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Wall Street : en hausse, l'accord commercial USA-Chine est signé !

| Boursier | 1634 | Aucun vote sur cette news

Donald Trump et Liu He ont signé mercredi l'accord commercial de Phase 1, qui instaure une trêve entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Wall Street : en hausse, l'accord commercial USA-Chine est signé !
Credits Reuters

Les indices boursiers américains progressent mercredi, saluant la signature à Washington de l'accord commercial de Phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine. Le président américain Donald Trump et le vice-Premier ministre chinois Liu He, ont donc signé ce texte, qui prévoit notamment une hausse des achats de biens et services américains par la Chine. Du côté des valeurs, Goldman Sachs (+0,2%), BlackRock(+1,6%) et UnitedHealth (+3,5%) montent après la publication de leurs comptes trimestriels, tandis que Bank of America recule de 2,3% et Target plonge de 7,3%. Le pétrole recule, mais l'or rebondit.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 0,33% à 29.035 points, un nouveau record en séance, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,12% à 3.287 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, progresse de 0,10% à 9.260 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises, cède 0,16% à 97,22 points, tandis que l'euro s'apprécie de 0,21% à 1,1151$, malgré un net ralentissement de l'économie allemande. Le PIB n'a augmenté outre-Rhin que de 0,6% en 2019, après +2,5% en 2018, au plus bas depuis 2013, notamment en raison des tensions commerciales...

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours) se sont détendus, le rendement du T-Bond à 10 ans cédant 1 point de base à 1,80%. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a cédé 3 pdb à -0,20%.

Un coup de pouce de 0,5 point en 2020 pour le PIB américain ?

Donald Trump et le vice-Premier ministre chinois Liu He ont donc signé ce jour mercredi à Washington l'accord commercial partiel de Phase 1, décrit comme "très important et complet" par le président américain. Selon la presse américaine, Pékin s'engagerait a acheter 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires sur deux ans, dont 40 Mds$ de marchandises agricoles.

Selon le 'New York Times', l'accord comprendrait aussi des engagements de la Chine à encadrer les pratiques dont se plaignent les entreprises américaines concernant le non-respect de propriété intellectuelle par la Chine. Pékin aurait promis de punir les firmes locales enfreignant ou volant des secrets commerciaux. La question des acquisitions par les entreprises publiques chinoises de technologies au détriment des intérêts américains serait aussi évoquée.

Lawrence Kudlow, le principal conseiller économique de la Maison blanche, a estimé que l'accord devrait apporter 0,5 point de plus à la croissance du PIB américain en 2020.

Les droits de douane restent en place jusqu'à l'élection US

Si la Phase 1 marque une trêve dans le conflit qui oppose Washington et Pékin depuis plus de 18 mois, il ne prévoit pas de nouvelles baisses des droits de douane avant l'élection américaine du 3 novembre prochain. Larry Kudlow a indiqué que ces tarifs douaniers doivent permettre de s'assurer que la Chine tienne ses engagements de phase 1, et que la phase 2 progresse.

Ainsi, il est prévu qu'au plus tard 10 mois après la signature de l'accord, les Etats-Unis fasse le point sur les progrès effectués et décide de réduire ou non les droits de douane qui affectent encore plus de 360 milliards de dollars de biens chinois importés, selon des sources proches du dossier.

Quant à la phase 2, elle ne serait probablement pas conclue avant l'élection américaine de novembre prochain, même si les négociations devraient démarrer dès la signature de la phase 1.

Les investisseurs sont bien conscients que malgré le soulagement créé par l'accord de Phase 1, les différends commerciaux sont loin d'être définitivement réglés entre les deux pays, notamment sur le front technologique.

Washington remet la pression sur Huawei

Ainsi, mercredi, au moment de la signature de la Phase 1, le Congrès américain a lancé une nouvelle offensive contre l'équipementier télécoms chinois Huawei. Des sénateurs ont ainsi présenté un projet de loi visant à financer... les concurrents de l'équipementier chinois sur le marché de la 5G...

