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Wall Street : en hausse avec JP Morgan, le pétrole et Walt Disney

| Boursier | 358 | Aucun vote sur cette news

La Bourse américaine progresse de l'ordre de 0,7% ce vendredi sur le DJ à 26...

Wall Street : en hausse avec JP Morgan, le pétrole et Walt Disney
Credits Reuters

La Bourse américaine progresse de l'ordre de 0,7% ce vendredi sur le DJ à 26.325 pts, tandis que le Nasdaq prend 0,22% à 7.965 pts après avoir fini proche de l'équilibre hier soir, sur fond d'ouverture de la saison des résultats trimestriels ce vendredi avec les annonces chiffrées rassurantes de JP Morgan Chase... Les opérations financières se poursuivent aussi avec Chevron qui va mettre la main sur Anadarko Petroleum dans le cadre d'une transaction en numéraire et en actions de 33 milliards de dollars ou 65$ par titre. Les actionnaires d'Anadarko recevront 0,3869 action Chevron et 16,25$ en espèces pour chaque titre détenu...
Les investisseurs ont par ailleurs épluché le prospectus d'introduction en Bourse d'Uber Technologies qui est resté flou sur le 'pricing' de l'opération qui aura lieu sans doute courant mai...

ECO ET DEVISES

Les derniers chiffres du commerce extérieur chinois, jugés encourageants, et les résultats trimestriels supérieurs aux attentes du géant bancaire américain JPMorgan Chase servent de catalyseurs aux indices US.
Si le début de la semaine avait été marquée par la révision à la baisse des prévisions économiques du Fonds monétaire international, les chiffres mensuels du commerce extérieur chinois publiés en début de journée ont favorablement surpris le marché : les exportations de Pékin ont ainsi progressé de 14,2% sur un an en mars, un chiffre 2 fois supérieur au consensus de place et le plus élevé enregistré en 5 mois.

L'euro pointe en hausse de près de 0,8% face au dollar à plus de 1,1330, soit son meilleur niveau depuis le 26 mars dernier. Un mouvement favorisé par un pic de demande lié au projet de rachat des activités de financement aéronautique de l'allemand DZ Bank par le japonais Mitsubishi UFJ Financial Group. A l'occasion de la réunion de la BCE hier, Mario Draghi a indiqué qu'il était encore trop tôt pour savoir si des mesures destinées à atténuer l'effet des taux négatifs sur les banques se justifiaient...
Face au yen, la monnaie unique s'apprécie de 0,85% à 126,70, au plus haut depuis le 20 mars. Le dollar abandonne parallèlement 0,36% face à un panier de devises de référence.

Le pétrole est orienté à la hausse, les craintes d'une forte baisse des exportations de brut libyen après la montée des tensions armées s'ajoutant à la liste des facteurs susceptibles de limiter l'offre de brut, avec entre autres la stratégie d'encadrement de la production de l'Opep et les sanctions américaines contre l'Iran et le Venezuela. Le Brent évolue à plus de 71 dollars, à 71,70$, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) autour de 64,60 dollars.

L'économie US en passe de vivre sa plus longue phase de croissance

Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, s'est montré prudemment optimiste jeudi pour l'économie américaine, la jugeant "en bonne forme" et ajoutant que la Fed était proche de remplir son double mandat de stabilité des prix et de plein emploi... Dix ans après être sortie d'une récession profonde, l'économie américaine devrait ainsi battre un record en réalisant sa plus longue phase d'expansion jamais observée, selon le numéro deux de la Fed, qui a tout de même souligné des risques importants qui se profilent à l'international. Ces perspectives plus mitigées, couplées à une inflation faible, justifient selon lui la posture actuelle de la Fed et son approche "patiente" en matière monétaire...

Les résultats d'entreprises rassurent, les opérations financières se poursuivent...

Le rebond boursier du 1er trimestre a été largement alimenté par la volte-face de la Réserve fédérale en matière de taux d'intérêts, et par les espoirs d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine... L'attention des marchés va désormais se focaliser sur les résultats des entreprises et sur leurs prévisions pour les trimestres à venir, afin de juger de l'impact du ralentissement de la croissance mondiale, dont le FMI s'est notamment fait l'écho cette semaine en révisant en baisse ses prévisions...

