'économistes a montré que 40 des 67 personnes interrogées s'attendaient à ce que la Fed patiente plutôt jusqu'en 2023 ou plus tard pour commencer à augmenter les taux d'intérêt. En outre, la présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, a indiqué qu'elle n'attendait pas de hausse de taux dans un futur proche. Elle a ajouté que la politique monétaire pourrait avoir besoin d'un ajustement si l'inflation restait élevée. Credit Suisse mesure enfin que la probabilité d'une "erreur de politique monétaire" de la Fed a grimpé à environ 40%, alors qu'elle n'était que de 25% à peine il y a deux semaines.

Waller, qui intervient encore ce jour, ajoute qu'il ne devrait pas y avoir de choc sur les marchés lors du début du tapering, estimant que cette réduction des achats d'actifs est cohérente avec les données économiques. Pour lui aussi, le risque principal demeure l'inflation. Ainsi, la Fed pourrait être forcée d'agir plus vite si l'inflation restait trop élevée, a-t-il dit.

Au lendemain des comptes de Tesla et d'IBM, les publications trimestrielles se poursuivent ce jeudi. American Airlines, Alaska Air, Southwest Airlines, AutoNation, AT&T, Blackstone, Whirlpool, Marsh & McLennan, Union Pacific, Intel, Interpublic, Danaher, Dow Inc, Nucor, Robert Half, Mattel et Snap Inc, sont notamment de la partie ce jour.

VALEURS A SUIVRE

Tesla (+3% !) a publié des bénéfices record et supérieurs aux attentes de Wall Street pour le 3e trimestre, mais son chiffre d'affaires a légèrement déçu en raison de problèmes de "supply chain" qui ont affecté la production du géant californien des véhicules électriques. Le titre Tesla a d'abord réagi en léger recul après cette publication, avant de repartir en hausse de 3% en séance autour de 891$, les investisseurs saluant l'amélioration des marges bénéficiaires du groupe, malgré un environnement difficile. Plusieurs brokers ont relevé jeudi leurs objectifs de cours sur la valeur, dont Deutsche Bank et Bank of America qui visent tous deux désormais 1.000$ (au lieu de 900$ auparavant). Wedbush est passé de 1.000$ à 1.100$, Canaccord de 940$ à 1.040$ et Piper a maintenu son objectif ambitieux de 1.200$ en saluant "les meilleurs comptes de l'histoire" de Tesla.

Le bénéfice net du groupe (qui va bientôt déménager son siège de Palo Alto à Austin, au Texas) a atteint au 3e trimestre un record de 1,6 milliard de dollars (1,44$ par action) contre 331.000$ un an plus tôt (0,27$ par action). En données ajustées, le bpa s'élève à 1,86$, très supérieur aux attentes de Wall Street, logées à 1,62$ selon FactSet. La marge d'exploitation est montée à 14,6% au 3e trimestre, contre 11% au T2, et 9,2% au T3 2020.

Les revenus ont grimpé de 57% pour atteindre 13,8 Mds$ contre 8,8 Mds$ un an plus tôt, mais ressortent légèrement en deçà du consensus des analystes, qui attendaient 14 Mds$. Tesla a souligné que des problèmes de chaîne d'approvisionnement, dont des pénuries de semiconducteurs, des congestions portuaires et des coupures de courants tournantes avaient empêché ses usines de fonctionner à plein régime.

IBM plonge de 9,1%, en réaction à la publication d'un chiffre d'affaires inférieur aux attentes des analystes au 3e trimestre, qui fait douter de sa capacité à rebondir dans les services numériques à haute valeur ajoutée. Les ventes de "Big Blue" ont ainsi atteint 17,62 milliards de dollars, en légère hausse de 0,3%, alors que le consensus FactSet tablait sur 17,79 Mds$. Les revenus de la branche "Cloud and Cognitive Software" ont déçu, à 5,69 Mds$ contre 5,77 Mds$ attendus, ceux de la branche "Global Business Services" ont atteint 4,43 Mds$ contre 4,29 Mds$ attendus, et ceux de "Global Technology Services" ont atteint 6,15 Mds$ contre 6,26 Mds$ attendus.

Le bénéfice net du géant américain des services numériques s'est établi à 1,13 Md$ (1,25$ par action) contre 1,7 Mds$ (1,89$ par action) au 3e trimestre 2020. En données ajustées, le bpa est ressorti conforme aux attentes de Wall Street, à 2,52$, contre 2,58$ un an plus tôt.