Le projet de loi prévoit de créer un nouveau fonds de 750 millions de dollars pour soutenir les entreprises développant des technologies de 5G, ainsi qu'un autre fonds de 500 M$ pour les sociétés qui déploient des "équipements fiables et sécurisés à travers le monde". Washington espère ainsi court-circuiter l'influence de Huawei, leader mondial sur la 5G, et favoriser l'essor d'entreprises américaines sur ce secteur, où elles sont très en retard.

Par ailleurs, les sanctions prises contre Huawei (placé en 2019 sur une liste noire par Washington) restent en place et pourraient même s'accentuer, malgré le dégel commercial entre Pékin et Washington. L'administration américaine interdit déjà aux entreprises US de vendre du matériel à l'équipementier chinois, mais elle pourrait aussi interdire aux entreprises étrangères de commercer avec Huawei si leur matériel contient au moins 10% de composants produits aux Etats-Unis...

L'inflation reste sage outre-Atlantique

Sur le plan macro-économique, les indicateurs américains publiés ce mercredi n'ont pas remis en cause le scénario d'une croissance modérée outre-Atlantique. Le Livre Beige de la Fed, qui dépeint l'état de l'économie dans les grandes régions américaines dans les dernières semaines, est attendu à 20h heure française.

Après l'indice des prix à la consommation publié mardi, les prix à la production ont eux aussi progressé moins que prévu en décembre. Ils ont augmenté de 0,1% par rapport à novembre, contre un consensus de place de +0,2%. En glissement annuel, la progression est ressortie à +1,3% en décembre. Hors alimentaire et énergie, le 'PPI' américain s'est apprécié de 0,1% par rapport au mois antérieur contre un consensus de +0,2%. En glissement annuel, il a grimpé de 1,1% contre +1,4% de consensus.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de janvier 2020 est ressorti à +1,9%, stable par rapport à décembre 2019.

Par ailleurs, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York est ressorti meilleur que prévu à +4,8 en janvier contre un consensus de +3,6 et après +3,5 un mois avant. Il traduit donc une relative accélération de l'expansion.

L'or en route vers les 2.000$ l'once ?

Les cours du pétrole repartent en baisse après un léger rebond mardi. Le baril de brut léger américain (WTI) cède 0,57% à 57,90$ sur le Nymex (contrat à terme de février), tandis que le Brent de la mer du Nord cède 0,59% à 64,11$ (contrat à terme de mars). Les cours réagissent à l'annonce d'une forte hausse des stocks d'essence et de produits distillés la semaine dernière, malgré une baisse inattendue des stocks de pétrole brut.

L'or en revanche s'apprécie mercredi de 0,48% à 1.552,00$ l'once, pour le contrat à terme de février coté sur le Comex. Le métal jaune profite notamment d'une interview de Greg Jensen, co-directeur des investissements du hedge fund Bridgewater Associates, au 'Financial Times'. Le financier voit ainsi le cours de la "relique barbare" atteindre 2.000$ l'once cette année, en raison de la forte volatilité des marchés et de l'accumulation des risques en tout genre.

VALEURS A SUIVRE

Bank of America (-2,3%) a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal 2019 un bénéfice net de 6,75 milliards de dollars soit 74 cents par titre, contre 7,04 milliards de dollars et 70 cents par action un an auparavant. Le consensus était de 68 cents de profit par action sur la période. La banque de Charlotte a réalisé des revenus de 22,4 milliards de dollars sur le trimestre, en retrait de 1% environ en glissement annuel, mais le consensus était logé encore plus bas à 22,2 milliards de dollars. Les revenus des activités consommateurs ont décliné de 4% à 9,5 milliards. Les revenus de marché ont en revanche progressé de 6% à 3,4 milliards de dollars, avec notamment les opérations de trading.

