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Wall Street en ordre dispersé après Powell

| Boursier | 490 | Aucun vote sur cette news

Wall Street, qui a connu hier soir un accès de faiblesse en fin de journée (-0,94% sur le DJIA et -1,12% sur le Nasdaq), s'affiche encore hésitant ce...

Wall Street en ordre dispersé après Powell
Credits Reuters

Wall Street, qui a connu hier soir un accès de faiblesse en fin de journée (-0,94% sur le DJIA et -1,12% sur le Nasdaq), s'affiche encore hésitant ce mercredi. Le Dow Jones se relève de 0,95% à 32.731 pts et le S&P 500 de 0,44% à 3.928 pts, alors que le Nasdaq consolide de 0,33% à 13.184 pts. Le baril de brut WTI remonte de près de 4% à 60$, alors qu'un porte-conteneurs s'est échoué dans le canal de Suez, bloquant le trafic sur l'une des routes commerciales maritimes les plus fréquentées au monde. L'once d'or gagne 0,3%. L'indice dollar grappille 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin grimpe de 3% vers les 56.600$ sur Bitfinex, alors que Tesla va accepter les paiement en BTC aux États-Unis.

Du côté des marchés obligataires, qui restent sous surveillance, le rendement du T-Bond américain à 10 ans ressort actuellement à 1,64% et celui du '30 ans' à 2,34%.

Les commandes de biens durables aux États-Unis pour le mois de février ont décliné de 1,1% en comparaison du mois précédent, alors que le consensus était de +0,8%. Ces commandes avaient grimpé de 3,5% en janvier. Hors transport, les commandes US de biens durables s'établissent en retrait de 0,9%, contre +0,6% de consensus et +1,6% en janvier (lecture révisée en hausse).

L'indice flash PMI composite américain du mois de mars est ressorti à 59,1, contre 59 de consensus de marché et 59,5 pour la lecture révisée (en hausse) de février. L'indicateur manufacturier s'est établi à 59, contre 58,9 de consensus. L'indice des services s'est élevé à 60, contre 59,1 de consensus de place.

Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 19 mars a fait ressortir quant à lui une hausse de 1,9 million de barils des stocks de brut, une timide progression de 0,2 million de barils des stocks d'essence et une augmentation de 3,8 millions de barils des stocks de distillés.

Ailleurs dans le monde, les indicateurs PMI européens rassurent dans l'ensemble. L'indice PMI flash des services se situe à 47,8 en France contre 58,8 pour le manufacturier. En Allemagne, l'indicateur manufacturier grimpe à 66,6 alors que l'indice des services atteint 50,8. L'indice manufacturier européen se situe à 62,4, contre 48,8 pour celui des services. Au Royaume-Uni, l'indice des services ressort à 56,8 et le manufacturier à 57,9. Ces indices sont tous supérieurs aux attentes de marché !

Jerome Powell, président de la Fed, qui a estimé une fois de plus hier que la poussée inflationniste était provisoire, s'exprime encore ce mercredi et explique notamment que la politique fiscale et budgétaire de soutien est au coeur de la reprise. Il juge une fois encore ce mercredi que la poussée de l'inflation ne persistera pas. Thomas Barkin, John Williams, Mary Daly et Charles Evans de la Fed, interviennent aussi aujourd'hui.

Auditionné hier par la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, Powell a maintenu que la reprise de l'économie et la hausse des prix n'allaient pas entraîner d'inflation durable. Ainsi, l'inflation devrait augmenter durant l'année, mais sa hausse ne devrait être ni importante, ni persistante. Powell souligne par ailleurs que la Fed dispose des outils pour faire face.

Janet Yellen, ex-patronne de la Fed et Secrétaire américaine au Trésor, était aussi entendue hier. Elle a été questionnée notamment sur le nouveau package économique attendu de l'administration Biden, qui pourrait se chiffrer entre 3.000 et 4.000 milliards et fait craindre à certains des augmentations brutales de taxes. Yellen a précisé que le programme d'infrastructure, qui constituerait l'élément essentiel du package, ciblerait les dépenses dont l'économie a besoin pour être "compétitive et productive". En revanche, la Secrétaire au Trésor a admis que cela passerait par une "augmentation des rentrées d'argent", sans se montrer explicite. Elle a seulement précisé que l'administration Biden n'allait pas proposer des politiques nuisant aux petites entreprises ou aux Américains. Selon elle, la reprise économique américaine est plus rapide que prévu, mais demeure confrontée à la crise sanitaire et à l'inflation potentielle.