Les prix américains à l'importation ont augmenté pour le troisième mois d'affilée en mars, dopés par la hausse du prix des carburants, mais la tendance sous-jacente reste faible.
Les prix à l'importation ont augmenté de 0,6% le mois dernier, portée par les carburants et les biens de production industrielle, a annoncé ce vendredi le département du Travail.
Ces prix avaient augmenté de 1,0% en février, leur plus forte hausse depuis mai 2016. Ils étaient indiqués en hausse de 0,6% en première estimation.
Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une hausse des prix à l'importation de 0,4% en mars.
Sur 12 mois à fin mars, les prix à l'importation ont été inchangés après avoir baissé pendant trois mois d'affilée.
Les prix du pétrole importé ont augmenté de 4,7% en mars après un bond de 9,7% en février et ceux des produits matériaux industriels de 2,7% après une hausse de 2,2% en février.
Hors carburant, les prix à l'importation ont augmenté de 0,2% en mars, comme en février, et baissé de 0,3% sur un an.
Le département du Travail a également annoncé une hausse de 0,7% des prix à l'exportation en mars, après une progression de 0,6% en février, donnant une hausse annuelle de 0,6% en mars après un augmentation de 0,3% en février.

L'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan est ressorti à 96,9 points en estimation préliminaire sur avril, alors que les économistes attendaient en moyenne 98 points.

VALEURS A SUIVRE

JPMorgan Chase +3,5%. Le groupe a battu le consensus sur les trois premiers mois de l'année. Le titre gagne plus de 3% dans les échanges en avant-Bourse... La plus grande banque américaine en termes d'actifs vient ainsi de dévoiler des résultats trimestriels supérieurs aux attentes des analystes. L'établissement, qui a notamment profité de taux d'intérêts plus élevés et des bonnes performances de son activité de conseil et de souscriptions à des titres de dette, a enregistré sur les trois premiers mois de l'année un profit net de 9,18 milliards de dollars (+5,4%), soit 2,65 dollars par action, contre 2,35 dollars de consensus. Les revenus nets ont atteint 29,8 Mds$, en hausse de 5%, alors que les provisions pour pertes sur crédit sont ressorties à 1,5 Md$, en hausse de 330 M$ sur un an. Les revenus de trading ont chuté de 17% à 5,5 milliards de dollars, mais le marché tablait sur une baisse de 18%.
La banque a réitéré sa prévision de revenus d'intérêts de 58 milliards de dollars pour l'exercice en cours, soit 3 Mds$ de plus qu'en 2018. Jamie Dimon, le patron de JPM, a déclaré : "Au premier trimestre de 2019, nous avons enregistré des revenus et un bénéfice net records, une solide performance dans chacun de nos principaux secteurs d'activité et un environnement plus constructif. Même dans un contexte d'incertitude géopolitique mondiale, l'économie américaine continue de croître, l'emploi et les salaires augmentent, l'inflation est modérée, les marchés financiers sont sains et la confiance des consommateurs et des entreprises demeure forte".

Wells Fargo : -1%. Deuxième grande banque américaine à publier ses trimestriels ce vendredi, Wells Fargo a, à l'image de JP Morgan, dépassé les attentes des analystes. L'établissement californien a réalisé, au cours des trois premiers mois de l'année, un bénéfice net de 5,9 milliards de dollars (soit un bpa de 1,20$ contre 1,09$ de consensus) pour des revenus de 21,6 Mds$. Les revenus nets d'intérêts sont ressortis à 12,3 Mds$. Les provisions pour pertes sur crédit se sont établies à 845 M$ contre 744 M$ attendus. Le ROE atteint 12,71% contre 10,58% un an plus tôt. Enfin, le ratio 'common equity Tier 1' resort à 11,9%, contre 11,6% de consensus. Le titre gagne 1,5% en pré-séance à Wall Street.