Rappelons qu'IBM a prévu de longue date de se scinder en deux entités, afin de se concentrer sur les activités à haute valeur ajoutée. La séparation sera effective début novembre, a indiqué le groupe avec le "spinoff" de Kyndryl, qui regroupe les activités historiques de services numériques du groupe (services d'infrastructure gérés ou Global Technology Services). IBM se concentrera dorénavant sur les technologies de pointe comme l'intelligence artificielle et le cloud.

American Airlines (+1,4%), la compagnie aérienne américaine, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net consolidé de 169 millions de dollars et 25 cents par titre, ainsi qu'une perte ajustée de 641 millions de dollars et 99 cents par action hors aides. Les revenus trimestriels se sont établis à 9 milliards de dollars, en augmentation de 20% séquentiellement, en comparaison du deuxième trimestre. Le consensus était de 1,04$ de perte ajustée par action pour 8,94 milliards de dollars de revenus. La firme a terminé le trimestre avec un niveau total de liquidités disponibles d'environ 18 milliards de dollars. American Airlines demeure par ailleurs confiant concernant la demande durant les périodes clés de voyages du quatrième trimestre.

Southwest Airlines (-1,8%), la compagnie aérienne américaine 'discount', a annoncé ce jeudi des comptes supérieurs aux attentes de marché, mais voit des challenges opérationnels en octobre. La compagnie a dégagé un bénéfice net trimestriel de 446 millions de dollars soit 73 cents par titre, contre une perte de 1,16 milliard de dollars sur la période correspondante de l'an dernier. Hors éléments, la perte ajustée par action a représenté 23 cents, alors que le consensus de marché était de -27 cents. Les revenus opérationnels ont été de 4,68 milliards de dollars, en retrait de 17% en comparaison... du troisième trimestre 2019, mais pratiquement triplés en glissement annuel.

Pfizer (-0,36%) et BioNTech (+5%) viennent de publier des données d'un essai de phase III montrant qu'une dose de rappel de leur vaccin Covid-19 serait efficace à 95,6%, y compris contre le variant Delta. L'étude comptait 10.000 participants de plus de 16 ans et dont l'âge médian était de 53 ans. La dose de rappel présenterait par ailleurs un profil de sécurité favorable. Le temps médian entre l'administration de la seconde dose et le rappel ou le placebo était d'environ 11 mois. Il n'y avait que cinq cas identifiés dans le groupe ayant reçu la dose de rappel, contre 109 dans le groupe ayant reçu le placebo. "Ces résultats démontrent une fois de plus les bienfaits du rappel vaccinal", a insisté Albert Bourla, patron de Pfizer. L'Américain et son partenaire allemand vont soumettre rapidement les résultats détaillés à la FDA, à l'Agence européenne des médicaments (EMA) ainsi qu'à d'autres organismes de réglementation.

La FDA américaine a approuvé les doses de rappel des vaccins Covid-19 de Moderna (+2%) et Johnson & Johnson (-0,5%) dans les populations éligibles, comme prévu. La Food & Drug Administration a ainsi pris des mesures pour étendre l'utilisation d'une dose de rappel pour les vaccins Covid-19 dans les populations éligibles. L'agence modifie les autorisations d'utilisation d'urgence (EUA) pour les vaccins covid afin de permettre l'utilisation d'une seule dose de rappel. L'utilisation d'une dose de rappel unique du vaccin Moderna a ainsi été validée, et peut être administrée au moins 6 mois après la fin de la série primaire aux individus de 65 ans et plus, de 18 à 64 ans à haut risque de Covid-19 sévère, et de 18 à 64 ans avec une exposition institutionnelle ou professionnelle fréquente au SRAS-CoV-2. Une dose de rappel unique du vaccin Janssen (Johnson et Johnson) Covid-19 peut être administrée au moins 2 mois après la fin du régime primaire à dose unique aux personnes âgées de 18 ans et plus.

L'utilisation de chacun des vaccins Covid-19 disponibles comme dose de rappel hétérologue (ou 'mix and match') chez les personnes éligibles après l'achèvement de la primovaccination avec un autre vaccin Covid-19 disponible est aussi validée.