Rappelons que Yellen avait auparavant indiqué, dans ses remarques préparées, que le plan budgétaire américain et la reprise devraient permettre au pays de retrouver le plein emploi l'année prochaine.

L'actualité de la crise sanitaire demeure quant à elle adverse, avec toujours autant de débats en Europe autour de l'approvisionnement en vaccins, et des poussées inquiétantes des infections accompagnées d'une hausse des décès dans certaines autres régions, en particulier au Brésil qui vient de franchir les 3.000 morts quotidiens.

Selon l'Université Johns Hopkins ce jour, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus à l'échelle mondiale depuis le début de l'épidémie dépasse les 124 millions, dont près de 30 millions aux USA et plus de 12 millions au Brésil. Le virus a fait officiellement 2,74 millions de morts dans le monde depuis son apparition, dont près de 544.000 aux États-Unis, près de 299.000 au Brésil et 199.000 environ au Mexique.

Les valeurs

GameStop (-17%) a publié mardi soir ses premiers résultats trimestriels depuis que le titre a été catapulté par une vague spéculative soulevée par les petits porteurs présents sur WallStreetBets, forum du réseau social Reddit. La chaîne américaine de magasins de jeux vidéo a fait un peu moins bien que prévu par les analystes au 4e trimestre fiscal tant en termes de bénéfices que de ventes. Le titre devrait être extrêmement volatil ce jour, alors qu'il a été multiplié par plus de 10 depuis le début de l'année.

Le groupe a assuré qu'il était en ordre de marche en vue de sa transformation en une entreprise de vente en ligne. A magasins comparables, les ventes ont augmenté de 6,5% sur un an, et les ventes en ligne ont explosé de 175% sur le 4e trimestre (à 34% des ventes totales) et de 191% sur l'exercice 2020-2021. Pour son 4e trimestre fiscal, achevé le 30 janvier, GameStop a publié un bénéfice net de 80,5 millions de dollars, soit 1,19$ par action contre 32 cents un an plus tôt. En données ajustées, le bénéfice atteint 90,7 M$, et le bpa s'inscrit à 1,34$, contre 1,27$ un an plus tôt. Le consensus était de 1,35$. Les ventes ont reculé à 2,12 milliards de dollars contre 2,19 Mds$ en 2020, affectées par la fermeture de certains magasins liée à la crise sanitaire. Le consensus était de 2,21 Mds$.

GameStop a renforcé son bilan et affiche une trésorerie de 365 M$ à la fin de l'exercice, mais le groupe prévoit une augmentation de capital. Le groupe est en train de remanier sa direction et sa stratégie, sous l'impulsion de Ryan Cohen (cofondateur de Chewy) qui pilote un comité de planification stratégique en vue d'accélérer la transformation numérique de GameStop. La compagnie a annoncé le recrutement de Jenna Owens comme COO (Chief Operating Officer) qui prendra ses fonctions dès le 29 mars, et a notamment fait carrière chez Amazon, Google et Honeywell. Au sein de la direction, le directeur financier Jim Bell est sur le départ, de même que le directeur client (CCO) et vice-président exécutif Frank Hamlin. En février, GameStop a en outre nommé pour la première fois un directeur des technologies, Matt Francis.

Intel (stable). Alors que le monde fait face à une pénurie de composants électroniques, dont la très grande majorité est produite en Asie, le géant américain Intel a annoncé mardi soir son intention d'investir 20 milliards de dollars pour construire deux unités de production de microprocesseurs aux Etats-Unis, en Arizona. Intel, qui dispose déjà de 4 usines aux Etats-Unis, a précisé que son choix avait des "implications de sécurité nationale", au moment où les Etats-Unis et la Chine s'affrontent pour dominer les technologies mondiales.

L'annonce confirme qu'Intel entend continuer de produire lui-même une grande partie de ses puces, plutôt que de les concevoir et d'en confier la fabrication à des fondeurs, généralement basés à Taïwan et en Chine.

A l'occasion de la publication des comptes du 4e trimestre 2020, le nouveau directeur général d'Intel, Pat Gelsinger, en poste depuis le 15 février, avait pris les marchés à contre-pied, en déclarant avant même sa prise de fonction qu'il comptait maintenir une stratégie intégrée, en promettant de continuer à fabriquer en interne l'essentiel des microprocesseurs conçus par le géant américain des puces. Il avait certes indiqué qu'il allait externaliser une partie de l'activité de fabrication de puces électroniques, mais il s'était aussi dit "convaincu" que "la majorité des produits 2023" seraient "fabriqués en interne".