Goldman Sachs (+0,2%), le colosse new-yorkais de la banque d'affaires, a publié des comptes plombés par une importante charge juridique de 1,1 Md$ sur le quatrième trimestre fiscal. La banque fait l'objet d'investigations aux USA ainsi qu'en Malaisie suite au scandale 1MDB. Pour le quatrième trimestre, Goldman a donc affiché un bénéfice net de 1,72 milliard de dollars soit 4,69$ par titre, contre 2,32 milliards de dollars soit 6,04$ par action un an avant. Le consensus était quant à lui proche de 5,5$ de bpa. Les revenus trimestriels se sont néanmoins appréciés de 23% à 9,96 milliards de dollars, contre 8,5 milliards de dollars de consensus. Les revenus globaux de marchés ont progressé de plus de 30% à 3,48 milliards. Les recettes des activités consommateurs et gestion de fortune ont progressé de 8% à 1,41 milliard.

UnitedHealth (+2,3%), groupe américain d'assurance et de soins de santé, a dévoilé un bénéfice supérieur aux attentes sur le trimestre clos, mais des revenus un peu courts. Le bénéfice net du quatrième trimestre s'est élevé à 3,54 milliards de dollars soit 3,68$ par titre, contre 3,04 milliards de dollars et 3,10$ par titre un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 3,90$, contre 3,78$ de consensus de place. Les revenus se sont appréciés de 4,3% en glissement annuel pour atteindre 60,9 milliards de dollars, contre 61 milliards de dollars de consensus. Les primes ont progressé de 6% à 47,6 milliards de dollars, en ligne avec les attentes de marché. Les revenus de produits ont décliné en revanche de 11% à 7,6 milliards, contre 7,8 milliards de consensus. Le bpa annuel est attendu entre 16,25 et 16,55$ sur une base ajustée pour l'exercice entamé.

Target, le détaillant discount américain, décroche de 7,3%. Le groupe a souffert de faibles ventes sur les catégories jouets et électronique sur la cruciale période des fêtes de fin d'année. La croissance est ressortie ainsi timorée à +1,4% à comparable. Même les ventes sur Internet, point fort des derniers trimestres, ont déçu, leur croissance ralentissant à +19% contre +29% l'année précédente. Cette saison des fêtes s'est donc révélée "encore plus difficile que prévu", a déploré le CEO du groupe, Brian Cornell. Ainsi, Target prévoit donc désormais une progression des ventes à périmètre comparable de 1,4% sur le quatrième trimestre fiscal, alors que la guidance antérieure allait plutôt de 3 à 4%. Le groupe a néanmoins maintenu sa guidance annuelle de bénéfice.

BlackRock (+1,6%), le géant américain de la gestion d'actifs, a dépassé les attentes de marché pour le trimestre clos. Les actifs totaux sous gestion ont augmenté encore de pratiquement 129 milliards de dollars sur le trimestre et totalisent maintenant environ 7.430 milliards de dollars (!), contre 5.980 milliards de dollars un an plus tôt. Les investissements passifs ont été privilégiés par les opérateurs. Les ETFs iShares de la firme de gestion ont collecté plus de 75 milliards de dollars sur le trimestre. La firme new-yorkaise a dégagé un bénéfice net trimestriel de 1,3 milliard de dollars soit 8,29$ par titre, contre 927 millions de dollars et 5,78$ par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 8,34$, contre un consensus d'environ 7,7$.

Donald Trump a taclé hier le géant californien de Cupertino Apple (+0,1%), réclamant son aide pour enquêter sur certains criminels. "Nous aidons Apple tout le temps sur le COMMERCE et de nombreux autres problèmes, et pourtant ils refusent de déverrouiller les téléphones utilisés par des tueurs, des dealers et d'autres éléments criminels violents. Ils vont devoir faire le nécessaire et aider notre grand Pays, MAINTENANT !", a lancé le président américain sur le réseau social média Twitter. Le FBI avait demandé récemment à Apple de pouvoir accéder aux données des deux iPhone du tireur de la base militaire de Pensacola, Floride. L'aviateur saoudien avait fait trois victimes le mois dernier avant d'être abattu. Bill Barr, ministre américain de la Justice, avait évoqué un acte terroriste motivé par l'idéologie djihadiste et exigé - sans succès - que le groupe de Tim Cook débloque les smartphones du tueur.

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