Chevron (-5%) va mettre la main sur Anadarko Petroleum dans le cadre d'une transaction en numéraire et en actions de 33 milliards de dollars ou 65$ par titre. Les actionnaires d'Anadarko recevront 0,3869 action Chevron et 16,25$ en espèces pour chaque titre détenu.
L'opération, qui valorise Anadarko 50 Mds$ dette comprise, devrait permettre à Chevron de réaliser des synergies de coûts de 1 milliard de dollars avant impôts et de réduire ses investissements de 1 milliard de dollars dans l'année suivant la clôture de la transaction. La major pétrolière s'attend également à ce que l'opération ait un effet relutif sur les flux de trésorerie disponibles et le bénéfice par action un an après la clôture, avec un cours moyen du Brent à 60$.
Chevron prévoit par ailleurs de céder de 15 à 20 milliards de dollars d'actifs entre 2020 et 2022. Le produit servira à réduire davantage la dette du groupe et à retourner davantage de liquidités aux actionnaires. A ce titre, la firme va augmenter son programme de rachat d'actions de 4 à 5 Mds$ par an à la clôture de l'opération...

Procter & Gamble : stable. Unilever va racheter les marques d'hygiène bucco-dentaire Fluocaril et Parogencyl à Procter & Gamble. L'opération donnera au géant anglo-néerlandais une position de leader dans le domaine des soins bucco-dentaires au sein du réseau français de pharmacies, ainsi que des positions fortes en Espagne. Les termes de l'accord n'ont pas été divulgués. L'acquisition devrait être finalisée au deuxième trimestre 2019.

Tesla est stable, alors que le constructeur américain de voitures électriques et son partenaire japonais Panasonic se montrent prudents dans leurs projets d'augmenter la capacité de leur usine géante située dans le Nevada, qui fournit les batteries pour les voitures électriques Tesla...
Le groupe japonais confirme avoir "installé une capacité de production de batteries de 35 GWh dans la Gigafactory 1 de Tesla avant la fin mars 2019, conformément à la demande croissante". Il ajoute sans plus de précisions qu'"en fonction de l'évolution de la demande, Panasonic étudiera des investissements supplémentaires au-delà de 35 GWh en collaboration avec Tesla". De son côté, Tesla a expliqué que les deux groupes "continueraient d'investir des sommes considérables" dans cette usine, tout en précisant qu'"une amélioration des lignes de production actuelles permettra d'accroître significativement la production"... Cela permettra aux deux groupes "d'atteindre la même production en dépensant moins en achats de nouveaux équipements", a expliqué jeudi un porte-parole de Tesla au site internet du magazine 'Barron's'.
Ces informations interviennent alors que les investisseurs s'interrogent sur la demande de voitures électriques, après un premier trimestre de livraisons décevantes pour Tesla. Depuis le début de l'année, le titre du groupe californien est toutefois en recul de près de 20%, et il cède 10% sur un an...

Boeing : +1,5%. Bernstein estime entre 2 et 3 milliards de dollars les coûts pour Boeing liés à la résolution des problèmes rencontrés par le 737 MAXs. L'analyste reste malgré tout 'acheteur' de la valeur même s'il réduit son objectif de 459 à 449 dollars. "Les valeurs sont très incertaines, car le moment du retour du MAX n'est pas connu". Le courtier affirme également que la réduction de la production du B737MAX à 42 appareils par mois est plus complexe qu'il n'y paraît à première vue, ce qui ne l'empêche donc pas de rester positif sur le dossier.

Netflix : -3,5%, tandis que Walt Disney grimpe de plus de 8% après avoir présenté son premier service de streaming et des objectifs ambitieux concernant "Disney +", nom de ce nouveau service qui devrait être officiellement lancé avant la fin de l'année... Le groupe a apporté des précisions sur ce service de vidéo à la demande, avec l'espoir de challenger la domination de Netflix sur le marché du streaming. Lors d'une présentation organisée à son siège de Burbank, en Californie, devant des analystes de Wall Street, le géant du divertissement a diffusé une vidéo faisant étalage du catalogue de sa future plateforme familiale, qui comprendra des dizaines de séries télévisées et films cultes tels que "La Reine des Neiges", "Le Roi Lion", ou encore "Avatar"...
Seront aussi disponibles des contenus exclusifs, les futurs films produits par les studios Disney après leur sortie en salles de cinéma, ainsi que des programmes de l'univers "Star Wars" et des superhéros Marvel. Aucune date précise de mise en service de Disney+, ni le prix de l'abonnement mensuel, n'ont été dévoilés. La plateforme sera lancée en premier lieu aux Etats-Unis, puis progressivement à travers le monde, a dit la firme américaine. Disney a entrepris une mue avec l'espoir de devenir incontournable sur le marché de la SVOD, désormais "la priorité numéro 1" de la compagnie.