Toutefois, les difficultés d'approvisionnement en composants électroniques liées notamment à la crise du coronavirus et à une demande croissante, ont mis en lumière la dépendance de l'industrie mondiale vis-à-vis de quelques fondeurs asiatiques. Intel a ainsi annoncé mardi soir la création d'une filiale baptisée "Foundry Services", qui produira des puces pour le groupe américain, mais servira aussi de fonderie à d'autres entreprises ayant besoin de faire fabriquer leurs composants. Une proposition qui pourrait intéresser de nombreuses compagnies, dont Amazon, Google (Alphabet), Microsoft ou encore Qualcomm.

Tesla (+1%). "Vous pouvez maintenant acheter une Tesla avec du Bitcoin", vient tout juste de tweeter Elon Musk, qui s'était déjà engagé il y a quelques semaines sur une telle évolution. "Tesla n'utilise que des logiciels internes & open source et exploite directement les noeuds Bitcoin. Les Bitcoin payés à Tesla seront conservés en tant que Bitcoin, non convertis en monnaie fiduciaire", indique par ailleurs Musk. Pour l'instant, la possibilité est donc offerte aux États-Unis. Elle le sera à l'international "plus tard cette année".

C'est donc une véritable révolution qui est annoncée ce jour par Musk, alors que Tesla avait déjà amplement surpris début février en révélant un gros investissement en trésorerie sur le BTC. Ainsi, le fabricant californien de voitures électriques avait alors déclaré à la SEC, gendarme financier américain, l'acquisition de Bitcoin pour un montant agrégé particulièrement conséquent de 1,5 milliard de dollars sur le mois de janvier 2021.

Walt Disney (-1%) a annoncé un report de la sortie mondiale du 'Black Widow' des studios Marvel de deux mois, jusqu'en juillet. En outre, Disney sortira simultanément le film dans les salles obscures et en streaming payant sur Disney+. L'annonce a fait plonger hier de près de 15% le titre de la principale chaîne américaine de cinémas, AMC Entertainment, alors que Cinemark a perdu plus de 7%. Les deux valeurs restent sous pression ce jour.

Disney a aussi indiqué qu'il allait proposer le film 'Cruella' en version payante sur Disney+, le jour de sa sortie au cinéma programmée le 28 mai. Enfin, le film d'animation Pixar Luca débutera sur Disney+ le 18 juin et ne sortira au cinéma que dans les pays à l'international où Disney+ n'est pas accessible. Les versions streaming de Cruella et Black Widow ne sont pas données, à 30$ de supplément aux US sur le service Disney.

Exxon Mobil (+3%) gagne du terrain à Wall Street avec la remontée des cours du brut, alors que l'agence de notation financière Moody's Investors Service vient pourtant de dégrader la note de crédit du groupe à 'Aa2' contre 'Aa1', jugeant que le maintien du dividende ralentirait la réduction de l'endettement.

Adobe (-1%) a publié des comptes trimestriels supérieurs aux attentes de marché, relevant par ailleurs ses estimations annuelles. Le groupe software a révélé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action en vive hausse de 38% à 3,14$, contre 2,79$ de consensus. Les revenus trimestriels ont totalisé quant à eux 3,91 milliards de dollars, en croissance de 26% en glissement annuel, contre un consensus de 3,76 milliards. Adobe a rehaussé sa guidance annuelle pour l'exercice 2021, tablant maintenant sur des revenus de 15,45 milliards, contre 15,15 Mds$ auparavant. Le bénéfice ajusté par action est espéré désormais à 11,85$, contre 11,2$ pour sa projection antérieure.

Pfizer (+1%). Hong Kong a temporairement suspendu le vaccin anti-covid de l'Américain Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech, évoquant des emballages défectueux.

General Mills (-5%) perd du terrain à Wall Street, le groupe alimentaire ayant publié pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 596 millions de dollars et 96 cents par titre, contre 454 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 82 cents, légèrement inférieur au consensus (84 cents). Les revenus ont totalisé 4,52 milliards, contre 4,18 milliards sur la période comparable de l'an dernier et 4,45 milliards de consensus. Le groupe restaure son programme de rachat d'actions. Sur l'année, la croissance organique est attendue à 3,5%.

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