Dow Chemical (-2,6%), le groupe américain de chimie et de matériaux de spécialités, a annoncé pour le troisième trimestre fiscal des profits et revenus supérieurs aux attentes de marché, avec la vive progression des prix locaux dans un contexte d'offre limitée. Le bénéfice net trimestriel a représenté 1,68 milliard de dollars et 2,23$ par action, contre une perte de 25 millions de dollars un an auparavant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a été multiplié, à 2,75$ contre 50 cents un an plus tôt, tandis que le consensus FactSet se situait à 2,56$. Les ventes se sont envolées quant à elles de 53% à 14,84 milliards de dollars, contre 14,33 milliards de consensus.

AT&T (-1,1%), l'opérateur télécom américain, a annoncé des revenus trimestriels et des gains d'abonnés téléphoniques dépassant les attentes, avec la demande accrue pour son service de téléphonie et Internet et la croissance de sa plateforme de streaming HBO Max. L'opérateur wireless a récupéré 928 000 nouveaux abonnés (nets) payants au cours du troisième trimestre, bien au-dessus des attentes du consensus de 560 000 mesuré par FactSet. Le chiffre d'affaires total s'est élevé à 39,9 milliards de dollars au troisième trimestre, dépassant l'estimation moyenne des analystes de 39,1 milliards de dollars. Le bénéfice net attribuable aux actions ordinaires de la société a atteint 5,9 milliards de dollars, ou 82 cents par titre, contre 2,8 milliards un an avant.

AutoNation (+7,5%), détaillant automobile américain qui fournit des véhicules neufs et d'occasion et des services associés, vient de publier des comptes trimestriels meilleurs que prévu, avec la forte demande. Le groupe de Fort Lauderdale, Floride, a affiché un bénéfice net de 361,7 millions de dollars, ou 5,12 dollars par action, pour le trimestre, contre 182,6 millions de dollars, ou 2,05 dollars par action, un an plus tôt. Les revenus ont atteint 6,38 milliards de dollars contre 5,41 milliards de dollars. Le consensus FactSet était de 4,20$ de bénéfice par action et 6,29 milliards de revenus.

Interpublic (-2,4%). Les revenus du troisième trimestre se sont élevés à 2,26 milliards de dollars, soit une augmentation de 15,7% par rapport à l'année précédente, avec une croissance organique de 15%. Le bénéfice net s'est élevé à 239,9 millions de dollars, avec un EBITA ajusté avant charges de restructuration de 369,5 millions de dollars et une marge de 16,3% sur le chiffre d'affaires net. Le bpa dilué au troisième trimestre était de 0,60$ tel que publié et de 0,63$ sur une base ajustée, contre 0,53$ il y a un an. La société relève ses attentes pour l'exercice 2021, visant une croissance organique d'environ 11% et une marge d'EBITA ajustée d'environ 16,8%, sur la base des progrès continus de la santé publique et d'une reprise macroéconomique soutenue. Le consensus était de 49 cents de bpa ajusté pour 2,17 milliards de dollars de revenus.

Blackstone (+2,7%), leader de la gestion d'actifs alternatifs, a annoncé des bénéfices distribuables plus que doublés au troisième trimestre, atteignant un record dans un contexte de faibles taux d'intérêt et de reprise économique. Le groupe new-yorkais a révélé un profit distribuable de 1,28$ par action, en hausse de 112%, dépassant l'estimation moyenne des analystes de Wall Street qui était de 91 cents. En GAAP, Blackstone a indiqué que son bénéfice net avait presque doublé pour atteindre 1,4 milliard de dollars, grâce à ses bénéfices d'investissement. Ses revenus nets de performance cumulés ont atteint 8,3 milliards de dollars. Le total des actifs sous gestion a atteint 730,7 milliards de dollars, contre 648,8 milliards de dollars trois mois plus tôt.

Digital World Acquisition bondit de près de 400% à Wall Street ! Trump Media & Technology Group va en effet être coté via une fusion avec Digital World Acquisition. TMTG sera coté au Nasdaq dans le cadre d'un accord le valorisant jusqu'à 1,7 milliard de dollars. CNBC rapporte que Trump présidera la société, dont l'adresse est indiquée comme étant sa résidence de Mar-a-Lago. La SPAC n'a rien déposé pour l'heure à propos de la fusion. StreetAccount note que le tweet indique que l'accord attribue à la société une valeur d'entreprise de 875 millions de dollars, avec un gain potentiel supplémentaire de 825 millions de dollars, et que la mission de la société est de "créer un rival du consortium médiatique libéral et de lutter contre les grandes entreprises technologiques de la Silicon Valley".

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