Versum Materials : stable. Merck KGaA a annoncé l'acquisition de Versum Materials pour un prix de 53 dollars par action après l'abandon par le fabricant américain de composants électroniques d'un précédent accord de fusion avec son concurrent Entegris. Avec une dette assumée de Versum d'environ 700 millions de dollars et basée sur environ 109 millions d'actions, l'opération réalisée par Merck représente un coût total de près de 6,5 milliards de dollars (5,74 milliards d'euros). Le groupe de pharmacie et de chimie vise des synergies de 75 millions d'euros d'ici la troisième année complète après la conclusion de la transaction, attendue au second semestre de cette année, a-t-il précisé dans un communiqué. Merck avait lancé le 26 mars dernier son offre sur Versum, entité scindée d'Air Products en 2016. Il l'avait ensuite relevé de plus de 10% pour l'emporter face à Entegris, groupe américain de chimie de spécialités qui avait pour sa part refusé une surenchère...

Uber Technologies va-t-il réussir son pari ? Le "roi du VTC" a officialisé jeudi soir son projet d'introduction en Bourse à Wall Street. Si aucun détail de l'opération n'est encore connu, le groupe californien a dévoilé l'état de ses finances : Alors qu'Uber souhaiterait lever environ 10 milliards de dollars lors de cette IPO qui pourrait le valoriser près de 100 Mds$, la firme a averti que ses pertes opérationnelles allaient continuer d'"augmenter significativement dans un avenir prévisible" et qu'elle "pourrait ne pas parvenir à la rentabilité". D'autant que les bilans des derniers exercices financiers d'Uber ont de quoi refroidir les plus optimistes. La compagnie a en effet essuyé une perte opérationnelle de plus de 3 Mds$ l'an passé, portant son déficit sur trois ans à plus de 10 Mds$ ! Dara Khosrowshahi, le directeur général d'Uber, qui s'apprête à démarrer une tournée auprès des investisseurs, a du pain sur la planche. Les opérateurs qui comptent miser sur l'entreprise fondée en 2009 à San Francisco par les entrepreneurs Travis Kalanick et Garrett Camp ont néanmoins des raisons d'espérer. En premier lieu, la croissance exponentielle qu'enregistre la société depuis plusieurs années. Uber a ainsi réalisé un chiffre d'affaires de 11,3 milliards de dollars en 2018, en hausse de 42%, après une croissance de 106% l'année précédente... Le groupe multiplie également les axes de diversification avec plus ou moins de réussite. Dara Khosrowshahi n'hésite d'ailleurs pas à appeler sa société une "plate-forme". Selon le décompte réalisé par 'Bloomberg', ce mot apparaît plus de 700 fois dans le prospectus d'introduction ! Uber comptait à fin 2018 quelque 91 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur ses plates-formes, dont Uber Eats. Cela représente une croissance de 33,8% par rapport à 2017, qui se compare à une hausse de 51% en 2017. Le chiffre d'affaires des seules activités de livraison de produits alimentaires a bondi de 149% d'une année sur l'autre pour atteindre 1,5 milliard de dollars en 2018. Outre la nourriture, le spécialiste des véhicules de transport avec chauffeur investit fortement dans la voiture autonome, mais aussi le fret, les vélos électriques ou les scooters.
Si pour certains observateurs, cette stratégie de diversification apparait aventureuse, elle semble pourtant indispensable au regard des données présentées par Uber. Dans son coeur de métier, la société dispose certes de parts de marché supérieures à 65% dans les principales zones où elle opère (États-Unis, Canada, Amérique latine, Europe, Australie et Nouvelle-Zélande), mais sa croissance montre clairement des signes d'essoufflement. On apprend ainsi dans le formulaire S-1 déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) que les revenus tirés de l'activité de VTC ont progressé de 'seulement' 33% l'an dernier après un bond de 95% en 2017.
Les débuts en Bourse d'Uber sont attendus début mai sur le New York Stock Exchange... D'ici là, Dara Khosrowshahi devra convaincre les investisseurs du bien-fondé de sa stratégie. Le dirigeant, ancien patron d'Expedia, devra également prouver qu'il a réussi à modifier la culture et les pratiques d'Uber après les affaires qui ont terni son image ces deux dernières années.

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